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DOMINATION ROMAINE

Sous la domination romaine, et moins d’un siècle après César, Lutèce acquit, grâce à son admirable situation, une véritable importance, parce quelle était l’un des centres principaux de la navigation des Gaules.

Pendant le règne de Tibère , c’est-à-dire entre les années 13 et 37 de J.-C., les nautes parisiens élevèrent à Jupiter un autel, dont les débris ont été retrouvés en 1711, sous le chœur de la cathédrale de Notre-Dame. Ces nautes n’étaient point de simples bateliers, mais une corporation marchande déjà puissante, et d’où naquit la hanse, qui forma plus tard le corps municipal de Paris.

Saint Denis, que l’Église honore comme l’apôtre et le premier évêque de Paris , fut envoyé de Rome vers l’an 245, pour prêcher l’Évangile dans les pays situés au delà de la Loire. S’étant arrêté à Lutèce, il lui consacra plusieurs années d’apostolat, et reçut le martyre, avec ses compagnons, Rustique et Éleuthère, sur la colline de Montmarire \Mons Martyrum, le mont des Martyrs!.

Les empereurs Constance Chlore, Constantin le Grand , Constantin le jeune et Constance, séjournèrent à Lutèce. On attribue au premier de ces princes la construction du palais des Thermes, où le César Julien, gouverneur des Gaules sous Constance, et qui y passa les hivers de 358 et 359, fut proclamé Auguste en 3G0. « Pour trouver un second exemple d'un empereur proclamé à Paris, il faut, dit Chateaubriand, passer de Julien à Napoléon. »

Vers cette époque, Lutèce changea de nom et prit celui du peuple dont elle était la capitale. Le plus ancien monument où elle soit appelée Paris est de l'an 360. Valentinien y rédigea plusieurs lois contenues dans son code. Gratien , sou iils, perdit près des murs de cette ville, en 383, contre le tyran Maxime, une bataille qui lui coûta l’empire et la vie

On place au temps de Gratien et de Théodose le pontificat de saint Marcel, le plus célèbre des évêques de Paris depuis saint Denis, et l’un des patrons de la ville. Ce pieux évêque, mort en 436, fut inhumé hors des murs; et c’est autour de l’oratoire élevé sur son tombeau, que se forma le bourg de Saint-Marcel.

Pendant la période gallo-romaine, Paris acquiert un développement déjà remarquable en prospérité et en éten due. A l’extrémité orientale de la Cité s’élevait l’autel que les nautes parisiens avaient dressé à Jupiter.

Au rv* siècle, lorsque la ville, devenue le siège d'un évêché, fut constituée en rnunicipe, il existait, sans doute, dans la Cité une église cathédrale et un édifice affecté aux autorités qui administraient la ville. »

Pour la première fois, une enceiute fut élevée autour de l'ile, comme l’attestent les débris qu'on en a découverts, en 1829, sous l’église de Saint-Landry, et, en 1846, au parvis Notre-Dame. 11 faut aussi restituer à cette époque un autel votif ou cippe antique trouvé, en 1784,

près du palais de Justice, et recueilli par la Bibliothèque impériale.

Hors de la ville, au delà et en deçà des deux ponts, quelques habitations étaient éparses près des voies romaines qui conduisaient, au midi, à Autun; au nord, à Beauvais, à Amiens, à Boulogne.

Plus loin, sur la rive gauche de la Seine, le palais des Thermes, ce magnifique monument du Paris romain, un champ de Mars, des arènes, un aqueduc distribuant au palais des Thermes les eaux d’Arcueil et de Ilungis, un champ de sépulture, une fabrique de belle poterie, attestent l’existence d’un faubourg méridional d'une grande étendue; tandis que, sur la rive opposée, un autre aqueduc partant de Chaillot et aboutissant à l’emplacement actuel du jardin du Palais-Royal, des ruines de riches habitations trouvées dans la rue Vivienne, les tombes antiques dont on a reconnu des restes près de l'église de Saint-Gervais, donnent la mesure des progrès que la ville avait déjà faits vers le nord, et font connaître le degré de développement auquel les arts étaient parvenus à Paris sous les Romains.

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