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dont Louis XIII posa la première pierre, et qui fut abattue, en 1638, pour ‘faire place à une autre, démolie à son tour en 1674.

Depuis que le siège de l'autorité municipale de Paris avait été établi place de Grève, cette place était principalement destinée aux réjouissances publiques. Mais c’était aussi le lieu des exécutions, et à ce titre, que de terribles souvenirs elle rappelle! La première victime qui, en 1310, y subit la mort, fut Marguerite Porrette, brûlée pour hérésie.

Entre autres personnages célèbres à divers titres qui teignirent ses pavés de leur sang, nous citerons : Jean de Montaigu, surintendant des finances; le connétable de Saint-Pol, Anne Dubourg, Montgommery, Ravaillac ; Éléonore , Galigaï, maréchale d'Ancre; Montmorency-Bouteville, le maréchal de Marillac, la marquise de Brinvilliers, le comte de Horn, Cartouche, Damiens, Lally-Tolendal.

Quant aux victimes du tribunal révolutionnaire qui y furent exécutées, elles ne peuvent se compter. Seize montagnards, au nombre desquels était Fouquier-Tinville , y périrent à leur tour. Enfin, Georges Cadoudal et ses compagnons, Louvel, les quatre sergents de la Rochelle, y subirent leur jugement.

Depuis 1830, les exécutions ont cessé de se faire sur la place de l’Hôtel-de- Ville.

A toutes les époques, la place de Grève a été le théâtre des principaux événements qui ont marqué dans l’histoire de Paris. Étienne Marcel, les bouchers du parti bourguignon, la Ligue, la Fronde, Lafayette et Bailly, la Commune du 10 a oût et du 31 mai, y ont successivement rassemblé leurs bandes tumultueuses, leurs compagnies bourgeoises,, leurs bataillons populaires.

Là ont oommencé ou fini, depuis soixante ans, toutes les journées «révolutionnaires : c'est là qu’a été tué Flesselles et

mutilé Foulon; c’est là que Lafayette, en 1830, a intronisé une nouvelle dynastie, à laquelle devait mettre fin une nouvelle invasion populaire; c’est là que fut installé le Gouvernement provisoire, et que fut proclamée la seconde République; c’est là que se préparèrent ou qu’éclatèrent avec le plus de violence les tentatives du 16 avril et du 15 mai, et surtout les trois sanglantes journées de juin, dont l’ordre sortit victorieux.

Cette place est aujourd’hui, et depuis un siècle, le lieu de rassemblement des ouvriers qui cherchent de l’ouvrage, surtout des ouvriers en bâtiment. De là est venu le mot faire grève, pour signifier les chômages volontaires des corps de métiers.

place du palais-boubbon, au sud du Corps législatif. — Au centre, sur un piédestal destiné primitivement à recevoir la statue de Louis XVIII, et où fut érigée, après 1848, une figure de la Liberté, s’élève une colossale figure de la France.

Onzième arrondissement.

place dauphine. — Située entre le pont Neuf et le palais de Justice. Elle fut appelée place Dauphine par Henri IV, lors de la naissance de Louis XIII. Au milieu se trouve la fontaine Desaix.

place du palai8-de-4U8tice , rue de la Barillerie. — C’est là qu’étaient exposés les criminels sur un échafaud où s’élevaient des poteaux, portant les noms des condamnés aux peines infamantes et le texte des arrêts rendus contre eux.

place SAiNT-suLPicE. — Plantée d’arbres, sous lesquels se tient deux fois par semaine un marché aux fleurs. Cette place est bordée d’un côté par l'église et le sémi-

naire de Saint-Sulpice, de l’autre par la mairie du il* arrondissement. A son centre s’élève la fontaine dont nous avons fait précédemment la description. (Voir page 380.)

Douzième arrondissement.

place maubert. — Cette place, située entre les rues de la Bûcherie, des Grands-Degrés, des Noyers et de Bièvre, est fréquemment citée dans l’histoire du vieux Paris, et tire, dit-on, son nom de Jean Aubert, deuxième abbé de Sainte-Geneviève, qui, au xue siècle, donna la permission d’y établir des étaux de boucherie.

Au siècle suivant, elle était déjà entourée de maisons; et pendant tout le moyen âge elle a joué le premier rôle comme rendez-vous des écoliers, des bateleurs et des oisifs. De nombreuses émeutes y ont éclaté. C’est là que se rassemblèrent les bandes du parti bourguignon qui firent le massacre des prisons en 1418; c’est là qu’ont commencé les barricades de 1588.

On y brûla pour crime d’hérésie, en 1546, le malheureux Étienne Dolet, imprimeur et littérateur éminent, ami de Marot et de Rabelais. C’est encore là que fut élevée la première barricade de l’insurrection de juin 1848. Cette barricade était une véritable fortification , et il fallut deux jours pour s’en rendre maître.

La place Maubert ne présente d'ailleurs rien de remarquable. Le marché qui y était établi depuis huit cents ans a été transféré en 1819 sur l’emplacement du couvent des Carmes. (Voy. marché des carmes page 367.)

place valhvbert. — Elle est située en face du pont d’Austerlitz et forme un hémicycle devant la grille d’entrée du jardin des Plantes.

place saint-Jacques , à l’extrémité de la rue du Fau-

bourg-Saint-Jacques. — C'est là que se faisaient les exécutions à mort, depuis que la place de Grève avait cessé d’être consacrée à ces sanglantes solennités. — Elles ont lieu maintenant place de la Roquette.

PBOnElADEI.

champs-éltsées. — Cette promenade, unique au monde, était encore en 1616 un vaste terrain divisé en prairies, en jardins, où l’on voyait çà et là de méchantes maisonnettes. A cette époque, Marie de Médicis y fit planter trois allées, parallèles à la Seine et encloses par des grilles, qui prirent le nom de Cours-la- Reine. Cette promenade était réservée à la famille royale et aux personnes de la cour.

On ne s'y rendait guère qu’en voiture ou à cheval, et Sauvai dit que les cavaliers y avaient continuellement le chapeau à la main. N’y cherchons plus les arbres qui dataient de cette époque : ils furent arrachés en 1723. En 1670, de secondes plantations s'adjoignirent aux premières, qui, par suite de cet accroissement, reçurent la dénomination de Grand-Cours, remplacée plus tard par celle de Champs-Elysées. Le duc d’Antin, en 1713, et le marquis de Marigny, en 1770, y firent exécuter de grands travaux. Une allée, pratiquée par ce dernier et servant de promenade habituelle aux femmes en grand deuil, fut appelée Allée des Veuves.

En 1819, nouvelles plantations. En 1832, on construisit, aux abords de Chaillot, un quartier nommé de François Ier, parce qu'on y a transporté une maison que ce prince avait fait bâtir à Moret. Ce groupe de maisons est encore presque désert.

C'est à l'ancien n° 79 de l'avenue des Champs-Elysées que

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mourut, en 1845, dans toute la force de l'âge et du génie, Alexandre Soumet, notre grand poète épique et tragique.

Les Champs-Élysées, qui, avant 1830, formaient par les mauvais temps un véritable cloaque et passaient pour un lieu dangereux la nuit, sont aujourd'hui assainis, embellis et parfaitement sûrs. Ce triple résultat est dû aux constructions que la ville, devenue propriétaire de cette promenade en 1838, y a fait élever, et qui ont encouragé le développement des propriétés particulières.

Aujourd’hui, les Champs-Élysées sont couverts de magnifiques habitations, la plupart occupées par des Anglais, d’élégants cafés-restaurants, de charmantes fontaines et d’une foule de théâtres et d établissements de plaisir. L’extrémité des Champs-Élysées qui touche a la place de la Concorde est décorée de deux groupes équestres dits les chevaux de Marly, parce qu ils figuraient autrefois à l’abreuvoir du château de Marly. Ces deux morceaux, très-estimés, sont de Coustou le jeune.

Les Champs-Élysées s’étendent de la barrière de l’Etoile à la place de la Concorde, présentent un développement de près de 2 kilomètres, et sont entièrement éclairés par de magnifiques candélabres à gaz. Rien de féerique comme l’aspect de cette magnifique promenade, lorsque Paris s’illumine pour la fête du souverain. Chaque année renchérit sur la précédente en éblouissants effets et en merveilleuses inventions.

C’est là aussi que s’arrête et tournoie encore maintenant l’antique pèlerinage, un peu négligé, de Longchamp, Indépendamment des jours de fête, ce lieu est continuellement animé par le passage des équipages qui se rendent au bois de Boulogne, et par la foule des promeneurs qu'y attirent ses nombreux établissements de plaisir.

Dans les Champs-Élysées se trouvent :

A l’ancien Grand-Carré, le splendide palais de l’ Indus -

trie, dont nous avons donné ailleurs la description.

Au carré Marigny, le Cirque de l'Impératrice, consacré aux exercices équestres, voltiges, etc. Ouvert du mois de mai au mois d’octobre, à huit heures du soir.

Les Bouffes parisiens, en face du palais de l’Industrie. Ce théâtre, dirigé par un artiste renommé, M. Offenbach, justifie pleinement son nom; car on n’y joue que des saynètes, des pantomimes, des bouffonneries musicales. Ouvert le 6 juillet 1855.

Le Jardin d'hiver, avenue des Champs-Elysées. — Cet établissement, ouvert en 1845, présente l'aspect d’une serre immense remplie d'arbres toujours verts. On y remarque des arbustes et des fleurs d’une grande valeur. On y donne fréquemment des concerts dont les prix varient. La salle, qui se loue de gré, sert aussi pour des bals et des fêtes magnifiques.

Le Château des Fleurs, vis-à-vis Bcaujon (1)

Le Jardin Mabille , allée des Veuves. — Grand bal. Rendez-vous de la jeunesse parisienne.

L'Hippodrome, qui, bien que situé hors de l’enceinte de cette promenade, en fait en quelque sorte partie intégrante. — L’Hippodrome, ouvert en 1845, s’élève sur la pelouse voisine de l’arc de triomphe de l’Étoile. 11 renferme un parallélogramme oblong entouré de gradins, qui occupe une superficie de 21,000 mètres carrés. L’enceinte peut contenir 8,000 spectateurs. 11 est consacré à de grands spectacles équestres, tels que batailles, tournois, courses, etc., ainsi qu’à l'aérostation, devenue fort à la mode depuis quelque temps. Ouvert durant la belle saison, les mardis, jeudis, samedis et dimanches, de 3 heures 1/2 à 5 heures 1/2.

(4) Vuir l'article bals, page 317.

jardin de monceaux, situé rue de Chartres, à proximité de la barrière de Monceaux et de celle du Roule. — Cette promenade, plantée en 1778 par le duc d’Orléans (sur* nommé Philippe-Égalité), a englouti des sommes énormes. Dans la Révolution, elle fut convertie en jardin public et consacrée à des fêtes d’été. La Restauration la rendit au duc d'Orléans, qui devint plus tard Louis-Philippe. Ce jardin longe une grande partie de la commune des Ratignolles, et présente un aspect admirable quant aux épais ombrages dont il est orné. On cite surtout, comme digne d'être visité, un pavillon gothique du haut duquel on jouit d'une vue merveilleuse.

jardin des plantes (autrefois jardin du Bot), vis-à-vis du pont d'Austerlitz. — Établi par Louis XIII, sur la demande de Guy de la Brosse, son médecin, ce jardin ne se composait d’abord que de 70 ares. Buffon, qui en fut nommé surintendant en 1729, l’enrichit des plus précieuses collections. On y remarque, parmi toutes sortes d’arbres, de fruits et de fleurs rares et exotiques, un cèdre du Liban, qui fut apporté, par Jussieu, au fond d’un chapeau.

11 a été, malheureusement, étêté par un coup de feu tiré sur un aigle échappé de la ménagerie. — Les serres, quadrangulaires et composées de brique, de fer et de verre, sont des chefs-d’œuvre d'élégance et de légèreté.

Les animaux sont disposés, partie dans des cages garnies, de barreaux de fer, partie dans des cours entourées de palissades, partie enfin dans des fosses creusées audessous du sol. Le côté réservé aux oiseaux est entièrement composé de cages fermées par des grillages de fer.

Les serpents occupent le local anciennement réservé aux singes, auxquels on a construit une enceinte circulaire, garnie d’un treillage de fer et munie intérieurement de balançoires et de cordes; au milieu est un bassin avec un jet d'eau : c’est le palais des singes.

Les bâtiments qui bordent la rue Saint-Victor renferment la galerie de minéralogie, la galerie botanique et la galerie anatomique. (Voy. muséum d’histoire naturelle.)

JARDINS DES TUILERIES et DU LUXEMBOURG. (Voir PALAIS DES TUILERIES; PALAIS DU LUXEMBOURG.)

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