C ARMEL. LIEU DU SACRIFICE
de saint Brocard, un petit plateau porte le nom de Champ des melons d'Elie. Les anciens pèlerins, qui ne manquaient pas de visiter cette vallée si riche en pieux souvenirs, signalèrent en ce lieu des boules de pierre en forme de melons. Ce sont des géodes, vides à l'intérieur et dont la cavité est tapissée de cristaux de quartz ou de chaloédoine. On en rencontre sur tous les points de la chaîne du Carmel, ainsi que sur d'autres montagnes de même formation géologique. L'imagination orientale, si féconde en paraboles et en récils moraux, créa à leur sujet une gracieuse légende, digne pendant du Champ des Pois chiches près de Bethléem.
Visite au Moukliraqa, lien du sacrifice d'Eilie.
Eu couvent des Pères Carmes, on peut se rendre à cheval en 4 ou 5 h. au lieu du Sacrifice d'Elie, qui occupe un des points les plus élevés de la chaîne du Carmel (515 m.). Un chemin assez commode et fort agréable suit la crête de la montagne. Il traverse d'abord les beaux vignobles et le^ jolis bouquets de pins de la colonie allemande. Parmi les maisons les plus notables, on remarque l'ancien Hôtel Prosz, un grand établissement de villégiature, Lufthurhaus^ pour le peuple, et une maison de convalescence, Elias-Ruhey des Sœurs de Saint-Charles. Esfiyâh (5îO m.), habité par des Druses, est le seul village qu'on traverse. Plusieurs autres ont été détruits en 1837 par Ibrahim Pacha.
Le lieu traditionnel où Elie offrit l'holocauste consumé par le feu du ciel (F. p. 354) est marqué par une chapelle que les Pères Carmes ont construite il y a quelques années. Il a conservé dans la langue du peuple le nom de el Moukhraqa^ le Sacrifice. Le Moukhraqa n'a que 515 m. d'altitude et est tourné vers la plaine d'Esdrelon. La mer n'y est pas visible, ce (jui cadre fort bien avec l'ordre donné par Elie à son serviteur. Jusqu'au xvm* s., des voyageurs Israélites prétendent avoir rencontré sur le Carmel un autel formé de 12 pierres. Mais au siècle passé, on a exploité les ruines de cette montagne pour vendre les pierres de taille dans le voisinage.
Au pied de la montagne, une colline située sur les bords du I^ahr el Mouqatta^ fleuve du Massacre, le Cison de la Bible, porte le nom de Tell el QO'Ssis, colline des Prêtres, et encore celui de Tell el Qatl, colline du Massacre, en mémoire des prêtres de Baal qui y furent mis à mort sur l'ordre du prophète Elie.
A 800 m. d'el Moukhraqa, du côté du N.-O., s'étendent des ruines considérables dont la plupart des pierres sont de moven appareil de taille très soignée. Ce lieu est appelé Khirbet Daouabèh^M. Guérin est incliné
sidérables dont la plupart des pierres sont de moyen appareil de taille très soignée. Ce Heu est appelé Khirbet Daouabèh. M. Guérin est incliné