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Jos., XÏX, 20, 25, 26. - 2. I Par., VI

à Beyrouth. AGHZIB Voyage XXIV, 527

Après avoir dépassé el Menschiyéhy puis el Badjèh, on passe sous une arche de l'aqueduc, laissant à dr. le ciiâteau d'Abdallah Pacha, successeur de Djezzar Pacha.

Séméron. A 5 Itm. d'Alilia, on franchit le pont du fiahr es Semîriyéh et, 1 Icm. 1/2 plus loin, on traverse le joli village de même nom. Es Simîriyéh est le casai Somelaria des Croisés «tirés probablement la ville de Séméron, qui dans la Bible vient immédiatement avant Achsaph, et dont le roi fut vaincu par les Israélites à Mérom ^

Bethémec. A dr., on aperçoit à 5 km. de la route deux villages, Koueikat et el Amqa. Ce dernier est l'Amtqo du Talmod^. On l'identifie aussi avec Bethémec, en hébreu Beth ha émeq, Maison de la vallée, ville occidentale de la tribu d'Aser ^. Un peu plus loin, apparaissent Scheikh Danoûti, Scheikh Daoûd^ el Gabsiyéh^ el Kaouéh et el Qâbri (120 m.). Les belles sources do ce dernier village fournissent les eaux à Saint- Jean d'Acre au moyen de l'aqueduc qu'on a rencontré sur la route.

h' es Simîriyéh on arrive près d'el Mezraah (1 k. 1/2). On passe ensuite sur le pont du Nahr Mefschoukh (2 km.). On laisse à dr. les villages de Khirbet Oumm el Ferdj et de Dar Djébakaniy pour arriver (4 km.) en face de Khirbet el Amoud, ruines des Colonnes, que quelques-uns proposent d'identiOer avec Amaad, ville d'Aser ^.

Aehztb. 20 min. plus loin, au N.-O., on rencontre le village ù'ez Zîbj gracieusement perché sur une colline artiflcielle au bord d'une petite baie. Ses vergers sont ornés de quelques beaux palmiers. C'est Achzlb ou Achazib, ville d'Azer ^, dont les Israélites ne purent s'emparer ^. Dans les tablettes cunéiformes, on la trouve sous le nom û'Àk-zi-bi^ et dans les <Buvres des écrivains grecs et latins sous celui d'Ecdippe.

Pendant qu'Anti^ODe cherchait, avec l'aide des Parthes, à usurper le trône de son frère Hyrcan II, roi et grand-prêtre, ceJui-ci se rendit en Galilée, avec Phasaël, frère d'Hérode et gouverneur de la Judée, pour traiter des conditions de la paix. Sur l'instigation d' Antigène, les Parthes les emmenèrent à Ecdippe, où ils coupèrent les oreilles au grand-prêtre pour le rendre inapte aux fonctions sacrées. Phasaël, été en prison, se suicida en se brisant la tête contre les murs*^.

Au sortir d'ez Zîb, on traverse le Ouâdi Qotireiny qui, 3 km.

plus à l'E., renferme les ruines de Khirbet Hamsin (90 m.),

avec une colonne encore debout marquant un sépulcre phéni-

-cien de la dernière époque.

M. Rey* voit dans le Khirbet Hamsin le château d'Imbert ou Lambertl des Croisés. Là, le 3 mai 1232, l'armée de Henri de Lusignan,

1. Jos., XII, 20. — 2. Neubauer, 273. — 3. Jos., XIX, 27. — 4. Jos., XIX, 26. - 3. Jos.. XIX, 29. — 6. Jg., I, 31. — 7. A. J., XIII, 10. — G. J., 1, xni, 4. — 8. bull. de la Soc. des Ant.

528 Voy. XXIV, RAS EN NAGOURAH De Caiffa

roi de Chypre, fut défaite par Richard Filangieri, maréchal de l'empereur Frédéric II. Dans la même vallée, à 8 km. plus loin, s'élèvent les ruines grandioses du Qalâat Qoureïn, le célèbre château de Montfortou de Starkenberg (320 m.), boulevard des chevaliers teutoniques. Bibars Bendoukdar en fit le siège en 1266, mais sans succès. Il y revint en 1271, força la place à capituler et la démantela ensuite.

Abdon. A une faible distance au N. E. de Khirbet Hamsin se trouve le Khirbet Abdéh occupant une colline cultivée en terrasse (160 m.). Dans les débris d'antiques constructions qui jonchent le sol, on voit généralement Abdon, ville de la tribu d'Aser ^, cédée aux lévites de la famille de Gerson.

Maséréphoth. Du Ouâdi Qourém on arrive (8 km.) à VAïn Mouscheirtfiyéhy belle source qui forme un ruisseau, après avoir irrigué des bosquets d'orangers et autres arbres fruitiers. « Israël battit (les rois), est-il dit dans le livre de Josué (XI, 8), et les poursuivit jusqu'à Sidon la Grande et jusqu'aux eaux de Maséréphotb. » Comme VAin Mouscheiriflyèh est située au midi du territoire de Sidon, quelques voyageurs proposent d'y voir Maséréphoth.

On laisse à dr. le gros village d*el Bassèh où habitent 4.000 Maronites et Grecs catholiques, et on commence à gravir les pentes du Djebel Mouschaqqah qui, en s'avançant dans la mer, forme le cap de Naqoûrah. Sur la crête de la montagne on aperçoit le Khirbet Daniân, qu'on ne doit pas confondre avec le Dan Yan de Joab '^.

Amma. A 8 km. à TE. du rivage, la montagne porte sur son sommet le hameau ù'Ama es Schaoûb, qui est probablement la ville d'Anmia de la Bible 3.

Horma. Dix km. plus loin, Ramèh, petit village de 200 habitants, occupe le sommet d'une montagne haute de 644 m. Les flancs sont parsemés de citernes et de tombeaux creusés dans le roc. Selon toute apparence, c'est là ville de Horma, en hébreu ha Râmâ, Elévation, de la tribu d'Aser *.

Ras en Naqoûrah (1 km. 1/2) est appelé par les anciens Scala Tyriopum, Echelle des Tyriens. La route n'est, en effet, qu'une suite de marches taillées dans le roc. Du sommet du cap, on voit au S., Saint-Jean d'Acre au milieu d'une mer d'azur, avec le mont Carmel au fond, et au N., la ville de Tyr.

2 km. plus loin, on franchit un torrent d'hiver sur leDJisr et Medfoûn, pont de construction romaine. Après avoir parcouru 2 autres km,, on arrive près du Khan en Naqoûrah^ petit village pourvu d'une source d'eau excellente. Dans les environs se trouvent plusieurs sépulcres taillés dans le roc et des sarcophages.

Hamon. Avant d'atteindre le Ouâdi ez Zerkd (2 km.), on rencontre à dr. VAïn el Hamoïil dans un ravin de même nom.

1. Jos., XXI 30. - 2. II R., XXIV, 6. — 3. Jos., XIX, 30. — 4 Jos., XIX, 19.

à Beyrouth. hamon Voyage XXIV. 529

Pais, à quelques pas de là, près de la mer, se dresse une col- Une» Khirbet el Amoûdy couverte de ruines importantes sur une longueur de 1.000 m. et une largeur de 800 m. Ces ruines^ explorées surtout par M. Renan, proviennent principalement d'édifices de caractère égypto-phénicien. Là s'élevait, d'après une inscription grecque, l'une des trois villes nommées Laodicée. Celle-ci disparut avant lai domination romaine. Parmi les inscriptions phéniciennes trouvées dans les ruines, l'une commence par ces mots : « A Malak-Astarté, dieu Hammon... » D'autres lisent : « A Malak-Astarté, le dieu d'Hammon... » Hammon serait, dans ce cas, l'ancien nom de la ville. Quoiqu'il en soit, M. Guérin et d'autres savants voient dans VAin Hamoûl une réminiscence du nom de la ville biblique d'Hamon, en hébreu Hammon, et dans le Khirbet el Àmoûd, son emplacement. Le livre de Josué (XIX, 28; mentionne Hamon entre Rohob, aujourd'hui Tell Rahîb à 15 1cm. à l'E.-S.-E. de Râs en ^aqourah, et Cana d'Aser, aujourd'hui Qana, à 16 km au N.- E. du Khirbet el A moud.

Alexandroschène. Continuant son chemin, toujours entre la mer et une rangée de collines couvertes de chônes-verts et de broussailles, on atteint Iskanderoûna (3 km.), Tancienne Alexandroschène, Tente d'Alexandre. La ville reçut ce nom, semble-t-il, d'Alexandre Sévère (222-235), qui fit tailler la route à travers le rocher. En 1116, Baudouin I" reconstruisit la forteresse, pour avoir une base d'opération contre Tyr. Les Croisés nommèrent cette place Scandalium, Foucher de Chartres l'appelle Campus Leonis, Champ du Lion, peut-être parce que, d'après une légende racontée par Nicéphore Callixte (xiv' s.), saint Zozime, allant de Tyr à Ptolémals, fit porter ses bagages par un lion qui venait de dévorer son âne.

D'Iskanderoihia ou arrive à Ras el Aby ad, cap B\sLnc(i km.). C'est le promontorium Album de Pline. La route qui le gravit est parfois très étroite et suspendue au-dessus des flots ; aussi, est-il prudent de descendre de cheval. On passe ensuite près du Khati el Hamira, ancienne tour de garde (1 km.) et, arrivé au sommet de la montagne (1 km.), on voit à dr. sur une colline conique (402 m.) le Qalâat esch Schéma, château fort construit par Dhaher el Amr au xvm' s. Quelques familles musulmanes se sont nichées dans ses ruines. La descente devient assez pénible. Après avoir laissé à dr. les villages de Biyoùd es Seiîd et d*el Mamourahj on franchit le Ouâdi el Ezziyéh en aval d'un vieux pont (4 km. 1/2).

Hosa. Sur le bord septentrional de la vallée el Ezziyéh, se dessine une colline qui portait un village du nom à'el Aziéh. On y voit des sépulcres et des matériaux d'antiques construc-

5â0 Vogage XXIV. palaetyr De Caiffa

lions. M. Conder ^ et d'autres paleslinologues pensent que c'est Hosa, ville limitrophe des possessions de Tyr, dans la direction d'Achzib 2. .

Cana. On laisse, à dr. le village de Leiléh^ puis k 8 1cm. du rivage celui de Qana sans contredit l'ancienne Cana d'Aser^. C'est un village habité par 60O Méloualis et 100 Grecs unis. Dans le voisinage, les rochers sont partout perforés d'hypogées. On y voit aussi l'une des plus belles sépultures tyriennes. Les parois rocheuses du Ouâdi el Aqqab sont couvertes d'innombrables sculptures protophéniciennes.

Ras el A!n. Laissant à dr. les villages d'es Semmaiyéhy Deir Kanoûn, Beit Houléh, Kenaouéh et el Qoureih, on atteint Ms el Aïn, cap de la Source (1/2 km.). On y voit quatre immenses réservoirs s'élcvant tous à plus de 5 m. au-dessus du sol. Le plus grand, situé ù l'O., est de forme octogonale irrégulière de 22 m. de diam. Les murs ont 3 m. d'épaisseur et 7 m. 150 de hauteur au-dessus du sol. Au fond du bassin jaillissent plusieurs sources bouillonnant avec force. Jadis, un aqueduc de structure romaine et un autre construit par les Arabes amenaient les eaux à trois autres bassins d'où elles étaient envoyées à Tyr. D'après Ménandre cité par Josèphe ^, Salmanasar IV (726-721) avait déjà ruiné les aqueducs de Tyr. Au moyen âge^ on les appelait Vasques de Salomon.

Palaetyr, le Vieux Tyr, s'étendait, selon Strabon, k 30 stades (5 km. 1/2) au S. de Tyr. D'après Pline, toute la ville de Tyr et de Palaetyr n'avait qu'une circonférence de 19 milles et une longueur de 22 stades. Il est difficile d'en déterminer l'emplacement, parce que les ruines ont disparu sous une forte coucha de sable.

On laisse à dr. le chemin qui conduit à un mausolée phénicien, Qâbi' Hairân, Tombeau de Hiram, et au village de Qana^ et, après 5 km. de marche, on arrive à Tyr..

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