ÉGLISE SAINT-SULPICE
Onzième arrondissement.
ÉGLISE SAJNT-SLLPICE .
Cure de 1'* classe.
(Sur la place de ce nom.)
Fondée sur les restes d’une chapelle de Saint-Pierre dépendante de l’abbaye Saint-Germain, elle fut commencée en 1646, par Anne d’Autriche, et terminée en 1733 seulement. Louis Levau fit les premiers dessins, Servandoni construisit le portail, Maclaurin et Chalgrin élevèrent les tours. v
Le portique, renommé par son imposante beauté, se compose de colonnes doriques de 14 mètres de haut et 4 mètres d’entablement. Deux tours de 70 mètres d’élévation terminent ses deux côtés.
Le plan de l'église est une croix latine, au sommet de laquelle se trouve le chœur. La disposition de l’autel principal, isolé entre la nef et le chœur, entouré des douze Apôtres, sculptés par Bouchardon, est vraiment majestueuse. Deux énormes coquillages, donnés à François 1" par la république de Venise, servent de bénitiers. Derrière le chœur est une splendide chapelle -de la Vierge, éclairée fort habilement par un jour mystérieux.
La statue de la sainte Vierge a été exécutée en mar- . bre blanc, par Pigalle. La chaire s’élève uniquement soutenue par son escalier. Le buffet d’orgues est remarquable par son architecture. Du fond de la nef latérale du nord, il a été tracé, en 1743, sur le pavé, une méridienne pour marquer l’équinoxe du printemps et le solstice d’hiver. La plupart des chapelles latérales sont décorées de fresques, par Abel de Pujol, Yinchon, Drolling, Heim, etc.
Parmi les tombes que renferme cette église, on remarque surtout le monument funéraire du curé Languet, qui contribua puissamment à la fondation de Saint-Sulpice. C’est là aussi qu’avaient été inhumés les savants Claude du Puy et Étienne Baluze, le courtisan Dangeau et le peintre Jouvenet.
SAINT - SÉ VERIN.
Cure de 2* classe.
;Rue Saint-Séverin, 5.)
Cette remarquable église doit son origine à une chapelle elevée au vi* siècle sur le tombeau de saint Séverin le Solitaire et renversée au ix* siècle par les Normands. On rebâtit au xii* siècle une église qui, devenue paroisse au xrn», fut reconstruite en 1347 et agrandie en 1489.
Le style architectural de Saint-Séverin n’appartient pas, comme celui de la Sainte-Chapelle, à une seule époque. II contient les deux types principaux du moyen âge : le roman et le gothique. A la face de l’ouest, l’ogive se montre encore revêtue des formes sévères du xii* siècle, dans une fenêtre bouchée maintenant, que l’oeil de l’archéologue seul ira chercher.
Le porche du nord, la tour du clocher, les trois premières travées de la grande nef nous montrent l’art gothique arrivé, à l’époque où il joignait à l’élégance et à la pureté des lignes la noblesse et la solidité des formes. Au chevet de l’église et dans les basses nefs, on retrouve cet art de la fin du xv' siècle, déjà dégénéré et offrant une profusion d’ornements bizarres.
Le portail principal est simple et presque sans ornements. Les deux lions de pierre sculptés de chaque cété indiquent le lieu où le juge ecclésiastique rendait sa sentence. Ou
sait que plusieurs de ses sentences se terminaient par cette formule : Datum inter leones : « Donné entre les lions. »
Le portail septentrional, sur la rue Saint-Séverin, peu remarquable autrefois, s’est enrichi, il y a quelques années, de la charmante décoration du porche d’une antique église de la Cité, Saint-Pierre-aux-Bœufs, qui a été démolie.
Les vitraux de l'abside de Saint-Séverin, œuvre de Jacob Bunel, de Blois, sont d’une grande beauté. La riche coupole soutenue par huit colonnes de marbre, qui surmonte le maltre-autel, a été exécutée sous Louis XIV par Tubi, d’après les dessins de Charles Lebrun.