‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 97 sur 128 · CORPS DES OS DE LA MAIN · texte numérisé non relu

CORPS DES OS DE LA MAIN

le doigt se raccourcit en guérissant ; mais un tissu, une sorte de bride ostéo fibreuse finit par enréunirles deux bouts d’une manière solide, et les tendons parviennent au bout d’un temps plus ou moins long à redonner une certaine mobilité à la phalange unguéale , aux phalanges conservées. C’est au moins ce que j’ai observé chez trois malades qui avaient ainsi perdu l’un la phalange moyenne , les deux autres la phalange métacarpienne de l’un des doigts. Viguerie (1) cite deux faits pareils : il s'agit de la première phalange dans l’un, de la deuxième clans l’autre. La meme chose s’est montrée au pouce de l’un de mes meilleurs amis, et des premiers médecins de France. Malade depuis plus d’un an par suite d’une blessure, nécrosée dans presque toute sa longueur, entourée d’une gaine en pleine suppuration , la première phalange de son pouce gauche put être extraite par un trajet ulcéreux qu’il suffit d’agrandir un peu ; et le doigt ainsi traité a repris une partie de ses fonctions. M. Heine (2) dit avoir enlevé aussi le milieu d’une première phalange avec son instrument, et M. Sanson (3) a vu le premier os métacarpien se reproduire après avoir été détruit par nécrose.

B. Os du métacarpe. En traitant de l’amputation des doigts et de la main, j’ai déjà parlé de quelques résections des os du métacarpe, et j’y reviendrai plus loin. J’ajouterai ici que si l’étendue du mal le permettait , on devrait n’en exciser que le corps , et tout faire pour en ménager les extrémités. Attaqué oar le côté radial de sa face dorsale, l’os métacarpien du pouce serait tout aussi facilement excisé avec les ciseaux de Liston ou la scie Rambaud , que désarticulé par la méthode dont il a été question ailleurs, ou dont je parlerai bientôt. J’en dirai autant de chacun des autres os du métacarpe; tous pourraient être découverts séparément par leur face dorsale au moyen d’une longue incision, et tranchés près de leur tête avec l’instrument dont je viens de parler. Déjetés d’un côté ou de l’autre pendant l’opération, les tendons

(1) Mèm. de VAcad. de Toulouse, t. III, 1788.

(2) Gaz. mèd ., 1834, p. 644.

(3) Thèse de concours , 1833.

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seraient aisément respectés, au point de pouvoir reprendre ensuite leurs fonctions.

Outre que cette opération, déjà conseillée par M. Champion en 1815, est plus facile et infiniment moins grave que la désarticulation, elle aurait encore l’avantage, les épiphyses osseuses étant conservées, de ne pas rendre aussi difficile l’établissement d’une cicatrice ostéiforme , et d’offrir bien plus de chances de maintenir dans le doigt correspondant sa forme et ses fonctions primitives. Il me serait facile , si je voulais analyser les cas où l’ amputation des os du métacarpe avecdésarticolation de l’une ou de leurs deux extrémités , a été faite, soit en conservant le doigt correspondant , soit en remportant du même coup , de montrer qu’il eût été possible pour plusieurs d’entre eux de s’en tenir à l’excision simple de la partie malade.

§ H. Avant-bras.

Quand le corps des os de l’avant-bras est carié , nécrosé ou désorganisé, il peut paraître impossible de guérir le malade sans amputation. J’ai à me reprocher d’avoir amputé le bras d’un homme, dont l’avant-bras gonflé , criblé de trajets fistuleux depuis plusieurs années , n’avait cependant pour lésion fondamentale que des fragments de nécrose complètement isolés au centre du cubitus , et qu’il eût peutêtre été possible d’enlever par la résection. La même chose m’est arrivée pour une affection squirrheuse qui enveloppait le corps du radius, et que je détruirais probablemen t aujourd’hui en conservant la maso du malade.

A. Cubitus. Scultet (1) incisa depuis le carpe jusqu’au coude pour enlever une nécrose invaginée du cubitus , et Pezoldi (2) raconte que Fr. G. d’Armbruste avait extrait avec succès trente portions de cet os à un étudiant affecté de spina ventosa. Roland (3) réussit dans un cas de carie, en faisant ruginer l’os chaque jour; et M. Bau-

(1) Arsenal de chir,, tabl. 28, p. 83.

(2) Obs. méd.-chir.y p. 126.

(3) Bonet, t. IV, p. 116.

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