G. J., VII, îi. — 2. G. J., IV, viii
282 QIR-MOAB Autour de la
gination des Juifs, d'après Josèphe, et des pèlerins du moyen âge, vit longtemps la statue de la femme de Lot. Sylvie d'Aquitaine, cependant, visita ce pays et affirme que celte statue de sel ne se voyait plus de son temps. Notre -Seigneur rappelle ces malheureuses villes et déclare plus coupables encore celles qui ne voudront pas recevoir sa parole ^
Les lagunes les plus méridionales du lac s'appellent es Sehkah, Marécages salés. Au delà, commence la montée d'Accrabim, des Scorpions. Le Ouâdi Hadithé, appelé plus loin Ouâdi el Frandji, vallée des Francs, conduit de la presqu'île el Lisan à el Kérah, ville importante située à 4 km. de la mer, sur une montagne de forme conique et d'une altitude de 1420 m. C'est Qir-Moab, appelée aussi Qir-EEérès. Mésa, roi de Moab, poursuivi par Joram et Josaphat, rois d'Israël et de Juda, se réfugia dans cette ville et immola sur les remparts son fils aine à BaaP. Les anciens Grecs l'appelèrent Gharac-moba ; elle fut le siège d'un évèché au VI* s. En 1136, les Croisés la rebâtirent sous le nom de ohfttean de Crac ; elle porta aussi, mais par erreur, le nom de Petra deserti, el devint le siège d'un archevêché latin. Ibrahim Pacha s'en empara en 1832, et les Turcs, lors d'une sédition qui troubla la ville en 1893, y établirent une garnison. La ville compte 7.000 habitants, dont 1.200 Grecs non-unis et 300 catholiques de rite latin.
Plus au N., er Rabbah représente Ar-Moab ou Rabbath-Moab, appelée Aéropolis par les Grecs et les Romains ^.
Vers le milieu du rivage oriental, à 36 km. de la plage où s'arrêtent les pèlerins, débouche le Ouâdi Modjib. C'est l'Amon, le Rapide, qui coule au fond d'une gigantesque crevasse ouverte par un tremblement de terre. L'Arnon forma la limite septentrionale du pays des Moabites, descendants de Lot et, par conséquent, parents des Israélites. C'est pourquoi le Seigneur avait ordonné à ceux-ci d'éviter tout conflit avec Moab*. Moïse conquit le pays des Amorrhéens au N. de Moab et céda à la tribu de Ruben le territoire qui s'étend depuis l'Amon jusqu'à Hésébon, et à celle de Gad la région située entre Hésébon et le Jaboc*.
Arâer, située sur le bord septentrional du Ouâdi Modjib, est la ville d'Aroër conquise par Israël après avoir franchi l'Amon. Cette localité, bien que haut placée, n'est pas visible du N. de la mer Morte.
A 3 km. au N.-O. ù' Arâer s'élève le village de IHbân, la célèbre Dibon ou Dibon-Gad, une dés stations des Israélites^. Dans les ruines de l'acropole on a trouvé la fameuse stèle de Mésa, où le roi « Dibonite » raconte ses exploits contre Joram et Josaphat.
Djémeil, à 12 km. au N.-E. d^Arâer, remplace peut-être la ville de Beth-Gamul que Jérémie (XLVIII, 23) indique dans ces parages. A 10 km. du rivage, sur une hauteur de 1.120 m., on voit les ruines de Mekaoûr. C'est la ville de Machaerns ou Machéronte construite par Alexandre Jannée et fortifiée par Hérode le Grand. A la mort de ce dernier, Machéronte devint la propriété d'Hérode Antipas. C'est là que le tétrarque emprisonna saint Jean Baptiste et le fit décapiter pour plaire à Hérodiade '.
Cariathalm, la Ville double, en hébreu Savè QirlfttaXm, est le moderne Qereiyôt situé sur deux collines. Lorsque Chodorlahomor la traversa, elle était habitée par les Emlm, race forte et de haute taille comme celle des Enacim^. Les Israélites l'enlevèrent aux Amorrhéens ^
Djebel Attarous et Khirbet Attarous, à une faible distance au N. de Qereiyôt, représentent la ville d'Ataroth de la Bible <».
Puis viennent les célèbres sources thermales appelées Galllrrhoé par les Grecs. Elles s'échappent au nombre de 10 des crevasses d'une gorge profonde du Onâdi ez Zerqa-Main. Quelques unes de ces sources sont
. 1. Matth., X, 13. - 2. IV R., III. — 3. 0. S., 124. — 4. Deut., II, 36; — IV, 48. — 5. Nomb., XXXII. — 6. Nomb., XXI, 30. — 7. Marc, VI, 21. -- A. J., XVIII, V, 2. — 8. Gen., XIV, 5. - 9. Nomb., XXXII, 37. - 10. Nomb., XXXII, 1, 3. .
mer Morte. médaba 283
sulfureuses et d'une température de 63 à 70* C. La Genèse (XXXVI, 24) semble parler de ces sources en disant : « C'est cet Ana qui trouva des eaux chaudes dans le désert, pendant qu'il paissait les ânes de Sébéon, son père. » D'après le Targum Jonathan et saint Jérôme, Calltrrhoé est le nom postbiblique de la ville de Lésa^ Hérode le Grand vint inntilemeot demander aux thermes de Callirrhoé la guérison de l'aflreuse maladie qui lé consumait >. Les ruines de sa somptueuse résidence ont disparu sous le dépôt sulfureux des eaux chaudes.
Le Khirbet Main est l'ancienne Baal-Méon ou Bethmaon de la plaine de Médaba 3. On y voit des maisons chrétiennes en ruines.
A el Masloubiyéh s'élève un groupe considérable de monuments mégalithiques. M. Conder* y localise Bamoth-Baal, les Hauts Lieux de fiaal s.
La ville biblique de MédaJia n'a presque pas changé de nom depuis 33 s. •. Elle s'appelle encore Mâdabah. Située entre Qir Moab et Hésébon, elle joua un grand rôle pendant les guerres des Machabées. Au V* s. elle fut le siège d'un évêché. En 1880 une colonie de chrétiens grecs et latins de Kérak alla s'établir à Mâdabah ; 12 ans plus tard, les Gri'cs, reconstruisant une ancienne église, découvrirent une intéressante mosaïque représentant la carte topographique de la Palestine et de l'Egypte, du v* au VI» s. Quoique mutilée, cette mosaïque est un monument précieux pour les palestinologues.
En portant ses regards dans la direction E.-S. E., on aperçoit dans un groupe de montagnes le mont Phasg^a, Ras Siagha, et derrière lui le montNebo, Djebel Nebâ (1.200 m.).
Balac, roi de Moab, de concert avec les Madianites, amena le devin Balaam sur les montagnes de Phasga, pour maudire les Israéliie-. A 4 reprises, Balaam ne put proférer, malgré lui, que des bénédictions'. Ras Stagha possède les ruines d'une église à 3 nefs avec un atrium.
Nébo est la montagne d'où il fut permis à Moïse de contempler la Terre promise. Il y mourut à l'âge de 120 ans et, d'après la tradition rapportée par saint Jude (V, 9), son corps fut enseveli par l'archange saint Michel dans un sépulcre resté caché aux Israélites.
Au N. du mont Phasga et du mont Nébor, coulent les sources de Moïse, Aïoun Mousa, avec une telle abondance qu'elles forment un ruisseau. Cest là que l'Onomasticon d'Eusèbe * place Asédoth ou Asdoth hap Pisfirah».
A 6 km. au N.-E. du mont Nébo se trouve Z^esftdn (1.300 m. . C'est Hésébon, qui au temps de Moïse servait de capitale au royaume amorrhéen de Séhon. Tombée entre les mains des Moabites pendant l'exil de Babylone, elle rentra en possession des Juifs sous les Machabées. Au V* s., Hesbân était le siège d'un évêché.
Signalons enfin el Al (1.328 m.), qui est l'ancienne Eléaléh ^o, l'Elevée, située à 2 km. 1/2 au N.-E. de Hesbân. Au temps d'Eusèbe elle était encore une ville importante ""^ et dans ses ruines on a découvert les restes d'une église byzantine.
1. Gen., X, 19. — 2. G. J., I, xxxiii, 5. — 3. Jos., XIII, 17. — 4. (>. .S.. 1882, 85. - 5. Jos., Xllf, 17. - 6. Deut., XXIV, 1. - 7. Nomb., XXIII. -8. 0. S., 16. - 9. Deut., III, 17. - Jos., X, 40. - 10. Nomb., XXII, 3. -H.O. S., 84.