Caut., VII, 5, t. hébr
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magasins européens sont largement pourvus d'articles de voyage, de conserves et d'objets en tout genre.
Depuis une cinquantaine d'années, la ville a débordé de tous côtés au delà de son enceinte. Au S.-E., sur la route de Saint- Jean d'Acre et de Nazareth, s'est formé un nouveau quartier qui renferme la gare du chemin de fer de Bethsan et de Damas. Plus loin, une colonie juive occupe le pied de la montagne, tandis que le long de la mer s'étend une belle plantation de palmiers.
Dans le pâté de maisons qui s'élèvent sur les flancs de la montagne, entre l'ancienne enceinte et Bordj es Slam^ le château fort, se trouve la Résidence des Pères Franciscains (3], mais sans hospice pour les pèlerins. Au N.-O., l'une des deux portes de la ville et une bonne partie des remparts furent rasés au siècle dernier, pour permettre la circulation et l'érection de nouvelles constructions. 11 s'y est formé un nouveau quartier européen qui renferme à dr., en se dirigeant vers le couvent du Carmel, l'église paroissiale latine avec l'Hospice des Pèlerins sous la direction des Pères Carmes (7). Puis vient le pensionnat des Dames de Nazareth (8), ensuite l'établissement des Frères des Ecoles chrétiennes (9(, et, â g., l'église des Maronites (10), enfln l'établissement des Sœurs de Charité avec asile et ouvroir.
La plupart des consulats se trouvent dans ce quartier.
Colonie allemande. On arrive ensuite â la colonie allemande fondée en 1869. La régularité et la propreté des rues, le bel alignement des maisons entourées de jardinets pleins de fraîcheur, contrastent singulièrement avec l'aspect que les villes orientales offrent d'ordinaire au voyageur.
La colonie renferme l'établissement des Sœurs de Saint- Charles (12), avec hospice pour les pèlerins, hôpital, orphelinat et école pour les filles. Puis, on rencontre VHôtel Karmel (13), et plus loin le New-Hôtel (14), ainsi que les chapelles et les écoles pour les diverses sectes protestantes de la colonie. Plus loin, sur une bifurcation de la route, se trouve la nouvelle caserne turque. Enfin, sur les ruines de l'antique Hépha s'élève le monastère des Religieuses Carmélites de France.
Population. Caiffa est le siège d'un kaimmakam et compte une population indigène d'environ 12.000 habitants qui se répartissent comme il suit : 400 Latins, 1.800 Grecs Melchites, 600 Maronites, 1.000 Grecs non-unis et quelques protestants indigènes. Les Juifs sont au nombre de 900 et les Européens au nombre de 650 dont 500 Allemands protestants. Le reste est musulman.
Commerce. Le commerce de Caiffa fleurit de plus en plus et, grâce au nouveau chemin de fer, les denréees du Hauran, blé, coton, réglisse, etc., qui usqu'ici étaient expédiés à Beyrouth,
à Saint-Jean d'Acre et k JafTa, trouveront leur débouché naturel k Gaiffa. Du jour où la rade sera protégée par des brise-lames et des môles (ce qui est déjà en projet), Gaifla deviendra une des premières villes de commerce de la côte syrienne. Dans le courant de l'année 1905, à peu près 300 bateaux à vapeur et fôO voiliers ont exporté 120.000 tonnes de blé, de mais, de sésame, d'huile d'olive, etc., et importé 10.000 tonnes d'articles divers.
Lie mont Carmel.
Le grand attrait de Gaiffa, c'est le mont Carmel. Cette belle chaîne de montagnes, en grande partie de formation calcaire, s'étend du N.-O. au S.-O. sur une longueur d'environ 2i km. et une largeur qui varie de 5 à 8 km. Au N.-O., sa hauteur ne dépasse guère 300 m. ; mais au centre, elle atteint une altitude de 540 m. et domine majestueusement la mer d'un côté et la vaste plaine d'Esdrelon de l'autre.
Dans la Bible, il est une fois appelé Carmelus maris ^, pour ie distinguer d'une autre montagne de même nom située au S. de la Palestine |V. p. 238).
Histoire. Le Carmel servit de limites à quatre tribus : à la tribu d'Aser vers le N.-E., à celle de Zabulon et à celle d'Issachar vers TE., enfin k la demi-tribu de Manassé au S. La montagne elle-même ne fut adjugée, semble-t-il, à aucune grande famille en particulier ; elle était plutôt considérée comme un lieu sacré, un lieu de refuge ou un territoire neutre.
Carmel signifie en hébreu jardin ou lieu planté d'arbres. Dans l'Ecriture sainte il apparaît moins souvent comme indication géographique que comme figure métaphorique, comme type de la fécondité et de la beauté. De plus, ses flancs, si verdoyants de nos jours encore, sont sillonnés de nombreux vallons et perforés d'innombrables grottes qui offraient un asile sûr à ceux qui fuyaient la justice ou la malice des hommes. Elles expliquent les paroles du prophète Amos (IX, 2-3) : « S'ils se cachent sur le sommet du Carmel, je les j découvrirai et les en chasserai. »
Ce qui â rendu cette montagne à jamais célèbre, c'est le séjour qu'y fît le prophète Elle et les prodiges qu'il y opéra.- Le Carmel reçut môme dans le langage du peuple le nom do J^jébel Mar Elias, montagne de Saint-Elie.
A côté de l'autel du vrai Dieu élevé sur la cime du Carmel, existait aussi un autel de Baal. Jézabel, fille du roi de Sidon et femme d'Achab, roi d'Israël, avait entraîné la masse du peuple