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TOMBEAU DE SAL\DIN

Un des gardiens de la mosquée offre respectueusement aux voyageurs une coupe d'eau tirée du puits de Saint-Jean-Bapliste (F), dans l'attente d'une légère gratification.

Minarets. De l'intérieur de la mosquée, au S.-O., on monte par 172 marches au Médinet el Gharbiéh^ minaret de l'Ouest (G), beau modèle d'architecture arabe. Le minaret octogonal garni de trois gracieuses galeries superposées, s'élève sur une tour carrée, cage à escalier de construction byzantine. De la 1" galerie, le panorama est splendide. A l'O, se dressent l'entablement et le fronton de la porte triomphale; au N.-E. le tombeau de Saladin ; puis le gracieux minaret el Aroûs^ la Fiancée, au N. (N), et le Médinet issa, le minaret de Jésus, à l'angle S.-E. (0). Jésus, dit la légende musulmane, descendra sur ce minaret pour présider au jugement dernier. La coupole de la mosquée porte le nom de Qoubbet en Nisr^ de l'Aigle, parce que, selon Ibn Batouta, écrivain du XIV' s , par son transept, la mosquée ressemble à un aigle aux ailes déployées, dont la tète est représentée par la coupole.

Tombeau de Saladin. En sortant de la cour par la porte des Jardins, Bab el Farâdis au N.près du minaret el Aroûs (H), on arrive au mausolée de Saladin. (Entrée 6 piastres). Saladin, sultan d'Ej?ypte et do Syrie, mourut à Damas en 1193 et repose sous un cénotaphe de marbre blanc, dans une petite mosquée ornée de précieuses faïences. Une armoire vitrée renferme la couronne de lauriers en bronze doré que l'empereur d'Allemagne déposa en 1898 sur le tombeau du héros arabe sous la 3' croisade.

En sortant de là. on se dirige vers l'E. et l'on suit la 1" rue transver« sale à g., pour arriver à la mosquée et au médréséh d'el Melek Dh'aher Bibars Bendoukdar. Le sultan de ce nom y fut enterré en 1279. En face, à g., s'élève une mosquée construite par son fils. Dans ce quartier, on retrouve en plusieurs endroits les vestiges de l'ancienne enceinte du temple.

En suivant la !'• rue transversale à dr., vers le S., on arrive à une petite place décorée d'une fontaine à puissant jet d'eau. On monte ensuite plusieurs marches qui mènent à l'entrée orientale de la mosquée, Bâb Djairoûn (L). Puis, en traversant le bazar qui contourne la mosquée à l'E. et au S., on arrive à l'antique porte à troies baies au S. du transept {V. p. 452) et de là au bazar des Orfèvres.

Si l'on sort de la mosquée par la porte occidentale par laquelle on est entré, on peut se rendre au bazar des Orfèvres, soit à pied par une ruelle qui longe la mosquée, soit en voiture, en retournant à la i>orte triomphale, d'où l'on traversera les bazars des soieries, des ébénistes.et marqueteurs. On rencontre sur son chemin le tombeau du sultan Xoûr ed Dîn mort en 1173, et un beau bain turc, Hammam el Kischâni.

Bazar des Orfèvres. Les orfèvres, tous chrétiens, exposent ici leurs travaux en or et en argent, rehaussés de pierres précieuses. A côté de sa vitrine, chaque artisan tient son petit atelier ; aussi le spectacle est-il des plus curieux et des plus intéressants. L'orfèvrerie de Damas, comme la ciselure en cuivre,

manque de bon goût et d'élégance. L'art naquit en Egypte, dit un proverbe arai)e, grandit à Alep et alla mourir à Damas.

Khan d'Asad Pacha. En se;i*endant au S., on rencontre à g. le palais d'Asad Pacha, occupé par son descendant Abdallah Bey el Adem. Ce palais compte plus de 300 pièces au milieu de jardins féeriques. Plus loin, du môme côté, on peut visiter le Khan d'Àsad Pacha. Cet édifice est construit avec des assises de marbre jaune alternant avec des rangées de marbre noir. La porte finement sculptée conduit à une vaste pièce, divisée en 9 carrés. Chaque carré est surmonté d'une coupole dont le tambour est percé de fenêtres et orné d'arabesques. Trois de ces coupoles se sont effondrées. Tout autour de la vaste pièce règne une gracieuse galerie avec de grandes tribunes. D'un bassin placé au centre jaillit une fontaine. Derrière ce monument se trouvent des cours, des magasins et des étables. Ce chef-d'œuvre d'architecture arabe donne une idée des anciens khans de Damas destinés au commerce en gros.

La me Droite.

Du khan d'Asad Pacha, on entre dans la rue transversale

appelée Souk el Taouil^ le bazar Long, et aussi Derb el Moûsta-

qvm, la rue Droite. C'est le Yicus rectus dont il est question

dans les Actes des Apôtres et dans laquelle Saul, devenu aveugle

à la suite d'une vision mystérieuse, alla loger chez un certain

Jude. (( Le Seigneur dit à Ananie : L.ève-toi, va dans la rue

qu'on appelle la rue Droite et cherche dans la maison de Jude

un nommé Saul, de Tarse ; car il est en prière. » (Act. IX, 11).

Aux yeux du chrétien, la mémoire du grand apôtre éclipse tous

les autres souvenirs. Le pèlerin parcourra donc le Vicus rectus

avec une légitime émotion.

A l'orient comme à l'occident de cette rue longue de 1.300 m., une porte de caractère monumental donnait accès dans la ville. L'une et l'autre consistaient en une arcade centrale large de 6 m. 30 et en deux arcades latérales moins grandes qui servaient aux piétons. La largeur de cliaque porte était d'environ 30 m. La rue qui s'étendait d'une porte à l'autre avait la même largeur et était bordée de chaque côté d'une galerie de colonnes corinthiennes. A l'O., l'ancienne porte n'a laissé que peu de traces. Cependant la baie méridionale, liab el Djabiéh, restaurée par Nour ed Dîn d'après l'inscription qu'on lit sur le linteau, sert encore d'entrée. Dans la rue elle-même, l'emplacement des galeries ou portiques a été envahi par les maisons. En creusant les fondations de nouvelles habitations, comnie p. ex. au Souk es Sinaniyéh, des bases de colonnes alignées ont été retrouvées en place.

Maison de saint Jude. Vers l'O., en deçà du Souk es Soukkariyéh, bazar du Sucre, un balcon sert de minaret dans cette rue couverte. Derrière la maison qui porte le balcon, s'élève une petite mosquée où chrétiens et musulmans vénèrent l'emplacement de la maison de Jude, dans laquelle logea Paul lors-

MAISON DE S. ANAME 457

qu'Ananie reçut la mission de l'instruire et de le baptiser. ( V. Actes des Apôtres, IX, 3-19, n« 92). Quaresmius (1616) apprit des chrétiens de Damas que cette mosquée remplaçait une ancienne église élevée sur le terrain où était bâtie la demeure de l'Apôtre.

En se dirigeant vers l'E. du Souk el Taouîl, on laisse à dr. le khan Souleiman Pacha^ et l'on arrive bientôt au quartier Israélite, à dr., et au quartier chrétien, à g. de la rue. A 450 m. du khan d'Àsad Pacha^ une rue qui s'ouvre à g. mène à la cathédrale de Sainte-Marie des Grecs non-unis. L'historien arabe, Ëdrisi (1154), vantait déjà la beauté « de l'église Sainte-Marie des Grecs. »

A 300 m. plus loin, on rencontre un carrefour dont l'angle S.-O. est occupé par une caserne. A g., une rue étroite conduit à l'établissement des Pères Lazaristes et à celui des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, puis au couvent des Pères Franciscains (F. p. 450). Dans le môme quartier, l'on rencontre l'église des Maronites et la résidence des Pères Jésuites sur le sol traditionnel de la maison où naquit saint Jean Damascène.

Maison de saint Ananie f. A 300 pas de leur couvent, vers le S.-E., les Pères Franciscains possèdent une chapelle souterraine dédiée à'saint Ananie. De temps immémorial, le peuple de Damas vénère en cet endroit le lieu de l'habitation du pieux disciple du Christ. D'après le Ménologe grec, le maître de saint Paul devint lui-même prédicateur de l'Evangile et subit glorieusement le martyre dans sa ville natale, sous le procurateur Licinius. Il fut enseveli dans son domaine paternel aux environs de la ville ; mais on ne connaît plus le lieu de sa sépulture.

La maison de saint Ananie fut remplacée de bonne heure par une église, qui elle-même fut transformée dans la suite en mosquée. Au temps de Bonilace de Raguse (xvi" s.), on y descendait par un escalier. « La chapelle souterraine où chrétiens et musulmans vont vénérer la place de la demeure de saint Ananie, raconte Quaresmius, est éclairée par deux lucarnes rondes pratiquées dans la voûte. Outre le mihrâh placé au S., on remarque encore une abside à l'E. » Pendant le séjour du docte Franciscain à Damas, les musulmans y construisirent un minaret; mais à peine achevé, ii s'écroula. La mosquée elle-même tomba en ruines et n'a plus été reconstruite. Les beaux matériaux qui entraient dans sa bâtisse semblent bien provenir d'un édifice byzantin. En 1820, les Frères Mineurs transformèrent en oratoire deux antiques chambres contiguës à la petite mosquée. On y descend par un escalier de quinze marches ; car dans tout le quartier, le sol s'est exhaussé de 3 à 4 m., comme il est aisé de le constater près de la porte romaine par laquelle on sort de la ville.

Dans le quartier situé au S. de la rue Droite, entre la caserne turque et les remparts, se trouvent l'église des Syriens catholiques, la cathédrale des Grecs Melchites et l'église arménienne catholique.

Aatour des remparts.

Bâb esch Scharqi, porte d'Orient. C'est l'antique porte romaine dont il a été question plus haut. Elle est encore assez bien conservée dans son ensemble ; mais la baie septentrionale seule est restée ouverte ; les deux autres sont murées et masquées par des magasins. Au-dessus de la porte s'élève un minaret ; au - dehors, une grosse tour carrée, dont les créneaux tombent en ruines, garde l'entrée de la ville.

M. Nassau, Grec catholiqne, permet volontiers d'entrer dans ses magasins à dr., pour y voir la grande porte du milieu et celle du S. avec leurs intéressants détails. On peut aussi visiter en face ses ateliers, où quelques centaines d'ouvriers fabriquent des ouvrages en cuivre ciselé relevé de lilels d'or et d'argent, des objets de marqueterie en bois, en nacre, etc. La beauté des inscriptions arabes, copiées des anciens monuments de la ville, appelle surtout l'attention.

Tour Saint'Paul t- En longeant les remparts, on s'aperçoit aisément que l'enceinte est encore celle des temps apostoliques. Les premières assises sont formées de gros blocs soigneusement joints sans mortier ; les assises suivantes accusent un travail, soit byzantin, soit arabe, et la partie supérieure est l'œuvre des Turcs. Une des tours porte une inscription au nom de Nour ed Dtn, avec la date 1171.

Vers l'angle S. E. de l'enceinte, on remarque les débris d'une puissante tour carrée dont la base est formée de blocs taillés en bossage. Tout auprès, on aperçoit les vestiges d'une antique porte murée, Bâb el Kîsân. C'est là l'endroit traditionnel où les chrétiens descendirent saint Paul dans une corbeille, pour le soustraire aux embûches des Juifs qui cherchaient à le tuer. (V. Actes des Apôtres, IX, 19-25, n» 98).

Presqu'en face de cette tour, dans le cimetière des Grecs nonunis, les chrétiens de tous les rites vénèrent le sépulcre de saint Georges, officier abyssin gagné à la cause du christianisme. Préposé à la garde de la tour, d'après une ancienne tradition locale, il favorisa l'évasion de l'Apôtre et, pour ce fait, il fut mis à mort.

Dans une de ses Epîtres (II Cor., XI, 32), saint Paul raconte que les soldats avaient été chargés d'empêcher sa fuite pour s'emparer de sa personne. Il est assez curieux que près de la tombe de saint Georges d'Abyssinle, les musulmans vénèrent celle d'un santon légendaire appelé Bilâl el Habeschi. Bilàl l'Abyssin.

Se dirigeant ensuite vers le S.-E., on passe près des cimetières des différents rites catholiques, et l'on arrive à la place où les chrétiens de Damas ont coutume de s'assembler le 25 janvier, pour célébrer la mémoire de la Conversion de saint Paul. (V. Actes des Apôtres, IX, 3-19, n" 92). C'est de ce côté là que, depuis le vi« s., les pèlerins ont invariablement signalé l'en-

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droit où Saul fut terrassé par une force divine, pendant qu'une voix céleste lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutestu ?» On y a aussi mis à découvert une partie de la chaussée de l'antique voie qui reliait la Palestine à Damas.

Antonin de Plaisance (570) visita le lieu de la Conversion de saint Paul « à la 2* borne miltiaire de la cité, » et le trouva occupé par un monastère dédié à l'Apôtre. Saint Willibald (viii* s.) vit l'église de la Conversion de saint Paul « près de la ville, » d'après la relation de l'Anonyme, et à «deux milles de Damas, » d'après la nonne d'Heydenheim. Vers 1148, FreteJlus l'indique encore au 2* mille*, et Antoine de Crémone (xiv* s. à un milieu. A 18 km. au S. 0. de l'ancienne enceinte, le petit village de Kaukab possède une église en ruines dans le voisinage d'une colline qui s'appelle Mar BouLos, Saint-Paul ; mais les gens du pays ignorent d'où lui vient ce nom. Il est d'ailleurs peu vraisemblable qu'un homme, frappé tout d'un coup de cécilé et tremblant d'émotion, ait fait 18 km. à pied\ quand il avait des montures à sa disposition.

En retournant vers le N., on rencontre en face du Bah esch Scharqi des amas de décombres; les fouilles faites en cet endroit ont révélé l'existence d'anciennes fabriques de tuiles et de faïenc?s vernissées et élégamment paintes, industrie qui constituait jadis une des gloires de Damas.

Maison de Naaman. Entre la porte escli Scharqi et l'angle N.-E. de l'enceinte, on rencontre à dr. une léproserie entretenue par la municipalité. De tout temps il y eut là, semble-t-il, une léproserie sous le vocable du général de Damas, guéri de la lèpre par la toute-puissance de Dieu, d'où son nom de Maison de Naaman.

La tour de l'angle est l'œuvre de Melek es Salêb, 1249. A la courbe de la route, s'élève le tombeau du Scheikh Arslân, célèbre poète du temps de Nour ed Dîn.

.Bàb Tourna, porte de Thomas. On passe ensuite devant la porte de Thomas, qui s'ouvre au N. du quartier chrétien. Sur le linteau est gravée une inscription dédiée au sultan Kalaoûn, avec la date 1235. Le linteau et toute la construction inférieure remontent, toutefois, A une époque beaucoup plus reculée.

Cette porte doit son nom, croit-on, à Thomas, gendre de l'empereur

lîd I" (705-715). (Guy le Strange, op. cit., 265).

De la porte Toûma part la route d'Alep et de Palmyre, traversant une île formée par le fleuve Baradâ. Les rives des deux branches du cours d'eau sont couvertes de jardins publics très ombragés, où l'on débile du café, de l'eau de-vie et des rafraîchissements de toutes sortes.

A 5 km. au N. de la porte, est assis le gros village de Djobâr. Depuis îe xn» s., les Juifs y montrent dans une antique synagogue le lieu où Elie oignit Elisée comme prophète et où celui-ci donna l'onction royale ^ Hazaël. (F. p. 446). Ils prétendent aussi que Djobâr est la ville de Hoba' *>« Abraham acheva sa victoire sur Chodorlahomor. Cette identilicatio n'a aucun fondement. Le village de Hoha à 100 km. au N. de Damas n l'épond pas davantage à la ville de Hobah de la Bible.

1. Migne, P. L., CXV, 1042. — 2. Z. D. P.V., XIII, 155. - 3. Ci. Act. IX, .

La rive g. du BaradA est occupée par le quartier des tanneurs, MéhaUet el Farâïn. En suivant la rive dr., on arrive à la porte de la Paix, Bâb es Salâ/mr, qui parait être contemporaine de celle de Tourna. Une ruelle appelée Entre-deux-murs, Bin es Sûràm^ conduit à l'intérieur de la ville ; mais de côté et d'autre les remparts sont masqués par des habitations. On arrive ensuite à la porte intérieure, Bâh el FarâdiSy porte du Jardin. C'est également une porte romaine à triple baie. Puis à travers de nombreux bazars de tout genre, on passe sous un vieux platane qui a 10 m. de circonférence. Dans le creux de son tronc on a ménagé une chambre. Les musulmans racontent que cet arbre a été planté k la naissance du Prophète. De là à la place du Sérail, il n'y a plus que quelques pas.

H. — Ebccursion It es Salahiyéh.

Pour se rendre compte de la splendide position de Damas, il faut faire une promenade à es Salahiyéh (25 min. en voiture). C'est un grand faubourg qui s'étend sur les premières pentes de l'Antiliban, au N. de la ville.

De la place du Sérail, on traverse le Baradâ ; puis on suit une longue rue, soit à travers le faubourg el Amâra^ soit à l'O. de ce quartier, laissant les Hôtels Victoria et d'Orient à dr. Au Bâb es Salahiyéh, la route prend la direction N.-E. et passe devant l'hépital militaire, à g. Des villas, des maisons et des jardins séparés les uns des autres par des murs en biseau bordent les deux cétés du chemin dans toute sa longueur. Après 15 min. de marche, on franchit le Nahr Tôra, beau canal qui dérive du Baradà près de Doummar ; 12 min. plus loin, on traverse le Nahr Yézid, autre canal qui se détache du fleuve à Hâméh. Sur le bord septentrional du ruisseau s'élève Salahiyéh. Les eaux du Baradâ n'arrivent pas plus haut. Aussi, à i'Eden succède le désert. Des jardins d'une luxuriante végétation, des prés émaillés de fleurs et ombragés par des arbres gigantesques, on passe sans transition à une rangée de collines arides, brûlées par le soleil.

La route se dirige vers l'O. du faubourg, remonte de nouveau vers le N. et aboutit à la terrasse construite en 1898 pour l'empereur d'Allemagne.

Damas avec ses innombrables coupoles et minarets, ofire aux regards un panorama indescriptible et Inoubliable. La ville, entourée d'une superbe couronne de verdure, s'élève comme un palais enchanté au milieu d'une plaine fertile parsemée de florissants villages et environnée d'une ceinture de montagnes aux formes les plus pittoresques. Le tableau est unique dans son genre.

AU MIDAN 461

Le faubourg compte plus de 20.000 habitants. Au xi' s., il devint le refuge des Turcomans, puis des Kourdes. Dans ees derniers temps, ils furent rejoints par des musulmans Tcherkesses, Algériens et Cretois, qui se sont expatriés pour rester sous le sceptre du sultan. Les écoles et les mosquées délabrées, surtout celle qui recouvre les cendres du poète mystique Mouchi ed Dln Ibn el Arabi, mort en 1240, témoignent de l'ancienne splendeur d'es Salahiyiéh, Près de cette dernière mosquée repose le célèbre émir algxSrien Abd el Kader, le glorieux prisonnier de Lamoriclère. Mis en liberté en 1853, il devint un ami dévoue de la France, jusqu'à sa mort qui arriva en 1883.

Au N. ù'es SalahiyéK s'élève le Djebel Qasioûn (1.200 m.), montagne rougeâtre et dénudée, où la légende musulmane localise la création d'Adam et d'Eve, le fratricide de Gain, le premier sépulcre d'A bel ot la grotte dos Sept-Dormants.

D'es ScUdhiyéh plusieurs bonnes routes reconduisent le voyageur à Damas à travers la riante campagne.

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