CORPS DES OS DE L’ AVANT-BRAS
dens (1) en a retranché quatre pouces à la suite d’un coup de feu. 11 semble au reste que la résection de la partie moyenne du cubitus ait été jdéjà pratiquée dans le dernier siècle par un chirurgien de la connaissance d’Orred (2). Un militaire qui avait une perte de substance assez considérable au cubitus, et que Dupuytren citait à M. Champion (3), n’en était point estropié, et la résection de cet os paraît avoir été faite en outre par M. Withusen (4) et par M. Werr (5).
Trois cas peuvent se présenter ici comme sur presque tous les os longs ; tantôt la maladie occupe la surface de l’os, et n’en comprend pas toute l’épaisseur; d’autres fois, un séquestre s’est établi au centre d’un os nouveau, comme dans une gaîne, dans une longue caverne; il peut se faire enfin que l’os soit malade dans toute l’épaisseur de son cylindre.
Dans le premier cas, on incise toutes ies parties molles sur la face superficielle de l’os, dans une étendue qui dépasse d’un pouce les limites du mal , par en haut et par en bas. Ayant bien isolé la partie à retrancher, on se sert de la scie en crête de coq, de la scie en champignon , ou à disque plane, de manière à conserver le plus qu’on peut de l’épaisseur de l’os, tout en Délaissant rien de malade. La gouge et le maillet, la rugine peuvent être également utiles ici.
Dans le second cas , il faut inciser largement aussi. En supposant que des ulcères pénètrent jusqu’à la nécrose, et que celle-ci ne paraisse pas très étendue, on se borne à en agrandir l’ouverture. Saisissant ensuite le fragment avec de bonnes pinces, on parvient quelquefois à l’extraire sans plus de difficultés. Dans le cas contraire, on est forcé d’enlever une partie plus ou moins étendue de la gaîne osseuse qui renferme le séquestre. Si cette gaîne n’a qu’une ouverture, on peut l’agrandir au moyen des molettes concaves. S’il s’agissait d’une sorte de pont , un trait de scie en crête
(1) Gaz. méd., 1838, p. 415.
(2) Bull, des sciences méd. de Bologne ; Journal des conn. méd., 1834, t. II, p. 201*.
(3) Thèse n° 11, Paris, 1815, p. 57.
(4) Jæger, Oper. cit.y p. 20.
(5) Communiqué par M. Sprengler en 1838.
650 RÉSECTIONS.
de coq sur chaque côté , mettrait à même de le faire sauter ensuite d’un coup de ciseau. On y parviendrait encore en conduisant au-dessous, au moyen d’un stylet flexible et recourbé, la scie à chaîne d’Aitken. Entrant par une ouverture, ressortant par l’autre, cette scie couperait ainsi la substance osseuse de dedans au dehors , d’abord d’un côté, ensuite de l’autre, avec la plus grande facilité. Le ciseau et la gouge, le trépan même pourraient encore trouver ici leur place. Mais de fortes pinces, la scie en crête de coq, la molette et la scie articulée , ou l’ostéotome de M. Heine, ne laisseront que rarement sentir le besoin des autres instruments. Le canal, ordinairement fort large, qui renferme alors la nécrose, une fois débarrassé de celle-ci, se resserre et se mondifie avec facilité. Seulement on aurait tort de chercher à le combler par la réunion immédiate. C’est une plaie qui doit suppurer, qu’il convient de panser à nu , qu’il est bon de remplir chaque jour de boulettes de charpie.
l.Olécrâne. Je n’ai point eu l’occasion d’attaquer ainsi l’extrémité inférieure du cubitus. Mais j’ai vu plusieurs malades dont l’olécrâne aurait dû être excisé, et l’eût été avec avantage si les malades y eussent consenti , ou si le chirurgien s’y fût décidé. Je l’ai mise une fois en usage chez une jeune fille, qui a très bien guéri , une nécrose, accompagnée de carie, existait sur le point saillant du coude ; on avait tout essayé depuis dix-huit mois, et l’idée d’une maladie de la jointure avait été émise par plusieurs praticiens. Ayant incisé crucialement les parties molles, je découvris sans peine la totalité de l’olécrane, en ayant soin de respecter le nerf cubital en arrière, et l’articulation huméro-radiale en avant. Pliant ensuite l’avant-bras, je pus , à l’aide de deux traits de scie , exciser un fragment cunéiforme , suivant la longueur de l’olécrane, et emporter ainsi toute la portion d’os malade. Après la guérison, les fonctions du membre se sont trouvées aussi libres qu’avant la maladie. Un malade opéré en 1836 par M. Textor (1), ne fut pas moins heureux.
IL Corps de Vos. Lorsque toute l’épaisseur de l’os doit être
(1) Communiqué par M. Sprengler.