DOMINATION FRANQUE
La conquête de la Gaule par les Francs marque, dans l’histoire de Paris, une ère toute nouvelle. On prétend que Childéric I" s’en empara en 465; mais il est certain que Clovis occupa définitivement cette ville en 496, qu’il la déclara capitale de son royaume en 507, et qu’il y fonda, sur le mont Lucotitius, la basilique de Saint-Pierre-et- Saint-Paul (Sainte-Geneviève), pour remercier Dieu de la victoire de Vouillé.
C'est ici qu'il faut placer, selon sa date, la touchante
histoire de sainte Geneviève, la vierge de Nanterre. On n’ignore pas qu’elle sauva Paris deux fois : la première, en y amenant, dans une année de disette, douze bateaux de blé tirés de la Champagne; la seconde, en détournant de ses murs, par ses prières, Attila surnommé le fléau de Dieu. Les Parisiens, déconcertés, voulaient fuir à son approche; mais Geneviève ranima leur courage en disant: Dieu protège la ville. Aussi le culte de cette sainte patronne de Paris est-il encore fervent de nos jours.
Après le partage des États de Clovis entre ses fils, Paris resta la capitale d'un des quatre royaumes de la Gaule franque, et aussi leur capitale générale, si nous pouvons ainsi parler, puisqu’on y tenait ces grandes assemblées où les rois délibéraient eu commun , soit sur les affaires de la famille, soit sur celles de l’empire.
Les premiers successeurs de Clovis résidèrent à Paris, qui fut considéré, après la mort de Charibert, comme la principale ville de la Neustrie.
Saint Germain, sous Childebert 1", et saint Landry, sous Clovis 11, en illustrèrent le siège épiscopal par leurs vertus. Ce dernier évêque vendit tous ses biens et jusqu’aux vases sacrés de son église, pour nourrir les pauvres pendant une famine.
C’est à lui qu'on doit le premier établissement de bienfaisance fondé à Paris : l’hôpital Saint-Christophe, auquel le moyen âge a donné le beau nom d’Hôtel-Dieu.
Les derniers descendants de Clovis, rois fainéants, n’habitèrent que rarement Paris, bien qu’une tradition, appartenant à la poésie plutôt qu'à l'histoire, veuille qu’ils y soient venus quelquefois promener leur indolence dans un •hariot traîné par des bœufs.