I. - DE BEYROUTH A DAMAS
La ligne de la Société ottomane des chemins de fer de Damas-Hauvan et Prolongement a été construite par une compagnie française ; elle fut inaugurée en 1895.
Chaque malin, un train de voyageurs part de Beyrouth pour Damas, et de Damas pour Beyrouth (147 km.). Un train mixte fait en outre le môme trajet du soir au matin. Les voyageurs pour Baalbek changent de train à Rayak. Il y a des wagons de 1", de IV et de III* classe. A Damas, on descend à ravanl-dernière slation, Damas-Béraniké-
Prix des places. L'administration du chemin de fer compte 20 francs en or pour 87 piastres 20 paras. De Beyrouth à Damas-Beramké, V* cl., 110 piastres 10 p. = 25 f rs 20 ; — If cl., 75 piastres = 17 frs 30. — De
438 Voyage IIX. baabda
De Beyrouth
Beyrouth à Baaibek, F* cl., 67 p. 20 = 15 frs 40: — II* cl., 45 p. 20 = 10 frs 45. — De Rayak à Damas-Béramké, I" cl., 58 p. 20 = 13 frs 25 ; — ir cl., 40 p. 20 =9 frs 25.
Horaire du chemin de fer.
STATIONS
Beyrouth-Port. .
Beyrouth Gare. .
Hadett
Bâbda
Jamhour
Araya
Aley
Béhamdoùn. . . .
Sofar
Beidar , .
Méréjât ...,,.
Jéditha-Chtaura .
Saïd-Neil . , . . ,
Mouallaka
Rayak (Buffet) . .
Arrivée
malin
Départ
matin
soir
STATIONS
Rayak. . . .
Yahfoufah. .
Zerghaya . .
Zebdâni . , , Et Tequiéh .
Souk-Barada Deir Ilhanoûn Aïn Figéh. .
Jédeidéh, . .
Haméh. . . .
Doummar. , Damas-Béramké Damas-Midân. .
Arrivée
soir
H* Ma
Oi
Départ
soir
De Beyrouth & fiaalbek et Damas.
Beyrouth'Port, St. Sur le quai du port, à l'E. de la douane, se trouve la première slation d'où part le train. La ligne longe le rivage de la mer, à travers la ville, et arrive bientôt k la station principale.
Beyrouth-Gare, St. La voie ferrée traverse la route de Tripoli, se retourne vers le S. et suit quelque temps la rivière Nahr Béroût^ le Magoras, sur les rives duquel s'élevait la Béryte phénicienne et romaine. Depuis les massacres de 1860, le Liban, à l'exclusion de Beyrouth et de Tripoli, forme un Llva à part, avec une milice libanaise, sous un gouverneur chrétien protégé par les puissances. Le Nahr Béroûi forme la limite orientaie du territoire de Beyrouth. Après avoir passé près d'un jardin public, dit Roustem Pacha, à g., et près des Pins, à dr., elle croise la route de Damas et arrive à
Hadett, St., 7 km. Le village maronite de ce nom se trouve au S.-S.-O. De ce point, la ligne plie vers l'E. et commence à gravir les pentes du Liban. (Pour le Liban, V. Voyage XXV, De Beyrouth au Liban'.
Baabda, St., 9 km., (2i2 m.). Le château qu'on voit à TE. du village situé à dr. est la résidence d'hiver du gouverneur du Liban. La résidence ordinaire est Beit cdDin, ville située entre
à Damas, liban • Voyage XII. 439
le grand Hermon et la mer, à la hauteur de Salda. Les signes de prospérité des localités maronites sous le régime d'un chef chrétien sont partout manifestes.
Jamhour, St., 12 km. La ligne traverse de nouveau la route de Damas ; puis l'ascension devient rapide ; mais elle offre une vue très belle sur les montagnes et la mer.
Aray^i St., 17 km. Séjour d'été très recherché des habitants
de Beyrouth.
Au N.-E., au delà de la vallée de Hamâna, un couvent maronite, Deir el Qalâah, monastère de la Forteresse (670 m.), occupe les ruines d'une ancienne ville phénicienne. L'enceinte primitive est reconnaissable aux énormes blocs qui rappellent ceux de Baaibek. On y voit aussi les ruines d'un temple païen dédié à Baalmarcos, d'après une inscription grecque.
La voie s'avance encore de quelques km. pour s'enfoncer dans une impasse. La locomotive est attachée à l'autre extrémité du train qui retourne dans la direction d'où il est venu, changeant seulement de binaire pour monter à Aley. Là, la même manœuvre se renouvelle.
Aley» St., 21 km. (750 m.) Petite ville avec deux grands hôtels et un grand nombre de villas dans une position splendide. A partir de cette localité, la voie est à crémaillère, c.-à-d. qu'un rail central et une roue fixée sur l'essieu moteur de la locomotive sont âr engrenages.
Béhamdoûn, St.. 27 km. Le village au S. est perché sur un piton entouré do vignobles. A tout instant des panoramas nouveaux et de plus en plus ravissants s'ouvrent à travers le Ouâdi el Hamâna au N. et le Ouâdi Sahroùr au S. Au milieu de verdoyants bosquets de mûriers blancs, on aperçoit des filatures de soie. Cette industrie, jadis si prospère sous la direction des puissantes maisons de Lyon, a été compromise depuis l'ouverture du canal de Suez, par la concurrence des soies de Chine et du Japon.
Sofar, St., 31 km. La localité possède une source d'eau délicieuse. La vallée de Hamâna finit par former un vaste amphithéâtre couvert de belles forêts de pins (pinus brutia). Au N., on voit le village de Hamâna entouré de plantations de mûriers. Lamartine y séjourna quelque temps. Peu à peu la végétation disparaît et la contrée devient aride. La ligne côtoie une gorge profonde et passe sous le tunnel d'el MoudeiredJ^ long de 280 m.
Beidar, St., 38 km. La ligne atteint ici sa plus grande élévation dans le Liban, 1.487 m. — La route qui traverse la voie ferrée au-devant du tunnel d'el Moudeiredj, franchit le col à une hauteur de 1.800 m. — On traverse ensuite le tunnel ù'el Beidar long de 360 m., pour descendre sur le versant oriental. Au sortir du tunnel, on a une vue magnifique sur l'Antiliban et sur la plaine de la Coelésyrie, la Beqaa, placée à 915 m. plus bas.
440 Voyage XIX. ZAHiJ De Beyrouth
BieDtôt se préseatent, à g, le DJêbel Kémséh, le mont de l'Eglise, aux llaocs dénudés (2,033 m.), et à dr. le Djebel Baroûk (2.151 m.), couvert de quelques pèdres.
méréjôt, St., 44 kro.
flédîtah'-Chtaura, St., 47 km, Chtaura, à dr., est un grand village. Les Pères Jésuites y possèdent de beaux vigaoblee dont les vins sont tréa estimés.
Par deux tablettes cunéiformes trouvées à Tell Amarna,Nébojapiza, gouverneur (le Khazi (la moderne Gha%ze au S. de la Beqaa), informe le pharaon Aménliotep III que les Hélhéens, marchant 5«r Damas, avaient envahi le pav8 et pris entre autres villes de la plaine (de Coelésyrie) Astarti et Mukhzi D'après M. C, Conder {The Tell Amaitia Tablets, 19-20), Astarti, différente des Astaroth du Hauran, semble répondre ù Chtaura. et Mukhzi au village de Meksèh qu'on rencontre un p3u plus loin, près de Zahlé.
V\ route carrossable s'éloigne du chemin de fer, descend au S. et pa$se près du village de Medjel-Andjâr (43 km.). C'est l'ancienne Ghalofs de la Syrie. Un certain Lysanias. roi de Chalcls, y fut mis à mort par Marc Antoine vers l'an 34 av. J.-C. On y voit Itis restes d'un temple d'ordre Ionique, consiruit probablement par Hérode Agrippa II, qui gouverna la province de Chalcis pendant 4 ans.
Saïd'Nell, St., 56 km. On arrive aux confins du Liva du Liban. Au S. apparaît à l'horizon le grand Hermon.
Nouallaka, St., 52 km. Gros village musulman qui appartient déjà au Vilayet de Syrie, dans le Sandjak de Damas ; aussi le vérificateur turc des passeports et taskaréhs ne tarde-t-il pas à se présenter à la portière du compartiment. A Mouallaka, la mission des Pères Jésuites entretient un orphelinat et une école. La mission anglaise y tient aussi une école primaire et secondaire.
Au N. de Mouallaka s'étend Zahléb, ville de 16.000 habitants tous chrétiens; elle appartient encore au Moutessarifléh ihi Liban. Les maisons s'étagent sur les deux flancs d'une gori^o profonde (950 m.) sillonnée par un torrent, Nalir Bardàn^ le Froid. Il descend du mont Sannîn (2.608 m.) qu'on a sous les yeux. Cette ville fort industrieuse sert de résidence à un évêque grec catholique et à un évoque grec non-uni. Les Pères Jésuites y ont une mission avec une école. La mission anglo- syrienne y est également active. En 1860, les Druses et les Métouélis {V. p. 14; s'emparèrent de celte ville et en firent le quartier général de leurs luttes contre les Maronites. Les chrétiens eurent alors beaucoup à souffrir. Les vins de Zahlé sont très renommés.
Au N.-E. de Zahlé so trouve un village du nom A^el Kerak Noûah, le Château de Noé. La mosquée dédiée à ce patriarche renferme un sarco' phajie d'une grandeur colusgale ; il passe pour le tombeau de Noé, Le village est visible de la plaine près de Rayak.
Le chemin de fer coupe ensuite de l'O. à l'E. la Béqaa, Dépression ou vallée large (o72 m,). C'est l'ancienne Coelésyrie,
VùTh
(BMOTr"