GAZA
Etat actuel.
Pour visiter la grande mosquée, il faut en demander rautorisalion au Kaimmakani, qui habite le Séraïl, à quelques pas au N.-E. du monument. Il fait accompagner les visiteurs par un saptiéh, sergent de ville^ auquel on donnera 1/4 de medjidiéh ou plus si le groupe est considérable. A Gaza, la piastre n'a à peu près que la moitié de la valeur deXelle de Jafla et de Jérusalem.
Gaza est une des plus grandes villes de la Palestine. Elle compte environ 40.000 habitants, dont i.OOO sont Grecs nonunis, 150 Israélites, 100 catholiques de rites divers et oO protestants. Tout )e reste est musulman. Elle est le siège d'un Kaimmakam et possède «a bureau de poste et de télégraphe infernalional, avec une pelile garnison.
La cité, aussi laide à l'intérieur qu'elle est belle vue à distance, se compose de deux parties : Fâ Tille haute, Tancienne place forte, qui occupe la colline, et la ville basse, ou les faubourgs qui s'étendent dans la plaine à l'E. et au S. Celle-ci est appelée la Gaza-Nouvelle parles historiens du moyen âge; eo temps de guerre, elle était généralement déserte ou détruite.
La ville haute renferme au S. (Il) le quartier chrétien avec l'oratoire et Técole de la mission catholique (1), le vaste établissement de la mission protestante anglaise (3) et la paroisse grecque non-unie (2), dont l'intéressante petite église renferme le tombeau de saint Porphyre. Elle a été construite au v' s., rebâtie au xii*" et restaurée au siècle dernier. Du monument primitif, elle a conservé le plan et deux colonnes en marbre gris avec chapiteaux corinthiens, qui eux-mêmes proviennent d'un édiûcc plus ancien.
La Grande mosquée, Djâmia el Kébir^ s'élève au sommet de la colline, au centre de la ville haute (4). C'était une splendide église du xiv s. dédiée à saint Jean-Baptiste et servant de cathédrale à l'évèque grec. Elle a probablement remplacé la basilique que l'impératrice Eudocie fit élever à l'emplacement du Marnéion. Les colonnes de marbre gris veiné de bleu qui ornent les quatre faces des piliers cruciformes sont remarquables. Dans la nef centrale, à la hauteur des chapiteaux des colonnes voisines, elles se terminent par un gros bourrelet rond d'où s'élance un nouveau fût de même module, jusqu'à la naissance des voûtes. L'un des fûts supérieurs porte en relief un candélabre à sept branches avec une inscription hébraïque. Il appartient, comme le pense M. Glermont-Ganneau, à l'une des trente colonnes envoyées par Eudocie, et provient probablement de la synagogue de Césarée. Les trois absides ont disparu pour faire place à un grandiose minaret octogonal. Au N., les musulmans ont ajouté une 4* aile, dans laquelle s'ouvre la façade. Le grand porche qui précède le magnifique portail de l'O., la disposition