II. — Liaure de Souka
De Djèbcl Fourcidis, on se dirige vers le S.-O. et, après 20 min. de marcbo, on arrive au Ouâdi Kareitoûn, torrent profond, encaissé entre deux murs de rochers percés de nombreuses cavernes. De là on atteint en 40 min. Khirbet Kareitoùn,^ les
(t Thécoa. grotte de s. chariton Voy. IV' 235
raines de la célèbre laure de Souka fondée vers 330 par saint CbariloD, le plus ancien moine de la Palestine. L'an 401, les moines de Souka furent égorgés et leur monastère livré aux flammes par une bande de Sarrasins. La laure se releva cependant bientôt et vit briller les vertus de saint Euthyme, do saint Gyrjaque et de saint Sabas, qui y passèrent quelque temps avant de fonder leurs monastères. Elle fîgure dans l'histoire sous le nom ù! Ancienne laure pour la distinguer de celle qui fut fondée plus tard à Thécoa.
Au XII* s., Daniel le Russe y trouva encore deux églises, dont la plus grande renfermait le tombeau de saint Chariton. La laure ne fut d'ailleurs complètement abandonnée qu'au xiv<= s. Parmi les ruines, on voit les restes d'une tour carrée, au S. de laquelle on rencontre une source, Aïa Natouf^ qui suinte d'un rocher et qui, d'après la tradition locale, jaillit à la prière du saint fondateur.
m. — Grotte de Saint- Chariton.
A 8 min. au S. de la tour, on arrive à la grotte de Saint- Chariton, qui a deux ouvertures à l'E., l'une et l'autre d'un accès très difficile. Le saint anachorète y montait par une échelle. Cette vaste caverne est formée de sept salles de niveau différent, qui s'enfoncent à 200 m. vers le Sud, et qui communiquent entre elles par des couloirs parfois très étroits et fort bas. Le sol est couvert d'une poussière noirâtre, l'atmosphère eâl humide et la température varie de 20 à Ïd^ C. en hiver.
Guillaume de Tyr et les écrivains postérieurs prirent cette caverne pour la grotte d'OdoUam, où David se réfugia quand il dut fuir devant Saûl ^ Cette identification est erronée. Dans le livre de Josué (XV, 35), AduUam est mentionnée parmi les villes de la plaine de Juda, entre Jérimoth, Socho et Lachis. Roboam fortifia Odollam entre Socho et Geth* ; puis Néhémie la cite entre Zanoa et Lachis *. David venait eu effet de Geth, quand il se réfugia dans la caverne d'Odollam, que Josèphe place avec raison près de la ville de ce nom *. Au temps d'Eusèbe, Odollam était un bourg situé à 10 milles à l'orient d'Eleuthéropolis, Beit DjibHn^. Cette localité correspond à un antique village en ruines, qui porte le nom de irf et Miyèh, la Fête des Cent. Dans le voisinage existent des grottes qui répondent à l'asile inexpugnable de David.
La grotte de Saint-Chariton n'est pas non plus celle où David épargna la vie au roi Saûl. Celui-ci avait appris que David s'était retiré dans le désert d'Engaddi ». Pour l'atteindre, il ne passa pas près de cette grotte, et en tout cas, il ne monta pas, pour le simple motif indiqué par la Bible, dans une caverne dont l'accès était si diflicile.
Mais il est bien possible que le roi et David se soient rencontrés à la hauteur d'OMwm et Talâ («80 m.), à une heure à l'E. de Ueit Sahoûr, où se trouve une caverne nommée Moghâret Daoûd, la grotte de David.
-4. IR., XXII, 1,-2. I- Par., XI. 7.-3. Néh., XI, 30. — 4. A. J., VI, xiV. — 5. 0. S., 84. - G. I R., XXIV.
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