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TYR

Histoire. Tyr, en hébreu Zor et en arabe Soûr, qui signîflent l'un et l'autre Rocher, a été construite 2.750 ans av. J.C., à en croire les prêtres tyriens de Melkart ^. Mais l'histoire de son origine appartient à la mythologie. Son nom. ne figure pas dans la liste des villes conquises par ThoutmèsIII, seize siècles av. J. C; mais deux siècles plus tard, le mohar égyptien la mentionne parmi celles qu'il a visitées au temps de Ramsès II. Dans les tablettes de Tell Amarna, elle apparaît sous le nom de Zuru et Zurri. Elle passe pour une place forle dans le livre de Josué (XI, 8), el le prophète Isaïe (XXIII, 12) l'appelle « fille de Sidon. » En effet, sur ses monnaies Sidon prétend être la mère d'Hippone, de Citium et de Tyr, et

1. S. W. P., I, 51, 60. - 2. Jos., XIX, 29. - 3. Jos., XIX, 28. - 4. A. J. IX, XIV, 1. — 5. Hérodote, II, 44.

à Beyrouth. tyh Voyage SXIV. 53i

lorsque celle-ci eut éclipsé sa mère, les navigateurs lyriens restèrent langtemiiB désignés sous le ddid de Sldonîens.

Avant lesièaede Troie, environ su s. av. J.-C, les Philistins, conduits par le roi il'Ascalon. allèrent détruire SIdon, pour cbitler tes babitanla de s'être emparé de la ville de Dor '. (V. p. 193). La plupart des Sidonlena se réiugièrenl à Tjr, qui devint ainsi la première ville de la Pbénicie et élendll sa domlDallon sur tout le Liban, A la place des juges qu'Us avaient eus Jusqu'alors, les Tyrlens se donnèrent un roi, Aliibaal, dont le lila, Hirani l", est resté célèbre dans l'histoire des Israélites, par son alliance avec David et Salomon. Il fournit auic deux rois des cyprès et des cèdres, avec d'bablles ouvriers, pour la construction de leurs palais et surtout pnor celle du Temple du Très-Haut, En retour, Salomon lui féda Caboul, district septentrional de la Galilée, renfermant 10 petites villes >,

Zor s'élevait jusqu'alors sur une rangée de grands

rochers émergeant des flots. Lo plus grand des Itota (celui dont la ville actuel le occupe liem placement), portait le temple de.Melliart ; un autre renletmait un sanctuaire que

chaussée, par laquelle u aqueduc amenait les eau deilâseIJindansIa yilli

Plan de Tyr (Soir), auN.,c<

années du règne d'Hirara, T>r Imp comoierciale et k son influence civil Après la mon d'Hlram, les intrl; uDe suite de révolutions sanglantes, \in grana prcLre u'ASLane s'e. du pouvoir et régna Si ans suus le nom d'Ithobaal ou Etbbaal. Il ' sa flile Jéiabel en mariage à Achab, roi d'Israél. ApW'S la mort d

baal I", les dissensions intestines se réveillèrent. Elissar, flIle

Mutton, secondée par l'aristocratie de Tvr, ourdit une vaste conspira'

lion contre le trftne. Découverte, e"- -■ '- - "-' - ■--—-

n Afrique Qirialh {ladescMcdt di

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rande-Brelagne, sans parler des pays baignés par la Médi [ais sous l'Instigation de Cartbage, l'empire punique se rendit iiiuu{ieii 9nl de l'empire phéolcien, et Tyr, jusqu alors la méiropole coramerciali u monde entier, s'achemina vers sa décadence. Salmanassar assiégea yr sans succès pendant cinq ans (726-7S1). Sennacbéritb ne fut guèn

Egyptiens, Pendant I

532 , Voyage XÏIY, SOUR De Caiffa

plus heureux ; mais en 664, Asourbanipal la prit d'assaut et la rendit tributaire. Les habitants de Tyr détruisirent ensuite la chaussée d'Hiram et surent se défendre admirablement contre les attaques du continent. Ils soutinrent un siège de treize ans contre les Chaldéens, au bout desquels Nabuchodonosor accepta de traiter avec leur roi Ithobaal III. Le plus grand événement de l'histoire de Tyr est sa capture par Alexandre 1 > Grand, l'an 322. Le conquérant employa les matériaux de la ville de l'alaetyr pour construire une chaussée de 60 m. de largeur et de 600 m. de longueur qui réunit l'ile au continent. La ville fut prise après un siège de sept mois ; ses murs furent détruits, 6.000 citoyens périrent par le glaive, 2.000 furent crucifiés et 30.000 vendus comme esclaves. Malgré ce désastre, elle se releva si vite que 18 ans après, Antigone ne put la réduire qu'au bout de 13 mois de siège. Au pouvoir des Egyptiens en 287, elle passa sous la domination des Séleucides en 198, puis sous celle des Romains en 65, avec le titre de ville libre. Hérode le Grand y éleva un temple et orna les places publiques.

A l'avènement du Messie, les Tyriens furent du nombre de ceux qui accouraient en Galilée pour voir et entendre le Christ ^ Jésus visita leurs côtes, et déclara que si ce peuple eût été favorisé comme bien des cités de la Galilée, il aurait fait pénitence sous le cilice et la cendre. On reconnaît d'ailleurs l'influence de la parole de Dieu dans le charmant trait raconté par saint Luc : « Nous abordâmes à Tyr, où le navire devait déposer sa cargaison. Nous trouvâmes les disciples et nous restâmes là sept jours, et ils disaient à Paul, par l'Esprit de Dieu, de ne point monter à Jérusalem. Mais au bout de sept jours, nous nous acheminâmes pour partir, et tous, avec leurs femmes et leurs enfants, nous accompagnèrent jusqu'au dehors de la ville. Nous nous mîmes à genoux sur le rivage pour prier ; puis, après nous être dit adieu, nous montâmes sur le vaisseau, tandis qu'ils retournèrent chez eux *. »

Au II* s. déjà, la chrétienté de Tyr était présidée par un évoque, Cassien, qui en 198 assista au concile de Césarée. L'évêque saint Tyranios fut martyrisé dans cette ville avec d'autres chrétiens sous Dioclétien ; saint Méthode, son successeur, mourut martyr en Grèce l'an 311. Au iv* s., Tyr était de nouveau la plus florissante ville de la Phénicie, au dire de saint Jérôme ; elle continua à prospérer jusqu'au jour où elle tomba au pouvoir des musulmans.

L'an 1124, Baudouin II s'en empara avec l'aide de la flotte vénitienne. En 1188, le marquis de Montferrat la défendit vaillamment contre Saladin. Mais en 1192, il fut assassiné dans la rue par deux émissaires du Vieux de la Montagne. Après la chute de Saint-Jean d'Acre, Tyr fut détruite par les Sarrasins pour ne plus se relever.

Etat actuel. Tyr est le cheMieu d'un Qada du Liva de Beyrouth et le siège d'un évèque Grec Melchite. La population s'élève à environ 6.500 habitants, dont 3.400 sont Métouélis et musulmans, et les autres catholiques. Ceux-ci se répartissent en âOO Latins, 2.200 Grecs-unis et vfôO Maronites, li y a aussi une centaine de Juifs et quelques protestants.

Les Franciscains s'étaient établis à Tyr, avant l'an 1255, d'après une lettre du pape Alexandre IV datée du i" mars 1255 \ Expulsés de la ville en 1291, ils y retournèrent sous Fakher ed Din, puis de nouveau en 1866. Ils y ont un couvent avec église paroissiale et école pour les garçons. Les sœurs de Saint -Joseph tiennent l'école paroissiale pour les filles. Les Grecs ont ^ale-

1. Marc, III, 8. - Luc, III, 17. - 2. Act., XXI, 3-6. - 3. Sbaraglia, Bull, franc, II, iS.

à Beyrouth, sarepta Voyage XXIV, 533

ment leur école, ainsi que la Mission anglaise et les musulmans.

Partout on voit les vestiges de l'enceinte des Croisés ; mais le seul monument digne d'être visité est l'ancienne cathédrale, au S. de la ville. La basilique primitive qui s'élevait à la même place servit de lieu de sépulture à Origène, mort à Tyren 224. Détruite en 303 sous Dioclétien, elle fut rebâtie par Paulin, évêque de la ville, puis en dernier lieu par les Croisés. Frédéric Barberousse y fut enseveli en 1190. Les ports sont ensablés et le commerce est insigniCant. La partie occidentale de la presqu'île, autrefois protégée par d'immenses mêles, est submergée aujourd'hui. Le Tell Maachoûk à l'E., vers lequel se dirigeaient les aqueducs de Râs el Ain^ formait un des principaux centres de la ville continentale ou de Palaetyr.

De Tyr & Sidon.

En longeant la mer dans la direction du N., on arrive à une belle source Birket Baqboûq (2 km. 1/2). On laisse à dr. les villages de Toilra et de Bidjâs, et, 6 km. plus loin, on traverse le Nahr el Qasimiyèh sur un pont d'une seule arche, construit par Ibrahim Pacha. C'est l'antique Léontès, qui coule entre le Liban et l'Antiliban sous le nom d'el Leîtâni (F. p. 441).

Ornithopolis* Un km. plus loin, on arrive au Khan el Qasi-

miyéh. On franchit ensuite le Nahr Abou el Asouâd, à côté

d'un pont en ruines (4 km. l/2j 6t l'on passe près d'Adloùu,

l'ancienne Ornithopolis.

Strabon indique cette ville entre Tyr et Sidon, Pline, moins exactement, entre Sidon et Sarepta. Sur le littoral, le sol est couvert de débris d'anciens édifices, et les rochers voisins renferment de nombreux hypogées. Près de l'emplacement de la porte septentrionale de l'ancienne cité, M. E. G. Rey trouva un monument où est représenté un oiseau en cage, l'emblème d'Ornithopolis.

Sarepta. On laisse à dr. le village d'el Ansâriyéh, et, après avoir passé le Ouâdi Ilaizerâni^ on arrive au petit village de Sarfend. C'est l'antique Zarephat ou Sarepta, que eaint Luc (IV, 26) indique (( dans le pays de Sidon. »

Originairement Zarephat appartenait aux Sidoniens, qui y fabriquaient le verre. Elle semble même avoir reçu son nom de ses verreries, zaraph signifiant fondre. Sarephat et Sidon favorisèrent l'expédition de Salmanasar IV contre Tyr, 722 av. J.-C. Les Tyriens, par revanche, se rendirent maîtres de Zarephat. Mais en 701, Sonnachérib la soumit à l'Assyrie.

Pendant une grande famine, le prophète Elle alla, sur l'ordre du Seigneur, se réfugier à Sarepta chez une veuve et empêcha sa farine et son huile de diminuer aussi longtemps que dura le fléau. II ressuscita également son fils ^ Jésus rappela dans la synagogue de Nazareth les faveurs que Dieu avait faites à l'étrangère de Sarepta ; l'application qu'il fit de ces faits aux enfants de Dieu lui attira la haine de ses compatriotes *»

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