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M, de Vogué, Syrie centrale

472 Voyage HX. mont basan De Damas

Kanath gréco-romaîDe, ville importance sous les Antonin et

siège d'un évéché au iv^ s.

D'Ezra, le chemin de fer s'éloigne du Ledjah pour traverser la

Nouqra {V. p. 466). Arrivé au km. 104, il franchit le Ouâdi el

Ghaz. De là, à 2 km. vers l'E., on aperçoit le village d'i/ma,

qu'on propose d'identifier avec la place forte d'Alîma conquise

par Judas Machabée (I, Mach., V, 26), lorsqu'il se fut emparé de

CarnaTm.

Montagnes de Basan. A rextrémilé orient-ile de la vaste plaine se dressent les masses sombres du Djébet Haurân, api)elé pins communément Djebel ed Drus, parce que, comme le Ledjah, il est habité princlpaleraenl par des Druses. Dans quelques localités demeurent aussi des Grecs Melchiles et des Grecs non-unis. Les Romains le connaissaient sous le nom de Mons Asaldamus, el dans les Psaumes (LXVUI, 16-17):^ il est désigné sous celui de montacrnes de Basan, que la Vulgate a rendu par mxms pinguis, sens littéral du mot basan.

« Montagnes de Dieu, montagnes de Basan,

Montagnes aux cimes élevées, montagnes de Basan !

Pourquoi êtes-vous jalouses, hautes cimes,

De la montagne (de Sion) que Dieu a choisie pour son séjour?

Jahvé y habitera à jamais. »

Cette imposante chaîne de massifs volcaniques fermait au N.-E. le pays transjordanien des saintes Ecritures. Ses cimes qui ressemblent à «les blocs calcinés par le feu, sont nombreuses, et la plus élevée d'entre elles, le Djebel DjoiieiiU arrive à 1.782 m. au-dessus du niveau de la mer.

I*armi les villes qui illustrèrent jadis le mont d'Asaldamus, citons encore Schôba, au S. du Tell Schihâv. C'est Phillppopolis fondée par l'empereur romain Philippe l'Arabe ou le Trachonile (244-249). Il naquit en ce lieu et avait embrassé le christianisme d'après Victor Aurèle et Eusèbe. Phiiippopolis formait un évêché sulTragant de Bostra, ainsi que Dionysios, identifiée par certains paleslinologues avec Soueida. L'ancienne ville de Mardoka répond au village de Mourdoûk, Atlilla. à .1/*/, Dorea à ed Doûr. Sur le tlanc septentrional de la montagne, Sacchsea est remplacé par le village de Schaqqa et Heita par celui (Vel Haydt. Toutes ces localités sont riches en ruines archéologiques. Sur les pentes méridionales du Djebel Hauràn se rencontre Salkhad, l'ancienne ville de Salécah, jusqu'où arrivèrent les lils de Gad, lorsqu'ils prirent possession du pays de Galaad. iDeut., IfL 10). iiosra, également dans la plaine, est probablement la ville de Basara des Machabées (1 Mach., V, 26-36), mais ceriainement la Nova Trajana Bostra des Bomains, capitale de la province de l'Arabie et centre de commerce de la Syrie centrale.

Khirbet Ghazaléh, St., 115 km. ,614 m.). Au-delà de la gare, on franchit le Ouâdi ed Dahâb, vallée d'Or, et l'on rencontre à dr. le village à^Oiamân^ où se trouvent les traces du Qanâtir Firaoûn {Y. p. 466;, et à g., le hameau en Noueiméh.

Déraa.

station centrale. Buffet 575 mJ. C'est la ville d'Edra! de la Bible.

Histoire. Déraa est composée de plusieurs villes superposées. L'inférieure, toute souterraine, est taillée dans le roc. C'est le plus beau type (les demeures troglodytes; il constitue, sans doute, l'œuvre de ces

à Déraa.

edha.'l

Voyage XIX. 473

C'eal là. h l'eiilréo de son rojruumi!, qu'i] pBsaj-fl d'arrêler la inanjhe vicloriease du peaple de Dieu: mais il trouva la mort sur le cli3ii][i de bataille. DF^puia lors, il n'«sl plus <jaestion d'Edral dans la Bible,

SODS la (loiulnatioii dps Grecs el des Romains, Ediaî, appelée Adraa,

était une des rilles les plus importantes de la province d'Arabie, et

eouiDie Bosira et Pétra. elle jouissait du urirlléee de ballre nionnaie.

Sur l'une d'elles, la lace représente le busle de Lurille Auguste, lille de

Març-Auréle (161-lP"' - '-

Cammoi

e Morui revers le dieu isdes Arabes, Du

populatloti d'environ S.UOO habitants.

Deeorl^itloii de la TlUe. Déraa, située a

' naturel, et au S. par une lorle dé|iresslun . , [armée par un rporun

Plan de Déraa. jes collines de Zi.iim-

Uk. On Irancbit le oaàdl Zadi, sur un beau pont a cinq arrhes construit après l'Invasion niusulmsnc avec les matériaux d'un pont romain. L'aqaeuuede FlraDdii passait sur ce pont par le moyen d'un gna mur bAti en amont. A g. du pont, une jiompe i vapeur envoie l'eau à la station. Au f •■- '- ■'"s'élève le hérak, petite colline conique occupée jadis par I illle poSBède d'intéressantes maisons du vrai type haurau! de ruines et de sculptures romaines, sartoul au S,-E,, sul HOBcpiée. La mosquée construite en ISÎi occupe l'empl basilique chrétienne, qui elle-même aval t été bll lie avee les matériaux en basalte pratenaiit de deux temples, l'un d'ordre ionique et l'autre d'ordre corinthien, sans doute ceui de Tyehéc et rie Dousira. Le roudk, ou salle de prière ilj, ' ■ le ITi. à l'A. et divisé par *T

iladello. La - du Sérail.

ir-™

iniËrea assises d'une 0 abside située derrir , K^isih, église.

474 Voyage XIX.

I Bans marlier, La pai

qui munlalt aulreluls dans l'église ou au temple. Tille «oaterrRlne. Ceit« éiTaone tiié, dllE ta principale merveille de Déraa. KJIe coDsiste

IK'qacnl dans le Hauran, et les églises.

à r.'liausser la mijeslé du temple thii-

aiè d'un piédestal lures ; sur la lace

e. Chaque face eel laquelle s'ouvrent encore un escalier

lenl accessible, esl iste réseau de cou- CBlcafre. Ces laby-

lolrs et de salles lalllt.

rinlhes s'étendenl sous

sieurs entrées secrfcles. Celle, par laquelle y péi " f%-146}, esl percée '

Plu-

nancB du Ouàdi

i. Celle-ci donne acc*s dans Biiegrulle arliS loiiit, 7 de large et 3 de haul. De pareilles pi autres par des pflBsaiîBB r' — ' — '"'

luit par des soupiraux sous forme

rréguli^re. 1a voûte Irs dans la nasse:

lines, ce i|ul prouve ers tous les sièctes.

irunllon. Notons encore des niches destinées

Knr les animnui et des-clternes en larme de bouteille di I plus profondes, à 11 m. cous terre.

à Déraa, EDRAÏ Voyage XÏX. 475

ûes Abbassides, avec un grand nombre d'inscriptions coufiques. La langue da pays était l'araméen. L'éeriture nabathèenne, en usage dans toute la région transjordanienne, dérive de la souche araméanne ; des formes presqu'hébraïques, elle passa par degrés aux formes coufiques. A partir du VIII* s., cette écriture s'enrichit de signes et de points diacritiques et produisit l'écriture arabe actuelle.

IL — De Déraa au lac de Tibériade.

De Déraa, rembranchcment de GaiiTa remonte à ro.-N.-O., laisse à dr. le village de Djoumah^ puis celui û'ed Djedoildi^ ancienne localité chrétienne dont l'église est transformée en mosquée. D*A'in Oumm el Amâd (10 km.), où la locomotive fait sa provision d'eau, une ligne de raccord monte à Mézérlb distant de 3 km.

Le chemin de fer franchit ensuite la route des Pèlerins. De celle-ci se détache une antique voie qui descend dans le pays de Galaad, et qui, à 30 km. de distance, arrive dans un canton plein de souvenirs bibliques. C'est là qu'on cherche Nahanaim illustré par Jacob, Isboseth et David, ainsi que Thisbé, patrie du prophète Elle.

Galaad. Avant de se séparer de Liban son beau-psre, Jacob érigea avec lui un monument comméraoratif, qui devait rester le témoin de leur réconciliation. Il fut appelé Galaad, Monceau-témoin ^ Ce nom fut appliqué à toute la région située entre le Yarmouk et le Jaboc, Nahr ez Zerqa; il s'étendit plus tard à tout le pays compris entre l'Hermon et l'Arnon. Cependant, par montagnes de Galaad la Bible entend le Djebel Adjloûn. Galaad, dans le sens restreint, devint sous la domination macédonienne la province de Pérée proprement dite avec Pella pour capitale. Aujourd'hui, cette région qui comprend les montagnes d^ Adjloûn et la Belqaa, forme le Kada d'Adjloûn avec Irbîd comme chef-lieu.

MahanaXm. Après avoir quitté son beau-père, r Jacob poursuivit son chemin, et des anges de Dieu le rencantrèrent. En les voyant, il dit: C'est le camp 'Maiianéh) de Dieu ! et il donna à ce lieu le nom de Mahanaïm *. » A l'arrivée des Israélites sous la conduite de Josué, Mahanaïm était une ville située au N. de Galaad, pi'ès des frontières de Basan. Elle fut cédée aux fils de Gad et devint ville lévitique et ville de refuge^. Après que David eût été proc'amé roi par la tribu de Juda, Isboseth, lils de Saûl, choisit Mahanaïm comme capitale de son royaume ; mais sept ans après, il y fut assassiné. David, à son tour, se réfugia à Mahanaïm pendant la rébellion d'Absalon. Celui-ci périt d'une manière tragique dans la forôt d'Bphralin près de Mahanaïm ^.

Entre Irbid et Hosn se déroule la vallée A'el Mahnéh qui renferme une ancienne localité en ruines portant le même nom. Au xiii* s., Estori ha Parchi indiqua Mahanaïm « à Mahnéh, à l'orient de Bethsan. en ligne droite, à une demi-journée. » C'est évidemment le Khirbet el Mahnéh distant de Beïsan de 30 km. à vol d'oiseau. Le P. Van Kasteren ^ et M. L. Heidet ^, s'appuyant sur de bonnes raisons, identifient el Mahnéh ou el Minéh avec Mahanaïm.

1. Gen., XXXI, 47. - 2. Gen., XXXII, 12. - 3. Jos., XIII, 26-30; — XXI, 3738; - 4. II R., XVII, 27; - XVIII, 6. - 5. Z. D. P. V., 1891, XIII, 2(tô. - 6. D. B, V., IV, 571 576.

476 Voyage XIX, cascade De Déraa

Tisbéh. A une heure au N.-E. d^el Mahnéh, se présente une ancienne localité du nom d'el Eslib ou Lestîb, qui, d'après la tradition locale, est Thisbé, patrie du prophète Elle. Le rabbin Èstori ha Parchi indique la patrie du Thesbite à « el Estéb, à une heure d'el Mahnéh vers le N. » Dans un ancien document arabe le prophète est, en efiet, appelé « Elie TAstabi. » Sainte Sylvie d'Aquitaine se rendit aussi de Salimprèsde Bethsan, au tombeau d'Elie à Thisbé et de là à celui de Job à Carnéa. Le sommet qui domine el Ëstib porte le nom de Mar Elias. A environ une heure d'el Kstîh, passe une vallée, Ouâd et Yabis, qui est tenue pour celle de Carith ^, dans laquelle se réfugia le prophète, et où les corbeaux lui apportèrent régulièrement du pain et de la viande ^.

La voie traverse ensuite le Ouâdi ed Dahâb^ et descend jusqu'en face de

Tell esch Schéhab, St. (351 m.\

Tell esch Sehéhâb, colline du Héros, est un florissant village situé à l'extrémité d'une sorte de promontoire. Bâti sur un rocher de 15 à fô m. de hauteur, le village est entouré presque partout de gorges profondes et n'est accessible qu'à l'orient, où l'on voit des traces de fortification, d'ailleurs peu anciennes.

Par un demi-cercle à faible rayon, la ligne se retourne vers FE.-S.-E., passe par un petit tunnel et, produisant brusquement une nouvelle courbe, elle franchit le Ouâdi el Meddân, prolongation de la vallée de Zâdi. Elle reprend ensuite sa direction O.-N.-O. et descend dans la profonde gorge qui contourne la colline de Tell esch Schéâb. Bientôt on arrive à la jonction du Ouâdi Meddân avec le Ouâdi el.Badjèh qui descend de Mézérlb et offre dans ce coin un ravissant spectacle.

Cascade du Nahr el Badjèh. La masse d'eau de la rivière el Badjèh tombe en large nappe d'un immense banc de rocher haut de 20 m., et se précipite de cataracte en cataracte à travers une gorge étroite de roches basaltiques. Depuis la cascade jusqu'au fond de la vallée, les eaux blanchies par Tôcume font tourner plus de trente moulins d'un caractère tout primitif, mais la plupart pittoresquement nichés dans de larges crevasses garnies d'arbustes et de plantes grimpantes.

Après avoir traversé le Ouâdi el Badjèh, appelé ici et Telly le train suit une voie taillée dans le flanc du haut plateau de Zeizoûriy traversant deux petits tunnels.

A 5 km. du pont, on rencontre à dr. une nouvelle cascade non moins imposante que la première. Les eaux mugissantes se précipitent de rocher en rocher à travers une végétation luxuriante, mais sauvage, et, après une chute de 240 m., elles vont se perdre dans le torrent sinueux qui coule au fond de la vallée (1722 m.). Pendant longtemps l'on voit briller la nappe d'argent de la cascade, et de fort loin on entend le murmure de ses eaux.

Zeizoûn, St. Au sortir d'un nouveau petit tunnel, on arrive à 1. m R., XVII, 3-5. - 2. K. Van Kasteren, ioc. cit, - Heidel, loc. cii.

au lac de Tib. djaulan Voyage IIX. ill

la gare de Zeizoûn, où la machine fait une nouvelle provision d'eau.

Le village de Zeizoûn occupe le bord du haut plateau. Dans son voisinage, des sources surgissent de terre avec une telle abondance qu'elles forment aussitôt le large ruisseau qui se précipite du haut des rochers. Aux alentours, on rencontre beaucoup de chapiteaux, de corniches et autres sculptures de styles corinthien et ionique, des vestiges de thermes et des inscriptions grecques d'origine chrétienne. M. Schumacher propose didentifier Zeizoûn, de préférence à Beit er it«5, avec GapitoUaii, importante ville romaine mentionnée par i^tolémée.

Le chemin de fer suit les méandres du torrent qui porte ici le nom de Nahr Zeizoûn, passe au-dessous du village de Qoni el Qoussoubj colline des Roseaux, et s'avance jusqu'à la pointe du Tell el Makarîm resserré au N. par une vallée profonde. Celleci sert de lit à un grand cours d'eau formé d'un côté par le Nahr Âllân qui vient de Sounamein et qui recueille en passant les eaux de la rivière de Job, et d'un autre côté par le Nahr el Ahlln qui descend du Tell el Kara au S. de Djédoûr. Presqu'à l'endroit où cette rivière fait sa jonction avec le Nahr Zeizoûn, vient déboucher le Ouâdi esch Schellâléh qui amène ses eaux du S. La réunion de ces rivières forme proprement le Schëriât el Ménadirëh ou le Yarmouk.

Tell el Makarîm, St. Par un brusque détour, la voie contourne la pointe du promontoire et prend la direction E.-N.-E. Après avoir franchi la rivière formée par l'Ehreir et TAllàn, elle revient au S. et traverse la pointe S.-E. du Djaulân, l'ancien Gaulon.

Le maalân est limité à l'E. par le Nahr el Allân et à l'O. par le lac de Tibériade et le Jourdain supérieur. Le Yarmouk le sépare du district d'Adjloûn au S. et le Nahr el Hôschaba près de Banias, de celui du Djebel esch Scheikh ou l'Hermon au N.

Gaulon, en hébreu GolâJi, était une ville sacerdotale et une ville de refuge du pays de Basan, appartenant à la demi-tribu de Manassé (Deut. IV, 43. — Jos., XXI, 27). Au temps d'Eusèbe, c'était encore une ville considérable. Elle subsiste jusqu'aujourd'hui sous le nom de Sahem ed Djaiilân, village situé à 2 km. à l'E. du Nahr et Allân et à 7 km. au N.-N.-O. de Zeizoûn. On y voit entre autres ruines celles d'une tour carrée de 15 m. de hauteur, à côté d'une belle construction qui semble avoir été une église. M. Edmond Rothschild y a établi une colonie juive.

Anciennement, la ville avait donné son nom à un district appelé Gaulanitide, qui avait une plus grande extension vers l'orient que le Djaulân moderne. Sahem ed Djauîân est en dehors des limites géographiques du Djaulàn administratif ; mais, — chose remarquable, — par exception, le gouvernement considère toujours ce village comme faisant partie du district.

La ligne franchit la première fois le Yarmouk sur un beau pont en pierre, à o5 m. au-dessus du niveau de la Méditerranée, et suit quelque temps sa rive gauche.

Tarmouk. Le nom de ce fleuve ne se rencontre pas dans les Livres saints. Pline l'appelle Hleromax et le Talmud Tarmoch. Les Arabes l'appellent Schëriât el Ménadiréh. Schériât veut dire abreuvoir- et

478 Voyage XIX. abila De Berna

Ménadiréh est le nom de la tribu bédouine qui jouit du droit de pâta* rage dans ce district et cultive les pentes de la gorge.

La vallée affecte ici un aspect vraiment grandiose et pittoresque. L'œil rencontre partout des gorges boisées, dos torrents mugissants, de gracieuses cascades, d'énormes rocs éboulés au pied de pics qui s'élancent hardiment dans les airs, prenant les teintes et les formes les plus variées. A 3 km. du pont du Yarmouk, on voit à dr. des masses gigantesques de basalte ou de calcaire taillés à pic et recouverts d'une épaisse couche de laves, qui se révélera sur plusieurs points du parcours jusqu'au delà d'ei Hamméh.

Cette masse lavique a été vomie à l'époque historique, croit-on, par le Tell et Paras, volcan éteint situé à 30 km. au N. Li lave, en envahissant la contrée, s'accumula dans les vallées. Les eaux des torrents formèrent alors des lacs en amont, jusqu'à ce qu'elles aient réussi à se frayer un nouveau passage à travers la masse poreuse. C'est ainsi que se sont formés des lils souterrains ou nombre de gigantesques ponts eu lave, qui, sous l'action de l'eau et des mouvements sismiques, finirent par s'écrouler. Forcé de déplacer san lit, tantôt à dr., tantôt à g., le Yarmouk charria pendant de longs siècles d'immenses morceaux de pierres volcaniques et créa ces murailles verticales et hautes de 20 à 40 m. qui bordent parlois ses flancs.

On passe ensuite devant le Ouâdi el Qoeïlhi^ à g., qui mène

au Tell Ahîl (8 km.). C'est le site d' Abila, ville de la Décapole.

Eusèbc l'indique sous le nom d'Abela à 12 milles à l'orient de

Gadara.

Décapole. Un grand nombre de villes païennes, assujetties aux Juifâ par Alexandre Jannée (104-78 av. J.-C), obtinrent leur liberté après la prise de Jérusalem par Pompée, l'an 63 av. J.-C. Dix d'entre elles, toutes situées au delà du Jourdain, excepté Scythopolis, formèrent une confédération à laquelle les montagnes d'Adjloùn servirent de noyau principal. Avec le temps, plusieurs de ces villes se détachèrent de la confédération, et de nouvelles y adhérèrent, de sorte qu'on ne saurait donner un sens bien déterminé à cette expression Décapole, et encore moins définir l'étendue de son territoire qui, d'ailleurs, n'était pas homogène.

Ez ZeYY&^ln» ^i- Le lit du fleuve se trouve à peu près au niveau de la Méditerranée. Au N. du Yarmouk, à l'embouchure du Ouâdi ez Zeyyatîn^ on voit un joli coin de terre planté de vergers et de vignes. La voie croise le fleuve pour suivre sa rive droite, passant au-dessous du village d*el Qoùiyéh. Elle s'avance jusqu'à l'extrémité du promontoire d*Arqoûb er Rahouâh formé par la vallée profonde qui amène un nouvel affluent considérable : c'est le Nahr Rouqqad qui prend naissance au pied de l'Hermon. Avant d'atteindre cette rivière, le chemin de fer se replie brusquement vers le S., franchit le Yarmouk ( — 47 m.), dont il suit les sinuosités sur la rive g.

Ouâdi Qeleit, St. La vallée de ce nom monte au S. et renferme le grand village de Sahem el Kafarht. La ligne repasse sur la rive dr., puis de nouveau sur la rive g. à A!n el Ghazâleh, St., où s'étend une belle terre couverte de palmiers

au lac de Tib.' EL HAMMÉH Voyage XIX. 479

et de lauriers. Bientât elle traochit le fleuve sur le premier des quatre grands pools, dont le tablier en fer repose sur des piliers (le SO a 28 m. de bauteur. A g.,-apparalt le village à'el Ehsoùn. Au S., sur la montagne, on aperçoit les ruines de Cadara, dont nous parlerons tout à l'heure. Par un second pont en fer, la voie entre dans je pittoresque territoire d'el Hamméh, St. ;— 180 m.).

El Hamméh.

Le fleuve lait un angle aigu au S.-E. et un angle obtus au l^.-O. et forme avec la muraille rocbeuse du N. un quadrilatère d'environ 2 km. l/î de longueur de l'E. à l'O., et 1 à 2 km. de

largeur. En entrant dans celle petite plaine, on rencontre A'in es Sakhnéh ou Ain, Saad ei Far, source d'eau claire et potable de 2î' C. Elle est tellement abondante qu'elle tournit 1.503 litres par seconde. Le ruisseau qu'elle forme traverse le quadrilalëro en diagonale, au milieu d'un marécage couvert de lauriers et de roseaux el, après avoir fait tourner un moulin, il se jette dans le Varmouk. A dr., le rocher taille perpendiculairement sur une bauteur de 20 m. par l'ancien cours du fleuve, est une masse de lave, percée de grotles naturelles. Elles étalent habitées par des troglodytes, comme l'ont démontré les fouilles qu'on f a prali-

480 Voyage XIX. gadara. De Déraa

quées. On arrive ensaite à la gare d'el Hamméh. L'odeur d'acide suif hydrique dont l'air est imprégné devient de plus en plus sensible. En effet, vers l'angle N.-O.'de la plaine se déploie un grand bassin naturel au milieu duquel faillissent plusieurs sources d'eau sulfureuse d'une température de 40^ G., et d'un débit de 1.000 litres par seconde. C'est le Birket ed Djarâb. A 2 m. 1/2 du bord de l'élang on voit sourdre une source d'eau potable de 2o'' G., qui se déverse dans le bassin voisin. Les Arabes l'appellent AinBoulos^ source de Paul. Ges précieuses eaux minérales sont soigneusement recueillies dans un canal et amenées, toutes fumantes, sur la roue d'un moulin primitif, où elles sont utilisées pour moudre le blé ; de là, elles s'écoulent dans le fleuve. Au-dessus du moulin, un canal de dérivation conduit le trop-plein vers Tangle N.-O. dans un étang long de 90 m.

La principale source thermale sulfureuse jaillit au S., avec une température de 50» G. et un débit de 1.700 litres par seconde ; elle est appelée Hammet Sélim ou Birket el Hâbei Une autre source de même nature forme le Birket er Rih au S.-E.

Toute la partie occidentale de ce merveilleux terrain est couverte de ruines d'antiques monuments. On voit entre autres les restes de thermes romains autour du Hammet Sélîm, un théiUre assez bien conservé au N.-E. du Hammet, et les vestiges d'un temple ou d'un château sur le mamelon qui s'élève au S. du Birket ed Djarhb.

Du mois d'avril au mois de juin, ces bains sont fréquentés par les indigènes qui y passent le jour sous les tentes ou dans des cabanes et prennent leura ébals après le coucher du soleil. Mais les baigneurs sont obligés d'amener avec eux tout ce dont ils ont besoin ; car ils ne trouvent absolument rien dans ce désert. La construction du chemin de fer perniellra de mieux utiliser à l'avenir ces sources si appréciées dans le passé. Le lerrain appartient à un particulier d'Akka, et les sources sont la propriété du sultan. Pour les Bédouins, cette petite plaine est un asile inviolable, une terre de refuge.

Hammat. El Hamméh est l'ancienne Hamm<i,t^ thermes de la ville de Gadara.

Eusèba (0. S. 22) dit une première fois : « Dans le voisinage de Gadara se trouve une villa appelée Ammatha, où jaillissent des eaux thermales. » Il ajoute ensuite (0. S. 74) ; « Gadara est une ville transjordanîenne située en face de Scythopolis et de Tibériade, sur une montagne au pied de la<(uelle s'échappent des eaux chaudes entourées de thermes. » Les Romains venaient prendre leur bain dans cette étuve, puis remontaient sur la crMe de la montagne où l'air est frais et pur et la vue splendide.

Gadara, aujouM'hui Oumm (Jets ou Mqois, est située à 530 m. audessus d'el Hamméh, à une heure de marche de ces sources. Elle constituait toujours une des villes les plus importantes de la Pérée, et était le •H^f.ij.».. H».,« Hio*-!«» ««-.»„„iî« ^lA ri-j — i^-iji^ Conquise en 218

3 par Alexandre

par amour pour

Démétrius, son alTranchf, qui naquit en cette ville. Plus tard, elle devint le siège d'un des cinq synodes juifs établis par Gabinios. Auguste la céda

au lac de Tib. es sémak Voyage XII. 481

à Hérode le Grand. Pendant la guerre des Juifs, elle fut dévastée par Vespasien. Au iv* s., elle devint le siège d'un évèché et continua à prospérer jusqu'au vu* s., comme toutes les autres villes de la contrée. Mais la fatale bataille du Yarmouk fît disparaître presque complètement le christianisme dans la Syrie, et avec le christianisme disparut aussi la civilisation.

Les ruines de Gadara, qui occupent un vaste plateau, sont imposantes. Partout on rencontre, au milieu de sculptures de toutes sortes, des ves* tiges de temples, de théâtres, de châteaux et d'églises. Les beaux tombeaux taillés dans le roc servent aujourd'hui d'habitations aux musulmans. Les anciens géographes arabes appelèrent Gadara Djadar, nom qui est resté attaché aux cavernes du voisinage, Djadoûr Oumm Qeis.

A l'extrémité occidentale du district d'el Eamméh^ à un brusque détour du Yarmouk, on voit des cavernes d'un genre différent des précédentes. La coulée de lave repose sur un rocher calcaire assez tendre, perforé de grottes en partie artificielles et d'un curieux travail. Elles s'ouvrent à 10 m. au-dessus du sol.

On franchit le Oeuve sur un 3% puis un 4« pont en fer, l'un et l'autre suspendus à une trentaine de mètres au-dessus du cours d'eau. La ligne s'éloigne ensuite du Yarmouk et, au hameau A*ed Douer ^ elle sort de la vallée aride et déserte pour entrer dans la plaine du Jourdain, large de 6 km.

Es Sémak, St. £n quelques min. le train arrive à la gare d'es Sémak, sur le bord du lac de Tibériade (— 212 m.). La vue sur le lac et les montagnes environnantes est magnifique. Tibériade reste en grande partie cachée derrière les promontoires ; mais Tabigah s'accentue nettement par sa verdure, et Capharnaûm est indiqué à l'extrémité septentrionale du lac par l'entrée de la vallée suivie par le Jourdain. Au-dessus de Capharnaûm, apparaissent la ville de Safed et plusieurs villages.

D'es Sémak à Tibériade en bateau à vapeur, on met 35 min.; — en barque à voile, 1 h. à 2 ; — à cheval, le long du lac, il faut 4h. - (F. p. 431).

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