ENGADDI
Autour de la mer Morte.
Il n'est pas sans intérêt de réveiller les souvenirs bibliques qui se sont attachés aux abords de la mer Morte, d'autant plus qu'un grand nombre de localités que nous avons à citer et qui furent visitées i)ar les anciens pèlerins, sont visibles de la plage sur laquelle s'arrêtent les voyageurs. Nous indiquerons leur altitude au-dessus de la mer Morte. \ La rive occidentale appartenait à la tribu de Juda. Le OuMi en Ndr, la Tallée du Feu, qui n'est que la continuation du torrent de Cédron, \ débouche dans la mer à 15 km. au S. du rivage septentrional.
25 km. plus bas, Aïn-Djidi, la source du Chevreau, coule sur un plateau qui s'élève à 125 m. au-dessus du rivage. A son pied, une masse informe de ruines marque l'emplacement de la ville d'Bn^addi, la source I dn Chevreau. Son nom primitif était Asaisonthamar, que Chodorlahomor rencontra sur son chemin. Le Cantique des Cantiques (I, 13) célèbre les vignes d'Engaddi ; Josèphe vante ses palmiers et le Talmud son baume. On rencontre encore dans son oasis les acacias Seyal, qui produisent la gomme arabique, et le ^enné {Lausonia alba) qui fournit une leinture orange, le kofer ou botriis cypris du Cantique des Cantiques (I, 13), dont les femmes arabes se teignent les ongles, les sourcils, la paume des mains, etc. On y trouve aussi la pomme de Sodome {Caiotropis procera)^ dont le fruit jaune-pâle et gros comme une petite orange, est rempli de graines soyeuses que les femmes tissent avec des fils de coton.
Au N. d'Ain Djtdi, le Ouàdi Hasasé rappelle la montée de Sis, en hébreu ha-Tsiui, où s'assemblèrent les Ammonites, les Moabites et les habitants du mont Seir, pour marcher contre fsraêi. Quand le roi Josaphat vint avec son armée « dans le désert de Thécoa, » il trouva que le Seigneur avait tourné la fureur des redoutables ennemis les uns contre les autres, jusqu'à l'extermination. Le peuple d'Israël fit alors entendre un concert de bénédictioi\s (II Par. XX, Î6.). Pour ce motif, ce lieu reçut le nom d'emèq Bèrakah, vallée des Bénédictions, et s'appela au iv* s. ' Caphar Baraclia, et el Bereik dans la bouche des Arabes. C'est ' aujourd'hui Béni Naïm située à \*0. du Ouâdi Hasasé. Abraham reconduit jusque-là les trois anges qui se rendirent à Sodome et c'est de là que, le lendemain, il vit les cendres enflammées s'élever de la pentapole comme de la fumée d'une fournaise. {V. p. 256-257).
16 km. plus loin, Sebbéh (520 m.) occupe l'emplacement de la forteresse Miuaada, construite par le grand prêtre Jonathas et rendue imprenable par Hérode le Grand. Après la prise de Jérusalem par Titus, Eléazar s'y retrancha avec ses bandes. Le général Flavius Silva vint y mettre le siège ; mais les Juifs, pour ne pas tomber entre les mains des Romains, égorgèrent leurs femmes et leurs enfants, puis s'entreluèrent jusqu'au dernier^. On y voit encore des ruines considérables de la forteresse.
La région occupée par la mer au S. du promontoire el Lis&n, est la vallée de Siddlm ou des Bois, « pleine de puits de bitume ». C'est là q[ue se trouvaient Sodome, Gomorrhe, Adama et Séboîm. Le Djebel Ousdoum, montagne qui borde la mer au S.-O., tire son nom de celui de Sodome. Sé^or, en hébreu Soar, ville où se réfugia Lot quand il fuit Sodome, est indiqué par l'historien juif à l'extrémité méridionale de la mer Morte s*. On l'identifie avec le village actuel d'es Safiéh dans le Gftor de même nom ou avec khcm Labrousch, grande ruine située à 2 km. au S.E. d'6s Safiéh. Souillées de crimes honteux, ces villes furent détruites par une çluie de feu et de soufre que Dieu fil tomber sur ^^Hes, et toute la région fut engloutie par la mer. Lo souvenir de ce terrible châtiment resta profondément gravé dans la mémoire du peuple. Dans les masses de sel, aux formes bizarres, du Djebel Ousdoum, l'ima-