‹ Nouveau entr' actesChapitre 15 sur 20 · MADAME EDMOND ADAM · texte numérisé non relu

MADAME EDMOND ADAM

— Vous ne vous étonnerez pas — nous a, dit madame Edmond Adam — de me trouver favorablement disposée pour tous les efforts tentés en vue d'améliorer le sort de la femme. Je crois qu'il y a beaucoup à faire dans ce sens, et je vous avouerai que ma manière de voir à cet égard va très loin. Si je ne formule pas catégoriquement ce que je souhaiterais, c'est qu'aller loin, en France, est un ridicule.

Je suis en relation et en correspondance suivie avec toutes les sociétés d'Amérique et d'Angleterre fondées dans cet ordre d'idées, en vue de remédier à l'injustice de nos institutions, et miss Aberton, qui est en Angleterre à la tête du mouvement de protection de la femme, est de mes amies.

A mon sentiment, tous les esprits qui se piquent de libéralisme doivent être favorables au projet de loi qui tend à rendre légale la recherche de la paternité. Que les magistrats et les avocats se montrent récalcitrants au projet que nous réclamons, cela se comprend de reste. Un savant dira volontiers : « J'entends que la science s'arrête à ce que je sais. » Un homme de loi dit de même : « Je prétends que la loi reste telle que j'ai appris à la pratiquer. »

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Les uns et les autres résistent aux réformes qui modifieraient leurs habitudes et jetteraient le trouble dans leur science acquise. Quant à moi, je suis femme, et, à ce titre, tout ce qui touche aux intérêts de la femme me touche; je suis libérale, toutes les libertés me sont chères.

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