GRANDE MOSQUÉE
jnagniûcence de rédifice auquel elles donnaient accès et qui s'élevait sur le croisement de leurs axes.
On peut voir le splendlde entablement de cette dernière porte triple par une fenêtre carrée, à l'endroit où la rue qui longe le flanc méridional de la mosquée, commence à être couverte d'une toiture. On peut l'admirer davantage en montant sur la terrasse par-dessus le bazar des orfèvres.
Basilique chrétienne. L'empereur Arcadlus, fils de Théodose (3^-408), renversa le temple, pour construire avec ses matériaux une superbe basilique chrétienne, comme nous l'apprend une inscription trouvée à Damas. Elle était dédiée à saint Jean- Baptiste, et servait de cathédrale. A la prise de la ville par les musulmans, il fut stipulé entre vainqueurs et vaincus que la moitié occidentale de l'église resterait à l'usage du culte chrétien et que la moitié orientale serait affectée au culte de l'islam.
Le général Khaled Ibn OiiaMd, qui assiégeait la viilt^ à l'E., la prit d'assaut, pénétra dans son enceinte, pilla et massacra tout sur son passage. Pendant ce temps, les habitants rendirent la place au commandant en chef, AbouObeïd, qui campait à TO. etquiignorait jusqu'alors le succès de son collègue. Il accepta les conditions fixées pour ta reddition, savoir : de respecter la vie des habitants et de leur laisser leurs éj,'lises et leurs propriétés. I.cs troupes d'Abou Obeïd rencontrèrent celles de Khaled dans la rue Droite, en fac3 de la basilique. On mit fin au pillaïc et au massacre et on reconnut comme conquise par les armes la moitié orientale de la ville et de la basilique, et comme rendue par capitulation l'autre moitié.
La Mosqaée.
Histoire. Le calife Oualtd I" (705-715) enleva aux chrétiens leurs droits sur la moitié de la basilique. Avec l'aide d'architectes grecs et une foule d'artisles accourus de Constantinople et d3 la Perse, il transforma le monument en mosquée. Celleci passait pour une des merveilles du monde. Incendiée en 1069, puis ravagée par Timour Lenk en 1401 et fortement endommagée par un nouvel incendie en 1893, elle fut successivement restaurée sans jamais recouvrer son ancienne splendeur.
Cour de la mosquée. A l'extrémité du bazar des Libraires (G), une triple porte, Bab el Bértdy ouvre sur un vestibule soutenu par quatre colonnes antiques (D), et introduit dans une enceinte longue de 150 m. et large de 98, qui renferme une cour au N. et la mosquée au S. La cour est entourée sur 3 côtés par une galerie, dont les 47 arcades en fer à cheval reposent sur des piliers carrés qui ont remplacé d'anciennes colonnes de marbre. Une seconde galerie élevée sur la première donne sur les habitations des gens de service. La cour est ornée de trois édicules à coupoles, dont celle du milieu (M) recouvre la fontaine des ablutions.
Intérieur de la mosquée. La mosquée proprement dite a 131 m. de long, sur 38 de large dans œuvre. Le caractère du style basilical y est nettement accusé, et il est aisé de discerner ce qui reste du monument chrétien de Saint-Jean, Mar Johanna, Le transept a été conservé intégralement comme le démontre sa structure, sa belle fenêtre à trois baies et sa décoration. Dans la partie occidentale, les murs extérieurs à l'ouest et au midi, la cage de Tescalier qui sert de base au minaret de l'angle S.-O., ainsi que le mur d'enceinte extérieur orné de pilastres, appartiennent au monument chrétien. La grande nef avait originairement la même largeur (16 m.) et la même hauteur que le transept ; les nefs latérales étaient de proportions plus restreintes. Les musulmans divisèrent Tédlûce en trois nefs d'égale largeur et hauteur ; la nef centrale resta en conséquence plus basse que le bras transversal. Puis, sur l'intersection des deux bras de la croix (£], on éleva une coupole de 12 m. de diam. avec une hauteur de 45 m. au-dessus du sol ; elle repose sur quatre gros piliers revêtus de marbre. Le mur septentrional est percé de grandes arcades qui s'appuient sur des colonnes, aujourd'hui enclavées dans des piliers massifs, et par-dessus lesquelles court une rangée de fenêtres. A l'orient de l'édiQce, l'abside fut démolie et le monument fut prolongé avec les mêmes mesures et dispositions qu'à l'occident. L« transept, tourné vers la Mecque, devint ainsi la partie principale.
Les deux rangées de colonnes corinthiennes qui divisent ce long bâtiment ont un caractère imposant. Leurs chapiteaux sont reproduits d'après ceux qui furent détruits par l'incendie de 1893. Elles ont 7 m. de hauteur et sont reliées entre elles par de grandes arcades cintrées. Celles-ci sont surmontées d'un mur percé par une série d'arcatures, sur lesquelles repose la charpente de la toiture richement décorée. Les mirhâb, celui du fond du transept surtout, les niches, kiblé, la chaire en bois de cèdre, les fenêtres, les inscriptions, les faïences peintes avec des couleurs délicates et pleines d'harmonie, des marbres précieux élégamment scuiptés produisent partout des effets ravissants. Le mur septentrional du transept est couvert à l'intérieur et à l'extérieur de beaux fragments de mosaïques.
A l'E. du transept, entre la 3' et la 4* colonne de la rangée méridionale (P|, un bel édiculeen marbre blanc, couronné d'un dême et orné de grilles en bronze doré, s'élève, disent les musulmans, sur le caveau qui renferme la tête du Précurseur.
Ibn el Fakîli dit que le Calife Oualîd (viii' s.) trouva la tête de saint Jean dans une chapelle de trois coudées de côté, et qu'il fit déposer la relique « près de la 4* colonne ». Antonin de Plaisance (570) a vénéré la tête du Précurseur à Emèse, Homs, et Willibald (730), à Edesse au N. de la Mésopotamie. L'un et l'autre pèlerin ont visité Damas et n'y ont pas rencontré cette relique.