‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 105 sur 251 · III. -** Grotte du liait · texte numérisé non relu

III. -** Grotte du liait

A 300 pas environ à l'E.-S.-E. de la basilique, on rencontre une grotte de forme irréguUère, creusée dans un tut blanchâtre et friable ; on y descend par 13 marches. Elle est appelée par les Arabes Moghâret es Sitti Mariam, la Grotte de Dame Marie, mais plus communément la Grotte du Lait, Ce souter-

1. II R., XXIII. 15 17. - 2. CI. IV R., XXIII, 13. - III R., XI, 7. -^ 3. V. R. B., 1895, 439 444. - 4. H R., II, 32. - 5. 0. S., 42.

GROTTE DU LAIT Voyage II f. 229

rain, transformé en chapelle, est un antique sanctuaire, et parmi tous les sanctuaires' du pays, un des plus vénérés par les chrétiens de tout rite, et même par les mus\ilmans. Dans cette grotte, dit la tradition, la Sainte Vierge ût un court sé}our avec le divin Enfant. L'expérience d'Innombrables g^é^ rations atteste que, dans ce lieu, Marie exauce d'une manière toute spéciale les prières de ceux qui, dans leur détresse, recourent à son Intercession.

Aujourd'liui, comme au temps de Quaresmius, ou voit encore au-dessus de la Grotte dn Lait les restes d'un petit monastère et d'une église autrefois dédiée à saint Nicc^s, et dont il est fait mention daçs fine bulle du pape Gré(^oire XI (i37S). Au t* s., il y eut deux églises dans ces parages. • De la (la basilique)» dit le Pèlerin arménien, vers l'orient, du o(ité du Jourdain, à trois stades de Bethléem (546 m. de la ville du V* s.), on remarque un bois avec deux églises dans lesquelles on célèbre la liturgie^. »

« Dans un ancien manuscrit qui traite des Lieux saints, dit Quaresmius, on lit au sujet des sanctuaires avoisinant Bethléem : De même l'église Saint-Nicolas, où se trouve une grotte dans laquelle, selon la tradition, séjourna la bienheureuse Vierge Marie avec l'Enfant Jésus. * m Gratien (1127-1151)' et De Castro S cités par Qnaresmius, s'appotent sur la tradition des Arméniens et veulent que Marie, en allaitant son divin Fils, laissa tomber à terre quelques gouttes de son lait virginal. Gréthénfos (1395) raconte que ce fait se prodntsit quand la sainte Famille s'enfuit en Egypte ; d'autres pèlerins veulent qu'avant cet événement la Vierge Mère se rendit un jour dans la grotte pour y prier. Toujours est-il, que cette grotte était célèbre longtemps avant les Croisades. C'est d'elle que proviennent ces pierres blanches et friables vénérées en beaucoup d'églises d'Europe sous le nom de Lait de la Vierge. C'est une de ces reliques que Gérard, le IIP évêque de Bethléem, portait au camp du roi Baudouin III, lors du siège d'Ascalon en 1153.

La Grotte dn Lait est le lieu de pèlerinage favori des femmes du pays, musolmanes et chrétiennes, catholiques et sebismatiques. Quand, étant nourrices, elles s'aperçoivent que le lait vient à leur manquer, elles accourent prier dans cette grotte, détachent un petit éclat de la roche crayeuse et le réduisent en poudre, qu'elles avalent ensuite dans la boisson ou les aliments. Sans doute, cette poudre ne possède par elle-même aucune vertu médicinale, pas plus que l'eau de Lourdes ; mais depuis des siècles des millions de femmes du pays et de l'étranger proclament que, grâce à Pfnlercessfon de Notre-Dame de la Grotte du Lait, leurs vœux sont exaucés. Tous les écrivains modernes n'ont pas su respecter celte candide confiance en la Mère de Dieu, Le sanctuaire devint surtout l'objet de sarcasmes en 1904. Pour y ré|)ondre, les femmes de Bethléem se cotisent, nous dit-on, afin d'élever a l'entrée de leur sanctuaire un grandiose monument en Fhonneur de leur insigne protectrice. C'est bien digne des descendantes de Ruth I

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