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BOULEVARD DES CAPUCINES

Nous voici au boulevard des Capucines, base de la

ce.

Chaussée-d'Antin comme le boulevard des Italiens. La partie méridionale étant beaucoup moins élevée que la chaussée, on l’appelle rue Basse-du-Rempart. L’actrice Raucourt, morte en 1815, vivait au n° 6; Hérault de Séchelles, avocat général du Parlement de Paris, président de la Convention au 31 mai, qui périt sur l’échafaud avec Danton, vivait au n* 40; Manuel Godoï, prince de la Paix, qni disposa si longtemps de la fortune de toutes les Espagnes, vivait ^lans l’indigence au passage Sandrié, en 1841 ; la Duthé, maîtresse du comte d’Artois, des talons rouges et des financiers d’avant la Révolution, habitait le n° 68 : cette maison fut démolie en 1843 et reconstruite aussitôt; enfin, Guimard, la célèbre danseuse, habitait, au coin de la rue Caumartin, cette maison où l’on voit les attributs de la musique, et qu’elle ne quitta que pour aller occuper un hôtel dans la Chaussée-d’Antin.

Le boulevard des Capucines proprement dit était formé par, l’ancien hôtel Bertin, devenu tour à tour hôtel de la Colonnade, quand il appartint au fermier général Reuilly; hôtel de Wagram sous l’Empire, qui le fit habiter par Berthier, et hôtel du ministère des Affaires étrangères, devant lequel s’accomplit, le 23 février 1848, la fatale catastrophe dont le résultat fut la chute de la monarchie constitutionnelle et l’établissement de la République. Cet hôtel n’existe plus depuis quelques mois, de même que l’hôtel des Archives des affaires étrangères, ancien hôtel des lieutenants généraux de police, autrefois situé au n“ 16 de la rue des Capucines, qui devint, en 1790, l’hôtel du maire de Paris, et où logèrent d’abord, à ce titre, Bailly, Pétion, Pache, etc.; puis, après le 13 vendémiaire, Bonaparte en sa qualité de général en chef de l’armée de l’intérieur.

LE QUARTIER DE LA CHAUSSÉE-d’aATEV.

Pour mieux circuler dans le quartier de la Chausséed’Antin, nous suivrons son artère principale, c’est-à-dire la rue de la Chaussée-d’Antin, qui se prolonge par la rue de Clichy jusqu'au mur d’enceinte, et qui est coupée à angle droit par la rue Saint-Lazare. « Ce quartier, sorti de terre depuis soixante ans, dit M. Théophile Lavallée, doit son origine, non, comme les quartiers du vieux Paris, à quelque saint patron, à quelque autel révéré, mais aux petites maisons des grands seigneurs, aux hôtels bâtis par eux pour des filles de théâtre, aux vastes jardins plantés par des turcarets ou des maltôtiers. 11 s’agrandit sans cesse ; les larges rues s'y ouvrent , les belles maisons s'y élèvent comme par enchantement; il est devenu le séjour du beau monde, de la mode, de la finance, du plaisir; enfin, il menace d'envoyer Paris, par les Batignolles, joindre la Seine entre Neuilly et Clichy. »

Tout l cspace compris entre le faubourg Saint-Honoré, que nous connaissons déjà, et le faubourg Montmartre, que nous connaîtrons bientôt, n’était, avant la révolution de 1789, qu’une campagne plus ou moins bien cultivée, parsemée de jardins, de fermes, de granges, de cabarets et de maisons rustiques, dont un petit groupe formait le hameau des Porcherons. Ce hameau tirait son nom d’un château situé rue Saint-Lazare, près de la ferme de l’Hôtel-Dieu; il avait été bâti par Jean Bureau, célèbre par son patriotisme et comme grand maître de l’artillerie sous Charles Y. Le chemin tortueux par lequel on allait aux Porcherons s’appela tour à tour chaussée des Porcherons, chaussée de la ferme de l’Hôtel-Dieu, chaussée de la porte Gaillon (cette porte se trouvait sur le boulevard , et enfin chaussée d’Antin, à cause de l’hôtel d’Antin ou de Riche-

lieu. On commença par y construire de beaux hôtels vers 1760. Mirabeau y mourut en 1790, et la rue de la Chaus- Sée-d’Antin prit alors son nom, qu'elle quitta bientôt après pour porter le nom de Mont-Blanc , qui était celui du premier département conquis par la République.

Le Mont-Blanc se retransforma en Chaussée-d’Antin sous la Restauration. Grimm a demeuré au n“ 3, et Necker au n* 7, qui devint ensuite l’hôtel de M1"* Récamier. La danseuse Guimard habitait, au n® 9, l’hôtel bâti par le prince de Soubise et appelé le temple de Terpsichore. Fontanes mourut au n*36 (1821), et Joséphine Beauharnais vécut au n* 62, avant son mariage avec Bonaparte. Mme de Montesson, épouse de Philippe IY, duc d’Orléans, mourut, en 1806, dans son hôtel de la cité d’Antin, qni appartint successivement au célèbre banquier Ouvrard , au receveur général Pierlot, au duc de Padoue; enfin, du même côté, la dernière maison de la rue était l’hôtel du cardinal Fesch.

La rue de Clichy, qni doit son origine aux petites maisons des grands seigneurs, n’offre rien de remarquable, si ce n’est la prison pour dettes. Passons donc à la rue Sàint-Lazare, où le financier Boutin s’était fait construire une magnifique habitation dont les jardins s’étendaient entre les rues de Clichy et Saint-Lazare, jusqu’au mur d'enceinte, et que les frères Ruggicri transformèrent en un jardin public, devenu très-célèbre pendant le Directoire, riîmpire et la Restauration, sous le nom de Tivoli, par les fêtes de nuit qu’ils y donnaient. Tout cela fut détruit en 1826; mais les anciens hôtels du duc de Raguse, de Ney, de Sébastiani, d’Ornano et de Mme Yisconti existent encore. La rue Saint-Lazare était alors un centre de plaisirs ; c’est un centre d’affaires , maintenant qu’ou y a établi le débarcadère des chemins de fer de Rouen, de Saint-Germain et de Versailles. *

Bien des rues débouchent dans la rue Saint-Lazare; mais nous ne vous conduirons qu’à la rue Laffitte, où ce célèbre banquier avait son hôtel à côté de celui de M. de Rothschild. La célèbre M,,1C Tallien demeurait au n° 23.

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