‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 207 sur 251 · The liecovery, 348. — 2. G. J., III, x · texte numérisé non relu

The liecovery, 348. — 2. G. J., III, x

de Tibériade. mont des béatitudes Voy. XVIII. 423

cmpoila douze paniers pleins de morceaux qui étaient restés. Après avoir renvoyé la foule, le divin Maître enjoignit à ses disciples do se rendre à l'autre bord, à Bethsalda, tandis que lui-même alla prier sur la montagne. Un vent contraire et soufflant avec violence éloigna la barque du rivage et la poussa au milieu de la mer. Mais, grâce à l'intervention de Jésus, le vent se calma, et les disciples débarquèrent dans la terre de Génésareth.

Peu de Lieux saints de la Palestine sont en possession de meilleures garanties d'authenticité que celui où Jésus nourrit si merveilleusement 5.000 hommes.

Saint Jérôme, décrivant le pèlerinage que sainte Paule fit vers l'an 380, dit : « Elle visita rapidement Nazareth, Cana, la ville de Captiarnaûm, témoin habituel des miracles du Sauveur, le lac de Tibériade sanctifié par ses traversées, le désert où plusieurs milliers d'hommes furent rassassiés avec cinq pains... De là elle monta au Thabor. » Sainte Paule, dans Ea lettre à Marcelle, fait entendre qu'elle visita le lieu de la première multiplication des pains sur le rivage occidental du lac.

Sainte Sylvie d'Aquitaine, qui vint en Galilée peu d'années plus lard, dit, après avoir parlé de Capharnaûm : « Là, sur le rivage de la mer, s'étend aussi une plaine toute couverte d'herbes et de palmiers, au milieu desquels jaillissent sept sources, chacune avec une grande abondance d'eau. C'est la plaine ou le Seigneur rassasia la foule avec cinq pains et deux poissons. Une église a été édifiée par-dessus la pierre sur laquelle le Seigneur avait posé les pains. Ceux qui visitent ce lieu emportent des parcelles de cette pierre pour leur guérison ; elle est efficace pour tous. Près de l'église passe la grande route, sur laquelle l'apôtre Matthieu tenait son iel(mium\ » Théodose (530) montre à 5 milles de Magdala « Bersabée, qui veut dire sept fontaines, lieu où le Seigneur baptisa ses apôtres et où il rassasia 5.000 hommes avec cinq pains et deux poissons. »

Dans le Commemoratorium (vers808), on lit : « Sur le lac de Tibériade existe un monastère appelé Heptapégon, à l'endroit où le Seigneur nourrit 5.000 personnes avec cinq pains et deux poissons. Il est habité par dix moines. Sur les bords de la mer s'élève une église appelée les Douze Trônes. On y voit la table (mensa) où s'asseyait le Seigneur avec ses disciples, lorsqu'il s'y trouvait avec eux. »

Du IX* au X* s., Epiphane l'Hagiopolite indique à 2 milles à l'O. de Capharnaûm, sur les bords du lac, la grande église appelée Heptapégon, et la plaine où le Seigneur opéra le miracle de la multiplication des pains. Saewulf, Daniel, Fretellus, Jean deWurzbourç, Théodoric, Phocas, Burchard et tous les autres pèlerins s'accordent à placer en ce même lieu la première multiplication des pains *.

Mont des Béatitudes t-

Au delà de la petite plaine de Tahigah, on aperçoit plusieurs collines qui s'élèvent à environ 250 m. au-dessus du niveau du lac. L'une d'elles, située au N., à 3 km. de distance, se fait remarquer par deux térébinthes isolés. Dans le voisinage s'ouvre une grande caverne avec des vestiges d'anciennes constructions. Les deux térébinthes sont appelés en arabe Sedjerât el Moubâ-

1. Pétri Diac, Gamui^ini, 131. — 2. V. L. Heidet, Das h. Land., 1898, 188-197.

424 Voyage XVIII . capharnaum Autour du lac

raqâtf Arbres bénis ou arbres de Bénédiction. Ils perpétuent

la mémoire du mont sacré dont parle saint Matthieu, ou du

« lieu champêtre » de saint Luc, où Jésus, entouré d'une foule

accourue de tous les points de la Palestine, donna cette suite de

sublimes enseignements connus sous le nom de Sermon sur la

montagne. C'est sur ces monticules qu'il prêcha les béatitudes

chrétiennes, suivies des admirables leçons sur le scandale, la

charité, l'humilité et le pardon des injures, morale si opposée

aux idées du monde. C'est là aussi que, pour la première fois, il

enseigna la prière des prières, TOraison Dominicale. ( V. Matth..

V, H-13, n° 7 ; — VI, VII. - Marc, VI. — Luc, VII, 1-5).

En descendant de la montagne pour rentrer à Capharnaum,

voici qu'un lépreux adressa à Jésus cette supplication si pleine

de foi et de confiance : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez

me guérir. Et Jésus, étendant la'main, le toucha et lui dit : Je le

veux, sois guéri. » fV. Matth., VIII, 1-5, n» 8).

. La tradition qui place le Mont des Béatitudes au N. du lieu de la multiplication des pains est ancienne et n'a pas varié jusqu'au xvi* s. ; mais peu de pèlerins en font mention, et ceux qui en parlent dans leurs relations semblent le rapprocher davantage du lac, sans bien préciser son site. Sainte Sylvie d'Aquitaine trouva le mont des Béatitudes à peu de distance des Sept Fontaines et y vit une grotte dans laquelle monta Notre-Seigneur. Burchard, Breitenbach (1483), Anselise (1509), Barthélémy de Salignac (1522), Adrichomius (1584) et d'autres pèlerins en font de même. Les Sedjerât el Moubâraqât, à 4 km. au N.-O. de Capharnaum, représentent cependant la tradition locale qui doit être ancienne.

A 35 min. d'Àïn Ali ed Dhaher on arrive aux ruines de Tell Houm.

Capharnaum ^

Capharnaum n'est pas mentionnée dans l'Ancien Testament ; mais dans le Nouveau, cette ville occupe une place prééminente, car Jésus, après avoir vainement essayé d'évaogéliser ses concitoyens de Nazareth, fixa son domicile à Capharnaum et en fit sa seconde patrie, le centre de son œuvre messianique. En nulle autre ville il ne prononça plus de discours ; nulle part ailleurs il ne manifesta sa toute-puissance par autant de miracles et ne témoigna aux hommes plus de bonté et de tendresse.

Au bureau des percepteurs, il s'attacha le publicain Lévi- Matthieu comme b*^ apôtre. (Matth., IX, 9). Là aussi il paya l'impôt pour lui et pour Pierre en recourant à un prodige {V. Matth., XVII. 23-26, n« 17). La fille de Jaire, chef de synagogue, se leva de son lit de mort, comme si elle sortait de son sommeil (Matth , IX, 18-26). Le centurion païen dit avec une profonde humilité : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » (^ F.. Matth., VIII, 5-13, n° 9). Comme la foule pressée autour du Maître empêchait quatre porteurs de

de Tibériade. capharnaum .Voyage XVIII, 425

lui présenter un paralytique sur son grabat, ceux-ci montèrent sur la terrasse, y pratiquèrent une large ouverture et descendirent le malade sur sa couchette au pied du Sauveur. fV. Marc, II, 1-5, n* 21). La synagogue fut témoin de la guérison soudaine d'un homme possédé par un démon impur. {V. Luc, IV, 31-37, n' 42). L'hémorroisse est guérie en touchant seulement la robe du divin Maître. (Marc, V, 25).

A Gapharnaûm, Jésus logeait dans la maison de Pierre qui avait quitté Bethsalda et transféré son domicile en cette ville. Un jour, qu'au sortir de la synagogue il rentrait chez l'apôtre, il guérit sa belle-mère d'une fièvre violente. fV. Matth. VIII, 14, n° iO). « Le soir venu, ajoute saint Marc (I, 32-34), lorsque le soleil fut couché, ils lui amenèrent tous les malades et les possédés. Et toute la ville était assemblée devant la porte. Et il en guérit beaucoup qui étaient tourmentés par diverses maladies, et il chassa beaucoup de démons sans leur permettre de dire qu'ils le connaissaient. »

Au banquet de Matthieu et dans la synagogue, il fit plusieurs discours sur divers sujets, plus sublimes les uns que les autres. Mais celui qu'il développa dans la synagogue peu après la muUiphcation des pains, renferme des paroles d'une haute signification, inouïes jusqu'alors : a Je suis le pain de vie... En vérité, en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Il y a un charme inexprimable à lire le VI' chapitre de l'évangile de saint Jean sur ces mêmes pierres qui entendirent ce céleste discours, et qui furent témoins des scènes tumultueuses qu'il provoqua dans la foule de ses disciples. fV. Jean, Vï, 26-70, n» 64).

Les pharisiens, accourus de toute la Galilée et même de

Jérusalem, subornèrent le peuple. Malgré tant de prodiges dont

ils avaient été témoins et de tant de faveurs qu'ils avaient

reçues, les habitants de Gapharnaûm prirent peu à peu une

attitude hostile contre « le fils du charpentier de Nazareth, » et

finirent par s'attirer les analhèmes du Christ, comme Belh-

saida et Corozaln. Qu'il est triste l'adieu que lui adressa le

divin Maître, au moment de transporter en Judée le centre de

son activité : « Et toi, Capharnaûm, qui t'élèves jusqu'au ciel, tu

seras abaissée jusqu'au fond de l'abîme ; car si les miracles qui

ont été faits dans tes murs, avaient été faits dans Sodome, elle

serait restée debout jusqu'à ce jour. Oui, je te le dis, il y aura,

au jour du jugement, moins de rigueur pour le pays de Sodome

que pour toi. » fV. Matth., XI, 23-24, n« 12>

Noms. Gapharnaûm, en hébreu et dans la version syriaque Caphar Nahotim, est une fois appelée Capharnômé par Joséphe. Le Talmud de

426 Voyage XVJII. gapharinaum Autour du lac

Jérusalem la nomme Caphar Tanhoum qui, d'après A. Neubauer, n'est qu'une variante de Nahoum, ayant l'un et l'autre le sens de bourg de consolation, signification qu'Origène donne en effet à Capharnaûm ^. Dans le Talmud de Babylone, cette ville ligure avec Khorazim (CorozaÏD) sous le nom de Kefar Ahim. Finalement, de Nahoum et Tanhoum, il ne resta plus que la dernière syllabe Houm, et depuis que la bourgade, Caphar ou Kéfar, n'est plus qu'un tell, un monceau de ruines, ce lieu s'appelle Tell Houm. D'autres noms de ville ont perdu leur première syllabe par le même procédé ; ainsi, l'antique Achziba au N. de Saint-Jean d'Acre est devenue dans la bouche des Arabes Zift, Aphek à l'orient du lac de Tibériade s'appelle Fik et Heptapégon Tabigah. Il se pourrait aussi que TèU Houm soit le nom de Tanhoum par la transformation de la consonne n en l, Talhoum.

Position. L'Evangile nous apprend que Capharnaûm était une ville située près de la frontière de Nephiali et de Zabulon, en Galilée, sur la rive occidentale de la mer de Génésareth. Celle cilé, alors florissante, possédait une synagogue, logeait une petite garnison romaine et tenait dans le voisinage une slalion douanière ou de percepteurs d'impôts. C'était en conséquence la ville la plus voisine de la frontière, assise sur la grande route des caravanes allant de Damas vers Césarée Maritime et vers l'Egypte. En effet, Josèphe, blessé sous les murs de Juliade, repassa le Jourdain et reçut les premiers ioins à Capharnômé *. Tell Houm, qui est la localité la plus voisine du Jourdain et qui est située sur l'antique voie des caravanes, répond en tout point aux données de l'Evangile et de l'historien juif. Nous verrons à propos des ruines que Tell Houm avait sa synagogue et sa forteresse.

Tradition. Remarquons d'abord que le Talmud rapproche Capharnaûm de Corozaïn, lorsqu'il rapporle que leurs champs étaient réputés pour la qualité dejeurs froments : « Si Khorazim et Kefar Ahim avaient étt' plus près de Jérusalem, on y aurait pris les blés pour le Temple ^. » I^ campagne de Tell Houm et de Khérazéh, quoique négligée, jouit encore de la même réputation parmi les Bédouins. Qui n'est frappé de celle coïncidence : C'est précisément à Capharnaûm que le Pain de vie promet le froment des élus aux âmes qui deviennent les temples du Saint-Esprit.

Saint Jérôme, qui a dû visiter ce pays, dit que Corozaïn se rencontre à 2 milles (3 km.) de Capharnaûm. Les ruines de Kérazéh se voient à 45 min. de marche de celles de Tell Houm.

Saint Epiphane place Capharnaûm à une faible distance de Belhzaïda. Il raconte aussi que le comte Joseph bâtit une église chrétienne à Capharnaûm, habitée jusqu'alors exclusivement par des Juifs.

Sainte Paule s'y rendit en pèlerinage. Peu de temps après, sainte Sylvie visita la même ville à peu de distance des Sepl-Fontames, et nous en a laissé cette intéressante description : « A Capharnaûm, on transforma en église la maison du prince des apôtres, dont les murs ont été conservés Jusqu'aujourd'hui. Là, le Seigneur guérit le paralytique. On y voit aussi la synagogue dans laquelle le Seigneur guérit le démoniaque ; on y monte par de nombreuses marches; eile est construite en pierres de taille.» Le comte Joseph, comme on voit, laissa aux Juifs'la synagogue et fit construire une basilique nouvelle.

Théodose, venant de Magdala, trouva Capharnaûm à 2 milles au delà des Sepl-Fontaines.

Antonin de I^laisance raconte aussi qu'à Capharnaûm la maison de saint Pierre avait été remplacée par une basilique. W'illibald, Arculfe, le V. Bède, Daniel, Marin Sanuto et 50 autres pèlerins montrent l'emplacement de celte ville au même point. En 12S3, Burchard no trouva au milieu de ses ruines que sept cabanes de pauvres pêcheurs.

1. Neubauer, op. cit., 219. — 2. Vita, 72. — 3. Neubauer, 220.

de Tibériade,

CAPHARNAUM Voyage XVIII. 427

Visite des ruines.

Les ruines de Tell Houm s'étendent au bord du lac sur une longueur de près d'un km. et une largeur de 400 m. Une fols entré dans Tenclos des Pères de Terre sainte, on arrive au reste d'un mur de fortification, actuellement sous terre. Cette construction, formée de gros blocs de basalte taillés en bossage, appartient plutôt à une enceinte qu'à une grosse tour. En avançant de quelques pas, on voit à g. une tour carrée d'une date encore incertaine. Dans la maçonnerie qui dépasse le sol furent employés des tronçons de colonne, des moulures et des blocs de pierre calcaire qui proviennent de monuments plus anciens.

On passe ensuite sur une belle et grande mosaïque qui, croiton, appartenait à une église ; les fouilles ultérieures apprendront quel genre d'édiOce s'élevait en ce lieu. Tout autour de soi, on voit des pierres remarquables par la profusion de leurs ornements.

Synagogue. A l'extrémité du chemin, on est en face des ruines grandioses de la synagogue. Elle est précédée d'un perron haut de 2 m., large de 3 m. gO, et long de 25 m. ; à son extrémité occidentale on a mis à découvert un escalier de 4 marches ; à roricntale il y en a un de 14. C'est là l'escalier signalé par la pèlerine gauloise au iv* s.

La synagogue forme un parallélogramme de 24 m. de longueur sur 18 de largeur, tourné du S. au N., comme tous les monuments de ce genre en Palestine. Elle était tout cnliôre construite en beaux blocs de pierre calcaire d'un blanc jaunâtre. La façade, richement décorée, était percée d'une grande porte centrale et de deux portes latérales, au-dessus desquelles s'ouvraient trois fcnôlrcs d'un magnifique travail.

A l'intérieur, on voit une nef centrale de 19 m. 50 de long sur 8 m. 50 de large, entourée sur trois côtés, à TE., au N. et à l'O. , d'une nef latérale. Elles sont séparées l'une de l'autre par un stylobale portant une rangée de colonnes, 6 de chaque côté et 2au N. ; aux deux angles de la galerie, se trouvent deux piliers

lOm

Plan de la Synagogue.

428 Voyage XVIIL gorozaïn Autour du lac

carrés flanqués d'une demi-colonne sur deux de leurs faces qui se touchent. Sur l'entablement qui surmontait cette colonnade, s'élevait une rangée de colonnes plus petites; les bas côtés avaient un second étage ou galerie.

Les piédestaux qui font corps avec les bases des colonnes sont la plupart encore à leur place. Les fûts monolithes ont 3 m. de longueur et portaient de superbes chapiteaux corinthiens à feuillage très fouillé. L'entablement, la frise en particulier, était orné à profusion de sculptures, palmiers, rinceaux, fruits et ligures géométriques. Dans les bas côtés régnait le long de la muraille un banc formé de deux gradins. A l'E., une porte latérale s'ouvre sur une petite place dallée et en partie entourée de murs en pierres blanches bien taillées. Il est vraisemblable que là s'élevait une synagogue plus ancienne.

M. Wllson, qui le premier Gt des fouilles dans ces ruines en 1866, n'hésite pas à attribuer la fondation de cette synagogue au centurion mentionné dans l'Evangile. Les ingénieurs Israélites qui ont déblayé davantage ces mêmes ruines en 1905, ont déclaré à leur tour que ce monument a qui se distingue entre tous les autres par la richesse de ses sculptures et l'excellence du travail, est le type des synagogues construites sous la domination romaine *. »

On sait qu'on temps de paix, les soldats romains ne restaient jamais oisifs: on leur doit un grand nombre de constructions en tout genre. Il ne peut y avoir de doute que la splendide synagogue en ruines ne soit due au généreux concours pr^té par le centurion et aux ressources fournies par la ville où régnait le bien-être.

Corozaïn.

De Tell Houm on suit, par un mauvais chemin, le lit d'un vallon sauvage, et, après une marche de 3 km., on arrive aux ruines de Khirbet Kérazèhy qui est l'ancienne Corozaïn. L'Evangile seule mentionne cette ville, et c'est pour rappeler les malédictions que le Seigneur prononça contre elle, parce que, à l'instar de Capharnaûm et de Bethsaida, elle est restée insensible à ses prédications et à ses miracles. Ses ruines s'étendent en partie au fond de la gorge et en partie sur une saillie rocheuse du flanc g. de la vallée. Parmi les édifices dont les colonnes jonchent le sol, on remarque surtout la synagogue.

Dans le texte grec de VOvomasticon, Corozaïn, notée comme une ville alors en ruines, est marquée à 12 milles de Capharnaiim, distance qui nous mène à Kevsa, dans le pays des (îéraséniens où le Seigneur permit aux démons d'entrer dans le corps dos pourceaux*. L'erreur est manifeste. Capharnaiim, à l'O. du Jourdain, ne ppulpas servir de point dedépart pour indiquer la position d'une ville située à 18 km. à l'E., quand sur cette ligne se trouvent des villes plus imporlantes comme Juliade. De

1. Mittheil. D. Or. Gesellsch., Dez. 10(>.ï, 20. — 2. Luc, VIII, 22-;©.

de Tibériade. saphet Voyage XVIII. 429

plus, la ville de Gergésa ou Gérasa de l'Evangile n'était pas en ruines au IV' s. Elle possédait, au contraire, une chrétienté florissante avec une église. Aussi saint Jérôme a-l-il corrigé le chiffre i|iJ',12, en p',2, ce qui concorde parfaitement avec la distance entre Tell Hoùm el Khirbet Kérâzèh. Le texte grec de VOnomasticon a néanmoins dérouté certains écrivains.

Saphet.

A 7 km. au N.O. de Kirbet Kérazèh, on aperçoit la ville de Safed perchée sur une montagne, à une altitude de 10i6 m. audessus du niveau du lac de Tibériade.

Cette ville semble être Tziphoth que le Mohar égyptien (xiv*^ s. av. J.-C. mentionne parmi les villes de la Galilée supérieure. Le Talmud l'appelle Tzéphath et la cite comme une excellente station de signalement pour annoncer la néoménie.

Josèphe raconte que, parmi les places de la Galilée, il fortifia SephS et qu'à Saphot, près du Jourdain, Alexandre Jannée rencontra et défit Ptolémée Lathyre. La Vulgate place la ville de Nephtali, patrie de Tobie, non loin de Séphet '^, Au xii<> s , la Citez de Hierusalem mentionne le tombeau de Tobie dans une grotte près de Séphet. Dans une autre grotte qui se trouve à l'intérieur de la ville, les musulmans vénèrent le sépulcre des Filles de Jacob, Moghâret Benât Yaqoûb. Le pont, qui de haute antiquité traverse le Jourdain au S. du lac de Houléh et par où passait la Via Maris, la route de la Mer du prophète Isaîe ^, s'appelle aussi Djisr Benât Yaqoub. A mi-cbemin entre Khan Miniéh et Safed, sur la même route des caravanes allant de Damas à la mer, on rencontre le Khan Djoubb Youssouf^ Kan du puits de Joseph, auquel on a rattaché l'histoire de Joseph vendu par ses frères, par suite de la fausse identification de Safed avec Béthulie.

Safed, capitale du district, avec un kaimmakamiik relevant d'Acre, a une population de 20 à 2o.000 hal)itanls dont environ 7.000 sont musulmans, pour la plupart des Algériens qui ont suivi Abd el Kader dans son exil. Les Juifs forment plus des deux tiers de la population. Les premiers colons chassés d'Espagne se sont établis dans celte ville au xvi* s. ; mais aujourd'hui, prestjue tous sont d'origine polonaise et jouissent du protectorat de l'Autriche. Ils regardent Safed comme une ville sainte, d'où doit venir le Messie.

Foulques d'Anjou, roi de Jérusalem, construisit le château fort de Safed en 1140. Après sa défaite près du lac de Houléh, Baudouin III s'y réfugia en 1157. La défense de la place fut confiée aux chevaliers dii Temple. Saladin l'assiégea pendant 5 semaines en 1188 et la força de capituler. Melekel Mouadhem Issa la démantela en 1220. Rendue aux chrétiens avec la ville de Tibériade en 1240, la place fut aussilôt fortifiée par les Templiers, encouragés et secondés par les largesses de Benoît, évoque de Marseille, qui se trouvait alors en Palestine. Le sultan Bibars s'en empara en 126G, après avoir promis la vie sauve aux défenseurs ; mais ensuite, il fit massacrer les chrétiens, au nombre de 600, qui réfusèrent d'embrasser l'islamisme. Parmi les victimes, se trouvèrent le

i. G, J., H, x.x, 6. — 2. Tob., I, 1. — II. Is, VIII, 23.

430 Voyage XVllI. gérasa Àutoîir du lac

prieur des Templiers et deux Pères Franciscains, Jacques du Puy et Jérémie.

La forteresse fut renversée par un tremblement de terre en 1759. La citadelle qui s'élève au sommet d'un rocher dont les flancs escarpés sont occupés car des maisons, fut restaurée et continua d'être habitée par une garnison musulmane. Les troupes françaises en prirent possession en 1799. Un nouveau tremblement de terre ruina la ville en 1837, et fit périr 5.000 habitants, parmi lesquels il y avait 4.009 Israélites.

Du haut de la citadelle (838 m.), on jouit d'un panorama immense. A l'O. de la ville s'élève le Djebel Zéboûd (1.114 m.) et le Djebel Djermak (1.199 m.), cime la plus élevée de la Palestine en deçà du Jourdain.

Hucuca. A 9 km. au S.-S.-O. de Safed, se trouve le village de Yaqouq (2i m.). C'est l'ancienne ville de Hukkok, en grec îkok ou lekana et Hucuca dans la Yulgate, que le livre de Josué (XIX, 34) nomme parmi les villes de la frontière de Nephtali.

Gadès. A 17 km. au N. de Safed, s'élève le village de Qadès ou Qdis au milieu d ^ magnifiques ruines. C'est Cédés ou Gadés de Nephtali, patrie de Barac, général de la prophétesse Débora. Haber avait planté sa tente dans une vallée voisine. Sisara, vaincu dans la plaine de Mageddo, s'enfuit et se réfugia dans la tente de Haber, où il trouva la mort de la main de Jahel, femme d'Haber^

Asor. Dans les ruines du Khirbet Harraoui, à 4 km. au S.-E. de Qadès, on veut voir l'emplacement de Hatzor ou Asor, capitale de Jabin, le plus puissant des rois chananéens.

Eaux de Mérom. Plus au S.-E., on rencontre le Bahr el Houléh traversé par le Jourdain, à 4 lieues au X. du lac deTibériade. Ce sont les Eaux de Mérom, près desquelles une foule de petits rois chananéens coalisés contre Israël, attendaient l'armée de Josué. « I^e Seigneur dit à Josué : Ne les crains point; car demain, à cette heure, je les livrerai tous transpercés devant Israël. » Le lendemain Israël les battit tous et les poursuivit jusqu'à Sidon-la-Grande*.

Jullade. A l'orient de l'embouchure du Jourdain, les ruines d'e/ l'ell qui gisent au N. de la plaine û'el Batihéh, appartiennent probablement à la ville de Jullade. Josèphé nous apprend que Philippe, tétrarque de la Gaulanitide, l'a construite à l'emplacement d'un village nommé Bethsaïda, et lui a donné le nom de Julie, lille de César -^. Ce fut avant ou peu après la naissance de Notre-Seigneur. Avant le xix* s., ce lieu ne fut plus jamais appelé Rethsaïda ; en tout cas, d'après l'Ancien et le Nouveau Testament, ainsi que d'après l'historien juif, il ne se trouvait pas en Galilt'e.

Gérasa.

Sur la môme côte, en face d*el Medjdely on aperçoit le Ouâdi es Semak, vallée des Poissons, qui débouche dans le lac. Là, s'élève un promontoire qui s'avance à quelques pas de la plage. Un peu au S. du torrent, mais dans l'intérieur des terres, on remarque les restes d'un mur d'enceinte et d'autres constructions. Ce lieu s'appelle Khirbet Kersa ou Koursa. C'est à Kersa que Pierre de Sébaste indique une église élevée en mémoire du miracle opéré par Jésus-Christ, qui délivra un possédé et permit aux démons d'entrer dans le corps des pourceaux. Ceux-ci allèrent ensuite se noyer dans le lac. Eusèbe et saint Jérôme appellent ce lieu Gergésa et ajoutent que de leur temps c'était encore un village. La leçon Gérasa est préférable à celle de

1. Jg., IV, 11 21. -- 2. Jos., XI, i-9. - 3. G. J., II, XI, 1.

de Tibériade. tarighÉe Voyage XYlll. 431

Gergésa et surtout à Gadara. Mais ii faut distinguer cette Gérasa de la grande ville du môme nom, aujourd'hui Djérasch^ dont il subsiste encore des débris remarquables dans le Djebel el Àdjloûn, l'ancien pays de Galaad.

Kersa répond fort bien aux données de TEvangile. Jésus s'embarqua à Capharnaûm et aborda « de l'autre côté du lac, au pays des Geraséniens, qui est vis-à-vis de la Galilée, » ajoute saint Luc. fV. Luc, VIII, 26 37, n'iô. — Matth., VIII, 18. — Marc, IV, 35).

Gamala. En face de Tibériade, s'ouvre ie Ouâdi Qalâat el Hosn. Dans cette vallée, à 2 km. du lac, s'élève un monticule escarpé et presque isolé qui porte les ruines d'une forteresse appelée Qalâat el Hosn. Elle répond à la célèbre Gamala, prise autrefois par Alexandre Jannée, puis fortifiée de nouveau par Josèphe. Agrippa II l'assiégea sans succès pendant sept mois. Puis, Vespasien s'en rendit maître après un siège opiniâtre et la détruisit. Cependant, les traces d'une église montrent qu'elle se releva de ses ruines.

Aphec. A 3 km. à TE. de Qalâat el Hosn, on rencontre un gros village nommé fï^, où abondent les débris d'anciennes constructions. C'est, d'après les indications d'Eusèbe, la ville d'Aphec, où Achab (923-905) remporta une éclatante victoire sur Benhadad II, roi de Syrie ^ el Joas (844-775) une autre sur Benhadad IIH. Fîk est assise sur la grande route de Damas en Palestine, traversant le Jourdain au S. du lac.

Hippos. Entre Qalâat el Hosn et Fîk, un peu au midi de ces deux endroits, s'élève le village de Sousiyéh également riche en ruines. On l'identifie généralement avec Hippos, chef-lieu de l'Hippène et ville de la Décapole. Pline place cette ville à l'orient du lac^, et Eusèbe près d'Aphec. Le Talmud de Jérusalem parle souvent d'une ville païenne nommée Sottsitha, toujours en hostilité avec Tibériade. Neubauer * suppose que Sousitha, qui vient de sus, cheval, n'est que la traduction du mot Hippos en hébreu. De Sousitha les Arabes ont fait Sousiyéh.

Au IV* s., Hippos était le siège d'un évèché.

Sur la plage, au S. du lac, on rencontre le village d'es Sémak, station du chemin de fer de Cailla à Damas. De là on arrive en 30 min. au Jourdain ( V. p. 277 et 482). Le fleuve a 20 m. de largeur à sa sortie du lac. De l'ancien pont, Djisr Oumm el Qanâtir ou d'es Sémak, qui autrefois traversait le fleuve en cet endroit, il ne reste que quatre grandes arches éboulées. Une route carrossable de Tibériade au Jourdain est en voie de construction.

Tarichée. A 10 min. du Jourdain, un monticule de ruines qui s'élève sur les bords du lac est appelé Khirbet el Kérak. C'est la ville de Tarichée, que Josèphe avait fortifiée pendant la guerre de rébellion. Après que Vespasien se fut rendu maître de Tibériade, son fils Titus mit le siège devant Tarichée et pénétra inopinément en ville en tournant le rempart et en passant par le lac-*. Du mamelon, on découvre une belle vue sur le lac et sur la vallée du Jourdain.

Sennabrls. A 20 min. de Khirbet el Kérak, à g. du chemin, se trouvent les ruines d'une ancienne localité appelée Sinn en Nabra. C'est la ville de Sennalirls dont le château fort dominait la route. L'historien juif raconte que Vespasien, venant de Scythopolis, campa à Sennabris avant d'entrer a Tibériade.

De Sinn en Nabra jusqu'à Hammam, les thermes de Tibériade, il reste encore 6 km. à parcourir.

D'es Sémak à Damas en chemin de fer, voir le Voyage suivant.

1. IV R., XIII, 17-25. — 2. IV R., XX, 26 30. - 3. H. N., V, 15. - 4. Op. Cit.. 239. — 5. G. J., III, I. — Vita, 32.

BEYROUTH. DAMAS, HEZERIB, DERAA, BETHSAN

Vue de la baie de Saint Georges, Beyrouth offre un coup d'œil ravissant. La ville ressemble, selon l'expression des Arabes, à une jolie sultane accoudée sur un coussin de verdure et contemplant les flots dans une rêveuse indolence. En effet, autour de la rade, les maisons s'élèvent en amphithéâtre sur les flancs de riantes collines, au milieu de fleurs et d'une riche végétation. Derrière ces mamelons en apparaissent d'autres plus élevés, tous parsemés de blancs villages et de jolies villas entourées de bouquets d'arbres. A l'horizon enfin, se montrent les gigantesques cimes du Liban, couvertes d'une neige éblouissante la plus grande partie de l'année. Le panorama de Beyrouth mérite d'être rapproché de celui de Naples et de Gonstantinople.

Saint Georges, le noble soldat qui subit glorieusement le martyre près de Nicomédie, le 23 avril 303, devint de bonne heure un des patrons de Beyrouth, et la gracieuse baie reçut son nom. Mais de bonne heure aussi, le peuple chercha à compléter sa courte biographie, en rallacliant à cet illustre martyr les traits légendaires empruntés aux héros paiens. Si ailleurs on lui prêta des hauts faits semblables à ceux du vainqueur de l'hydre de Lerne, à Beyrouth on lui broda une légende analogue à celle de Persée et d'Androtnède de Joppé, en en localisant la scène dans la baie qui porte son nom.

Renseignements .

Port. Depuis 1889, Beyrouth possède un petit port que de solides jetées et des brise-lames abritent assez bien contre l'agitation de la mer.

Douane. I^e bureau des passe-ports et la douane s'ouvrent sur le môle du débarcadère. (Voxnr le débarqiiemenl en gméi-al, V. p. 49.)

Agences maritimes. Dans le voisinage de la douane, on rencontre les diverses agences maritimes : allemande, anglaise, autrichienne, égyptienne, française, italienne et russe.

Postes, tèléérraphes et banques. Outre la poste ottomane, on a créé aussi des bureaux de poste allemand, anglais, autrichien et irançais, et un bureau de télégraphe international. La banque ottomane y tient un coniploir.

Consulats. L'Allemagne, l'Angleterre, l'Autriche, la Belgique, le Danneniark, les Etats-Unis, la France, la Grèce, la Hollande, l'Italie et la Russie çonl représentés par des consuls respectifs.

Hôtels. Beyrouth compte un grand nombre d'hôtels ; voici les principaux : Deutscher-Hof, Hôtel d'Orient, Gastmann's Hôtel, Hôtel Bassoul, Hôtel d'Angleterre, Hôtel Belle-Vue, elc. On y trouve aussi des magasins européens en tout j^enre.

Histoire.

Les traditions nationales, conservées sous forme de cosmogonie par Sanchonfâton, représentent Bèrsrte et Gébal comme les deux viHes leê plus importantes de la côte. L'une et l'autre appartenaient à h raee des Gîblîfes \ et avaient le dieu Et pour fondateur. Philon de fiiblos, ou Gébal^ raconte que El avait donné Béryte à son fils, fe BaaI-marin, appelé Poséidon par tes Grecs. Celui-ci épousa sa sœur Baaiat-Béroul cfûi, dan» les monnaies ^reeo-romaines, est représentée sous la ligure d'one nymphe.

Le nom de Beyrouth fut retrouvé dans^ les textes éjjyptiens sous la forme Uiroutou dérivant d'un mot phénicien qui si^niiie cyprès ou plaiôt pins*. Quatre des lettres cunéiformes de Tell Amarna furent écrites par Âmmunfra, i^oi de Bérufa, vassal de l'Egypte. Dans l'une d'elles, il demande au pharaon l'autorisation « de fortifier la ville et les jardins de m A fiers'. »

La Bible ne parle pas de cette ville. Les annales d'Alexandre le Grand ne la mentionnent pas non plu». L'an 140 av. J,-C., Dîodote Tr.vphon, disptitant le trône a Démétrius Nicalor^ saccagea Ùerytos. Plus fard, Marc Agrfppa s*en empar-i et en fit une colonie militaire sous le nom de Colonia Julia Augxista Félix lierytus, en l'honneur de la fille d'Auguste '. La V* légion Macédonienne et la VIfP Auguste en formèrt-nl la .garnison.

Mérode lé Grand y construisit des temples, des portiques et des places publlijues 5. C'est dans cette ville qu'il obtint du tribunal la contf a mnation à mort de ses deux fils Alexandre et Arisfobule. nés de Maria m ne f^.

Agrippa I", petit-fils d'Kérode ie Grand, y bâtit des fhftrme^ avec un aqueduc amenant l'eau du Majoras, le rf'ahj' tiêroût, un théâtre et un amphitbéàtre. l'n jour, fl divisa 1.400 condamnés en deux camps el Tes obligea à se battre dans l'arène pour divertir le peuple. Les mafhenreux sTatfaquèfent avec une (efle rage qu'ils s'entretuèrent jusqu'au dernier '. Agrfppa II, son fils, orna la cité d'une multitude de statues". Après la prise de Jérusalem, Titus s'arrêta quelque temps à Beyroulfi et y célétyra l'anniversaire de la naissance de Vespasîen par des combats dé atodiatenrs, dans lesquels fui'ent immolés un grand nonibFe de prisonniers juifs î^.

Beyrouth obtint le droit de elle romaine et devint fe siège d'écoles céfébres dans toute la Syrie. Son école de droit rivalisait même avec celles d'Alexandrie, d'Athènes et de Césarée 6« Cappadoce. Saini' Grégoire le Thaumaturge, se destinant au barreau, alla étudier le dioil à Béryte, attiré j^ar la renommée de son enseignement. Eudoxius, I^éontius et Anatolius y professèrent, de père en fils, les lois roiniHiies. L'emperenr Juslinicn associa ce dernier avec Dorothée, antre professeur de Béryte, aux travaux du Digeste, Institutions du 2' Code (;>2Ï) iiJi).

Le christianisme avait pénétré de bonne lieure dans I^oyroulli ; au IV' s., elle était déjà le siège d'un évècbé. Un de ses enfants les plus iJlustres est saint Pamphile, fpïî retnpfaça' Origène dans la direction de l'école d'Alexandiie et fonda ensuite une célèbre bibliothèque à Césarée def Palestfffe, o* il subit glOTTeiisement fe martyre en 31)9.

An II* eMicile de Nieée (787), on Int mr fôpptyrt atVribvé à Siirint: Ath<anaoe (t ^73), qui mérite d'être mentionné : Les Juifs, alovs nombreux à Beyrouth, trouvèrent dans une maison, autrefois occupée par une famille chrétienne, Kîmage du Christ en croiTt. ffë profanèrertf l'image sacrée dand leur »ynago||ne. ^«and 'Us lui eareftl petcé le côté, ri en sovtH de reatt et du sang qui, par son centaety guérit insiantanéni^ent beaucoup

1. Cf. Jos., XIII. 5. — 2. Maspero, H. A., II, 179. — 3. Conder, T. A. T.! n** 26. — 4. Pline, //. ^\, V., 17. — 5. G. J,. XVI, h. — 6. A. J., XVI, vu. 5 7. A. J., XIX, MI, 5. — 8. A. J., XX, ix. 4. — î). G. J., Vff, rir, 1.

de malades. A la vue de ces prodiges, une foule de Juifs embrassèrent le christianisme, et la synagogue fut transformée en église sous le titre de Saint-Sauveur. Depuis lors, ajoute le document, les habitants de Beyrouth célèbrent chaque année l'anni^-ersaire de cet événement le 9 novembre avec la môme solennité que le jour de Pâques ou de Noël''. Le rapport peut bien provenir d'une autre plume que de celle de saint Athanase ; mais l'institution d'une fête aussi solennelle, qui est un fait historique, doit être prise en considération.

En 551, la ville fut détruite par un tremblement de terre. L'école de droit fut alors transférée à Sidon ; l'industrie de la soie, depuis des siècles source de richesse, languit, et la ville, tout en se relevant du désastre, ne recouvra plus jamais son ancienne splendeur. En 635, elle tomba sous le joug des musulmans.

Baudouin I" l'assiégea en 1110, tirant le bois nécessaire pour les échelles et les tours mobiles, dit Guillaume de Tyr (XI, 13), d'une forêt de pins du voisinage. Après un siège de deux mois, la ville capitula ; mais les habitants, ayant ensuite brûlé toutes leurs richesses sur les places publiques^ furent passés presque tous au fll de l'épée. Beyrouth devint alors le siège d'un évêché latin.

A la suite de la bataille de Hattin, elle ouvrit ses portes aux troupes de Saladin, après quelques jours d'investissement. Dix ans plus tard, elle se rendit sans résistance à Amaury, roi de Chypre, qui venait de battre Melek el Adel entre Sidon et Tyr. Elle resta au pouvoir des Croisés jusqu'en 1291.

Au XVI* s. Beyrouth tomba sous la domination des émirs des Druses. L'un d'eux, Fakered Dîn (1584-1635). se créa un royaume presque indépendant et fit de Beyrouth sa résidence favorite. Allié de Venise, il fit fleurir le commerc3. Un Franciscain de Terre sainte, Eugène Roger, de Paris, était du nombre de ses conseillers intimes. Mais pendant son long séjour en Italie, où il sollicita le secours des Médicls contre la Turquie, il se forma contre lui, parmi les siens, un parti hostile. Bientôt il perdit Aly, son fils, tué à Safed dans un engagement contre les Turcs, et le vieil émir, accablé de maux, dut comparaître à Stamboul, où le sultan Amurat IV le fit étrangler.

En 1789, Abdallah Pacha enleva définitivement Beyrouth aux Druses. Sous le sceptre de Méhémet-Ali, vice- roi d'Egypte, elle vit son commerce refleurir. Mais le 10 octobre 18i0, la flotte anglo-austro-turque vint déloger les troupes égyptiennes à coups de canon.

Les massacres du Liban de l'année 1860 amenèrent au sein de Beyrouth une foule de Maronites qui y prirent domicile. Le commerce se développa avec l'accroissement de la population, et l'on se vit contraint d'abattre les vieux murs de la ville pour faire place aux constructions nouvelles. Aujourd'hui Beyrouth a la physionomie d'une ville semi-européenne.

La Béryte phénicienne el gréco-romaine occupait les rives du Magoras, appelé à juste titre Nahr Beroût. Ce n'est qu'au ijioyen âge qu'elle s'est transportée vers l'O.

Etat actuel.

Population. Beyrouth compte plus de 150.000 habitants dont un tiers est catholique. Parmi ceux-ci, les Maronites forment la grande majorité ; puis viennent les Grecs, les Latins et un petit nombre de Syriens, d'Arméniens et de Chaidéens. Le parti schismatique n'est guère inférieur en nombre aux catholiques ; il est presqu'exclusivement formé de Grecs ; il n'y a qu'un petit groupe d'Arméniens et de Syriens. On compte aussi quelques

Page 1