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A travers le MidÀn

Un tramway électrique, eo voie de construction, partira de la station Damas-Béramké, traversera la place du Sérail, puis tout le Mîdân jusqu'à son extrémité méridionale, pour aboutir à U içare de Khad«in, t^te lie ligne du ehemiu de <er de Damas à Caifla. En atiendaut, cette promenade peut se iaire en voiture. Elle n'olTre d'ailleurs que peu d'intérêt ; car le long fau"hourg du Midân, c^ui veut dire Hippodrome ou champ de course, n'apparaît qu'au moyen-aîçe, et aucun de ses monuments n'est antérieur au xv* s. Les bazars sont aussi moins pittoresques que ceux de l'ancieane vilte ; la plupart d<'s articles qu'on y olîre en vente sont destinés à l'usage des cultivateurs el des bédouins.

Le Midân prend une aniiualion extraordinaire lorsque s'organise la jurande caravane pour La Mecque, ou kMrsqu'elle en revient. Le pèlerinage commence, iwur ainsi dii'e, à Damas. La tente sacrée qui accompagne les pMerins est conservée dans la grande mosquée. Elle est formée de superbes lapis y-^rls brodés d'or «t renferme la bannière du Pi'ophète, ainsi qu'un vieux coran. Cette petite tente est montt*e sur un cliameau, richement harnaché de coquillages, de sonnettes et de monnaies d'or. Une splendide portantine couverte de tapisseries aux couleurs éclatantes est portée au HH)>îen d^ solides brancards par ikenu autres chameaux également harnachés avec un luxe tou4: orw^ntal. Deux sautotts, à peine vêtus comme d'habitude, s'y étendent sur des cou^ns et président au pèlerinage. Depuis que les bateaux à vapeur sillonnent la mer Ronge el le golfe Persique, peu de pèlerins africains, perses ou indiens se rend-ent à Damas. >lais les Tcherk^sses et les musulmans de i'Asiie eeatrale contiauent à s'y rencontrer avec ceux de la Turquie d'Europe el d'Asie.

Le nouveau chemin de fer de l'Hedjaz, qui se prolonge déjà à 600 Itm. {le tieM ée la distance de Damas à La Mi'cque), modifiera la date du départ et la durée du voyage. On a déjà commandé lui splendide wagonniosciuée, qui remplacera les nobles chameaux.

Visite du Midàn. De la place du Sérail, on descend au S.^ iaiissant à g. la citadelle et le baxar des Grecs, et à ûr. la caserme et le Sérail militaire. Oa reneos-tre ensuite k dr. la inosquôe el Derrischiyeh, belle con'struction de la fin du xvi* s., et un peu

plus loin, dans le bazar des Tourneurs, Souk el Kharratîn, on remarque une autre mosquée, el Kharratîn, construite avec des assises de marbre rouge alternant avec du marbre blanc.

On passe ensuite devant l'entrée de la rue Droite, dont l'extrémité occidentale reçut en 1870 le nom de Souk Midhat Pacha, nom du célèbre gouverneur qui, au siècle dernier, fit restaurer le quartier. Quelques pas plus loin, on rencontre à dr. la porte Bâb el Djabiéh; c'est la baie méridionale de l'ancienne porte romaine. La rue prend ensuite le nom de Souk es Senaniyéh ; elle est couverte au moyen d'arceaux en pierre hauts de 9 à 10 m. La mosquée SenaniYéh qu'on voit à g. a été construite par Senân Pacha vers la fin du xvi' s. Elle est flanquée d'un ravissant minaret couvert de tuiles vernissées en couleur verte et bleue. Le portail et les fenêtres sont ornés de beaux arceaux ou voûtes en stalactites et décorés de faïences, qui, parla pureté des dessins et l'harmonie des couleurs, surpassent tout ce que Damas possède de plus beau en ce genre. Un peu plus loin, on voit ù g. la mosquée Sabouniyéh construite eu rangées alternatives de marbre blanc et noir, avec des arabesques du meilleur goût.

En face, à dr., se trouve l'entrée du célèbre petit cimetière qui indique l'extrémité de l'ancienne ville et qui tire son nom de sa porte méridionale, Maqbaret Bâb es Saghir, cimetière de la Petite Porte. Là reposent, d'après les musulmans, Selma et Habiba, deux des femmes du Prophète, et Fathma, sa fille de prédilection.

Ici commence à proprement dire le faubourg du Midân ou MeidAn, qui est divisé en deux sections : le Midân Tahtâniy l'Inférieur, qui s'étend à 1.500 m. de l'ancienne ville, et le Midân Foqani, le Supérieur, qui a une étendue de 1.200 m. L'un et l'autre quartier sont munis de portes qu'on peut fermer pendant la nuit.

En face du cimetière, à la déviation de la rue, s'élève à dr. la mosquée d'el Eden. Signalons encore la mosquée de Mendjek, construite par l'émir de ce nom en 1669, et la mosquée Qaat el Oùla ornée de très belles arabesques et d'une porte en stalactites.

Le Midàn se termine au Baouâbet Allah, porte de Dieu, ainsi appelée parce que par elle entrent et sortent les pèlerins de La Mecque. Au delà de cette porte s'étendent de beaux jardins et une véritable forêt d'oliviers.

Au sortir du Baouâbet Allah, on arrive à dr. à la grande staion de Damas- Midân, gare centrale de la ligne de Beyrouth et le colle de Mézérlb, et à g., à la station de Khadem, tète de ligne lu chemin de fer de i'Hedjaz et de la Galilée.

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