‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 210 sur 251 · Çaàa^n · texte numérisé non relu

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à Damas. coelésyrie Voyage IIX. 441

la Syrie Creuse, qui sépare comme par un immense fossé les deux chaînes de montagnes parallèles, le Liban et l'Antiliban.

La Cœlésyrie proprement dite, la Béqaa, s'étend sur une longueur de 112 km. depuis le lac Homs, l'ancienne Emèse au N., jusqu'à la hauteur d'Hasbetfa au i>ied de l'Hermon, marquée par tes deux pics bien visibles de Tomàt Nihà, ies Jumeaux <1.860 m.). Le mot de Cœlésyrie reçut souvent une extension beaucoup plus grande, excluant néanmoins toujours la Phénicie. A l'époque des Séleucides, elle comprenait la vallée de rOronte, celle du Léontès et le territoire de Damas. C'est dans ce sens qne les livres des Machabées (I M., X, 69; — II M., III, 5,8) prennent la « province de Cœlésyrie. »

Le sol est lormé d'une terre noire-rougeâlre, très riche en humus. Si la plaine était bien cultivée, elle serait encore aujourd'hui, comme elle l'était à l'époque romaine, un grenier d'abondance.

On traverse ensuite le Nahr et Leitani^ l'ancien Léontès. Ce lleuve prend sa source près de Baalbek, non loin de celle du Nahr el Àsi^ l'ancien Oronte, et se jette à la mer au N. de Soûr, l'ancienne Tyr.

Rayak, St., 66 km., 30 min. d'arrêt, Buffet. Le train venant d'Alep par Baalbek et celui qui vient de Damas se rencontrent à cette gare avec celui de Beyrouth. Les voyageurs pour Baalbek changent de train. (De Rayak à Baalbek, V. Voyage XXVI).

De Rayak la ligne monte dans l'Antiliban à travers la gorge étroite du Ouâdi Yahfoufah^ dont le fond est tapissé d'églantiers, de chênes, de platanes.

Au N., sur le sommet d'une montagne qui fait face à el Kérak Noùah, les musulmans vénèrent un autre sarcophage aux dimensions colossales. D'après la légende, c'est le tombeau de Nébl Schilt, le prophète Selh, 3* fils d'Adam. Ces sarcophages rappellent le fameux lit de fer d'Og, roi de Basan, un des derniers descendants des géants. (Deul., III, 11).

Yahfoufah, St., 78 km. Village de ce nom au N. de la gare. La voie prend la direction du S., puis du S.-E., jusqu'au Djùr Roummânéhf pont de la Grenade, construction romaine d'une seule arche (1.321 m.). Elle atteint bientôt la ligne de partage des eaux (1.405 m.).

Zerghala, St., 87 km. ^1.370 m.). C'est une antique localité comme le prouvent les sarcophages trouvés dans des tombeaux creusés dams le roc et une colonne portant une inscription chrétienne mutilée. La ligne fléchit au S.O., laissant à g. le pic du Djebel Schoukif{2.01^ m ).

Zebdàni, St., 98 km. 1/2 (1.115 m.). Cette ville compte 6.030 à 7.000 habitants dont la moitié est chrétienne ; elle est le cheflleu d'un Kada et possède une petite garnison. 11 y a aussi une école russe. Les pommes, les raisins et d'autres fruits deZebdànl sont renommés.

Au km. 103, on aperçoit à dr., dans une gorge, l'Ain BaradA, source qui forme aussitôt un petit lac couvert de nénuphars et

442 Voyage XIX. abila De Beyrouth

de roseaux. Elle déverse ses eaux dans la rivière côtoyée depuis quelque temps par le chemin de fer, et lui donne son nom, Nakr Baradâ. La rivière resserrée au fond d'une gor^e étroite forme çà et là de belles cascades ù plusieurs étages formés de gigantesques rochers. Une Compagnie belge a installé des turbines au km. 111, pour la création d'un tramway électrique à Damas.

Et Téquiéh, Halte, 112 km. La voie ferrée traverse la rivière, passe sous un petit tunnel et arrive, à l'extrémité d'une gorge, à Souk Ouâdi Baradâ, St., 116 km. C'est Tancienne Abila, capitale d'Abilène, dont, selon saint Luc (III, 1), « Lysinias était télrarque la 15« année de Tibère. »

En 1737, Poeoke y découvrit une inscription grecque dédiée par un aflranchi « de Lysinias létrarque, » au « Salut d'Auguste. » Cette dernière formule ne peut s'appliquer qu'à Tibère ou à Livie. (V. Beurlier, D. B. V., IV, 46). Sur le flanc de la vallée, on a taillé une route avec un tunnel. A l'entrée de celui-ci, une inscription latine gravée sur le rocher et visible du train, dit que Marc Aurële et Vériis firent construire cette voie « impendiis Abelinorum. » Au-dessous de celte route, qui surplombe la vallée de 30 m., on remarque deux anciens aqueducs.

L'an 38 de noire ère, Caligula donna à Agrippa I" la tétrarchie de son oncle Philippe, avec la province d'Abilène. Au v* s., Abila était le siège d'un évéché. Une foire annuelle, Sowfe en arabe, avait réuni les chrétiens du pays en cette ville, l'an 634, lorsqu'une armée musulmane survint à l'improviste, tailla les chrétiens en pièces et saccagea la place. Depuis lors, elle n'est plus connue que sous son nom actuel. Cependant, l'ancien nom, Abila, ne s'est pas perdu complètement. Sur la montagne qui se dresse au S.-O. du village, un tombeau porte encore le nom de Habil, dont la légende musulmane lait le sépulcre d'Abel, fils d'Adam. A côté du Oueli qui recouvre le Kabr Habîl, on voit les restes d'un petit temple. Anciennement Abila occupait les deux rives du torrent.

Dejr Khanoûn, St., 119 km. Le pays devient de plus en plus pittoresque.

Aîn Fîgèh, St., 123 km. Ce nom provient du mot grec Ttr^yf,, source d'un fleuve. En effet, un peu au-delà de la gare, à g., une source jaillit avec impétuosité du fond d'une caverne ; son abondance est telle, qu'elle double le volume d'eau du Baradâ. Sur le plateau qui s'élève au-dessus de la grotte, on observe les vestiges de deux temples dont l'un est de construction cyclopéenne.

Aîn Fidjéh passa dans l'ancien temps pour la source du Baradâ. Edrisi affirme que les eaux qui arrosent la plaine de Damas viennent d'une source appelée Aîn Fidjéh. De son côté, Aboul Féda dit que la source de la rivière de Damas jaillit sous le temple el Fidgéh. Le Baradâ débouche dans la plaine de Damas, traverse la ville après s'être ramifié en plusieurs branches et se perd dans le lac Bahr el Ateibéh, à 20 km. à 1*E. de la ville. C'est à cette rivière que Damas doit son existence et sa prospérité ; aussi, les anciens appelèrent-ils cette eau Ghrysorrhous, fleuve d'or, parce qu'il répand partout la richesse sur son passage.

Abana. Le Nahr Baradâ est sans contredit l'Abana de la Bible. Naaman, général des armées syriennes, vint de Damas auprès d'Elisée pour lui demander la guérison de sa lèpre. Le

à Dama^, damas Voyage XII. 443

prophète lui recommanda de se laver sept fois dans les eaux du Jourdain. L'officier répliqua avec dédain : « Est-ce que l'Abana et le Pharphar, fleuves de Damas, ne sont pas meilleurs que toutes les eaux d'Israèl, pour que je m'y lave et sois purifié ? » (IV R., V, 12). Le Pharphar est le iVa/ir el Ouadj, à 13 km. au S. de Damas. Un de ses anciens affluents porte encore le nom de Nahr Barbar.

Au v' s., Etienne de Byzance appelle le fleuve de Damas Bardinës, et la Version arabe de la Bible rend le nom hébreu Abana car Varda. Le nom de Nahr Banias, que porte une des ramifications du iS^ahr Baradâà TE. de la ville, semble bien être une réminiscence du nom biblique du fleuve.

Helbon. A 10 km. au N.-E. d'El Fîgéh, se trouve le village de Halboûn, rHelbon dont les vins, d'après Ezéchias (XXVll, 18), étaient envoyés sur les marchés de Tyr. D'après Strabon, les rois de Perse préféraient les vins de Ghabylon (Helbon) à ceux de toute autre provenance (F. Robinson, B. R. III, 471).

«ledeydéh, St., 130 km. La vallée s'élargit de temps en temps et se couvre de jardins, tandis que les hauteurs se couronnent de villas.

Haméh, St., 13i km. La route de Beyrouth suit de nouveau la même direction que le chemin de fer.

Doummar, St., 137 km. {126 m.). Lieu de villégiature. La vallée s'ouvre largement, et soudain apparaît Damas avec ses nombreux minarets au milieu d'un oasis de verdure. A g. se dresse le DJêbel Kasioûn (1.200 m.}, au pied duquel s'étend es Salahiyéh ';i0.000 habitants), considéré comme un faubourg de Damas.

Damas-Béramké, St., 144 km. (697 m.}. Les voyageurs descendent d'ordinaire à celte halte, qui est voisine des hôtels européens et des quartiers à visiter. La ligne contourne la ville à travers de magnifiques jardins, et. à l'extrémité d'un long faubourg, le Midân ou Meidân^ elle aboutit à la station principale de Damas-Nidân, 147 km.

A la jîare de Damas-Béraniké stationnent toujours de nombreuses voitures. On fait bien de fixer d'avance avec le cocher le prix de la course, qui peut varier de 1 a 2 bischliks (0 fr. 60 à 1 fr. 20) suivent la longueur de la route à parcourir. Une voilure prise à l'heure coûte un demi-medjidiéh, 2 fr. 10.

Au sortir de la gare, on passe entre une belle caserne à g. et un champ de manœuvre ù dr. Puis on contourne à dr. les grands bâtiments du Tekkiych, dont les salles sont couvertes de coupoles et la mosquée flanquée de deux minarets efiilôs à la turque. Le sultan Sélim fit construire cet édifice en 1516, pour y héberger les pèlerins de La Mecque. Aujourd'hui il sert de résidence aux derviches. On longe ensuite le Baradâ, dont les

rives sont occupées par des cafés, et 1 on arrive devant les hôtels Victoria, d'Orient et de Damas près de la place du Sérail.

Renseignements .

Damas, vue des hauteurs, captive le regard par son site enchanteur. Mais elle perd singulièrement de son prestige lorsqu'on y pénètre et qu'on la parcourt en détail. La plupart de ses rues sont étroites, tortueuses et mal entretenues. Les édifices publics, les mosquées, les médréséhs et les caravansérails ofifrent, il est vrai, les plus beaux spécimens de Tart arabe. Partout aussi on rencontre de nobles vestiges de grandioses monuments grecs, romains et byzantins; mais à chaque pas éclate l'incurie de l'administration. Les maisons les plu» riches affectent presque toutes un aspect misérable au dehors. î)n revanche, si l'on obtient la permission de les visiter, (ce qui peut se faire pour quelques habitations de chrétiens riches ou de banquiers juifs;, on s'aperçoit bientôt que ce sont des maisons princières, où s'étalent une opulence et un luxe dignes des Contes des Mille et une Nuits. Les nombreux et vastes bazars sont remarquables par leur variété et leur originalité. Les denrées do luxe, conOserie, parfumerie, soierie, argenterie qui s'étalent de préférence, attestent la richesse de la ville.

Les ^'rands bazars, et m^me ia plupart des petits, se ferment une ou deux heures avant le coucher du soleil. Les boutiquiers, qui ont passé la journée dans une atmosphère viciée, s'empressent d'aller respirer le bon air dans les calés-concerts des splendides jardins qui bordent le Baradâ. Ils s'y prélassent une bonne partie de la nuit. Aussi u'ouvrent-ils leurs magasins que deux ou trois heures après le lever du soleil. Avec les. étrangers, les marchands fout souvent des prix exorbitants ; mais ils ne s'oflensent pas si l'on offre la moitié du prix proposé. Acheteurs et vendeurs Unissent toujours par s'entendre.

Un guide est indispensable au voyageur qui veut parcourir la ville, même un caouas de l'hôtel ou du consulat est souvent fort utile lorsqu'on désire visiter la grande'mosquée à son aise. Autrefois, la population de la ville avait un si mauvais caractère (|ue Schami, Schoumi. Damasquin, (Coquin, était devenu proverbial. Aujourd'hui, cependant, ou peut circuler partout sans être molesté.

Consulats. L'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, les Etats-Unis, la France et la Russie sont représentés à Damas par des consuls.

Poste et Téléfirraphe. Ia poste turque et le télégraphe international se tixjuvent au N. de la place du Sérail, dans le voisinage des hôtels.

Le Quartier chrétien est situé à rextrémilé orientale de la ville, principalement au X. de la rue Droite; le quartier Israélite, au S.-E. de cette même voie.

Histoire.

Damas est appelée en hébreu Dammésèq i, Demeure de l'arrosage. Les Arabes la nomment /)nnasc/i5 es Scham, nom qui réponde VAram

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