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RELIGIONS

Puis, les chroniques bénédictines affirment qu'en 602 fut fondé à Jérusalem le premier couvent bénédictin, sur l'ordre du pape Grégoire le Grand et sous la direction de Tabbé Probe. Il est historiquement certain qu'à la fin du vni*^ s., sous Gharlemagne et Haroùn er Raschld, les moines bénédictins possédaient une abbaye au mont des Oliviers. Depuis ce temps-là, le saint sacrifice de la messe n'a jamais discontinué d'être célébré d'après la liturgie romaine, et le clergé oriental n'a pas cessé de subir la salutaire influence des moines d'Occident.

A partir du xiir s., les Latins de la Terre sainte furent régis par les Fils de saint François d'Assise. Aujourd'hui encore, la Gustodie de Terre sainte, qui s'étend à la basse Egypte, l'fle de Chypre et l'Arménie, possède 56 couvents pour le service de 72.000 paroissiens latins.

« Pour la seule Palestine, les Franciscains sont au nombre

de 260 Religieux [Pères, Frères et Etudiants) et se répartissent

en 18 résidences, où le couvent est ordinairement accompagné

d'une hôtellerie ouverte à tous les pèlerins, d'une école, d'un

dispensaire et autres œuvres. Les plus populeuses paroisses

latines de Terre sainte, Jérusalem, Bethléem, Jaffa, Saint-Jean,

Nazareth, sont entre leurs mains, et comprenaient, en 1897,

un total de 10.000 catholiques [10.801 ^ d'après la statistique de

1905), dont 2.500 environ pour la Ville sainte. » [les Prof, de

N.-D. de France, op. cit., 33.)

Depuis 184S, la Palestine et l'Ile de Chypre forment un diocèse régulier sous la juridiction d'un patriarche latin résidant à Jérusalem. Le clergé patriarcal, composé de prêtres européens et de prêtres indigènes. Latins et Maronites, se dévoue au service de 23 paroisses nouvellement fondées sur les divers points de la Palestine, particulièrement dans le pays trans jordanien. A chaque mission est adjointe une école ou quelqu'autre œuvre de bienfaisance.

Enûn les nombreuses congrégations religieuses d'hommes et de femmes, arrivées en Palestine depuis la création du patriarcat, montrent par leurs œuvres de science et de dévoùment l'extrême vitalité du Catholicisme en face des dissidents et des infidèles. Nous aurons l'occasion de les signaler au cours de nos pérégrinations.

Dans l'empire turc, le Catholicisme est placé sous le protectorat de la France. L'objet du protectorat est de défendre les droits acquis en Orient par l'Eglise romaine, et de protéger les catholiques du pays, sans distinction de rite et nonobstant leur qualité de sujets ottomans.

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Ed approchant de Jàfil», tout voyageur est frappé de l'étrange beauté qu'offre au regard eelle ville. Ses vieilles maisons étagent leurs terrasses pèle- môle »iftc les flancs d'une haute colline encadrée d'une luxuriante végétation. Le pèlerin chrétien dominé par les pensées les plus élevéea^ éprouve alors une émotion inexprimable ; car pour lui Jafla e&t la porte de cette contrée bénie entre toutes, la Terre promise, le pays du Christ, le théâtre des plus sublimes événements. Il lui tarde de pouvoir fouler ce sol sacra.

RENSEIGNEMKNTS

La rade de Jalla est ouverte à tous les vents, et son petit port est obstrué par une ligne de brisants ; on n'y pénètre que par un canal à demi ensablé. Aussi, les paquebots mouillent-ils au large, a un kilomètre, et même plus, du rivage. Le débarquement est, en conséquence, assez incommode si la mer est houleuse, et il devient même impossible si la mer est très mauvaise.

Toutefois, les barques arabes sont fortes et les baleliers les manœuvrent ave:; une grande habilelé. Le transport à terre ne doit donc inspirer aucune inquiétude. Ici, comme dans tous les ports du Levant, le débarquement se fait avec beaucoup de bruit et une grande confusion. Les Arabes se précipitent sur le pont du navire et pénètrent dans les salles, se disputant, à grands cris, passagers et bagages ; mais au fond ils sont plus bruyanls que méchants. Le mieux est de laisser le souci du débarquement, soit au janissaire ou chef-batelier des Pères de Terre sainte, Roubîn, soit à l'employé de l'hôtel où l'on veut descendre, ou au portefaix d'une des Agences de voyage établies à Jafïa. Ceux-ci portent sur la poitrine le nom de l'hôtel ou de l'Agence qu'ils servent. Si les pèlerins ont annoncé à temps leur arrivée au Révérendissime Père Custode à Jérusalem, un Religieux Franciscain ira les prendre à bord et leur servira dès lors de guide pendant tout leur séjour en Palestine.

L*e prix des barques n'est pas fixé. Quand 5 ou 6 personnes prennent une barque, elles paieront chacune 2 francs, y compris les bagages. Tne barque r. servée coûte de 8 à 10 francs. Ces prix sont augmentés du double, même du triple, lorsque la mer est mauvaise.

Douane. Arrivé a terre, le voyageur se trouve en face du vérificateur des passeports, qui, d'ordinaire^ les rend aux porteurs aussitôt qu'il en a pris connaissance. Pendant ce temps, les portefaix s'emparent des bagages et les portent à la douane qui souvre sur le débarcadère. la Tisite«de la douane n'est pas sévère ; on la facilite au besoin avec une

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gratification toujours acceptée, si elle est offerte discrètement. De la douane, les portefaix transportent les basanes à domicile ou à la voiture, selon les ordres qu'ils recevront. <^uant aux voitures, il faut toujours s'entendre d'avance avec le conducteur pour le prix de la course.

1^ gare du chemin de fer se trouve à plus de 2 kilomètres du port. Au portefaix on donne 25 à 50 centimes ou plus, selon la distance qu'on lui fait parcourir ou le poids des colis dont il est chargé.

LiOgement, L'Hospice des Pères Franciscains. Hospitium latimim. se rencontre tout près de la douan<\ Sur la grande place du quartier neuf, on trouve l'fiôtel Kaminitz, et «laus la colonie allemande, à 10 mi nutes de la gare, l'hôtel de Jérusalem et l'hùtel du Parc.

Consulats. L'Allemagne, l'Anglelerre, l'Autriche, la Belgique, l'Kspagne, les Etats Unis, la France, la Hollande, l'Italie et la Kussie sont représentés à Jallapar un vice-consul ou un agent consulaire.

Postes, télèfirraphe et banques. Les postes française, allemande autrichienne, russe et ottomane sont installées à JalTa, ainsi que le télégraphe international. Le Crédit Lyonnais et la Deutsche Palaestina Bank y ont nn comptoir. Les postes eôropéennes el les banques, avec la plupart des agences marilines, se rencontrent le long du quai, au nord de la douane. L^ poste oltornane el le télégraphe se trouvent plus loin, dans le quartier neuf, près de la tour à horloge.

Plusieurs médecins européens, de diverses nations, £e sont établis à JaSa.

HISTOIRE

Jafïa, en hébreu Ya/'o, en grec Joppé, signifie la Belle. Selon Pline, les habitants du pays font remonter sa fondation aux temps antédiluviens, et la mythologie en attribue l'origine à Jopa, fille d'EoIe, et épouse de Céphée roi d*Ethiopie^ nom que les anciens Grecs donnaient au pays de Jaila, C'est l'aDalogie du nom de Jopa avec Joppé qui a créé cette légende, et c'est la même ressemblance qui porta les anciens rabbins à attribuer la fondation de Jai!a à Japhet, fils de Noé,

C'est à Joppé qu'Andromède, fille de Céphée et de Cassiopée, fut enchaînée sur le rivage et livrée en victime expiatoire à un monstre marin qui ravageait la contrée. Persée vint à travers les airs et délivra la princesse, en tuant la béte cruelle. C'est l'histoire d'un sacrifice humain, dont s'est emparé la mythologie.

Strabon, Pline et Flavius Josèphe prétendent qu'à lenr époque on voyait encore les vestiges des chaînes qui avaient retenu Andromède. Bien plus, Scaurus, ofîlcier de Pompée, fit transporter de Joppé à Rome la carcasse d'un poissoa de 12 m. de longueur, et la montra au peuple comme étant le squelette de l'être fantastique tué par Persée ^

Josèphe attribue la fondation de Joppé, avec plus de ralsoo, aux Phéniciens 3. Son antiquité est attestée d'ailleurs par les pylônes de Kamak où, sous le nom de Jor-pu, elle figure parmi les villes palestiniennes conquises par le pharaon Thoutmès III,

\. PHne, H. JV., IX, 5. - 2. A. J., XIII, xv, 4.

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vers Tan lUOO avant notre ère^ Elle porte le nom de Ta-pu dans deux lettres en caractères cunéifornies, écrites par son gouverneur au pharaon d'Egypte, Aménhotep, vers l'an 1400 av. J.-C2.

A la distribution de la Terre promise sous Josué, Joppé échut en partage à la tribu de Dan ; mais elle ne fut soumise aux Israélites que sous le règne de David, qui le premier conquit la région maritime alors occupée par les Philistins -^ Sous le règne de Salomon, les Phéniciens amenèrent dans le port de Joppé les bois de cèdre et de cyprès coupés au Liban pour la construction du Temple à Jérusalem. Le schisme des dix tribus permit à Joppé de recouvrer son indépendance, pour subir bientôt le joug des Assyriens sous Rammanicar III 812-783) \

C'est vers ce temps-lè, que le prophète Jonas, envoyé par Dieu à Ninive pour y prêcher la pénitence, s'enfuit à Joppé et s'embarqua sur un navire faisant voile pour Tharsis. Une tempête se souleva bientôt ; le prophète fut jeté à l'eau et englouti par un monstre marin qui, le troisième jour, le rejeta vivant snr le rivage ^,

Le roi Ezéchias (727-698) enleva de nouveau Joppé aux Phi- \l6iin9. Mais Sennachérib, roi d'Assyrie, marchant contre l'Egypte, envahit d'abord le royaume de Juda, allié du pharaon. Parmi les villes du littoral dont il s'empara, figure Jot-ap-pu-u^, Peu après, l'Assyrie ayant été conquise par la Chaldée, Nabuohodonosor vint recueillir l'héritage de l'empire vaincu.

Après la captivité de Babylone, Cyrus, roi des Perses, rendit Joppé aux Juifs. Alexandre le Grand conquit à son tour la Perse, et après sa mort, Joppé eut constamment à souiïrir des rivalités des rois grecs d'Egypte et de Syrie, qui s'étaient partagé le nouvel empire d'Alexandre.

Un jour, les habitants païens de Joppé noyèrent traîtreusement 200 Israélites. A cette nouvelle. Judas Machabée (105- 160 av. J.-G.) attaqua le port pendant la nuit et brûla les bateaux avec tous ceux qui les montaient 7. Vers l'an 142, Simon Machabée prit possession de la ville et y laissa une garnison juive ^.

Après avoir pris Jérusalem l'an 63 av. J.-C, Pompée enleva Joppé aux Juifs et réunit cette ville à la province de Syrie. Mais Jules César, vainqueur de Pompée (48), la rendit aux Juifs 9. Hérode le Grand, nommé roi de Judée par le sénat, dut

1. Max Muller, Asia u Europa n., A. E. D. — 2. Conder, T. A. T., n- 57 et 71. — 3. Cf., Jg., I, 34 ; — XVIll, 1. — 4. W. Asiat inscr., 1, 35. — 5. Jon., 1. ~- 6. Prisme de Taylor. — 7. li Mach., XIII, 3-7, — 8. I Blach., XII, 33. — 9. A. J., XIV. iv, 4 ; — X, 6.

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s'emparer de Joppé par force, avec l'aide des Romain? ; mais bientôt après, Antoine en fit don à Ciéopâtre, qui la retint jusqu'à la défaite d'Antoine par Auguste à la bataille d'Actium (31;. Joppé retourna alors à ses légitimes possesseurs^

Cette ville perdit beaucoup de son importance commerciale lorsqu'Hérodc fît de la tour de Slraton la splendide ville de Césarée, et y créa un port vaste et commode. Elle sut cependant maintenir son prestige, et sans devenir le chef-lieu d'une toparcbie, comme le prétend Pline, elle resta, avec Jamnia, une ville autonome au dire de Josèpbe'^.

Dès l'avènement du christianisme, Joppé compta des disciples du Christ. La résurrection de la veuve tabitha ou Dorcas par le prince des apôtres, « fut connue dans tout Joppé et beaucoup crurent au Seigneur ^. o C'est aussi pendant son séjour dans la maison du corroyeur Simon, que saint Pierre eut la vision symbolique des animaux purs et impurs.

Pendant rinsurreclion des Juifs contre les Romains, Ceslius (lallus, gouverneur de Syrie, livra Joppé aux flammes et passa 8.400 personnes au fil de l'épée ^. Beaucoup de Juifs, pourchassés par les Romains dans d'autres contrées, se réfugièrent dans les ruines de cette ville et, pour assurer leur vie, se livrèrent à la piraterie. Vespasien assaillit ce repaire de brigands, dont 4.200 trouvèrent la mort, soit sous le glaive, soit dans les flots. Peu à peu Joppé- se releva autour du fort que Vespasien y fît élever ^. Le christianisme y refleurit, et Joppé devint le siège d'un évéché. Fldus, évèque de cette ville, assista au synode de Lydda en 415 et au concile d'Ephèse en 431.

Jusqu'au vii« s., les pèlerins débarquèrent à Césarée. Mais attirés par les souvenirs bibliques de Joppé, ils s'écartèrent souvent de leur route, de Césarée à Jérusalem, pour visiter le tombeau de Dorcas et la maison de Simon. Saint Jérôme, sainte Paule et sa fîlle sainte Eustochium, Théodose et le Pèlerin de Plaisance dit Antonin, arrivés à Lydda, se rendirent à Jafla avant de continuer leur route pour la Ville sainte.

Avec l'invasion des Arabes 637;, Joppé, dorénavant appelé plus communément Jaffa^ redevint le port principal de la Palestine.

Les Croisés trouvèrent Jafla sans défense. Godefroy de Bouillon releva ses murs (IICO , l'érigea en comté vassal du roi de Jérusalem et en confîa la garde au chevalier picard Roger de Rozoi en Thiérache. La dignité comtale est dévolue successivement à Hugues, seigneur de Puiset, à Amaury, frère

i. A. .1., XV, vu, 3. — 2. A. J., XIV, x, 6. — 3. Act., L\, 36 48. — 4. .Vct., X, 1-24. — 5. G. J., II, XVIII, 10 ; — III, ix, 2, 3.

(le Baudouin III fllol;, à Guillaume marquis do Monferrat .1157), puis à Geofïroiet Amaury frères de Gni de Lusignan, et ensuite à Gauthier de Brienne fiSOtj. En 1217, elle passa dans la maison d'Ibelin, et à partir de 1447, le litre appartient à la famille vénitienne des Conta rini, conti del JafTo.

En 1103, Baudouin I" concéda l'église de Saint-Pierre aux chanoines du Saint-Sépulcre. Baudouin III y accorda plusieurs privilèges aux Pisans, entre autres celui de posséder, à JafTa, une rue avec une (église. Après la désastreuse bataille do Hatim (1187), Jaffa fut prise et démantelée par Mélek cl Adel, frère de Saladin, puis rendue aux chrétiens par la tréveconclue entre Richard Cœur-de-Lton et Saladin après la bataille d'Arsur (1191). Mélek el Adel s'en empara une seconde fois en 1197 et y fit massacrer 20.000 chrétiens. Gauthier de Brieone, après avoir battu les Sarrasins en plusieurs rencontres, devint maître de JaOa en 1204, et l'empereur Frédéric II la restaura en 1228.

Saint Louis, roi de France, débarqua à Jafla l'an 1251 et entoura la ville d'une nouvelle enceinte flanquée de 2i tours. Il lit construire en même temps une magnifique église avec dix autels pour les Religieux Franciscains ^ Finalement, Bibars el Beodoukdar, sultan d'Egypte, prit la ville d'assaut en 1267, la ruina de fond en comble, et fit périr toute sa population. L'antique Joppé resta pendant quatre siècles sans histoire. Les masures ne servirent d'abris qu'à des bateliers et à des pêcheurs. Les pèlerins qui y débarquaient furent reçus par les Frères Mineurs, qui les conduisirent directement à leur hospice de Ramléh.

Au XVII* s., Jaffa commençait à se relever et en 1650, les Frères Mineurs furent autorisés à y .établir un couvent avec un hospice pour les pèlerins. Le 12 mai 1775, Mahoma Bey, appelé vulgairement Abou Daxas ou Dahab, se rendit maître de la ville et fit mettre à mort les chrétiens avec deux Pères Franciscains, le curé et son coadjuteur. Une trentaine seulement échappèrent au massacre.

Bonaparte, se rendant d'Egypte à Saint-Jean d'Acre, y mit le siège et s'en empara le 3 mars 1799. On lui reproche d'avoir fait massacrer la garnison composée de 4. 000 Albanais, et empoisonner, au moment de la retraite, ses propres soldats atteints de la peste. Ces deux faits sont, cependant, sérieusement contestés. Ibrahim Pacha, fils de Méh^med Ali, s'empara à son tour de Jaffa en décembre 1831. Sept ans plus tard, un violent tremblement de terre la détruisit en partie et renversa ses murailles.

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