VI. — Champ de Booz et de Ruth
En sortant du village, on traverse la plaine fertile où la tradition place le champ de Booz. Cette tradition n'a rien en effet que de vraisemblable ; car c'est le vallon le plus propre à la culture de l'orge dans tout le voisinage de Bethléem, et Booz, un des plus riches habitants de la ville, pouvait bien posséder des champs dans le meilleur terrain.
Là, to localise cette Jdylle gracieuse, louchante et à la fois pleine de renseignements pour nous, au point de vue de la connaissance des mœurs judaïques. Booz, louché par les grâces et les vertus d'une glaneuse étrangère, Rulh la Moabile, veuve de Mahalon et belle-tille de Noémi, songe à l'épouser. Il réunit le peuple à la porte de la ville et déclare avoir rempli toutes les conditions prescrites par la loi, pour être en droit de prendre
KÉMSET ER RAOUAT Voy. IIl. 231
pour femme la jeune veuve. Les anciens répondent par cette acclamation qui a quelque chose de prophétique : « Nous en sommes témoins. Que le Seigneur rende cette femme qui entre dans ta maison, comme Rachel et Lia qui ont édiûé la maison d'Israël ; qu'elle soit un exemple de vertu en Ephrala et qu'elle ait un nom célèbre en Bethléem. » (Ruth, IV, 11.) Du mariage de Booz avec Ruth naquit Obed, père de Jessé, père lui-même de David, dont devait naître un jour l'Emmanuel, le Sauveur du monde.