Labbé, Coll. Conc, VII
milliers de protestants de diverses sectes, et un nombre égal d'Israélites. Environ 40.000 habitants sont musulmans et 1.000 sont druses.
Administration. Beyrouth est le chef-lieu d'un Villayet et sert de résidence au Ouâli ou gouverneur général. (V. p. 10). Elle est aussi le siège d'un Délégué apostolique de Syrie, représenté actuellement par Mgr Frédien Giannini, 0. F. M., archevêque de Serres. Un archevêque Maronite, un archevêque Grec Melchite et un évêque Grec non-uni y résident également. La ville possède aussi une garnison de 2.000 hommes d'infanterie et de cavalerie.
Commerce. Beyrouth est le principal entrepôt du commerce de la Syrie. Son port est fréquenté par un millier de bateaux à vapeur effectuant une cargaison d'environ 100.000 tonnes. Les articles d'exportation consistent, principalement en blé, huile d'olive, colon, soies-grèges, jus ou bois de réglisse, sésame, bétail, éponges, fruits, etc. Les cotonnades, les matériaux de construction, le pétrole et les denrées coloniales fournissent le principal contingent des articles importés. Ce que le port de Beyrouth perdra par la nouvelle ligne de Damas à Gaifîa, il le regagnera, en partie au moins, par le prolongement du chemin de fer de Kayak à Alep.
Ecoles et établissements de bienfaisance. La liste en est longue ; nous ne pouvons que les énumérer brièvement.
1* L'Université des Pères Jésuites, avec facultés de théologie, de médecine et de langues orientales. Elle renferme en outre un collège avec école primaire et secondaire et une grande imprimerie.
2* L'église paroissiale latine desservie par les Pères Capucins, avec école pour garçons.
3<* Les Sœurâ de S. -Vincent de Paul dirigent un vaste hôpital de premier ordre. Elles ont en outre un établissement qui renferme un orphelinat pour les filles, un autre pour les garçons, un pensionnat et 4 externats pour les filles.
4* Le couvent des Pères Franciscains, Procure de la Custodie
de Terre sainte.
Au xin* 8. déjà, les Frères Mineurs y possédaient un couvent avec la célèbre église de Saint-Sauveur. Nicolas Pojrgibonsi les trouva à Beyrouth en 1345 et Nicolas Martoni en 1393. En li2i, le pape Martin Y écrivit deux bulles en leur faveur. Mais cette même année, les Religieux étaient expulsés de la ville. Lo doge de Venise leur ol)lint du sultan d'Egypte la faculté de rentrer à Beyroutli dans leur ancien couvent de Saint-Sauveur, « pour le service religieux des négociants européens. » Chassés de nouveau à la mort cle Fakher ed Dîn, ils y retournèrent en 1830.
5* Les Dames de Na^ar^tb, avec uû pensionnat.
6* Les Frères des écoles chrétîefinés, trois écoles pour
externes.
436 BEYllOUTH
7° Les Pères Lazaristes, les Frères Maristes et les Sœurs Mariamût ou du S. -Rosaire, une Procure.
8° Les Sœurs des Sept-Douleurs, un hospice pour les vieillards.
ij» Les Sœurs de Marie Réparatrice, maison de refuge pour les jeunes filles.
10> Etablissement des Sœurs de Saint- Joseph de l'Apparition.
1 1<* Les Sœurs de la Sainte-Famille, un externat.
i'I'' Les Maronites, un collège.
13" Les Grecs unis, un collège également.
14*' Les Grecs non-unis possèdent un grand hôpital.
15° Presque tous les autres rites ont, avec leur église paroissiale, une ou plusieurs écoles.
Les œuvres fondées par les protestants sont aussi largement représentées à Beyrouth.
16<> La mission américaine entretient une faculté de médecine et une faculté de théologie avec une imprimerie.
M'^ La mission écossaise pour la conversion des Juifs, une école pour les garçons, plus un internat et un externat pour les filles.
18° La mission anglo-syrienne, une école normale et une école industrielle pour les filles et une maison pour les aveugles.
19° La mission allemande a fait bâlir un bel et grand hôpital, un orphelinat et un pensionnat dirigés par des diaconesses.
On y trouve en outre une maison de santé pour les aliénés.
Visite de la Ville.
Les vieux quartiers, au centre de la ville, conservent encore renchcvètrement des ruelles étroites et malpropres qui caractérisent les villes de l'Orient. Leurs bazars, quoique bien fournis d'étofiles de soie, de tapis et d'objets en métaux ciselés,. ne rivalisent cependant pas avec ceux de Damas.
Grande mosquée. Gomme monument, il n'y a de remarquable que la grande mosquée, Djamia el kébir. G'est Tancienne église cathédrale de Saint-Jean, construite au xu« s. Elle est à trois nefs, dont la centrale est voûtée en berceau et les deux autres à arêtes, comme celle de Ramléh. Un clocher quadrangulaire isolé s'élève devant la porte septentrionale.
Saint-Sauveur. A 100 pas au N.-E. de la grande mosquée, à l'angle d'une place carrée, une autre mosquée occupe l'emplacement du couvent et de l'église de Saint-Sauveur. (V. p. 434;.
Les nouveaux quartiers dont la ville s'est enrichie offrent un caractère plus européen qu'oriental. Les rues sont larges et éclairées au gaz. L'on rencontre quelques belles places co'mme le Midan el Bordj, place de là Tour, appelée généralement la place des Canons. Elle est ornée de jardins au centre et entou-
rée d'assez belles maisons, parmi lesquelles domine le palais du Sérail. A l'O. de la place, s'élève l'église Saint-Georges, cathédrale maronite. Une autre belle place se trouve près de la grande caserne. La ville est abondamment pourvue d'eau par un aqueduc dérivé du Nahr el Kelb, le Lycus des anciens.
Excursions aux environs de Beyrouth.
Aux Pins. En montant au bois des Pins, situé à une demiheure de la place des Canons, sur la route de Damas, on jouit d'une vue splendide .sur la ville, ia rade et la chaîne du Liban. Celte belle plantation de pins, pinus halebensis^ dont la ville semble avoir tiré son nom au temps des Phénlcièds, est percée^ de larges allées sablées et forme le principal! rebdez -vous des promeneurs, particulièrement des cavaliers. Or y a-oonstruit une caserne de cavalerie. Un peu plus loin, on* rencontre plusieurs mausolées modernes.
Nahr et Kelb; Une excursion au Nahr el Kelb età- ses antiquités est particulièrement recommandée. On y arrive par chemin de fer en une demi -heure, et en voiture en 1 h. 1/2. {V. Voyage XXV, De Beyrouth au Liban).
Saïda. De Beyrouth à Saïda, des voitures publiques font chaque jour le service par une voie carrossable ; mais leur marche est très lente. Une voiture privée est préférable. (V. Voyage XXIV, De Gaitfa à Beyrouth).