DÉSERT DE SAIM-JEAN
Au bout de 12 min., on traverse le Ouâdi Handaq^ vallée bien cultivée qu'on suit pendant 10 min. dans la direclion de TO. On aperçoit bientôt au N.-N.O., Sôba, village perché sur une montagne. Encore un quart d'heure et l'on atteindra le Désert de Saint-Jean.
Premier désert du Précurseur. Saint Luc résume dans un seul verset les trente premières années du Précurseur. « Or l'enfant, dit-il, croissait et se fortifiait en esprit et il demeura dans Les déserts jusqu'au Jour où II devait se montrer à Israël » (I, 80). L'Evan^'ile ne laisse pas de doute que Jean se retirât dans la solitude dans son enfance même. Le sentiment d'Origène ^ et de saint Jean Chrysostome ', c'est qu'il quitta la maison paternelle dès ses premières années, La première strophe de l'hymne que l'Eglise chante dans l'Office de la Nativité de salut Jeanilaptistc rappelle aussi l'âge tendre auquel il se rendit dans une grotte du désert:
Antra deserti, teneris sub annis
Civium turmas Jïigiens petisti.
Saint Jérôme dit même que ce fut dès les premiers jours de ga vie^. L'évangile apocryphe de saint Jacques le Mineur, probablement l'œuvre d'Eustathe, écrivain du i" au ii' s., raconte que uendant le massacre des enfants à Bethléem, « Elisabeth, informée (|u'Hérode recherchait aussi le fils de Zacharie, s'enfuit avec l'enfant dans les montagnes. Sur sa prière, un rocher s'entr'ouvrit et reçut la mère et l'enfant. Aj)rès la mort d'Hérode, Jésus revint de l'Egypte avec ses parents ; mais Jean resta dans le désert jusqu'au jour où il devait se montrer à Israël. »
Le désert de l'enfance de Jean doit nécessairement se chercher dans le voisinage de la demeure de ses parents, toujours prêts, en cas de nécessité, à subvenir à ses besoins et à lui prêter aide et protection.
Avant le xii* s., aucun auteur n'indique le site du premier désert de Jean ; mais avant cette époque, et par conséquent avant le vu* s., l'église inférieure de la Visitation renfermait la pierre de la Cachette du petit Jean. Celle pierre dérouta même plusieurs pèlerins, comme Daniel et Thocas, qui prirent le souvenir du désert pour la montagne à laquelle Elisabeth avait confié son fils.
Au XII' 9., toutefois, une église et un monastère consacraient dans le Désert de Saint Jean le souvenir de la première solitude du Précurseur. l'n grand nombre de pèlerins nous parlent de leurs ruines et encore aujourd'hui, on en voit les vestiges^.
Grotte de Saint -Jean
Après avoir atteint une habitation moderne construite sur les ruines de l'ancien monastère, on rencontre une petite grotte en forme de bassin dans lequel se déverse une source d'eau délicieuse appelée Mn el Habis^ fontaine de l'Ermite, De là, un escalier de 12 marches taillées dans le roc descend à une piscine en maçonnerie, à 1*0. de laquelle un petit escalier monte à l'entrée de la Grotte de Saint-Jean, fermée par une grille en fer.
Cette grotte, située sur le versant de la m ontagne, surplombe la profonde yallée de Sorec, appelée ici Ouâdi Sâthafy nom
1. In Luc. hom., XL — 2. Hom., X et XXXVII. — 3. Adr. Lucif. - 4. V. La patrie de S. Jean-B., 211-225.