‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 161 sur 251 · A. J., XIV, III, 4. — 2. Jud., VII, IG 19, l. LXX · texte numérisé non relu

A. J., XIV, III, 4. — 2. Jud., VII, IG 19, l. LXX

à Nazareth. tombeau de joslé Voy. XIL 327

Il est possible que le sahel el Maknah soit Tascher ha Machxnéthath du livre de Josué ^ La Chronique samaritaine indique à i'E. de Sichem un village du nom de Mohnan.

Gabaa de Phinées? Sur la colline qui borde la plaine au S.-E., on aperçoit le village d'Aoudelah et, un peu plus au N., celui d'Aouertâh. Les Juifs et les Samaritains veulent que Àouertâh soit la Gibea ou Gabaa de Phinées, lieu de sépulture (lu grand-prêtre Eléazar, Ois d'Aaron, et celui de Phinées, fils d'Eléazar. A l'O. du village, un antique tombeau porte le nom de el Azéir ; ce serait celui d'Eléazar, et à l'E., un autre s'appelle el Azeirât, où repose, dit-on, Phinées. Us sont l'un et l'autre recouverts d'une construction très originale, mais relativement moderne.

Un mot sur le tombeau de Josué et celui d'Eléazar. Il est

écrit de Josué : « On l'ensevelit dans le territoire qu'il avait eu en partage à Timnath-Hérès (Thamnath-Saré), dans la montagne d'Ephraïni, au nord du mont (iaas *. » Du grand-prétre Eléazar il est dit : « Eléazar, lUs d'Aaron, mourut, et on l'enterra à Gibéa (Gabaa), ville de Phinées, son lils, auquel elle avait été donnée dans la montagne d'Ephraïm ^. »

A 7 km. environ au N.-O. de Djifiièh, existe un petit village nommé liixbia, et 5 km. plus loin se trouve le Khirbet Titmèh, ancienne loca lité dont le nom peut fort bien dériver de Timnatha. M. V. Giuriii découvrit en ce dernier endroit un sépulcre princier, du type des tombeaux hébreux les plus anciens. Le fond du vestibule est per'oré (!«' plus de 200 petites niches où brûlaient autrefois des lampes, ce qui semble dénoter la grande vénération que le peuple professait pour ce monument. A l'intérieur, on trouva un grand nombre de couteaux en silex. Près du sépulcre, un chêne ijorte le nom de Scheikh et Teim, Chef serviteur de Dieu, et à 4 km. à l'E., un village s'appelle Ischoua, nom qui rappelle celui de Josué. Le célèbre explorateur voit dans Tibnèn, Tiiunatha Hérés avec le sépulcre de Josué, et dans Djîbia, Gibea de Phinées qui possède celui d'Eléazar. I^e témoignage d'Eusèbe et de saint Jérôme, les représentants de la tradition au iv" s., favorise beaucoup l'opinion de M. Guérin *.

Les Juifs elles Samaritains, auxquels s'est joint Marin Sanuto (1322), montrent Gibéa de Phinées à Aouertâh, et Timnatha-Hérés à Kefr Hâris, à 10 km. au S.-O. d'Aouertâh et à 14 km. au S. lU' Naplouse et à la même distance au N. de Khirbet Tibnèh. La localité n'aurait conservé que le second nom, Hérès. Près de ce lieu, on rencontre trois sanctuaires musulmans : l'un dédié au Nébi KéfH, le prophète de la Division par le sort, c.-à d., Caleb ; le 2* au Nébi Lôscha, Josué, et le 3' au Nebi Noûv, le père de Josué. A 1 km. 1/2 plus à l'E., ou vénère le tombeau de Sitti Miriam, sœur de Moïse.

Malgré les arguments nombreux et solides que M. Guérin fait valoir à l'appui de sa thèse, un grand nombre de palestinologues, surlont anglais ^ préfèrent identifier Gibea de Phinées et Timnatha Hérès avec Aouertâh et Kefr Hâris, principalement à cause de la concordance de la tradition juive avec la samaritaine. Remarquons, cependant, qu'en pareille matière le témoignage des Samaritains est plus ou moins suspect. Les témoins de la tradition juive font défaut. Ce n'est que depuis l'époque des Croisades que des voyageurs Israélites ont épousé l'opinion des Samaritains. La tradition chrétienne du iv* s. pourrait I ien, en conséquence, être l'écho de l'antique tradition des Israélites.

1. Jos., XVIÏ, 7. - 2. Jo«., XXIV, 30. - 3. Jcs., XXIV, 33. - 4. La Samarie, lï, lOG-109. - 5. S. W. P., Il, 337.

328 Voy. XII. PUITS DE JACOB De Jérusalem

A g., on aperçoit sur le versant du Garizim le petit village de Kefr Qallîn et à dr. celui de Radjêb, Lorsque le chemin fléchit à g. pour passer entre le mont Garizim et le mont Hébal, on se trouve près du Puits de Jacob.

Champ de Jacob. — Pnits de Jacob et de la Samaritaine. — Tombeau de Joseph. — Sichar. — Salem. — Chênaie de Moréh. — Lien des Bénédictions. — Garizim. — Hébal.

Champ de Jacob. C'est à l'entrée de la pittoresque vallée qui sépare le Garizim de i'Hébal qu'Abraham vint dresser sa tente, a Abram traversa le pays jusqu'au lieu nommé Sichem, jusqu'au chêne de Moréh. Jahvé apparut à Abram et lui dit : Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à Jahvé qui lui était apparu ^ » Plus tard, Jacob, revenant de la Mésopotamie avec sa famille et ses troupeaux, « passa jusqu'à Salem, ville des Sichémites... et il canapa devant la ville. Il acheta des fils de Hémor, père de Sichem, pour cent késitas la pièce de terre où il avait dressé sa tente, et après avoir élevé un autel en ce lieu, il l'appela l'autel du Dieu fort, du Dieu d'Israël 2. » Pendant son séjour dans cette terre, située entre Sichem et Salem, il creusa le puits qui reçut son nom. Comme ses fils avaient massacré les Sichémites pour venger l'outrage fait à leur sœur Dina, le patriarche dût quitter le pays et, sur l'ordre du Seigneur, il se rendit à Béthel ; mais avant d'aller dans ce lieu saint, il fit ramasser les térapim de Laban, que Rachel avait emportés avec elle, et tous les autres objets de superstition et les enfouit « sous le térébinthe qui est près de Sichem ^. »

Plus tard, Joseph vint dans le pays de Sichem à la recherche de ses frères. Jacob, avant de mourir dans la terre des pharaons, légua à Joseph, en sus de son héritage, le champ de Sichem. Enfin Joseph, arrivé lui-même au lit de mort, fit jurer à ses frères d'emporter sa dépouille de l'Egypte pour la déposer en la terre de Sichem y quand ils feraient la conquête du pays de Chanaan.

Puits de ^ Jacob. A quelques pas du chemin, vers le N., on aperçoit un tertre couvert de ruines. Il renferme le puits de Jacob, Bir Yakoub. Ce puits est devenu particulièrement célèbre depuis que Jésus-Christ s'y est arrêté pour s'entretenir avec la Samaritaine de Sichar, et évangéliser les Samaritains [V. Jean, IV, 5-42, n° 61). Pour ce motif, il est appelé communément le Puits de la Samaritaine, Bir Samariyéh.

1. Gen., XII, 67. - 2. Gcn., XXXIII, 18-20. — 3. Gen., XXXIV-XXXY.

àyaxareth. puits de jacob Yoy.XIl. 321)

Saint Ji^rAme (4(H) mcnlionni' déjà une éià\:te au nuits <lo la Ramarltalnr. H Arcullv (GTU) rapporte qu'elle avait la lonnt' il'une f.cvix latine, au rentre du laqu<-Me se trouvait une crvple avc'c le puUa aa^ni. KpariEn<>e ou lemps des l'erscs qui ne Inversèrent pas 1» Samarie, la insllique lut ruin^ plus tard, probahlenient sous Hak>-in. Les Croisi'i <t>nEtrni8ircnl une nouvelle éfilise â trois iiels, rt la clispusèrent de

lui renver*^ après l^imée 1187. Jusqu'en IliSS, les OrO's nnn-HniB v lenalentun autel où ils eélébraient de temps en temps la messe. Ils

réusaln^nl, au siècle ilernier, k aclieler du Knuveriii'ini'iil lun: Ir-^ ruines i-t nue parcelle de terre i l'entonr.

Le puiU de Jucob est recouvert d'une voâlo CHm^ i\k 5 m. (le eMfi et île 2 la, de hauteur ; on peut y péni^U'cr au N. 0. TrCa étroit à son orifice, le puits s'^lurglt et nniulorl un dlum. de 2 m. 50. La partie supérieure est bâtie avec des pierres régulièrement agencées entre elles ; la partie inférieure est taillée dans une roche calcaire. La profondeur aeluelle est de Ï4 m., mais en ne connaît pan In hauteur des di^combres accumulËs au fond. Les anciens pËlerin!^ y ont trouvé une eau fraîche et abondante en toute saison ; mais de nos jours, Il est parfois à sec en

330 Voy. XIl. TOMBEAU DE JOSEPH De Jérusalem

été ; on suppose qu'il s'est produit une fissure dans ses parois par suite de quelque mouvement sismique du sol.

Tombeau de Joseph. A 160 m. au N. du puits de Jacob, se trouve le tombeau de Joseph, Qabr Yousef. Le monument qui le recouvre a été restauré en 1868 et ne diffère pas de la forme ordinaire d'un Oueli musulman. Le sépulcre de Joseph est tenu en grande vénération par les Juifs, les Samaritains, les chrétiens et les musulmans, e't son authenticité, comme celle du puits de Jacob, repose sur une tradition non interrompue qui s'accorde pleinement avec l'Ecriture sainte, a Les ossements de Joseph que les enfants d'Israël avaient emportés d'Egypte, furent enterrés à Sichem, dans la pièce de terre que Jacob avait achetée pour cent késitas des fils d'Hémor, père de Sichem, et ils devinrent la propriété des fils de Joseph *. »

Sichar. A 600 m. au N.-E. du tombeau de Joseph, se voit un petit village appelé Askar. C'est l'ancienne ville de Sichar, la patrie de la Samaritaine qui eut le bonheur de rencontrer Jésus au puits de Jacob, la cité de la Samarie qui fut évangélisée par le Seigneur lui-même.

En 333, le Pèlerin de Bordeaux trouva Sichar à un mille de Sichem. Eusèbe et saint Jérôme, son traducteur, écrivent : « Sichar (est) devant Néapolis, près du champ que Jacob donna à Joseph et où Notre-Seijjneur s'entretint avecla femme samaritaine, comme le raconte l'évanjîéliste saint Jean *. » Ces indications, en tenant compte de l'ancien emplacement de Sichem, nous mènent à Askai', qui dans la Chronique samaritaine est appelée Iskar. Va Mischna mentionne une plaine nommée Sokher. D'après le rabbin Schwartz ^ et Neubauer *, Sokher est la même localité que la moderne Askar et la Sichar de l'Evangile.

Sakar signilie en hébreu prendre à louage, et sakir veut dire mercenaire. Les Arabes semblent avoir emprunté à la langue araméenne le mot Askar qui veut dire soldat.

Salem. A 4 km. à l'E. du puits de Jacob, on aperçoit sur une

éminence un modeste village appelé Sâlim. C'est l'ancienne

ville de Salem, près de laquelle s'arrêta Jacob h son retour de

Mésopotamie. Dans la Chronique samaritaine elle porte le nom

de Salem-la-Grande.

Il ne faut pas confondre cette ville avec Sallm près d*£Iniion, où

le Précurseur administrait le baptême. Celle-ci se trouvait au S. de Bethsan, près du Jourdain'. Salem, « ville des Sichémites, » n'est pas non plus Salem, capitale de Melchisédech.

Chêne de Môréh. A 250 m. du puits de Jacob, en allant à Naplouse, on rencontre, à g., le hameau de Dalâta, qui possède une magnifique source au milieu d'un bosquet de figuiers et do mûriers. C'est l'emplacement traditionnel du célèbre chêne, ou mieux de la chênaie de Môréh ou de Sichem, dont il est question dans l'histoire d'Abraham, de Jacob, de Josué et du roi Abimélech.

1. Jos., XXIV, 32. - 2. 0. S., 1G4. - 3. H. Land., 127. - 4. Op. cit., 170.

h Na::areth, CHÊNE de moréh Voy. XII. 331

Rappelons d'abord que dans la Bible les mots élôn^ chône et élâh, térébinthe, s'emploient indifféremment pour les deux espèces d'arbres qui, d'ailleurs, se ressemblent beaucoup. Kusèbe et saint Jérôme disent : « Le Balanos iqui veut dire chêne) des SIchémites, où Abimélech fut proclamé roi, se voit encore aujourd'hui dans la banlieue de Néapolis, près du tombeau de Joseph *. n Ce Balanos est en effet « le chêne de Sichem » mentionné dans le livre des Juges (IX, G) : « Alors tous les habitants de Sichem et toute la maison de Mello s'assemblèrent ; ils vinrent proclamer Abimélech près du chêne qui était planté à Sichem. » Le chêne de Sichem, où le peuple assemblé autour d'Abimélech entendait les paroles du jeune Joatham, fils de Gédéon, s'adressant à lui du mont Garizim 2, ne parait pas différent des « chênes de Môréh » que le Deutéronome (XI, 30) indique près du Garizim et de THébal, ni du « chêne de Môrôh 0 près duquel s'arrêta Abraham '\ 11 est aussi, selon toute apparence, « le chêne qui est près de Sichem », sous lequel Jacob enterra les emblèmes idolàtriques de ses gens *, et le « chêne de Sichem planté dans le lieu consacré au Seigneur, » près duquel Josué dressa une pierre commémorative de l'alliance contractée avec le peuple assemblé dans la vallée, entre le Garizim et l'Hébal ^.

Le chêne qui s'appelle Balanos en grec, se nomme Balloût en langue araméenne, et c'était sans doute sous ce nom que les Indigènes des premiers siècles de notre ère désignaient le chêne de Sichem. Dans le livre de Josué des Samaritains, la localité est déjà appelée Balâta, et la Chronique samaritaine désigne sous le nom de plaine de Balâta le lieu de la grande assemblée du peuple sous Josué. Au xin** s., Yaqoût, géographe arabe, rapporte que les Juifs rattachaient le souvenir d'Abraham « à fiulàta, village du district de Nâblous, où se trouve une source, et près duquel fut enseveli Joseph.' » Le rabbin Estôriha Parchi dit à son tour : a Balâta est dans le champ qu'acheta Jacob. » « S'il n'est pas possible, dit M. l'abbé Heidet, de tracer les limites précises du domaine de Joseph ou de l'Elôn Moréh, sa situation du moins est parfaitement déterminée par- le village de Balâta, le puits de Jacob et le sépulcre de Joseph, trois points dont l'authenticité paraît aussi certaine qu'elle peut l'être 0. ))

Assemblée d'Israël et lieu des malédictions et des bénédictions. La vallée s'étend de l'E. à l'O., entre le mont Hébal au N. et le mont Garizim au S., comme un immense amphithéâtre naturel, dont les stratifications de la masse rocheuse des flanc?

1. 0. S., 54. — 2. Jg., IX, 6-7. — 3. Gen., XII, 6. — 4. Gen., XXXV, 4 — 5. Jos., XXIV, '£'). — G. D. B. V., IV, 1270.

oyage XII. MONT gahizim De JéTmaleiii

les gradins. C'est là qu'eut lieu l'ns^mblËc génériilp s Iribus (l'isra&l, ainsi i|ur la granilft sul(>nulli> ûph mnlrcl des Wnéiiictions, prescrite par Moïse, rdre de Joaui^, six tribus se placâreni sur les flancs du bal et six uccupËrent ceux du mont Garizini, tandis prMres et les li'Tltes se tenaient au fond de lu vallér le l'irehe d'alliance. Les lévites, s'étant tournés vers récitèrent A haute voix, l'une après l'autre, les maieprononcées par le législateur. A chaque anathëme, le époncilt : Anie7i. Puis, se tournant vers le Garlzlm, Ils itendre les bénédictions, auxquelles aussi le peuple

Sarlxlm. Le Giiriilm, appelé Djebel el T(mr{V. p. 183) Djèbei es SAtiiiré, montagne des Samaritains, est unf aine de montagne formée de calcaire nummullte. Ell<' 868 m. au-dessus de la Méditerranée et â 380 m. s di> la vallc^c.

[B [lii Pplprin dp HordpBuï, lin escalier (Ip 309 marelles coodiiiirizlni. Les monnaies Ae Néapolle rppn'Bi'iiIrnl l'escalier moau I tiarizlm, ahoiittssanl au temple île Jiijiltrr, qui couronoail inniBiine. Cri ■■sralîer. auquel on arrivait iirohablement par un parlait de l'riidroll oi'i B'^lève un (tueli musulman appelé jlinoilif, les Hummes du Colonne, à l'O. di' la Cfts«rne turqur, e Ni'apolis s'étenilalt jusque lit.

;le N.-E., les pentes du Gariztm sont très e.'icarpëes. An la ville, lu montagne est aisément accessible par le as el Ain, vallon arrosé p»i- une abon<lante source d'eau n. On monte d'iibord au plateau où campent les Samaoi'squ'ils y vont célébrer les fêles de Pâques, do Pentees Tabernacles. A quelques pas plus loin, on rencontré rto pierre, liuliiUa, placés là Jadis par les Samaritains. •es sont entounrs d'une enceinte carrée, dans laquelle rllains font chai|nc samedi leurs prière.s. Au point cullans une autre enceinte carrée en ruines, on volt les d'une ■''glise octogonale. C'est Saitile-ilarie élevée par ur Zenon en 47i. Du leniplo Bamaritaio 11 ne reste race, pas plus que du temple do Jupiter. A l'O., le sol tié de ruines informes appelées Khirbet LoHsâ. Los lins localisent au mont Garixim plusieurs souvenirs 1 qu'il laut évidemment chercher ailleurs. oimet du mont Garizlm le panorama est superbe. Hëtral. L'Hébal, en arabe Djebel Eslamiyéh. a 938 m. >, c.-A-d., 70 m, de plus que le Garizim. Le panorama Croule de sa cime s'élend depuis JaUa jusqu'à Safed el llermon, et depuis le Carmel jus<|u'aux montagnes du Au midi, ses lianes sont plus ilénudés que ceux du â cause de l'Inclinaison de ses slrales.

à Nazareth. naplouse Voyage XIL 333

Sur THébal, Josué érigea un monument formé de grandes

pierres enduites de chaux, où furent tracées les paroles de la

loi. li y éleva aussi un autel de 12 pierres brutes, sur lequel

on offrait au Seigneur des holocaustes. Il n'en reste plus aucun

vestige. Dans les débris d'une enceinte carrée on voit encore

quelques voûtes délabrées appelées Khirhei Kouleisa ou A'oi*-

neisa ; elles furent prises, bien à tort, pour celles d'une église.

Vers l'O. de la montagne, s'élève un petit sanctuaire musulman

qui, d'après les chrétiens indigènes, occupe l'emplacement d'une

ancienne église. Il est dédié au Scheikh Amâd edDin, le Pilier

de la Foi, et n'est peut-être qu'une réminiscence du monument

de Josué.

L'histoire di» (iarîzim et do I*Hôbal se confond avec celle de Sichem ou de Naplouse, dont il sera question tout à l'heure.

De Balâta on arrive en 15 min. à Ain Dafna, très belle source auprès de laquelle on a construit une caserne d'infanterie avec un arsenal et un lazaret. Quelques pas plus loin, on rencontre un second bâtiment ([ui dépend de la caserne. De ià à la ville on mesure encore 800 m. Avant d'y arriver, on rencontre le nouvel Hôtel Nablus,

Pour se rendre au presbytère lalin, marqué par une croix sur le plan, on soit le chemin qui loufi(^ la ville au N. La place destinée pour les tentes, es Soueitérah, le Champ du campement, se trouve de l'autre pdtè de la ville, à l'O.

Sichem. — Naplouse.

Naplouse, en arabe Nâblous ou Nâboulmis, s'élève un peu à l'occident de l'antique Sichem. Cette cité n'a jamais cessé de Jouer un certain rôle dans l'histoire de la Palestine, grâce à sa position pittoresque et stratégique à l'entrée d'un défilé étroit entre le bassin de la Méditerranée et celui du Jourdain, et aussi il cause de l'extrême fertilité de son sol arrosé par une vingtaine de sources.

Histoire. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de Sichem, à propos du séjour d'Abraham et de Jacob dans son voisinage, et de l'assemblée du peuple de Dieu dans sa vallée. Lors du partage de la Terre promise, Sichem échut à la tribu d'Ephraïm, descendants de Joseph, et (l<»vinl une ville de refuge.

Abîmélech, né de Gédéon el d'une mèiv Sichémite, mit à mort 69 de ses frères et se fil proclamer roi « près du chêne de Sichem. » A cette nouvelle, le jeune Joatham, le seul fils de (iédéon qui ait échappé au massacre, monta sur le (iarizim et de là il adressa au peuple la parabole des arbres qui, assemblés pour se choisir un roi, élirent un buisson. Trois ans après, Sichem se révolta contre sou souverain. Celui-ci, pour se venger de cetalîronl, massacra la population, détruisit la ville et répandit le sel sur ses ruines.

A la mort de Salonion, Israël s'assembla à Sichem, relevée de ses ruines, pour offrir à Roboam la succession de son père. Mais son orgueil et son insolence exaspérèrent le iKMiph'. T^s tribus du Nord

1^ mopIncN^ par des colons élranKEra cl idolAln-g, Sichem

IH'Init anciennement Maborlha d'après Jos^plir ', ou Mas Pline ■■ Ui ^nllJcaUaa dih ce nom, wlon l'tntnpr^ta- Lcceptable, est Uifité, sens qne comporte auisi le. mol luer, cependant, y ririt une corruption du mot aramtien

ville dus Iténédicllons, nom que les Samarilains n'oni rr au Uamiiu '■ Ce eeniit donc peudaiit l'exil que la ville

de Maborlha de la part des nouveaux colons. Ceux-ci i la loi mosaïque, mais ils conservèrent les supersUtlons

Juifs de Jérusalem ne voulurent puiiil les reconnaître s d'Israël, et les surnommèrent let SamaHfaiiis. Par Hèle inalllua nn nouveau sacerdoce : lilrniat même au i sur le luonl lierizim en rtaonueur de Jalivèh, le Dieu md.'vlntdès lors la métropole des Samaritains. , i.-C.., Jean Hjrean s'emjiara de S:cliem et di'lrulsll le irbdm. l'endnnt la luerre îles Juifs cunliv les Romains, tenant de Vespaslen, cerna les Satnarilains au moni I Ht passer au HI de Vrvée '. Slcfiem. saceam^ à celle «bàlie après l'année 70 sous le nom de Fl»Tta Ne&pOllB. n flionneur de Flavius Vesnasieu, Adrieu III élever an rmple à Juiriler.

déjA vn que quelques Samaritains retnmnl l'Kvangile de li'BUS-l^rlst lui-même, iiaiiil Philippe prêcha avec succès afte : de leur ebli saint Pierre et galnl Jean, api^s avoir '. a annoncèreni la bonne nouvelle dans plusieurs villaiies

■ Le ehristlanlsme pénétra ï celle même lonna le jour a cainl Justin,

lut le sièKe d'un èvèché.

ries Samarilalus de leurs ve:

expulsa du Uarislm — ■ -"-vaut en r"- "m pins I

., . l'empire, .

iue de Xéatiolls, incendièrent les eslisos et les monastères npolis (Itelluan) Jusqu'à Itelhl^m, et massacrèrent les

moines g<d leur lombaienl sous In main. L'armée samolurs lois ballue par les troupes de Justtnlen, se réfugia lonitide à l'E. du Jourdain, ob elle fut anéantie dans une ille : ÏU.OOO prisonniers furent vendus en l'erse et dans les très emhrassèninl le cbrtstlaniame ou se dispersèrent dans n restait cependant toujours un petit nombre à Néapotfs. ille subit le jour des musulmans, et l'on 1100 elle passa !S Croisés. Vu synode eut lieu a Na|ilouse en lilO. Saladin,

pillé la ville en 118i, en ileviut maître en 1187. L'bisloin- Kidernes nous montre Naulouse en rébellion constante :i)as de Damas, ou ceux d'Acre, chargés de l'administrer. hahilants se n-vollèrent aussi contre Ibrahim Paelia. il à l'ininrovialn sur Naplouse. la livra an pllIaKe et si'lieikh, Hassln Ahmed, a l)amas, où il péril par le Rlaive

., Ifi!». — *. G. 1..

à Nazareth. visite de la ville Voy. XIL 335

Etat actueL Naplouse est le chef-lieu d'un Liva dépendant du Vilayet de Beyrouth. Elle compte environ 25.000 habitants, presque tous musulmans. 11 n'y a que 500 Grecs non-unis avec un évoque à leur tète; 60 Latins sous la direction d'un prêtre du patriarcat, avec une école de filles dirigée par les Sœurs du S. Rosaire, quelques Grecs unis, une centaine de prolestants de la mission anglaise qui tient une école et un hôpital, 200 Juifs et 170 Samaritains.

La ville possède un bureau de poste et de télégraphe turc. Le commerce y est très prospère, surtout avec les pays transjordaniens qui lui fournissent la laine et le coton ; on y compte encore une quinzaine de savonneries à base d'huile d'olive.

Les habitants musulmans sont réputés pour leur caractère turbulent et leur grossièreté envers les étrangers. Aussi ne doit-on pas s'aventurer dans la ville sans être accompagné d'un guide.

Visite de la ville. Dans le quartier oriental, la grande mosquée, Djamia el Kébir, est un reste de l'église de Saint-Jean ou de la Résurrection, construite en ltG7 par les chanoines du Saint-Sépulcre, sur l'emplacement d'une basili(iue justinionne. Le portail, assez bien conservé, offre une certaine analogie avec ceiai du Saint-Sépulcre à Jérusalem. La Djamta en Naser est également une ancienne église byzantine reconstruite au xw s., d'après un plan identique à la Djamia el Kébir de Ramlèh. Les quatre colonnes monolithes en granit rose avec chapiteau dorique qui soutiennent la mosquée, proviennent d'un édifice gréco-romain. Au S. 0. de la ville, en dehors des habitations, la Djamia el Khadra est une ancienne église des Croisés ; à côté de la mosquée s'élève un clocher dans le .style de la tour de Ramlèh. On y voit cinq autres mosquées.

Synagogue des Samaritains. La Kenîset es Sa miré se trouve dans le quartier S.-O. On y montre, pour un bakchiche, un ancien Pentateuque, qui constitue, avec le livre de Josué, toute la Bible des Samaritains. Ce Pentateuque est un véritable voLumen^ se roulant et se déroulant sur deux grosses baguettes. Le texte est écrit en caractères phéniciens que les Israélites employaient avant la captivité. D'après l'opinion la plus vraisemblable, dit le P. R. Cornély, les Samaritains étaient en possession du Pentateuque avant le relourdes Juifs de la captivité de Babylone *. 11 est certain qu'ils le possédaient au iv* s av. J.-C, au temps de Manassé ou d'Alexandre le Grand. Le manuscrit de Naplouse, qui en est une copie, peut remonter aux premiers siècles de l'ère chrétienne.

Le bazar au N. de la ville n'offre que peu d'attraction.

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