Vie de S. Jean l'Aum., I
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d'autres assauts des Arabes maraudeurs, et on dut la protéger par des tours pour la mettre à l'abri des coups de main.
Presqu'abandonné depuis l'époque des Croisades, le couvent était tombé en ruines, lorsque l'an 1840 le gouvernement russe le fit restaurer. H est babité depuis par des moines grecs nonunis.
Description. Mar Saba est une construction plus pittoresque encore que le couvent de Kou/iba dans le Ouâdiel Kelt. Comme celui-ci, il est suspendu sur le flanc d'une gorge sauvage ; mais au lieu d'y monter du fond de la vallée, on y descend du haut des rochers.
En s'en approchant, on rencontre d'abord un ancien fortin appelé la tour des Femmes. Elle sert de logement aux pèlerines, auxquelles l'entrée du couvent est interdite. Une construction semblable protège la porte du couvent et s'appelle tour d'Eudocie, en souvenir du logement que celte impératrice s'était fait construire près de la laure de saint Eulhyme, pour pouvoir s'entretenir avec le célèbre abbé. A la suite de ces entretiens, Eudocie reconnut ses erreurs et rentra dans le giron de l'Eglise (455). La tour d'Eudocie renferme un oratoire dédié à saint Simon Stylite et sert d'observatoire au moine-portier. Lorsque celui-ci a vérifié le permis du patriarche grec, la porte extérieure en fer s'ouvre, et l'on traverse une plateforme occupée par quelques chambres et des écuries. De là on descend un premier escalier de 50 marches, puis un second, et l'on arrive dans une petite cour au centre de laquelle s'élève une construction octogonale surmontée d'un dôme.
L'intérieur est surchargé de décorations et de peintures modernes. C'est le lieu de sépulture du glorieux abbé saint Sabas. Son corps n'y est plus ; il a été transporté à Venise.
Au N.-O. de cet édicule est la chapelle Saint-Nicolas, entièrement taillée dans le roc. Derrière une grille, on aperçoit les crânes entassés d'un grand nombre de moines, parmi lesquels on compte ceux des 40 martyrs du viv s.
A l'E. delà cour, s'élève l'église du monastère, bâtie en forme de croix grecque, surmontée d'une coupole et soutenue par d'énormes arcs-boutants. Ce monument, qui mesure 24 m. sur 9 dans œuvre, est couvert de peintures à fresque, dont quelquesunes sont très anciennes ; les autres furent exécutées en 1865. L'iconostase qui sépare le cbœur de la nef, offre de belles sculptures en bois doré.
Le réfectoire est moderne. De nombreux corridors étroits et des PscaUers tournants mettent l'église et le réfectoire en communication avec les cellules des moines, dont la plupart sont creusées dans le roc, à étages superposés.
En sortant de l'église par la porte septentrionale, on monte
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par un escalier, à dr , sur une petite terrasse qui surplombe le lit desséché de la gorge d'une bauteur de plus de 160 m. De l'autre côté du ravin, on aperçoit dans la muraille de roc les ouvertures des cavernes habitées par les anachorètes. Au fond du lit du torrent, coule une petite source attribuée à un miracle de saint Sabas. A g., on voit également un vieux palmier qui produit des dattes sans noyau. Saint Sabas, dit la tradition, l'a planté de ses mains dans la fissure d'un rocher. Lorsque l'arbre se meurt, il en repousse un autre. De là on visite la chapelle de Saint-Jean Damascène, qui donne accès dans la grotte habitée au vm' siècle parle célèbre Docteur de l'Eglise, et dans laquelle il fut inhumé après sa mort. Son corps a été transporté à Moscou.
Après avoir regagné la cour centrale, on descend par un escalier dans un petit jardin, d'où l'on remonte à une terrasse, pour passer de là dans la chapelle de Saint-Sabas, entièrement creusée dans le roc. Une porte qui s'ouvre dans la paroi de l'oratoire communique avec l'antre, où le saint fondateur passa plus d'un demi-siècle dans la prière et la pratique des plus grandes austérités. A cette même grotte se rattache la gracieuse légende du lion qui pendant de longues années tint compagnie au saint abbé. Les merles de SaintSabas^ oiseaux à plumage bleu foncé et à ailes jaunâtres (Amydrus Tristrami), viennent encore chaque jour prendre leur becquée de la main des moines.
La bibliothèque de Saint-Sabas, riche en manuscrits, a été transportée ii y a quelques années au couvent de Sainte-Croix, puis à la bibliothèque des manuscrits du patriarcat grec à Jérusalem, où elle est plus en sûreté.
Citons encore au nombre des moines qui ont embaumé cette
solitude, saint Jean le Silentiaire, saint Cosme de Malouma,
saint Théophane Graphtos, saint Théodore d'Edesse et saint
Aphrodise.
Entre Mar Saba et Nébi Mousa {V, Voy. VII, p. 265) s'élève la montagne du Mountar, Tour de garde. D'après la tradition juive, c'est là le désert dans lequel on conduisait le bouc émissaire chargé des péchés d'Israël. Arrivée là, la pauvre bête était précipitée dans un abîme.
Couyent de Saint-Théodose.
De Mar Saba, on monte la côte vers l'O., pour suivre .ensuite tout le temps la crête de la montagne. On jouit longtemps d'une très. belle vue sur la mer Morte, Bethléem, Jérusalem et leurs environs. Après une bonne heure de marche, on arrive au mpnastère de Saint-Théodose, en arabe Deir Doùsi, appelé aussi Deir Ihn Abeid, parce que ce lieu devint le centre de la tribu des Abdiéh.
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Saint Théodose le Cénobiarque, après avoir quitté l'église de la Sainte-Vierge près du Ihr Kadismou sur la route de Bethléem (K Voy. III, p. 207), se retira en ce lieu solitaire et habita la grotte dans laquelle, suivant une ancienne tradition *, les trois Mages avaient passé la première nuit, après que l'ans^e les eut avertis de retourner dans leur pays sans passer par Jérusalem. Jl fut bientôt rejoint par un si grand nombre de cénobites, qu'il construisit une quadruple église. Les moines de rite grec célébraient leur oftice dans la branche la plus grande; une autre était destinée aux moines Arméniens, Arabes et Persans ; la 3* aux Besses ou moines de langue slave et runique, venus de l'Europe. Les pénitents occupaient la 4». Saint Théodose mourut l'an 520 et reçut la sépulture dans la Grotte des Hfages^ pardessus laquelle surgit bientôt une nouvelle église. De ces deux églises, du monastère, de l'infirmerie et de l'hôtellerie élevés par le saint fondateur subsistent des restes fort intéressants, avec une grande quantité de débris de sculptures et d'inscriptions. Les moines grecs non-unis s'y sont établis depuis quelques années.
De Deir Dousi on peut se rendre soit à Bethléem par l'ancien couvent des Pasteurs, Siâr et Ghânem, soit à Jérusalem par un vallon qui débouche dans le Ouâdi en Nâr.
VOYAGE XII De Jérusalem à Nazareth par la Samarie.
De Jérusalem à Nazai'eth on compte 34 lieues.
La route carrossable de Jérusalem eu Samarie n'est construite que jusqu'au khan el Loubhân. De là à Naplouse il faut parcourir 10 km. par un chemin montagneux et 10 autres dans la plaine. La route de Naplouse à Nazareth par Djénîn et el Afoûléh est éfçalement projetée. Kn attendant, le pèlerin devra se ré.soudre à faire le voyajîe à cheval.
Ltî trajet de Jérusalem à Nazareth peut s'etlecluer en 3 jours si l'on quitte la ville de bon matin. Il est toutefois préférable d'y consacrer 3 jours 1/2, et de partir de Jéru«alem l'après midi.
S'ils ne forment pas un groupe nombreux, les pèlerins peuvent trouver l'hospitalité pour la nuit à Ramallah, à 3 h. de Jérusalem, ou à Djifnéh, à 4 h. 1/4 de la Ville sainte, aux presbytères latins. La 2* nuit se passera à Naplouse, 12 h. 1/2 de Jérusalem, ou les voyageurs recevront le logement soit chez le curé latin^ soit dans l'hôtel nouvellement construit j>ar la Société Hamburg-Amerika-Linie. On passera la 3' nuit à Djénîn ou se