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PARIS SOUS LES CARLOVINGIENS

Avec la seconde race commence, pour l’histoire de Paris, une période de décadence. L’ancienne capitale de la Neustrie, négligée par les rois et par les empereurs de race austrasienne , qui l’abandonnent aux Barbares , ne doit son salut qu’à son propre héroïsme. La grande ville actuelle, ayant laissé ruiner ses remparts et ses tours , en était réduite à son île et aux chétifs faubourgs de ses deux rives, quand les hommes du Nord vinrent, pendant près d’un demi-siècle, la menacer d’une destruction totale.

Lors de la première apparition des Normands sous les murs de Paris, en 845, les habitants s’enfuirent avec leurs richesses; et Charles le Chauve accourut après le pillage de la ville, non le fer à la main, mais avec de l’or qu’il destinait aux Barbares. Leur chef, Ragenaire, de retour en Danemark, présenta solennellement à Horic, qui régnait dans ce royaume , la serrure d'une des portes de

Paris et une poutre de l'église de Saint-Germain-des-Prés.

Attirés par la facilité du butin, les Normands reparurent en 856 et mirent le feu au faubourg méridional. L’église de Sainte-Geneviève fut entièrement brûlée.

Us remontèrent la Seine , une troisième fois , en 857 ; tous les monastères situés autour de Paris furent livrés au pillage. G’est alors que Charles le Chauve , non content de relever les fortifications de la Cité , fit construire un grand pont muni de tours. Aussi, quand les Normands revinrent, en 885, la ville étaijL-elle prête pour la résistance.

Outre de nombreux défenseurs , elle avait à leur tête Eudes , comte de Paris et grand homme de guerre. Le siège dura un an. Les assiégés et leur valeureux chef repoussèrent victorieusement toutes les attaques de quarante mille Barbares; et, dit Abbon, le salut de Paris fut celui de la monarchie.

Enfin, le roi Charles le Gros vint avec une armée de secours; mais, au lieu de combattre pour délivrer la ville, comme Charles le Chauve, il acheta la retraite des pirates t.30 novembre 886). Cette lâcheté le fit tomber du trône, sur lequel monta le comte Eudes, qui devint ainsi roi par son propre courage.

Au reste , quoique les calamités s’appesantissent sur la ville de Paris, sous Charles le Simple et ses successeurs jusqu'à la fin de la seconde race , elle n’en dirige pas moins déjà toute la fortune de la France.

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