SUR LE VIN
cultivé sur plusieurs de nos coteaux de la Basse-Bourgogne, étendu encore de 3 fois son volume d'eau, ou mieux d'eau de Vais, source Saint-Jean, est, après la tempérance et Fexercice, le préservatif et le remède le plus efficace de la goutte et de la gravelle urique.
Dans la fièvre typhoïde, et surtout dans la forme adynamique et dans la convalescence, le vin conserve la vie à des malades dont Tétat semblait désespéré (Huxham, Chomel, Trousseau, Monneret, Grisolle). Dans les fièvres éruptives, variole, rougeole, scarlatine, il faut employer le vin avec grande réserve, à faibles doses et quand les forces sont déprimée^;. Dans le lyphus fever, le vin, donné à doses espacées et avec prudence, est un agent d'une puissante efficacité. Dans le choléra, le vin et surtout le Champagne, étendu d'eau et frappé, a sauvé des malades (Magendie, Monneret). Le vin rouge a été utile dans la grippe et dans la suette miliaire, quand ces maladies étaient accompagnées de prostration (Grisolle, Nonat).Dans les fièvres intermittentes, rebelles au quinquina, le bon vin roug:e est un grand remède. Dans la dysenterie contagieuse, quand la peau devient froide, la face grippée, la prostration considérable, le pouls fihforme, le vin est indiqué (Zimmermann). Les lavements de vin rendent de grands services aux malades usés par la souffrance et de longues maladies (Aran).
Tood, Beliier, ont fait un heureux emploi de l'alcool dans les pneumonies. Arétée, Stoll, Huxham, Laënnec, Grisolle, Fonssagrives, préféraient le vin dans ces pneumonies où les phénomènes de prostration, de débilité, d'adynamie, se montrent sous des formes menaçantes ; mais c'est là surtout que l'emploi du vin doit être surveillé et conseillé à doses fractionnées.
L'usage d'un vin généreux pris à doses progressives, mais toujours modérées, rend de grands services dans ces cas d'anémie, d'appauvrissement général de l'économie avec alanguissement des fonctions digestives, état qui précisément, à cause de cet alanguissement, était décoré du nom de gastrite chronique et qu'une diète trop prolongée ne manquait pas d'aggraver. Dans les cachexies scrofuleuse, syphilitique, tuberculeuse, cancéreuse, un vin généreux, à petites doses fractionnées, peut remplir d'utiles indications.
Contre le scorbut le vin est un moyen précieux de prophylaxie et de thérapeutique; dans certaines hydropisies, c'est un adjuvant utile de modificateurs plus énergiques (scille, digitale) . Dans la chlorose, certaines formes de l'hystérie, de petites quantités d'un vin généreux sont bien indiquées. Le vieux bourgogne des grands crus est recommandé dans l'anaphro-
(lisie. N. Guillot a employé avec succès le vin de Bagnols uni aux ferrugineux dans la polydipsie. Mais c'est particulièrement dans la glycosurie que F usage des vins généreux de Bourgogne et de Bordeaux est recommandable pour ranimer les forces et combler en partie le déficit déterminé par la sup~ pression des féculents. 11 faut s'en tenir à des doses modérées, un litre au plus par vingt-quatre heures pour un adulte.
Dans les empoisonnements chroniques qui s'établissent consécutivement à une action toxique légère, mais prolongée, après avoir éloigné la présence du poison, le vin est très-utile j)our combattre Tadynamie dont est frappé le système nerveux. Telle doit être la règle à suivre pour combattre les suites des into xications saturnine, arsenicale, antimoniale, et parle sullure de carbone. iFaivre, Thèse de Paris, d862.)
Tous les médecins, depuis Hippocrate, ont préconist^ le vin dans le traitementde la convalescence. Pour lesmalades qui sont habitués à son usage, le bourgogne desbons crus, de 5 à 1 0 ans, est préférable à tout. « Lebourgogne,dit M. Fonssagrives, est un vin autrement stimulant et chaudque le bordeaux. C'est chez lui qu'on rencontre cette heureusepondération de l'alcool et des acides, et les convalescents à digestions paresseuses s'en accommodent bien mieux que des meilleurs crus du Bordelais.» Pourlesconvalescentsdenoshôpitaux, c'estlcSt-Raphaël, à la dose de 120 grammes, qui constitue le meilleurcordial. » Nous terminerons cette courte notice sur les propriétés thérapeutiques du vin par cette citation d'Hippocrate, Traité des affections : « Le vin est chose merveilleusement appropriée à l'homme, si en santé comme en maladie on l'admin stre avec à-propos et juste mesure suivant la constitution indiv duelle. »
Cure de rai«în. — Elle consiste dans l'usage méthodique et gradu é du raisin comme aliment principal pendant untemps suffisant pour produire dans l'économie d'importantes modifications- On a voulu comparer le jus de raisin au lait de la femme : cette comparaison n'est pas exacte ; il se rapprocherait plutôt du lait de jument par l'abondance de la glycose qui se substitue à la lactine, mais il manque de beurre, contient des acides malique ou tartrique, ou libres ou combinés à l'élal de bisels potassiques, qui sont décomposés pendant l'acle de la nutrition et qui font de la cure de raisin un traitement alcalin potassique aussi puissant qu'inoffensf.
Choir des raisins. Les raisins dilTèrent beauconppour leur composition ; la France est le pays où l'on cultive les i)lus variés cl les plus délicieux. Les meilleurs pour la cure de raisin sont roux (|ui iippartiennejit au gioupe des chasselas, leur saveur