A. J., I, X, 2. — 2. Gen„ X, 15. — 3. Gem, X
à Beyrouth. sidon Voyage XXIV. 535
villes phéniciennes pour former une coalition autant contre l'Egypte que contre Babylone. Nabuchodonosor, vainqueur du pharaon Néchao II à Carchémis en 605, envahit la Phénicie et lui imposa un joug si pesant et si humiliant que les Phéniciens, à 1 instar des Israélites, regrettaient le joug de 1 Egypte. Cette attitude causa la ruine complète de Tyr, et permit à Sidon de recouvrer la suprématie sur les villes de la côte.
Par la chute de l'empire babylonien (538), la Phénicie passa sous la domination des Perses. Cyrus se montra très clément envers Sidon ; mais en 351 celle-ci, s'aperçevant de la décadence de la Perse, organisa la révolte contre Artaxerxès Ochus. Le châtiment qui s'ensuivit fut terrible. Elle fut prise et réduite en cendres; 40.000 personnes périrent dans les flammes avec le roi Tennes ou Tabnith ^
A la suite de la bataille d'Issus (333), Sidon se soumit sans résistance à Alexandre le Grand. Après la niort du conquérant, elle passa à tour de rôle des Séleucides de Syrie aux Ptolémées d'Egypte, jusqu'à ce qu'en 198 elle restât au pouvoir des Syriens. Ceux-ci l'hellénisèrent rapidement et la dotèrent d'une école de philosophie. Sous les Romains, elle prit le titre de Nauarchis, de Colonia Augusta et de Metropolis, Elle eut ses archontes, son sénat et une assemblée du peuple. Hérode le Grand y bâtit un théâtre».
Les Sidoniens comme les Tyriens se rendirent en foule en Galilée pour voir et entendre Jésus-Christ =*. Après avoir guéri ta fille de la Chananéenne, le Sauveur passa par Sidon*, et déclara plus lard qu'au jour du jugement cette ville serait traitée avec moins de rigueur que Corojpaïn et Bethsaïda^. Saint Paul, en voyage pour Rome, débarqua à Sidon et alla voir ses amis, les disciples du Christ^.
Zenobius, prêtre et médecin martyrisé à Antioche sous Dioctétien, était, au dire d'Eusèbe, natif de Sidon, et Théodore, évêque de cette ville, assista au concile de Nicée en 325. A{>rès le tremblement de terre de l'an 551, la célèbre école de Loi et de Jurisprudence de Beyrouth fut transférée à Sidon qui continua à rester « la ville fleurie », jusque l'arrivée des musulmans.
En 1107, Sidon traita avec les Croisés pour conserver son indépendance ; mais, en 1111, Baudouin s'en empara pour la châtier de son manque de foi. Après la bataille de Hattin, Saladin la démantela. Reprise par les Francs en 1197, elle tomba la même année au pouvoir de Mélek et Adel qui la ruina. Les Francs la reconstruisirent en 1228 ; mais les Sarrasins la dévastèrent de nouveau en 1249. Le roi saint Louis la restaura en 1253, et, peu après, les Templiers l'achetèrent de Julien, son seigneur. Ravagée par les Mongols en 1260, elle fut relevée par les Templiers, puis abandonnée après la chute de Saint-Jean d'Acre en 1291. Le sultan el Aschraft la fit raser.
Saïda revit une époque brillante avec Fakher edDîn, émir des Druses, qui y attira les Européens, particulièrement les Français, en protégeant le commerce. La ville servait de port à Damas et devint le centre du commerce de la soie. En 1791, Djezzar Pacha chassa les Français de Saîda. La tyrannie du Pacha et la concurrence d'AIep et de Beyrouth mirent fin à la prospérité de Saïda. Le 26 septembre 1840, les flottes alliées, turque, autrichienne et anglaise, commandées par le commodore Napier, bombardèrent la forteresse du port, occupée par les troupes d'Ibrahim Pacha.
Etat actuel. Saïda est le chef-lieu d'un Qada et la résidence d'un évêque Maronite et d'un évêque Melchite. Elle compte environ 12.000 habitants, dont 1.200 Grecs catholiques, 1.000 Maronites, 2o0 Latins, 800 Juifs et 203 protestants. Les autres sont ou musulmans ou des Métouélis. L'Angleterre, l'Autriche,
1. Diodore de Sic, XXVI, 42-44. — 2. G. J., I, i, 16, — 3. Marc, III, 8. — 4. Marc, VII, 31. — 5. Matth., XI, 21-22. — 6. Act., XXVII, 3.
536 Voyage xnv\ sidon De Caiffa
les Etats-Unis, la France et la Russie y sont représentés par des vice-consuls. Salda est pourvue d'un bureau de télégraphe international et de poste turque. Les Pères Franciscains y possèdent un couvent avec l'église paroissiale et une école pour les garçons.
Les Franciscains se sont établis à Saïda au xiu* s. d'après les documents de l'époque \ ils y retournèrent en 1640. Vers la fin du xvin* s., leur asile fut saccagé par des hordes d'Arabes. Ils reconstruisirent le couvent en 1827 et agrandirent l'église paroissiale latine en 1864. Ils dirigent aussi une école à Deir Mamâs, à 2 heures à l'E. de la ville.
Les Sœurs de Saint-Josepli tiennent l'école paroissiale pour les filles, avec un orphelinat. Les Pères Jésuites ont ouvert un collège pour les garçons. Les Maronites, les Grecs et la Mission américaine y possèdent aussi des écoles, ainsi que les musulmans. Il y a en outre une école de l'Alliance Israélite.
Commerce. Salda est entourée du côté du continent de vastes et délicieux vergers d'orangers, de citronniers, de palmiers, de bananiers, de figuiers et d'abricotiers, et, plus loin, d'oliviers, qui constituent sa principale ressource. Son port est fréquenté par une moyenne annuelle de 200 bateaux à vapeur avec 30.000 tonnes de denrées et de 800 voiliers dont la cargaison monte à 12.000 tonnes. L'exportation consiste en 2.000 tonnes de figues, 150.000 caisses d'oranges, 80.000 caisses de citrons, 2,000 ballots de tabacs, 120 tonnes de coton et 100 tonnes d'huile d'olive, etc.
Visite de la ville. La ville proprement dite n'offre que peu d'intérêt à l'archéologue. Après y avoir pénétré par la porte d'Acre, située à l'angle S.-E., on rencontre à g. le Qaâlat el Mezzéhj ruines d'un château fort du xiu* s., que les chrétiens appellent Château de Saint-Louis.
A l'extrémité occidentale de la ville, entre les deux ports, on débouche sur une grande place où s'élevait le palais de Fakher ed Dln. On y voit à présent une école musulmane et la grande mosquée, Djâmia el Kébir, qui remplace l'église de Saint-Jean. Plus loin, s'élève la mosquée d'Abon Nakhlé à la place de Téglise Saint-Michel. Puis viennent plusieurs Ichans, dont le principal est le Khan Fransaoïié, des Français. C'est un grand bâtiment carré à plusieurs étages ; la cour intérieure est entourée d'un portique. C'est l'œuvre de Fakher ed Dln. 11 renferme aujourd'hui le couvent des Pères Franciscains et l'église paroissiale, le consulat de France et l'établissement des Sœurs de Saint- Joseph. Au S. du khan, s'ouvre la grande place de la ville avec le Sérail, la poste et le télégraphe.
En traversant les bazars au N. du Khan Fransaoué, on arrive lU Qalâat el Bah)\ château fort du xu" s., élevé sur un rocher sole au milieu de la mer. 11 est relié à la ville par un pont