‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 154 sur 251 · Hist. comp., Migne, P. 6'., CXXI · texte numérisé non relu

Hist. comp., Migne, P. 6'., CXXI

S. SABAS Voyage XL 307

On franchit ensuite la vallée de Cédron, qui porte le nom de Ouâdi en Nâr, vallée de Feu, et l'on monte-sur une colline d'où l'on aperçoit Jérusalem. Plus loin (30 min.), on arrive au Khirbet Djoub er Roûm^ le puits des Grecs, et l'on redescend dans le Ouâdi en Nâr. Une demi-heure plus loin, on passe près d'un puits appelé Bir Àbou Âé/a&. puits du Père du Chien, qui fut pris, bien à tort, pour la source du Soleil, l'Enschémès de la Bible. Tout près de là se trouve le tombeau du Scheikh Maseyîf. Après une marche de 15 min., la vallée traverse une gorge profonde, déchirure de montagne produite par un violent tremblement de terre. Les deux immenses murailles qui se dressent l'une en face de l'autre, sont formées d'un calcaire blanchAtre, coupé d'assises régulières de silex foncé, et les deux flancs sont perforés de grottes qui ont servi d'habitation à des anachorètes. C'est la laure de Saint-Euthyme. En s'avançant une demiheure le long de cette gorge, on rencontre le couvent de Saint- Sabas, en arabe Mar Saba,

Couvent de Saint Sabas.

Histoire. Parmi les nombreux disciples que saint Eulhyme laissait en mourant (474), deux anachorètes, Sabas et Théodose, l'un et l'autre de Cappadoce, se distinguaient autant par l'éclat de leur sainteté, que par l'élévation de leur esprit. Sabas attira bientôt un grand nombre de disciples autour de lui. L'an 491, Sallusle, patriarche de Jérusalem, l'obligea de recevoir les ordres sacrés et le nomma archimandrite ou abbé. 11 avait alors 52 ans. Deux ans plus tard, à la mort de Marcien de Bethléem, Supérieur général de tous les religieux du patriarcat de Jérusalem, Sallusle divisa celte lourde charge entre saint Sabas et et saint Théodose; au premier, il confia la direction des anachorètes qui menaient la vie solilalro dans les laures ; au second, celle des cénobites qui vivaient en communauté dans les monastères. Ce fut alors que saint Sabas construisit le couvent qui conserva son nom, pour en faire le siège de sa vaste administralion et le centre de la vie intellectuelle unie à la vie spirituelle. Cet homme, après avoir étonné le monde par sa sainteté, sa sagesse et sa puissance, rendit paisiblement son âme à Dieu dans son couvent l'an 532.

Au siècle suivant, pendant que l'armée de Chosroès assiégeait Jérusalem (614), des bandes arabes, venues de l'E. de la mer Morte, saccagèrent le couvent et massacrèrent 40 Religieux i. Au viii*^ et au ix" s., cette maison de prière eut à supporter

Page 1