LE FAUBOURG SAINT-HONORÉ
Remontons le faubourg Saint-Honoré avant de descendre la rue du même nom. Ce faubourg se distingue par son dévouement à la cause de l’ordre , comme d’autres à la cause de l’anarchie. Ses pavés, dit M. Lavallée, n’ont jamais été remués par l’insurrection. Guadet, l’illustre girondin, demeurait au n° 30; Joseph Bonaparte vécut quelque temps au n° 31, c’est-à-dire à l’hôtel Marbeuf, où mourut Suchet; le magnifique palais de Pontalba occupe lesn°*41 et 43; l’hôtel Brunoy, au n° 49, fut successivement habité par le maréchal Marmont et par la princesse Bagration, en 1815; le maréchal de Buernonville mourut au n° 52 ; le maréchal
Sébastien, tout récemment, au nn 55, dans son propre hôtel, si tristement célébré par le meurtre de la duchesse de Praslin ; en 1 803, le marquis de Saint-Lambert, poète des Saisons, au n° 90, dans l'hôtel Beauvau; enlin, Lagrange, le fameux mathématicien, au n° 1 18, en 1813.
Le maréchal Serrurier, le maréchal Marmont et le conventionnel Pelet de la Lozère habitèrent au n° 4 de la rue des Champs-Élvaées, et Junot, duc d’Abrantès, au n° 6.
Les conventionnels Fabre d’Églantine et Amar logèrent dans la rue laVille-l’Évèque, oiiM. Guizot, grand historien, grand orateur, grand écrivain et homme d'État éminent, occupe un modeste pavillon au n° 6.
Dans la rue d’Anjou sont morts ou ont vécu : Lafayette, au n° 6 (20 mai 1834); Benjamin Constant, au n° 15; l’excapucin Chabot, au n° 19; le marquis de Bouillé, si célèbre par son dévouement à Louis XVI , l’abbé Morellet et le marquis d’Aligre, au n° 27 ; le général Moreau, au n° 28. Cette maison fut achetée par Napoléon pour la donner à Bernadotte. Le cimetière de l’église de la Madeleine était situé au n° 48. C’est là que furent inhumées les victimes de bien des catastrophes : celles du 30 mai 1770, celles du 1 0 août, le roi martyr et la reine martyre, et tous les autres suppliciés, au nom de la République, sur la place de Louis XV.
Mademoiselle Mars est morte non loin de la chapelle expiatoire, dans la rue Lavoisier. — Traversons la rne de la Pépinière et remontons le faubourgSaint-IIonoré. — Vous vous reposerez agréablement à l’extrémité de la rue de Monceaux, entre les rues de Chartres, de Valois et le mur d’enceinte, dans le vaste jardin que le duc d’Orléans fit \
tracer en 1778, d’après les dessins de Carmontel, au milieu i
de curiosités, d’objets d’art et d’arbres fort rares. Ce jardin a partagé tontes les destinées, bonnes et mauvaises, de la famille d'Orléans : en 1794, il fut exploité comme jardin public; en 1801, il fut consacré aux fêtes publiques;
en 1814, il fut englobé dans le domaine de la couronne impériale; cette même année, il lut rendu aux princes d'Orléans; en 1848, il fut le quartier général des ateliers nationaux; enfin, en 1852, il fut réuni au domaine de l’État par un décret de Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République.