R. B., 1892, 44i. — 2. III R., XVII
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on aperçoit sur la crête d'une colline Béit-Djéhar et Tahtâni^ Djébar-ie-Bas, restes d'un vieux château fort délendu par un fossé et restauré au xiv s. C'est le château qu'Hérode fît construire a au-dessus de la ville » et qu'il appela Cypros^ du nom de sa mère. Cette forteresse fut détruite par Agrippa ^ A côté du château existe une grande piscine, peut-être celle-là même dans laquelle Hérode fît noyer traîtreusement le grandprêtre Aristobule, son beau-frère, à peine âgé de 19 ans, pour se débarrasser du dernier des Asmonéens ^.
Derrière Beït-Djébar et Tahtâni s'élève une montagne de forme conique appelée Touveil el Akabéh^ la Cime de la Montée. Une montagne semblable se dresse en lace, au nord de la vallée el Qelt, Nouseib Aouschiréhy le Haut-lieu des Clans. Ces deux montagnes répondent à l'Hébal et au Garizim que saint Jérôme -^ Indique près de Jéricho '^. Cette maladroite identification est due, sans doute, aux anciens rabbins, aussi envieux des gloires des Samaritains, que ceux-ci l'étaient de celles des Juifs ^.
On entre ensuite dans la plaine de Jéricho, laissant à dr. les ruines dites Khirbet-Qaqoûn {. — 180 m.), puis le Birket-Mousa, vaste bassin de 170 m. de long sur 140 de large, alimenté autrefois par un aqueduc.
La légende arabe dit que Moïse paria un jour avec une femme chrétienne (.sic;, à qui amènerait en moins de temps l'eau à celte place. Le législateur prit alors son bâton, et, d'un trait, il créa un aqueduc du torrent jusqu'à la piscine, qui pour cela porte son nom.
Au N. apparaissent deux mamelons artificiels, Telloul Abou el Aleîk, dans lesquelles on a trouvé des vestiges de constructions romaines 6. C'est là qu'on place le Thrax et le Tauras, les deux tours que Pompée détruisit à Jéricho*^.
La ville de Jéricho du Nouveau Testament, qui d'après le Pèlerin de Bordeaux (333) se trouvait à 1.500 pas en deçà de la Fontaine d'Elisée et, d'après le diacre Théodose (530), à 2.000 pas, s'étendait sur les deux rives du Nahr el Qelt^ au-devant de la montée d'Adommim. C'est ici que les premiers chrétiens montraient l'endroit où le publicain de petite taille monta sur un sycomore pour voir passer Jésus de Nazareth et où il eut la joie d'entendre ces mots : « Zachée, hâte-toi de descendre ; car aujourd'hui il faut que je loge chez toi. »
(( En descendant de la montagne, dit le Pèlerin bordelais, on aperçoit à dr., derrière un monument, le sycomore sur lequel était monté Zachée pour voir Jésus. » Antonin de Plaisance remarque également T arbre de Zachée, « renfermé dans un ora-
1. Josèphe, A. J., XVI, v, 2; G, J., II, xviii, 16. — 2. Josèphe, A. J., XV, III, 3. — 3. 0. S. — 4. Couder, Q. St., 1876, 183. — 5. V. notre ouvrage. Questions de topogr. palestinienne. — 6. S. W. P., III, 224. — 7. Strabon, .VI, II, 40.
à Jéricho. JÉRICHO Voyage YIU, 269
toire sans toit », après être sorti de Jéricho pour se rendre à Jérasalem. (F. Luc, XIX, 1-iO, n» 5).
C'est aussi lorsque Jésus, suivi d'une grande foule, était parti de Jéricho pour se rendre à Jérusalem, que l'avengle Bar Timé et un autre mendiant frappé également de cécité s'écrièrent : (( Seigneur, Fils de David, ayez pitié de nous. » On voulut les faire taire. Ils crièrent plus fort : « Seigneur, Fils de David, ayez pitié de nous. » Et Jésus récompensa leur foi, en leur rendant la vue (Matth., XXI, 29-34 ; — Marc, X, 46-52).
On traverse l'emplacement de la ville de Jéricho d'Hérode ou des Romains, et en 25 min. on arrive près d'un bel aqueduc de 10 arches ogivales, où Ton franchit le Ouâdi el Qelt^ et 7 min. plus loin, on atteint le village ù'er Rika^ la Jéricho actuelle.
Jéricho.
Après avoir arrêté la chambre à l'hôtel, on peut se rendre en voiture à la Fontaine d*EIisée, et visiter ensuite à pied la montagne de la Qnarantaine.
Histoire. Jéricho, appelée aussi ville des Palmiers, était une place forte chaDanéeune, assise au pied du mont de la Quarantaine, à Texlrémité d'une plaine vaste et extrôraementfertile. C'est la première ville que les Israélites rencontrèrent après avoir traversé miraculeusement le Jourdain. Sept jours durant, l'arche d'alliance fut portée processionnellement autour de la ville au son des trompettes, et le 7* jour elle fit le tour 7 fois. Puis aux cris du peuple mêlés au bruit des instruments de musique, les murailles s'écroulèrent d'elles-mêmes. La place forte lut rasée et, selon les mœurs de l'époque, tous les habitants furent passés au fil de l'épée, excepté une femme, Rahab, et ses proches parents, parce qu'elle avait protégé les espions expédiés par Josué^ Le territoire fut assigné à la tribu de Benjamin.
Jéricho était devenue une école de prophètes. Elie s'y arrêta avant de se rendre sur les bords du Jourdain, ou il fut enlevé au ciel sur un char de feu. Son disciple Elisée y résida longtemps.
Après le schisme des dix tribus, Jéricho appartenait au royaume du N. Au temps d'Achaz, un homme impie, Hiel de Béthel, rebâtit ses murailles malgré les malédictions prononcées par Josué contre quiconque essayerait de relever la place. Le châtiment prédit ne tarda pas d*arriver. Hiel perdit son premier né quand il jeta les fondements de la ville, et vit mourir le dernier de ses enfants quand il en posa les portes K
Après la captivité de Babylone, 345 habitants se fixèrent de nouveau dans le pays. A cause des splendides jardins dont les arbres à baume constituaient un revenu considérable, Antoine en lit don à Cléopâtre, qui vendit à Hérode le Grand la ville et les alentours. Celui-ci construisit alors une cité nouvelle au S. de la première, et la dota d'un hippodrome, d'un amphithéâtre, du château de Cypros, de merveilleux jardins irrigués par de nombreux aqueducs, et en fit une somptueuse résidence d'hiver. C'est là que mourut ce monstre de cruauté.
Au temps des fêles de Pàque, Jéricho était le rendez- vous des Juifs de Pérée et de la Galilée, quand ils allaient à Jérusalem.
Jéricho eut beaucoup à souffrir pendant la rébellion des Juifs, sous le règne de Vespasien. Adrien rebâtit la ville d'Hérode, et sous Cons-