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IV. — Thécoa

De la grotte de Saînt-Charfton, on remonte vers le N.-O. jusqu'à la belle piscine Aïn el Ànaziéh, longue de 19 m., large de 14 et profonde de 9. On prend ensuite la direction du S.-O., pour traverser bientôt un plateau aride, et, à 40 min. du point de départ, on atteint Khirbet Téqoua (848 m.).

Thécoa, ville chananéenne conquise par Josué ^, devint une place importante sous Roboam qui la fortifia ^. C'était là qne Joab avait cherché cette femme qui, par l'habileté de ses discours, parvint à réconcilier David avec Absalon ^. Cette localité est surtout glorieuse pour avoir donné le jour au prophète Amos *, qui y trouva aussi sa sépulture.

Sur l'instipition de Géronce, abbé du mont des Oliviers, Romain et Marcien, moines de Saint-Passarion, k Jérusalem, refusèrent de reconnaître le concile de Chalcédoine. Vers l'an 460, Marcien alla fonder un monastère à Bethléem, et Romain une laure à Thécoa, qui devint le boulevard des monophysites et un foyer d'anarchie. Plus tard, Marcien, s'étant converti, détruisit de fond en comble la laure de Romain. Ensuite, 60 moines se séparèrent de saint Sabas, dont ils trouvaient la règle trop sévère, et comme saint Aquilin, abbé de Souka, refusa de les recevoir, ils se réfugièrent dans les ruines de la laure de Thécoa, où bientôt ils souffrirent de la misère. Saint Sabas leur envoyait des secours ; mais sa bonté ne réussit pas à étoufler l'esprit d'insubordination qui régnait dans la nouvelle laure. A la mort de Pierre, patriarche de Jérusalem (544), les moines de Thécoa élurent à sa place Macaire II, un origéniste de leur parti, sans même consulter Pemperenr. C'en fut trop ! Sur l'ordre de Justinien, le gouverneur Anastase déporta tous les moines hors de la province et les remplaça par de bons religieux, parmi lesquels se trouvait Cyrille de Scythopolis, biographe de saint Euthyme et de saint Sabas.

Pendant que Godefroy de Bouillon assiégeait Jérusalem, les chrétiens de Thécoa envoyèrent des vivres aux Latins. En 1134, le roi Foulques d'Anjou donna cette ville en fief aux chanoines du Saint-Sépulcre. Quatre ans plus tard, elle fut saccagée par les Sarrasins ; mais la population échappa à la mort en se réfugiant dans les grottes de Sainl-Chariton.

Au sommet de la colline, d'où l'on découvre une vue analogue à celle du mont des Francs, subsistent des ruines considérables ; on y voit des pans de murs, avec pierres taillées en bossage, et les restes d'une église avec un baptistère octogonal de travertin rose. C'est là que saint Jérôme, Willlbald, Jean de Wurzbourg et Frétellus visitèrent le tombeau du prophète Amos. La tradition locale veut aussi qu'Hérode ait étendu le massacre des petits enfants jusqu'à Thécoa. Le sol est littéralement criblé de citernes et au pied du monticule jaillit une bonne source d'eau vive. La région, qui s'étend entre cette colline et la mer Morte, porte le nom de désert de Thécoa.

1. Jos., XV, 6a (Sept.), — 2. II Par., XI, 6. — 3. .II R„ XIV, 14, —

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