Jos., XXI, 29. — %. G. J., 111, ui
à Nazareth. EN HADbAri Voyage XIL 343
Djebel Foqouah. Une lieuo plus loin, on est en face de Zérîn, l'ancienne ville de Jezraêl, située à l'E. A l'O., se dessine la <.*haine du mont Garmel ; puis apparaît k dr. le petit Hermon, Djebel Dahy. Entre le mont Gelboé et le petit Hermon, s'ouvre ia vallée qui descend à lieisan^ l'ancienne Bethsan ou Scythopolis, pour rejoindre celle du Jourdain. A l'extrémité de cette dépression, se dressent, au delà du Jourdain, les montagnes de Galaad.
Sur les pentes du petit Hermon apparaît, au milieu d'un bouquet d'arbres, Soutem, l'antique Sunam, puis et Fouléh et, tout auprès, el Afouléh^ station du chemin de fer de Caiffa au lac de Tibériade et à Damas.
D'e/ Àfouléh on peut se rendre à Nazareth qu'on a devant soi, ou directement par la gorge du mont du Précipice, ou bien par Naim, Endor et le mont Thabor. fV. p. 383-396).
VOYAGE XIII De Djénîn à Caiffa,
Les voyageurs qui arrivent en Galilée par la Samarie, dans l'intention de se rendre en chemin de fer du lac de Tibériade à Damas et à Beyrouth, feront bien d'aller d'abord de Djénîn à Caitia et de là à Nazareth «'t à Tibériade.
S'ils tiennent de Damas avec l'intention de se rendre à Jérusalem par la Samarie, ils auront tout avantage à visiter d'abord le lac de Tibériade, Nazareth et Cailla, et prendre ensuite la route de Cailla à Djénîn.
De Djénîn à Cailla la route est carrossable ; mais il faudra commander d'avance les voitures, soit à Nazareth, soit à CailTa, aussi longtemps que ia route d'el Loubbûn à Djénîn ne sera pas ouverte.
De Djénîn à Cailla, en voiture 7 h. ; — à cheval 10 à 11 h.
De Caifla à Nazareth et à Tibériade en voiture ou en chemin de fer. (T. Voy. XIV, p. 361-365 et Voy. XIX, p. 481-491).
En Haddah. La route longe presque tout le temps les collines qui bordent la plaine d'Esdrelon, Merdj Ibn Amer, plaine ou prairie du Fils d'Amer. Laissant à dr. le massif du mont Gelboé, Djebel Foqouah, la route se dirige vers le N.O. et passe en 55 min. au petit village de Kefr Adân, ancienne localité qui s'élève à g., sur une colline couverte d'arbres fruitiers. C'est très probablement la ville d'En Haddah de la tribu d'Issachar, que le livre de Josué {XIX, 21) mentionne immédiateinent après Engannim.
344 Voyage XIII. thaxach De Djéntn
Cheimon. A 2 km. à l'O. de Kefr Adâti^ on aperçoit le village iïel Yamôn qu'on propose, avec raison, d'identifier avec Cheimon, en grec Kyamôn, du livre de Juditti (Vil , 3).
Thanach. A 4 km. de Kefr Adân^ on rencontre à g. le petit village de Siléh^ et 1 km. 1/2 plus loin, on arrive à Taanak qui est Thanach, cité chananéenne, dont le roi fut vaincu par Josué (XII, 21).
« Taanak » figure dans la liste des villes conquises par Thoiitmès III, et dans celle des conquêtes du pharaon Sisac, Scheschonq. Bien que située dans le territoire d'Issacliar, elle fut assignée à la demi-tribu de Manassé et devint ville lévilique. Ses iiabitants, cependant, n'ont pas pu en être expulsés par les Hébreux; à l'époque de Débora, elle était encore occupée par les Chananéens^
ÏAi pieux roi Josias (610) voulut barrer le chemin au pharaon Néchao II qui marchait vers l'Euphrate. Il fut tué sur le champ de bataille près de Thanachj et son corps transporté à Jérusalem ^.
Au temps des Croisades, le manoir de Thanach était un fief de l'abbaye de Sainte Marie-deJosaphat à Jérusalem. La mosquée remplace une ancienne église.
De 1901 à 1902, M. le professeur Sollin, député par une Société autrichienne, explora le Tell Taanak et découvrit d'intéressants vestiges de la ville chananéenne, égyptienne, juive, etc.
Haddah Rimmon. A 1 km. 1/2 plus loin, on rencontre à g. le
village de Roummanéli, qui est l'antique Haddah Rimmon ou
Adadremmon mentionnée par le prophète Zacharie (XII, 11),
lorsqu'il fait allusion au deuil public occasionné par la mort du
roi Josias. Cette ville reçut plus tard le nom de Naximianopolis»
Saint Jérôme dit expressément que « Maximianopolis dans la plaine de Mageddo était Adadremnon^. » Le Pèlerin de ]3ordeaux marque Maximianopolis à 10 milles de Jezraël et à 18 de Césarée. Après la chute de l'empire romain, la ville reprit son ancien nom.
A 1 km. plus loin, apparaît, à dr., la ville d'Ezbouba, que Marin Sanuto appelle Sububa et qu'il prit pour Mageddo. Puis, à la même distance de là, on arrive à la source d'Ain Salîm et au village de Salîm^ antique localité située sur un tertre, à g. ; plus loin vient le village de Séléféh et à dr. le Tell Abou Qondeis.
Qédès ou Cédés. Le Tell Abou Qoudeis est généralement identifié avec Cédés d'issachar, assignée aux lévites de la famille de Gcrson '*. La liste parallèle de Josué (XXI, 2S) la nomme Césion. Cette ville semble figurer dans le bulletin de victoire gravé sur les pylônes de Karnak sous le nom de Rosch^ Qodsou.
Mageddo. En s'avançant de 2 autres km., on atteint le Khan \edjoun, caravansérail en ruines situé au fond d'un vallon ravcrsé par le principal affluent du Cison. Ici passait jadis la
1. Jii.. V, 19. -2. IV R., XXIH, 9. - II Par., XXV, 2()-24. - 3. Vomnu n lach., XII, 11. - 4, Jos., XIX, 20; - I Par., VI, 72.
à Caiffa, mageddo Voyage XIII. 345
grande roule des caravanes et des armées de l'Assyrie se rendant en Egypte. A 10 min. plus loin, on rencontre le hameau d'el Ledjonn et, à 5 min. de là, le Tell el Moutesellim, qui est l'emplacement de la c('?lèbre forteresse de Mageddo, ou Negiddo. C'est sous les murs de Mageddo que les peuples du Nord livrèrent la 1" bataille aux armées de Thoutmès I", Thoutmes II, Thoutmès IIJ et d'autres pharaons qui marchaient contre les Héthéens et les Assyriens. En 1799, Bonaparte prit ce môme chemin, lorsque de Ramléh il s'avança contre Saint- Jean d'Acre.
Josué soumit le roi de Mageddo ; mais les fils de Manassé, qui oblinrejit la ville en partage, ne purent déloger ses habitants. Aussi, Sisara altendil-il sous les murs de Mageddo et de Hanach l'attaque des Israélites que la prophétesse Débora avait convoqués au mont Thabor.
Ochozias, roi de Juda, ayant été blessé par Jéhu à la montée de Gaver, se réfugia à Mageddo et y expira (887j. Son corps fut transporté à Jérusalem \
A cause de la position stratégique de la ville, les Romains y établirent une forte garnison et donnèrent à la cité, au rapport d'Eusèbe, le nom de Leglo, dont les Arabes ont fait Ledjoûn.
Tn tertre de 25 m. de hauteur appelé Tell el MouteselHrn^ colline du Gouverneur, attira l'attention de M. V. Guérin, qui soupçonna dans le nom un souvenir de la résidence du gouverneur royal que Salomon avait établie à Mageddo 2. En 1902, la Société allemande de Palestine, dont le siège est à Leipzig, chargea M. le D'^ Schumacher de Cailla de faire des fouilles dans le Tell el Moutesellim. L'habile explorateur y découvrit un monceau de ruines provenant d'anciennes villes construites à six ou sept époques différentes. Les débris d'un château fort et un mur d'enceinte en briques, de 8 m. d'épaisseur, élevé, peut-être, 3.000 ans avant J.-C, dénotent l'importance de la localité. Les objets chananéens, assyriens, égyptiens et judaïques trouvés dans le tertre ne laissent pas subsister de doute que ce ne soit Mageddo. Puis, à el Ledjonn on a trouvé des briques romaines portant la marque de la VI* légion.
Au delà d'elLedjotln, la plaine prend un aspect moins monotone. A g. apparaît la montagne volcanique du Scheikh Iskander^ puis l'extrémité méridionale du mont Carmel, dont les cimes sont couvertes de chénes-vcrls. L'une d'elles est couronnée par la chapelle du Moukhraqa, qui marque le lieu traditionnel du sacrrQce d'EIic. A dr., se dessine à l'horizon la silhouette des montagnes bleuâtres du Djebel Adjloùn^ au delà du Jourdain. Plus près, s'élève le dôme arrondi du mont Thabor, puis viennent les montagnes de Zabulon, avec celles de Nazareth en particulier.