VISITATION
»és à leur place, et aux jours des grandes solennilés nous y célébrons la messe ^ » En 1679, la Cuslodie de Terre sainte réussit à acheter les ruines de la Visitation, mais sans obtenir Tautorisation de restaurer l'église supérieure qui, peu à peu, s'élait transformée en verger. La ctiapelle inférieure seule fut définitivement rendue au culte et chaque samedi on y chanta la messe en l'honneur de l'Immaculée Conception *. L'an 1869, la petile église inférieure souffrit beaucoup à la suile de pluies torrentielles. L'année suivante les dégâts furent réparés et le sanctuaire remis dans l'état où il se trouve aujourd'hui.
L'église et le monastère ont été construits avec de grands blocs dont quelques-uns sont en bossage^ Au N.-E. du chevet, une pierre angulaire mesure l m. 50 de longueur, 1 m. de hauteur et 1 m. 15 de largeur. Les blocs voisins ont des dimensions moins grandes, il est vrai, mais colossales encore
A l'intérieur, l'abside a conservé quatre assises de pierres ayant toutes 0 m. 65 de hauteur, et quelques-unes plus d'un m. de longueur. Elles sont si bien dressées et les joints si parfaits, que le travail soutient la comparaison avec ce que les Romains eux-mêmes ont exécuté en ce genre.
La place qu'occupe l'autel (5) offre un caractère positif de haute antiquité. La base de l'autel est un monolithe calcaire de 1 m. 00 de long» 1 m. 30 de large et de Om. 50 de haut. Elle est placée immédiatement au-dessus des trois degrés qui montent dans l'abside. Le de;çré supérieur est en partie taillé dans le même bloc que la base de l'autel et n'ofïre au-devant de celui-ci qu'un espace de 0 m. 30 de largeur. Il est donc évident que l'autel occupe sa place primitive et que le prêtre, remplissant les fonctions sacerdotales, se tenait derrière l'autel, la face tournée vers le peuple. L'église elle-même n'est pas orientée ; son axe se dirige du N.-O. au S.-E.
A g. de l'autel, dans le flanc de l'abside (6), s'ouvre une porte étroite dont le seuil s'élève à 0 m. 30 au dessus du sol. Elle conduit dans une petite chambre carrée, mais irrégulière, d'environ 2 m. de côté. Toute la partie inférieure est taillée dans le rocher à une hauteur qui varie d'un à deux m. Cette pièce est unique dans son genre; on ne trouve rien de semblable dans aucune église. Si les premiers constructeurs ont relié cette chambrette avec l'abside, c'est probablement parce qu'elle constitue un reste de l'habitation traditionnelle occupée par sainte Elisabeth pendant sa retraite de cinq mois.
Sur la face d'un des retraits de l'abside, à dr. (7), est sculpté l'épbod du grand-prétre. Les parois de l'église sont encore on partie recouvertes de deux enduits superposés, et l'un et l'aulre portent des traces de peinture; le second était manifestement décoré de figures de saints. Les grafites furent tracés, pour la
1. n Trattato di T. S., 133. — 2. Gesta Dei, p. Frai. Min., 1712.
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plupart, dans la pierre avant que celle-ci ne fut recouverte de stuc. On y voit un grand nombre de croix grecques pattées, dites Croix de Malte, et des croix arméniennes ou latines de type antique.
L'église a 25 m. de longueur sur 13 de largeur dans oeuvre.
Le rez-de-chaussée de l'antique couvent (III, 8, 9), restauré au XII* s., offre un beau spécimen des constructions monastiques en pleine campagne dans les anciens temps. U renferme le puits de Saint-Zacharie alimenté par une source intarissable. Le clocher s'élève à l'angle N.*E. (11) et le couvent sur un rocher (10).
Bien que les indigènes vénèrent tous dans ce lieu le souvenir de la Visitation de Marie, ils continuent à appeler le sanctuaire Mar Zakàriyah, Saint-Zacharie, parce qu'il occupe, non l'emplacement de la maison principale du prêtre, mais celui de la maison que l'Evangile appelle Domus Zachariœ.
Les personnes qui ne voudront pas faire l'excursion au Désert de Saint Jean, reviendront du sanctuaire de la Visitation au couvent des l*ères Franciscains. Avant d'arriver au couvent, on pourra visiter sur la jçauche, l'établissement des sœurs de Notre Dame de Sion, fondé par le P« Marie Ratisbonne, qui est enterré dans l'enclos.
Premier Désert de saint Jean.
En quittant le sanctuaire du Magnifi>cat, on revient sur ses pas et l'on entre dans le premier chemin qui se présente à g. Après une marche de 22 min., on aperçoit Koloniyéh, l'ancienne Koulon, au f-ond du Ouâdi Beit Hanina, la vallée de Sorec, et Kastal au sommet d'une montagne.
Rocher de Saint'Jean-Baptiste. A mi-chemin entre Ain Karem et le Désert, on rencontre à g. un rocher qui, avec le terrain circonvoisin, est la propriété des Arméniens catholiques. On l'appelle le Rocher de Saint-Jean-Baptiste ; mais on ne sait pas au juste quel souvenir s'y rattache.
Anselme de Cracovie (1509) veut que saint Zacharie se soit reposé sur cette pierre quand il passait par ce chemin. De Villamont (1600) en fait le siège do saint Jean-Baptisie, et de Stochove (1630) dit que du haut de ce rocher le Précurseur prêchait la p<*iiitence au peuple, ce qui ne concorde pas avec les récits évangéliques. Quaresmius passe outre, sans ni«\rae le mentionner.
Il aoijuit un certain inléix^t aux yeux des pèlerins en 1721. Un Maugrabin d'Aïn Karem eut l'audace d'en détacher plusieurs fragments pour les réduire en chaux. Mais à peine avait-il mis le feu au combustible qu'une forle détonation retentit, le four vola en éclats et les pierres qu'il contenait furent projetées au loin. Revenu de sa stupeur, le mu sulnian comprit que le prophète Hanna (Jean) était irrité contre lui à cause du sacrilège qu'il venait de commettre. Afin d'apaiser son courroux, il alla humblement porter le plus grand fragment au Père Supérieur du couvent de Saint-Jean. Celui-ci lit placer cette pierre dans la chapelle de Sainte-Elisabeth, où elle prêcha éloquemment à ces Maugrabins, jusqu'alors si hostiles et si intraitables, le respect qui est dû à tout ce qui touche aux prophètes Zacharie et Jean.