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LE FAUBOURG SAINT-GERMAIN

Le faubourg Saint-Germain ne renfermant encore, auxive siècle, que des marais, des vignes et des prairies, était généralement désigné sous le nom de Fré-aux-Clercs , et

appartenait à l’Université. Vers le milieu du xvi* siècle, l’Université en concéda une partie à cens et à rentes pour y bâtir : les protestants seuls y vinrent habiter. C’est là que les raffinés et les duellistes se donnaient rendez-vous, sous Henri IV. Durant la première moitié du xvn* siècle, d'autres terres y furent acquises par les magistrats Séguier, Tambonneau, Bérulle, Pithon, Llmillier; les rues de l’Université, des Saints-Pères, du Bac, etc., furent construites. La noblesse voulut y avoir de belles habitations sous Louis XIV; et, sous Louis XV, l’aristocratique faubourg s’y développa dans toute son élégante somptuosité.

La rue de Lille. — Elle commence à la rue des Saints- Pères et finit à la rue de Bourgogne. On y trouve les hôtels de Montmorency, de Laurageais, de Valentinois, d’Ozembray, de Bouault, de Forcalquier, de Grammont, du Maine, d’Humières, de Bcntheim;- du maréchal Jourdan, qui y est mort en 1822; de Choiseul-Praslin, bâti en 1721 par le maréchal de Uelle-lsle; de Beauharnais (86), qui fut habité par le roi de Prusse en 1814; de Mortier; de Masséna, qui y mourut en 1817.

Le peintre Carie Vernet demeura au n° 34; le conventionnel Garnier, de l'Aube, au n* 60; mademoiselle Clairon mourut au n" 73, en 1803, et Mme Tencin, au n* 75.

Les principales rues qui débouchent dans la rue de Lille sont : '

La rue des Saints-Pères, où mourut Augereau, au n° 46, etlaruedu Bac, où vécurent Lanjuinais, Chateaubriand, Labédoyère;où demeura M. Dupin et où demeure M. de Falloux.

La rue de F Université s’ouvre à la rue de Seine et sa ferme au Champ-de-^ars. On y voyait les hôtels de Guéménée, de Yilleroi , d’Aligre, de Alorteinart, de Montesquieu, de Soyecourt, de Maillv; de Périgord, maintenant aux ducs de Dalmatic et de Koailles, où se trouve le dépôt de la Guerre. En 1792 Talleyrand-Périgord , le généra

Arthur Dillon et le général Montesquiou habitaient dans cette rue. En 1830, le maréchal de Bourmont demeurait au n* 17; en 1808, Chauveau-Lagarde habitait au n° 18; M. de Lamartine demeurait au n° 82; M. le duc de Broglie, au n° 90, en 1845.

La rue Bonaparte, qui commence au quai Malaquais et finit au Luxembourg, aboutit à la rue de l’Université : Vicq-d’Azyr, le général Beauhamais et l’amiral Dumont d’Urville y ont demeuré.

La rue Saint-Dominique s’ouvre à la rue Taranne, qui ui sert de prolongement jusqu'à la rue Saint-Benoît, et se ferme au Champ-de-Hars. Outre l’église de Saint-Thomas d’Aquin, de Sainte-Glotilde et de Saint-Pierre-du- Gros-Caillou, l’hôpital militaire du Gros-Caillou et le dépôt central d’Artillerie, cette rue renferme le ministère des Travaux publics, établi dans l’ancien hôtel Molé, bâti par le maréchal de Boquelaure; le ministère de la Guerre, établi dans l’ancien couvent des Filles-Saint-Joseph, et l’hôtel du ministre de la Guerre, bâti en 1730 par la duchesse de Mazarin, qui en fit cession à la princesse de Conti, dont il prit le nom. Cet hôtel fut successivement habité par le cardinal de Briennc, par Lucien Bonaparte et par la mère de Napoléon.

On trouve encore dans la rue Saint-Dominique les hôtels de Luynes, bâti par la fameuse duchesse de Chevreuse; de Broglie, de Châtillon, de Guerchy, de Poitiers, de Liguerac, . de Comminges, de Seignelay, de Caraman, de Montpensier et de Monaco, dont M. llope a fait la plus somptueuse habitation de Paris.

Diderot demeura pendant trente ans au coin de la rue Taranne et de la rue Saint-Benoît; le baron d’Holbach, en son hôtel de la rue Taranne (n° 12). Le baron de Breteuil mourut au n° 51 de la rue Saint-Dominique; le maréchal Kellermann au n° 54; le maréchal Davoust au n° 105.

La rue de Grenelle s’ouvre au carrefour de la Croix- Rouge et se ferme au Champ-de-Mars. On y trouve nonseulement les édifices publics suivants : la Mairie du Xe arrondissement, ancien hôtel de Feuquières, où logea le duc de Gênes, en 1685, et où furent arrêtés, le 2 décembre 1851, trois cents membres de l’Assemblée législative; la fontaine de Grenelle ; l’ancienne église de l’abbaye de Panthémont, dont une partie sert au culte protestant, et dont l’autre partie est une caserne de cavalerie; le ministère de l’Instruction publique, ancien hôtel de Brissac; le ministère de l’Intérieur, ancien hôtel Conti, et l’école d’ État-Major , ancien hôtel de Sens; mais encore les hôtels d’Estourmel, deVillars, de Maurepas, de Lamothe-Houdancourt, de Harcourt, de la Salle, de la Marche, du Châtelet.

Les rues de la Planche et de Varennes, commençant à la rue de la Chaise et finissant au boulevard des Invalides, renferment les hôtels de Narbonne-Pelet, de Novion, du Plessis-Châtillon, de Gouffier, de la Rochefoucauld, ,de Matignon, de Castries et de Rohan-Chabot, qui fut habité par la célèbre Mme Tallien.

Passons maintenant devant l’hôtel des Invalides, que nous avons décrit précédemment, et nous nous trouverons dans un quartier pauvre et populeux : c’est le Gros- Caillou, qui conduit au Champ-de-Mars. C’est là que, depuis la fête de la Fédération, ont eu lieu successivement bien des solennités civiles et militaires, qui, depuis soixante ans, ont marqué les diverses phases de notre existence nationale.

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