PONTS
pont d’iéna, en face de l’École Militaire. — Sa longueur est de 140 mètres et sa largeur de 14. Commencé en 1806, il fut achevé en 1813, sur le plan de l’ingénieur Lamandé. Aux extrémités, on a élevé quatre piédestaux décorés de quatre groupes équestres.
Lors de la seconde invasion, en 1815, les Prussiens résolurent de faire sauter ce pont, dont le nom rappelait une des plus mémorables victoires de l’Empire. La mine était déjà préparée, quand Louis XVIII demanda l’heure à laquelle on devait le faire sauter,* en déclarant qu'il sauterait avec lui, et le monument fut sauvé.
pont des invalides, en face de l’Esplanade. — Le pont élégant qui existait sur ce point était composé de trois travées suspendues par des chaînes de fer, et avait été construit en 1825 par MM. Vergez et Bayard. Sa longueur était de 155 mètres et sa largeur de 8. L’ou-
verture de sa principale travée était de 70 mètres. U servait de passage aux plus grosses voitures.
Néanmoins, comme le voisinage du palais de l’Industrie devait augmenter la circulation sur ce point, le pont des Invalides a été reconstruit en pierre ; il a quatre arches.
pont de la concorde, en face du palais du Corps législatif. — Construit de 1787 à 1790, par Perronet, qui employa pour l'édifier les pierres provenant de la démolition de la Bastille, ce pont a 154 mètres de long sur 14 de large. Ses piles, remarquables par leur légèreté, étaient surmontées de piédestaux sur lesquels on avait placé douze statues de grands hommes. Mais leurs proportions colossales nuisant à l’ensemble de ce pont, elles ont été transférées au musée de Versailles.
pont royal, du quai des Tuileries au quai d’Orsay, visà-vis de la rue du Bac. — Jusqu’en 1622, on communiquait du pré aux Clercs aux Tuileries par un bac qui a donné son nom à un chemin, ensuite à la rue du Bac. A cette époque, on remplaça le bac par un pont de bois à dix arches, qu’on appela le pont Barbier, du nom de celui qui le fit construire, et plus tard pont Sainte-Anne, en l’honneur de la reine Anne d’Autriche.
Ce pont de bois ayant été emporté par les glaces le 20 février 1684, Louis X1Y le fit reconstruire en pierre à ses frais. Les travaux, exécutés sous la direction de François Romain , coûtèrent au roi 720,000 livres. Le pont Royal, d’une longueur de 144 mètres sur 16 de largeur, est supporté par cinq arches, et passe pour un chef-d’œuvre d'élégance et de solidité. 11 a été récemment élargi pour la facilité de la circulation.
PONT DU CARROUSEL OU DES SAINTS-PÈRES, du quai du
Louvre au quai Voltaire. — Sa construction est d’une har-
diesse remarquable. 11 se compose de trois arches de la plus grande ouverture ; chacune d’elles présente cinq travées formées de longues poutres de sapin superposées comme des ressorts de voiture , goudronnées et revêtues d’une enveloppe de fonte.
Le tablier est formé d’un cailloutage compacte et solide; les trottoirs sont en asphalte ; aux deux extrémités, quatre statues reposent sur des piédestaux en fonte. Ce pont a été construit en 1834 par M. Polonceau (1).
pont des arts, conduisant du Louvre à l’Institut. — Construit de 1802 à 1804. Les piles sont en pierre, surmontées d’arches de fer, couronnées d’un tablier en bois.
Il est réservé aux piétons.
poxt neuf. — Jusqu’au xvi« siècle, les quatre ponts qui communiquent de la Cité aux deux rives de la Seine avaient suffi aux habitants. Mais, lorsque la population se fut accrue dans le quartier Saint-Honoré et dans le faubourg Saint-Germain, la nécessité de relier entre elles ces deux parties de la ville détermina le prévôt des marchands à demander au roi la construction d’un nouveau pont. Ce fut le pont Neuf, dont la première pierre a été posée par le roi Henri 111, le 31 mai 1588.
Les travaux de ce pont furent confiés à Jacques Àndrouet du Cerceau, célèbre architecte, qui les dirigea avec autant d’activité que de talent. Les événements politiques de ce temps ayant interrompu ces travaux , ils ne furent repris qu’en 1602, sous la direction de Charles Marchand. En 1604, on pouvait y passer sans danger; mais la route ne fut achevée qu’en 1607.
L’établissement du pont Neuf nécessita d’importants tra-
(1) Le péage, qui était de 5 centimes par personne, a, depuis la révolution de Février, été supprimé sur ca pont et sur tous les ponts de Paris où l’on percevait ce droit.
vaux dans la partie occidentale de. la Cité, qu’on réunit à une petite lie située à vers l’endroit où s’élève aujourd’hui la statue de Henri IV , et nommée 1 7/e du Passeur-aux-vaches. C’est dans cette île que, sous le règne de Philippe IV, dit le Bel, furent brûlés vifs (le 11 mars 1414), Jacques Molay , grand maître de l’ordre des Templiers, et Guy, commandeur de la Normandie.
Le pont Neuf est orné, sur deux faces , d’une corniche très-saillante , qui règne dans toute sa longueur, et qui est supportée par des consoles en forme de masques de Satyres, de Sylvains et de Dryades. Quelques-unes de ces sculptures, d’un beau caractère , sont attribuées à Germain Pilon.
La longueur de la route est de 240 mètres et la largeur de 26 mètres environ. En 1775, on fit à ce pont de grandes réparations : les trottoirs furent abaissés et rétrécis, et des boutiques en pierre de taille furent construites sur les demi-lunes qui s’élevaient à l’aplomb des piles et laissaient un espace vague où l’on jetait ordinairement des immondices.
De nos jours, tout cela a disparu. Le pont, reconstruit à neuf, a été considérablement élargi et embelli. La chaussée vient d’être abaissée de plusieurs mètres.
11 nous reste maintenant à donner quelques détails sur la Samaritaine et la statue équestre de Henri IV , deux monuments dont l’histoire se trouve liée à celle du pont Neuf.
Vers la fin du xvi* siècle, les eaux fournies par les aqueducs 'de Belleville et des Prés-Saint-Gervais ne pouvaient suffire aux besoins toujours croissants du quartier du Louvre , on chercha un moyen d’y faire arriver l’eau de la Seine.
A cet effet, un Flamand, nommé Jean Sintlaer, fut chargé par Henri IV de construire sur pilotis une pompe au-des -
sous de la seconde arche du pont Neuf, du côté du quai de l'École. Les travaux furent commencés en 1603 et achevés en 1608.
Le bâtiment, supporté par des charpentes semblables à celles qui soutiennent l’édifice situé au milieu du pont Notre-Dame, était du resté d’une construction assez simple, si ce n’est du côté du pont Neuf, où la façade offrait une décoration curieuse : on ,y voyait un groupe de figures en bronze doré, représentant Jésus Christ et la Samaritaine auprès du puits de Jacob.
Au-dessus de la même façade, décorée aussi par un large cadran, était placé, dans une espèce de clocher, un carillon qui faisait entendre différents airs à chaque heure du jour. Sous Louis XIV, ce carillon n'indiquait déjà plus les heures; vers les derniers temps, on ne le sonnait guère que les jours de fête.
La pompe de la Samaritaine (à laquelle on donnait aussi le nom de Gouvernement) subit, en 1712, 1714 et 1715, plusieurs réparations. Elle fonctionnait assez mal et se dérangeait souvent : aussi la construisit-on deux fois : d’abord au commencement du xvui* siècle, puis vers 1772, époque à laquelle le groupe des figures fut entièrement redoré. Enfin, en 1813, elle fut complètement démolie.
Quant à la statue équestre d’Henri IV, jen voici l'historique suocinct:
Jean de lloulogne, élève de Michel-Ange, fut chargé par Ferdinand, grand-duc de Toscane, de couler en bronze un cheval colossal, sur lequel devait être placée la statue de ce duc. Mais Ferdinand étant mort, le cheval resta sans cavalier, et fut offert par Cosme II, son successeur, à Marie de Médicis, régente de France. On équipa pour le transporter un vaisseau qui, après avoir traversé la Méditerranée, le détroit de Gibraltar et l’Océan, vint
échouer sur les côtes de la Normandie. Le cheval de bronze resta pendant une année entière au fond de la mer; il en fut retiré à grands frais et arriva dans le port du Havre au commencement de mai 1614. De là on lui fit remonter la Seine jusqu’à Paris.
Le 2 juin de la môme année, le roi Louis XIII posa en grande cérémonie la première pierre du piédestal, sur le môle situé à l’oues*, et au milieu du pont Neuf. Le piédestal achevé, on y éleva le cheval, en attendant le cavalier qui devait le monter. De là vient que le peuple, accoutumé à voir le cheval seul, prit l'habitude, môme lorsqu’il fut surmonté par la figure de Henri IV, de nommer l’ensemble du monument : le Cheval de bronze.
Ce piédestal, élevé sur les dessins de Civoli, fut orné de quatre bas-reliefs de la composition de Francheville , représentant les bataiUes d’Arques et d’Ivry , l’entrée de Henri IV à Paris, la prise d’Amiens et celle de Montmélian.
La figure de Henri IV fut exécutée par Dupé.
En 1788, pendant les divisions qui agitaient la cour et les parlements, la tête de Henri IV fut couronnée de rubans et de fleurs; en 1789, on lui plaça sur l’oreille la cocarde nationale. Enfin, en 1792, lorsque le métal manquait pour construire des canons et que l'armée du roi de Prusse- marchait sur Paris, on renversa toutes les statues : celle de Henri IV ne fut pas épargnée.
En 1818, une nouvelle statue fut coulée dans les ateliers de M. Lemot. Un singulier incident signala la cérémonie du transport de cette statue an pont Neuf. Des bœufs et des chevaux avaient été attelés pour l'y conduire ; mais ils renoncèrent à la peine. Alors une foule prodigieuse de passants accoururent pour aider au transport de la statue de ce roi qui avait promis que le peuple aurait la poule au pot, et elle put arriver ainsi à sa
destination ; ce qui ne se lit pas sans de graves accidents. Plusieurs personnes furent blessées, d’autres même y perdirent la vie.
pont au change, communiquant de la place du Châtelet à la rue de la Barillerie. — Ce pont, dont l’origine remonte au temps des Gaulois, fut appelé, pendant plusieurs siècles, le Grand-Pont; il prit, en 1140, son nom actuel des changeurs qui s’y établirent et y restèrent jusqu’en 1359. Détruit plusieurs fois par les eaux et par le feu, il a été reconstruit pour la dernière fois en 1647 , avec deux rangées de hautes maisons, qui furent démolies en 1783. C'est le pont le plus large de Paris.
pont d’acsterlitz . — Construit par ordre de Napo- * léon, de 1801 à 1807; la longueur de ce pont est de 130 mètres; il conduit du boulevard Bourdon au jardin des Plantes. 11 est bâti en pierre et cintré en fer fondu.
La dépense a été de 3 millions. La reconstruction tout en pierre du pont d’Austerlitz, décidée par la commission municipale, vient d'être achevée.
pont i>e la tournelle . — Ce pont, qui communique de l’ile Saint-Louis au quai Saint-Bernard, fut d’abord construit en bois en 1614. Emporté par les glaces en 1551 et en 1637, il fut reconstruit en pierre en 1656. Sa longueur est de 126 mètres. 11 a été récemment élargi et restauré avec une grande élégance. Sur une des piles de ce pont est marquée une échelle qui sert à mesurer la hauteur des eaux de la Seine.
pont de l’archevêché , sur le bras gauche de la Seine, vis-à-vis de la rue des Bernardins. — Ce pont élégant, formé de trois arches en pierre, a été achevé en 1827 ; il communique du quai de l’Archevêché à celui de la Tournelle.
pont d’ arcole. — Construit sur le bras droit de la Seine, ce pont communique du quai Napoléon à la place de Grève. Il ne servait qu’aux piétons. Avant 1830, on le nommait pont de la Grève.
Son nouveau nom lui est venu d’un jeune et intrépide Parisien qui y fut tué dans les journées de juillet 1830, lorsqu’il s’élancait à travers la mitraille pour arborer le drapeau tricolore au haut de l’entablement de l’arc du milieu de ce pont, en disant à ses compagnons : « Si je » suis tué, souvenez-vous que je m’appelle d’Arcole. »'A peine sur le pont, il tomba frappé de plusieurs balles. L’insuffisance de cette voie de circulation a déterminé l’Administration à remplacer le pont suspendu par un nouveau pont en fonte d’une seule arche.
pont de la crrÉ ou pont rol’ge, de l’ilc de la Cité à l’ile Saint-Louis. — L’élégante passerelle, qui a remplacé l’ancien pont Rouge, est en fil de fer, à une seule arche.
pont de constantine, du quai de Béthune au quai Saint-Bernard. — Ce pont suspendu, d’une légèreté et d'une élégance remarquables, est construit en fer et praticable seulement pour les piétons. 11 fut livré à la circulation en 1837.
pont de damiette, du quai des Céleslins au quai d’Anjou. — Également achevé en 1837, ce pont suspendu a été détruit eu partie pendant la révolution de 1848.
pont au nocBLE, de la rue de la Bûcherie au Parvis- Notre-Dame. — Construit en 1625, reconstruit en 1817, ce pont a été réédifié une troisième fois à la suite des travaux de canalisation du petit bras de la Seine. Il fut ainsi nommé parce que le péage coûtait un double.
pont locis-philippe , appelé de la Réforme après la révolution de 1848, menant de la Cité à l’ile Saint-Louis
et le quai de la Grève. — Ce pont, praticable pour les piétons et les voitures suspendues, est suspendu à six chaînes ; les câbles se composent de 650 fils de fer. Dégradé en février 1848, il a été réparé bientôt après.
pont saint-michel, du quai des Orfèvres au quai des Augustins. — Ce pont, bâti en bois en 1383, détruit et rétabli en 1547, construit en pierre en 1618, a été débarrassé, en 1807, des maisons qui l'obstruaient.
pont marie , du quai des Ormes à l’ile Saint-Louis. — Il a 34 mètres de long sur 14 de large; il était autrefois, comme plusieurs des anciens ponts de Paris, bordé de maisons qui ont été démolies en 1788.
pont nothe-dame. — Construit en bois en 1412 ; rétabli en pierre, en 1507, par Jean Joconde et en 1854. C'est là qu’est située la pompe Notre-Dame, machine hydraulique destinée à faire monter l’eau dans un réservoir supérieur, d’où elle se répand dans des fontaines publiques. La présence de cette machine rendant le passage des bateaux fort dangereux, l’autre bras de lariviére a été récemment rendu navigable au moyen d’nn barragé éclusé construit près du pont Neuf.
petit-pont, au bas de la rue Saint-Jacques. — Ce pont date de Jules César. 11 fut brûlé, puis rétabli en 886, et emporté par les eaux ; il le fut derechef en 1280, 1296, 1325. Un impôt levé sur les juifs permit alors de le reconstruire en pierre. 11 fut enfin réédifié en 1718. 11 s’y livra, le 23 juin 1848, un combat acharné. Le Petit-Pont a été reconstruit, élargi et abaissé en 1853.
pont de bercy, de la barrière de Bercy à la barrière de la Gare.
IPX A CES .
Premier arrondissement.
place de la concorde, entre les Champs-Élysées et les Tuileries. — Cette belle place netait encore, il y a un siècle, qu’un terrain fangeux où on avait établi un poste de gabelle et un dépôt d"e marbres. La ville de Paris choisit ce terrain pour en faire une place où s’élèverait la statue quelle venait de voter à Louis XV.
Les travaux, commencés en 1754 sous la direction de l’architecte Gabriel, ne furent achevés qu’en 1772, en même temps que les deux beaux palais qui bordent la place du côté du nord.
Le 20 juin 1763, on découvrit la statue équestre de Louis XV', qui en occupait le centre. Cette statue de bronze, modelée par Bouehardon et fondue d'un seul jet. avait 14 pieds de proportion et reposait sur un piédestal de marbre blanc de 21 pieds de haut sur 14 de long et 8 de large, aux angles duquel étaient placées quatre ligures colossales ou cariatides de bronze, représentant la Force, la Paix, la Prudence et la Justice.
Une balustrade de marbre blanc entourait ce piédestal, dont les accessoires avaient été exécutés par Pigalle. La place Louis XV n'était pas encore achevée, lorsqu'elle reçut, en 1770, une sinistre inauguration par la catastrophe arrivée pendant les fêtes du mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette. Cent trente-deux personnes y périrent écrasées par la foule. La Révolution arriva et lui donna une sanglante célébrité. Au 10 août, les derniers Suisses échappés des Tuileries s’y firent tqer en combattant; le lendemain, la statue de Louis XV fut abattue et on la remplaça par une grande statue de plâtre peinte
en bronze, oeuvre de Leraot, figurant la Liberté assise et coiffée du bonnet phrygien.
Le 23 août, le conseil général de la commune ordonna que la guillotine serait dressée sur cette place pour l’exécution des conspirateurs royalistes. Le hideux instrument de mort y resta deux ans et y abattit plus de quinze cents têtes. C’est là qu’ont été exécutés Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, la princesse Élisabeth, les Girondins, Charlotte Corday, Mme Roland, Barnave, Danton, Hébert, Robespierre, les membres de la commune de Paris et les condamnés de prairial.
La place, alors nommée place de la Révolution , fut décorée, en 1795, des beaux chevaux de Marly. Sous le Di? rectoire, la statue de la Liberté fut détruite, et, le 14 juillet 1800, Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur, posa sur son emplacement la première pierre d’une colonne projetée à la gloire des armées françaises. On dressa le modèle en charpente de ce monument, mais il ne fut jamais exécuté. La place prit alors le nom de la Concorde.
Le gouvernement de la Restauration prescrivit successivement le rétablissement de la statue de Louis XV; puis l’érection d'une statue à Louis XVI, qui donna, en 1823, son nom à la place. La révolution de 1830 lui a rendu celui de place de la Concorde; et, en 1836, elle a été donnée à la ville de Paris, qui y fit exécuter d'importants travaux de nivellement et d’embellissement.
La place de la Concorde a 243 mètres de long sur 169 de large. L'obélisque de Louqsor, qui fait le centre de la place, est d’un poids de 250,000 kilog. 11 fut dressé le 25 octobre 1836, en trois heures de manœuvres habilement dirigées par l’ingénieur Lebas.
Ce monument, qui ornait autrefois le palais des rois à Thèbes (aujourd’hui Louqsor), est couvert d’inscriptions
hiéroglyphiques constatant qu’il a été commencé sous le régne de Rhamsès II, vers l’an 1550 avant l’ère chrétienne, et érigé sous le règne de son frère et de son successeur Rhamsès III ou Sésostris. Il a été cédé au gouvernement français, en 1829, par le pacha d’Égypte.
Deux fontaines élégantes et monumentales sont placées à 25 mètres chacune du monolithe égyptien. Huit pavillons, surmontés de figures colossales des huit principales villes de France, de vastes trottoirs d’asphalte, des colonnes rostrales et de riches candélabres alimentés par le gaz, complètent l’ornement de cette place, la plus belle de l’Europe, qui est éclairée la nuit par 146 becs de gaz.
place mi palais- nov al, rue Saint-Honoré, vis-à-vis du Palais-Royal. — Le bâtiment qui en formait le fond, et qu’on nommait Château-d’Eau, a été détruit pour faire place à la galerie destinée à l’achèvement du Louvre. C’est sur cette place qu’a eu lieu l’engagement le plus sérieux de la révolution du 24 février 1848.
Une compagnie du 14e régiment de ligne, composée de 150 hommes, résista pendant deux heures environ, et n’abandonna son poste qu’après avoir brûlé ses dernières cartouches. C’est là que le général de Lamoricière fut blessé.
place et colonne ve.ndome, formée sur l’emplacement de l’hôtel de Vendôme , à qui elle doit son nom. — Cette place, dessinée par Mansard, fut inaugurée en 1699, en même temps qu’une statue équestre de Louis XIV, qui en décorait le centre. C’est la plus régulière de Paris; elle est octogone et a 37“, 50 de long sur 35 mètres de large.
Les bâtiments uniformes qui l'encadrent ont tous deux étages et sont oniés de pilastres d’ordre corinthien. Tour à tour appelée place des Conquêtes, place Louis-le-Grand, et place des Piques pendant la Révolution, elle prit le
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