JÉRICHO
Mont de la Quarantaine» En se rendant d'Aïn es Sulta/ii à la montagne de la Qnarantaine, en arabe Djêbel-Qârântal, on passe devant les ruines d'un monlin à sucre, Taouahîn es Sonqar, utilisé au xn" s. L'eau y était amenée d'Ain Doûq, par des canaux dont on distingue encore des restes bien conserrés. De deux autres moulins à sucre on ne voit plus que les Testiges. La face orientale du mont de la Quarantaine est percée de 30 à 40 grottes naturelles ou artifielelles, habitées autrefois par des anachorètes. La face méridionale dans le OvÂcU Denoûn n'est pas moins criblée de semblables cavités. D'après une tradition commune aux chrétiens de tous les rites, le Sauveur aurait accompli son jeûne de 40 jours près de Jéricho, dans une de ces grottes. C'est sur le sommet de la même montagne que le démon l'aurait transporté pour le tenter par l'ambition.
La grotte traditionnelle où Jésus passa le Carême, a été transformée de bonne heure en chapelle. Abandonnée depuis le xin* s., elle vient d'être restaurée par les Grecs non-unis, qui s'y sont établis en 1874. On y voit encore des vestiges de peintures à fresque du xn* s., représentant Jésus tenté par le démon. A cette époque, la montagne appartenait aux chanoines du Saint'Sépulcre et était habitée par des Religieux appelés Frères de la Quarantaine.
Bien que le chemin qui monte à la sainte Grotte soit très praticable et très intéressant, Tascension (25 min.) est assez fatigante. D'un autre côté, la lecture du récit évangélique dans la sainte Grotte elle-même offre trop de charme pour ne pas inspirer du courage. (F. Luc, IV, l-i3, n« 40).
Après avoir visité la chapelle, on peut continuer l'ascension de la montagne, en s'adressant aux moines qui volontiers permettent de traverser le couvent. En 30 nain, on se trouve sur un précipice presque à pic de 300 m. On arrive enfin au point culminant, un mamelon isolé du reste de la montagne par un large fossé. C'est là que se trouvait, paralt-il, le château de Doch, où l'an 135 av. J.-C, Ptolémée invita son beau-père, le grand-prêtre Simon, et le fît assassiner avec ses deux fils au milieu d'un festin ^ Cette montagne est connue dans la Vie des Ermites sous le nom de Douka et dans un manuscrit arabe sous celui de Djebel ed Doûq. Saint Cbariton, après avoir quitté sa laure de Pbara, vint en fonder une autre en ce lieu. Saint Elpide, saint Enèse, saint Eustace et l'abbé Simisins s'établirent dans ces grottes avec un grand nombre d'autres disciples. Au viii"= s., saint Etienne le Thaumatui^e s'y rendit pour passer le carême. Leur chapelle occupait le sommet de la montagne. De cette chapelle, reconstruite au xii* s., il ne reste