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I. — De Damas à Déraa

Khadem, Tôte de ligne, au S.-E. du Baouâbêt Allah, sur la route des Pèlerins. Jusqu'à Déraa, le cbemin de fer court dans la même direction que celui de la Société française. Après avoir traversé la ricbe plaine de Ghoutâ^ il franchit le ruisseau Nahr Berdi et monte sur les collines d'el Asouâd, d'où Von commence à jouir du beau spectacle qu'offre le Grand Hermon. La plus grande partie de l'année couvertes de neige, ses hautes cimes, d'un blanc éclatant, resplendissent merveilleusement dans l'azur.

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Hermon. Cette chaîne de montagnes est le prolongement méridional de l'Antiliban. Les Sidoniens l'appelaient Sinon, les Septante Sanior et les Âmorrhéens Sénir. Li Bible le nomme une fois Sîon (Deut., 111, 4, 3, 13, 14), qui veut dire Elevé, à moins qu'il ne faille lire Sirion. Son nom en arabe est Djebel esch Scheikh. montagne du Scheikh, probablement parce que son sommet couvert de neise rappelle la tète blanchie du vieillard. Elle reçut le nom de Grand Hermon pour la distinguer du Djebel Dahi. en face du mont Thabor, qui, par une fausse inlerprétalion du Ps. LXXXVIII, 13, fut appelé dès le iv* s. Petit Hermon.

La chaîne de l'Hermon court du N.-O. au S.-E. sur une longueur d'environ 39 km. Le pic principal qui ressemble à un immense cône tronqué, est formé de trois cimes dont deux atteignent la hauteur de 2.670 ra. au-dessus du niveau de la Méditerranée. Cette montagne était dédiée au dieu Baal-Hermon, dont le temple en ruines existe encore au sommet. A ses pieds, vers le S., une ville reçut le nom de Baal-Gad, Baal-Forlune. C'est probablement la même que Panéas, la Gésarée de Philippe, où le culte de Pan aura remplacé celui de BaaI.

Le chemin de fer traverse ensuite le riant Ouâdi el Adjem et la rivière d'el Aouâd, le Pharphar biblique, pour entrer dans l'ancien pays de Basan. (F. p. 464).

El Kessoué, St., 18 Icm. {V, p. 464). Au sortir de la gare, la ligne contourne les contreforts du Djebel Mani et se dirige vers le S. par Deir Ali, St., 29 km.

El MousmiY^h, St., 50 km. La ligne arrive au Ledjah^ qui appartient à la Trachonitide gréco-romaine et à l'Argôb de la Bible.

L'Argôb était une contrée de Basan s'étendant jusqu'à Gessur et Aram Maacha (F, p. 465). Les 60 places fortes qu'elle renfermait devinrent la possession de Jaîr, de la tribu de Ma nasse, et sont désignées sous le nom de Havoth-Jair, Villes de Jaïr. iDeut., III, 4-14.— III R., IV, 13). Le mot Argôb vient de régôb dont la racine ragâb signifie monceau de pierres. Le Tarkum Onkelos rend Argôb par le mot grec Trachon, lieu rude, pays pierreux, d'où le nom de Trachonitide.

Trachonitide. Strabon parle de deux Trachons, ou contrées couvertes de laves. L'une est le Safah, l'autre le Ledjah. Le premier, situé à l'E., dans une plaine écartée et presque inhabitée, est peu connu. Le second, qui occupe une plaine fertile et peuplée, devînt la Trachonitide en tant que province grecque organisée. Ce territoire, que saint Luc (III, Ij mentionne aussi, comprenait, outre le Ledjah, toutes les campagnes avoisinantes, jusqu'à Bosra.

El Ledjah est une véritable mer de laves vomies par les cratères du Tell Schihân et du Tell Ghararat el Qibliyéh (1.211 m.), cimes septentrionales du Djebel Haurân. Pendant que la nappe liquide en ébullition se refroidissait, une terrible tempête la mit en fureur comme un océan. Une fois consolidée, elle fut déchirée dans tous les sens par une suite de violents tremblements de terre. Cet âpre plateau s'étend à 40 km. au N.-O. du centre des éruptions volcaniques, sur une largeur moyenne de 30 km. Aujourd'hui, il ne s'élève que de 8 à 10 m. au-dessus de la plaine environnante ; mais la masse lavique s'enfonce, dit-on, à 200 a\. dans le sol. Partout elle est sillonnée d'innombrables crevasses, qui se coupent dans toutes les directions et forment un inextricable labyrinthe de ravins et de précipices, dont les flancs sont perforés d'une multitude de cavernes. Aussi, à toute époque, ce canton otTrit-il un asiîc sûr aux individus comme à des populations entières menacés par un ennemi ou par la justice. C'est pourquoi les Arabes lui ont donné Je nom de Ledjah, qui signifie refuge.

Lo plateau présente sur ses bords de profondes CL'hancrures qui

à Déraa.

PHAENA

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forment des baies et des promontoires. A l'intérieur, les laves désagrégées ont créé, en comblant les crevasses, de vraies oasis d'une prodigieuse fertilité. Dans le pourtour de cette contrée, on compte huit anciennes cités et quinze bourgades, et à l'intérieur, quatre villes et une dizaine de b3urgades. La plupart d'entre elles sont encore entourées de hautes murailles et possèdent de beaux monuments d'architecture en ruines, qui témoignent de leur importance et de leur richesse primitive.

Fhaena. El Mousmiyéh est TaDcienne Phaena, capitale de la Trachonitide, et siège épiscopal au iv* s. On y arrive de la

plaine par un labyrinthe de rochers, traversé par une route taillée dans la lave. Ce bourg possède une petite garnison turque.

Parmi les anciens monuments de Mousmiyéh, se distingue le Prétoire, basilique civile d'ordre dorique, consiruite de l'an IGO à Tan 16D de notre ère par la 3* légion gallique. L'édifice est dans un excellent état de conservation ; il ne manque que ta coupole d'arête qui recouvrait le carré central ^

Gonstantia. Bourâk, village situé à 6 km. au N.-E. A' el Mousmiyéh, était autrefois une ville importante, comme le témoignent les débris de ses monuments. On veut l'identifier avec Gonstantia, fondée par l'empereur Constantin et mentionnée par Hiéraclés parmi les villes épisco- 1 aies de l'Arabie du Nord.

Le train prend la direction S.-O., pour contourner le Ledjah et passe à 4 l(m. de la ligne de Mézérib. On rencontre successivement les stations de Djébâb, Tibnéh, Mahaddjéh et Schaqra. Ezra, St., 90 km. Le village est assis sur un promontoire de laves et n'est accessible que par des défilés. C'est l'ancienne

Zora ou Zoroa des Romains. Au N -E., on voit une église baptismale construite Tan 515 par l'évêque Varus. C'est une reproduction, sur une petite éclielle, de la cathédrale de Bosra construite en 513. Le baptistère d'Ezra sert d'église paroissiale aux Grecs Melchites, sous le vocable de Saint-Georges.

La voie ferrée croise ensuite ïOuâdi Qanaouât. En remontant cette vallée, on rencontre d'abord, à 12 km. d'Ezra, Bousr Plan du baptistère . el Hariri, qui est un des deux Bosor, le

Bosor du désert, dont s'est emparé Judas

Machabée {V. p. 469). Plus haut, sur les

pentes du Djebel Haurân, se trouve Qanaouât (1.24i m ), la

Plan du prétoire de Mousmiyéh.

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