H. - DE DAMAS AU LAC DE TIBËRIADE
Les voyageurs qui voudront se rendre de Damas en Galilée par le chemin de fer, devront suivre la nouvelle ligne ottomane de Damas- Déraa-Lic de Tibériade et Gaitia, de préférence à la ligne française de Damas à Mézérîb. Le jour et l'heure des (rains des deux lignes ne correspondent pas, et les trains de voyageurs de la ligne de Mézérîb ne louchent pas celle de Déraa. D3 Mézénb à Déraa, il y a trois heures de marche.
1^8 deux lignes étant à peu près parallèles sur une longueur de 100 km., la description du pays à TO. du chemin de fer de Damas à Mézérîb ne sera pas sans intérôt pour ceux qui font le voyage de Damas à Déraa.
A. — De Damas It Mézérîb en chemin de fer.
La ligne de Damas à Mézérîb est, comme celle de Beyrouth à Damas, la propriété d'une société française. Ce chemin de fer. le premier créé en Syrie, fut ouvert en 1894, principalement dans le but de transporter a Damas, et de là à Beyrouth, les blés du Hauran, jusqu'alors portés à dos de chameau, soit à Acre, soit à Caifïa.
t'n train de voyageurs se rend à Mézérîb quatre fois par semaine, savoir les dimanche, mardi, jeudi et samedi, et retourne le même jour à Damas.
II* cl.
Prix des places : l" classe, 75 piastres 30 p. = 18 frs 50. — II* 50 piastres 20 p. = 12 frs 60. — On y trouve aussi des wagons de IIP
Horaire.
STATIONS
matin
STATIONS
matin
Damas- Béramké. . .
Damas-Midàn ....
Daràya ,
Sahnâya .......
Kessoué. .......
Khan Denoftn ....
Zérakié
Ghabaghtb
Sunameïn
Kénéia ,
Qouteibéh
Scheikh-Meskîn . . .
Daël , . .
Tafïas
Mézérîb
Le train repart le même joiir à midi et arrive à Damas-Midàn à 5 h. du soir et à Damas-Beramké à 5 h. 25.
DamaS'Béramké, St. Le chemin de fer contourne la ville à ro., à travers les jardins.
DamaS'Nidân, Station centrale à l'extrémité du Midân. La ligne suit, dans la direction du S., la route des Pèlerins, Derb el Haddj^ Jusqu'à Mézérîb. Elle traverse la riante plaine de Ghoutâ couverte de jardins et de vergers.
Darayâ, St., 6 km. Grand village où subsistent les soubassements d'un temple romain de forme rectangulaire.
464 Voyage XIK. hauran De Damas
SahnâYa, St., 10 km. Village assis sur les collines Noires, Djêbel'Àsouâd,
A 5 km. à l'O. de la gare existe le village de Kaukab et le Mar Boulos {\\ p. 459), où Tarmée des Croisés campa lors de sa première expédition peu heureuse contre Damas, en 1122. On traverse ensuite le fertile vallon d'el Adjem et l'on atteint
Kessoué, St., 20 km. Ce gros bourg est habité principalement par des Druses. Il sert aussi de station à la ligne de l'Hed- ]az. Le Nahr el Aouadj qui baigne Kessoué est le fleuve Phar^ phar mentionné dans la Bible à propos de la guérison de Naaman le lépreux ; V. p. 443). Il va se perdre dans un grand lac du désert, Bahret el Hidjânèh^ à 25 km. à l'Ë. de Kessoué. Un ruisseau, qui envoie ses eaux dans la rivière de Darâya et qui probablement formait jadis un des aflluenls du Natir el Aouadj, s'appelle Nahr Barbar, réminiscence, sans doute, du fleuve Pharphar. Le Nahr el Aouadj^ dont le lit est marqué par une large ligne de verdure dominée par des saules et des peupliers, sert de frontière entre le district de Damas et le Hauran. Il formait aussi la limite septentrionale de l'antique royaume de Basan.
Basan, qui veut dire fertile, gras, était gouverné par le roi amorrhéen Og, à l'arrivée des Israélites. Ce royaume comprenait le pays limité au N. par la plaine de Damas et la ctiaîne de l'Hermon, à i'È. par le hj(H)el Hauran, à l'O. par le Jourdain et le lac de Tibériade et au S. par le Yarmouk qui le séparait du pays de Galaad. Après la défaite du roi 0^', son royaume échut en partage à la demi-trit)U de Manassé.
Hauran. Le prophète Ezéchiel (XLVII, 16, 18) parle du Hauran (Auranitis dans les Septante), comme frontière \. E. de la Terre sainte, el semble le circonscrire entre le territoire de Danias, celui de Galaad et le Jourdain. C'est à peu près l'ancien Basan.
Le nom de Hauran peut bien provenir du mot hébreu hûr dont les dérivés ont le sens de creuser ; de là le mot hori^ troglodythe, el celui de Horim, Horrhéens, habitants des grottes. Les nombreuses cavernes naturelles et artificielles de ce pays et ses villes souterraines habitées surtout à l'époque des géants, justifient amplement cette désignation.
Après- la conquête d'Alexandre le Grand, la Palestine transjordanienue recul le nom de Perœa, du mot grec irspav, au delà. La Pérée fut alors divisée en six territoires qui sont : 1" l'Ilurée ; 2° la Tracbonitide ; 3° l'Auraniliile: 4" la Batanée ; 5° la (iaulanitide el 6° la Pérée proprement dite. Lorsque les Romains se furent emparés de Pétra en Idumée., tout le pays transjordanien fut réduit en province romaine sous le nom de province d'Arable, avec Bostra comme capitale (106 ap. J.-C). Vers la lin du m" s., l'Arabie fut divisée en deux provinces: celle du N., qui conserva Boslra comme capitale, el celle du S., dont Pétra devint le chef- lieu,
L'Auranltide, province gréco-romaine du Hauran, avait une extension moins grande que l'ancien pays de ce nom ; mais il est difficile d'en préciser les limites. Actuellement on entend par le Hauran, la
lijedoûr.
Ce pays, fertile par nature, renfermait autrefois un très grand nombre de villes florissantes ; aujourd'hui elles sont à peu près désertes. Leurs
à Mézérîb. ITURÉE Voyage XIX. 465
magnifiques œuvres d'art et d'arehiteclure ont en partie résisté aux ravages du temps, grâce à leur construction en basalte ; elles sont des témoins éloquents du parti qu'une domination intelligente, comme la syro-maeédonienne et la romaine, a su lirer de ce pays, aujourd'hui dans la misère. De par une loi, les habitants du Hauran sont exemptés d\i service militaire, aussi longtemps qu'ils se trouveront dans un état de gêne. Or, ils détestent si profondément la vie de caserne, qu'ils n'éprouvent aucune envie d'utiliser les richesses de leur sol.
Zérakiyéh, St., 33 km. Un peu plus loin, à g., unç colline porte un sanctuaire musulman dédié au prophète Elisée, Mar Eliescha,
Iturée. Le vaste plateau qui s'étend du N. au S., depuis Kessoué jusqu'à Sounameln ot qui est borné à TO. par la chaîne de l'Hermon, s'appelle Djêdour. C'est l'iturée qui avec la Trachonitide formait, selon saint Luc (IIJ, 1), la tétrarchie de Philippe.
Les Itaréens descendaient de létur, flls d'Ismaël ^ Les enfants de Rubeu et ceux de Gad, maîtres du pays depuis TArnon jusqu'à Salécah de Basan, aidèrent Manassé à vaincre « les Hagaréens, létur, Naphiséh et Nodâb*. » Le pays des vaincus, qni s'étendait jusqu'aux montagnes de l'Herraon, fut alors occupé par la demi-tribu de Manassé '^. En 185 av. J.-C, une partie de l'iturée fut reconquise par Arislobule I", qui laissa aux habitants le choix, ou d'embrasser le judaïsme, ou de quitter le pays *. Josèphe raconte qu'à la mort de Zénodore, sa tétarchie « située entre la Trachonitide (le Ledjah) et la Galilée » fut cédée par Auguste à Hérode-'. Cette tétrarchie est l'iturée, la moderne Djédour.
Gessnr d'Aram. Il est très probable que la contrée située au S.-O. de Djédour formait le petit royaume de Gessur d'Aram et celui d'Aram Maacha, dont les habitants ne furent pas expulsés par les Israélites «. Tolmaï, roi de Gessur d'Aram, donna sa fille en mariage à David. De cette union naquit Absalon. Celui-ci, après avoir tué son frère Amnon, alla se réfugier chez son grand-père et resta auprès de lui pendant trois ans '.
Ghabaghib, St., 39 km. Le village de ce nom, à g., possède un grand réservoir avec un caravansérail en ruines.
Sounamein, St , 51 km. (674 m.). Ligne de partage des eaux.
Au S. commence le bassin du Yarmouk. Le ruisseau el Ehreir^
qui prend naissance dans la banlieue, est appel S Yarmouk par
les Bédouins. 11 l'était aussi par les anciens écrivains, d'après
M. Schumacher. Sounamein, les Deux-Idoles, est l'ancienne
ville gréco-romaine Aère. Le village est remarquable par ses
vieilles maisons et ses monuments en ruines, de vrais types
d'un style particulier au pays.
Au N. du village, on volt deux grosses tours carrées à plusieurs étages, dont l'inférieur n'a ni porte, ni fenêtre, ni escalier. Les murs construits en gros blocs de basalte noir, joints sans mortier, sont de place eu çlace ornés de belles sculptures en relief. Ce sont des mausolées qui abritent des sépulcres. Des deux anciens temples, le principal et le mieux conservé occupe le centre de l'endroit. Il est de style corinthien et fut
1. I Par., I, 31. - 2. I Par., V, 19. — 3. I Par., V, 32. - 4. A, J., X\I, II, 18. - 5. A. J., XV, X, 3. - V. Bourlier. l). IL K.. III, 1039, - 6. Jos.. XIII, 13. — 7. II R., III, 3; — XIII, 37. — ï Par., III, 2.
466 Voyage XIX. pierre de job De Damas
construit sous Alexandre Sévère (222-235 ap. J.-C), en l'honneur de la déesse Fortune, la Tychée des Grecs.
Nouqrat el Haurâji. De Sounameîn la voie ferrée entré dans la région appelée Nouqrat et Haurân, Pente du Hauran. Sa position entre plusieurs chaînes de collines lui donne en eflet l'aspsct d'un vaste bassin qui s'étend au loin vers le S.-S. E. Le sol noir-rougeâlre est composé de scories et de cendres désagrégées par les agents atmosphériques. Toute la plaine est extrêmement fertile et produit le blé au grain semitransparent tant apprécié dans le commerce. Presque sans travail, on obtient toujours une moisson abondante ; il n'y a à redouter que la sèche ressc et les sauterelles.
QouneiYéh, St., 58 km. L'industrie de meules ù moulin en basalte est très active dans ce pays.
Qoteibéh, St., 63 km. Au km. 72, on passe devant le village de Dilliy à g., où un vaste étang est traversé par la rivière Ehreir. Djèbélé I", roi des Ghassanides (ir s.), fit construire un aqueduc appelé par les Arabes Qanâtir Firaoûn^ Arches de Pharaon, pour conduire ces eaux à Edral, Déraa, et de là âi Gadara, Oumm Qeis.
A 2 km. plus loin, on laisse à g. le village de DJoueiméh. A 13 km. à ro. de ce lieu se trouve un grand bourg situé sur un carrefour d'anciennes routes romaines. C'est Naouâ, la ville de Neva des anciens. Elle était autrefois un grand centre de Juifs, comme le démontrent les nombreuses sculptures où figure le candélabre à sept branches.
A une demi-lieue au S.-E. de Djoueimèh, on voit le village d'«r Tiàfèh, que M. A. Legendre propose d'identifier avec Raphon, où Judas Machabée défit Timothée (I Mach., V, 37). Pline la nomme Raphana.
Scheikh Meskîn, St., 80 km (506 m). A Scheikk Meskîn, le Pauvre Scheikh, la ligne fléchit vers le S.-O. et entre dans le territoire de la Batanée, patrie traditionnelle de Job, et région des Astaroth, villes témoins de tant do sanglantes batailles.
La Batanée fait revivre le nom de Basan, qui en araméen, la langue du piys, est appelée BatâJi.
Scheikh Saad — De Scheikh Meskin, on aperçoit à l'C, à une dislancs de 14 km., une longue colline dominée au N. par une mosquée. Elle recouvre le tombeau de Saad, fils d'un certain Abd cl Kader, qui vint du Soudan avec un petit nombre d'esclaves nègres, auxquels il donna la liberté. Le hameau situé au N. 0. de la colline est habité par eux et porte le nom de Scheikh Saad.
Pierre de Job. A l'extrémité méridionale de la colline, une construction rectangulaire adossée contre les rochers renferme un monolithe mutilé en basalte, de 2 m. 70 de haut sut 1 m. 20 de large. Sur l'une des faces, on distingue des hiéroglyphes et le dieu Osiris avec un pharaon, probablement Ramsès II (1330-1270 av. J.-C). Au pied de la colline, un lion sculpté dans un bloc de basalte révèle Tart primitif des Hittites ou Héthéens. La stèle de victoire du pharaon est appelée Sakhrat Àyoûb^ Pierre de Job. C'est là que le serviteur de Dieu, frappé de la lèpre, doit avoir reçu la visite de ses trois amis. A TE. du Oueli Scheikh Saad, on lient en grande vénération le Hammam Ayoûby Bain de Job, parce que, après sa guérison, il s'est lavé»
à Mézérib. astauotii Voyage IIX. 467
dit- on, dans la source qui alimente ce bain. A el Merkèz, endroit situé à 1.000 pas au S. de Scheikh Saad, se trouve le, monastère de Job, Deir Ayoûb^ qui, d'après Aboulféda, fut construit au m" s. par Amr ûls de Djefna et prince de la tribu arabe des Ghassanides ^ Cette tribu, émigréede l'Yémen dans le Hauran vers l'an 10& de notre ère, embrassa de bonne heure le christianisme.
Saint Jean Chrysostome (347-407) raconle dans une de ses homélies que les pèlerinages au tombeau de Job étaient fréquents^. Sainte Sylvie (l'Aquitaine le fit vers la fin du iv* s. et trouva le tombeau de Job renfermé dans une église desservie par un évêque. Elle se rendit, dit-elle, de Thisbé, au N. de Galaad, « à Carnéa de la région Ausitide^. » Eiisèbe et saint Jérôme disent de leur côté : « Camaim. Astarotb-Carnaïm est aujourd'hui un grand village dans l'angle de la Batanée, au delà du Jourdain ; elle est appelée Carnéa. On rapporte qu'elle est la patrie de Job^. » Ausitis est le nom grec de Hus, d'après la Bible, la pairie du patient serviteur de Dieu *.
Le siège du gouvernement du Hauran lut transféré de Bosra à Mézérîb et de là près de Scheikh Saad. Une nouvelle localité se forma en conséquence sous le nom A'el Merkez, le Centre. A cette occasion, le Deir Ayoûb fut transformé en caserne turque. Malgré le remaniement des constructions et le crépissage des vieilles murailles, on découvre encore sur leurs parois des emblèmes chrétiens, comme, par ex., une croix grecque avec l'Alpha et l'Oméga «.
A 1*0. du Deir, on montre le tombeau de Job et celui de sa femme dans un« petite mosquée nouvellement reconstruite. Au iv« s., le sépulcre de Job consistait en une grotte située sous l'autel de l'église.
Astaroth'Carnaim. Dans cette région plusieurs villes étaient consacrées à la déesse du ciel des peuples sémites. Outre Astarolh-Garnalm dont il était question ci-dessus, il y avait aussi, à en croire Eusèbe, une ville du nom de Carnalm-'Astaroth et une autre du nom d'Astaroth.
Au temps d'Abraham, Astarotb-Carnaïm était habitée par des Raphaîm ^'éants qui furent battus par Chodorlahomor et ses alliés'^. Astartu figure ensuite parmi les villes de la Syrie méridionale conquises par Thoutmès III. Puis dans la Tablette n" 64 de Tell Amarna, Astartu est citée avec Edraï et d'autres villes de Basau *. D'après cette lettre, les rebelles enlevèrent Astartu à l'Egypte alors en pleine décadence. Josué défit Og, roi de Basan, et devint maître de ses deux principales villes, Edraï et Aslarpth 9. Cette dernière fut cédée à la famille lévilique de (iersom^®. Puis, lors d'une brillante expédition dans le pays de Galaad, Judas Machabée prit d'assaut la ville de Carnaïm ou Carnion réputée inexpugnable et fit massacrer 25.000 habitants qui s'étaient réfugiés dans le temple d'Atargatis ou Astarté^^
L'une de ces villes doit être identifiée avec Tell Aschtérah, mamelon artificiel qui s'élève à 2 km. 1/2 au S. du Deir Ayoûb. I« pied du monticule est baigné par le ruisseau de Job, Moyet en nébi Ayoûb, et entouré au S. et au S.-O. de vestiges de fortification qui remonte à une haute antiquité. L'autre Astaroth est le Tell Aschari, hameau qui occupe le sommet d'une colline également artificielle, à 7 km. au S. du
1. H. anteislam., 128. —2. Hom. V., P. G., XLIX, 69. — 3. Gamurrini, 67. — 4. 0. S., 112. —5. Job., I, 1. — 6. Schumacher, Across the Jordan, 10, — 7. Gen., XIV, ;>. — 8. Couder, T. A. T., 24. — 9. Jos., IX, 10. — 10. I Par., VI, 71, — 11. 1 .Mach., V, 24.
468 Voyage XIX. mézérîb De Daz/jas
précédent et à 18 km. au N.-O. de Déraa. Sur le flanc oriental, on a constaté l'existence d'une triple enceinte en gros blocs basaltiques. Au S.. < n a retrouvé les traces d'une grande ville, tandis qu'à l'O., le Tell est ' 'U'dé d'un précipice qui descend jusqu'au fond du torrent el Ehreir '. Ivifin, à 5 km. au S. de Tell Aschari et à 13 km. au N.-O. de Déraa. s'élève Mésérib, les Canaux, perchée sur un rocher qui émerge du milieu d'un petit lac. C'est à notre avis la 3* Astaroth.
En effet, Eusébe et saint Jérôme atTlrmenl que la Batanée renfermait trois localités de ce nom : i" Carnaïm- Astaroth ou Carnéa, patrie de Job, qui est, comme nous l'avons vu, Tell Aschtérah. — 2' « Astaroth-Carnaïm, disent-ils, pays des géants que Cbodorlahomor défit avant de se rendre dans la terre de Sodome. Il existe en Batanée deux bourgs de ce nom séparés l'un de l'autre par un espace de neuf milles entre Adara et Abila (de la Décapole)*. » Tell el Aschari, situé entre Déraa, Adara et Tell Âbîl, Abila répond fort bien à la place exlraordinairement forte conquise par Judas Machabée, et à la ville des géants de Cbodorlahomor. — 3" « Astaroth, écrivent-ils ailleurs, antique ville d'Og, roi de Basan, habitée par des géants... Ce lieu se trouve dans la Batanée, à six milles de distance d'Adra, ville d'Arabie^. » Cette ville ne peut être autre que Mézérfb, située à 7 milles environ de Déraa, l'ancienne Adara ou Edraî.
Daël, St., 89 km., village à g., avec une curieuse tour de mausolée.
Taffas, St., 96 km., village à dr., avec une tour-mausolée bien conservée. La mosquée qui y est attenante a été construite avec les matériaux d'une église.
Mézérlb, Terminus, 100 km. Du milieu d'un petit lac d'une eau limpide et poissonneuse surgit un immense rocher sur lequel s'étagent péle-méle les maisons de Mézérlb. Ce pittoresque Ilot est relié à la terre ferme par une longue digue artificielle, qui débouche dans des jardins ombragés d'arbres fruitiers, mais marécageux. A peu de distance, vers le N.-E., on voit l'eau sourdre de terre à gros bouillons, pour former aussitôt un ruisseau large et profond. Celui-ci traverse un beau mouHn à trois meules, exploité par des soldats turcs. Aussitôt que la farine sort du moulin, elle est réduite en pâte et mise au four par d'autres soldats. De là, les galettes minces et rondes sont expédiées dans les casernes du pays, jusque dans celles de Damas. Du moulin, le ruisseau s'écoule dans le lac Bahrct el Badjeh et, 6 km. plus loin, à 72 m. au-dessus du chemin de fer de Déraa à Caiffa, il forme une splendide cascade.
Les blocs énormes épars sur les bords du lac et les ruines près du Bammâni appartiennent à des constructions antiques. C'est là, d'après les données d'Eusèbe et de son traducteur, saint Jérôme, l'Astaroth d'où partit le roi Og, pour aller à Edral se mesurer avec les Israélites.
La citadelle en ruines, avec une mosquée au centre, à TE. du lac, a été construite par Sélim I" en 1522, pour la protection des pèlerins. Ses murs renferment beaucoup de pierres ornées de