Michaud, Htst des Crois, 1867, III
Etat actuel.
l'nncienne JatTa, encore ceinte d'une muraille en ruine, esl bâtie en amphithéâtre sur les flânes d'une colline qui domine la mer de 51 mHres de hauteur, et la plaine, à l'Ë.. de 30 m. Autour de l'ancienne ville se sont développés des quartiers nouveaux qui, par leur aspect de propreté et leurs beaux jardins, tranchent singulièrement sur les vieilles maisons à plate-forme empilées sans ordre sur la colline.
Population. La population qui, il y a 30 ans, comptait à peine lO.OUO habitants, est évaluée, d'après le re<^ensement de 1905, à plus de iO.OOOàmes. Elle se répartit en deux classes : les sujets ottomans et non ottomans ou Europ<«ens. Les trois quarts sont ottomans, savoir : 24.265 musulmans, 970 Israélites et 5.216 chrétiens. Ces derniers se divisent c^mme il suit : Latins 710 (sans compter les latins étrangers qui s'élèvent au nombre de 300) ; Maronites 214 ; Melchites 514 ; Syriens 35 ; Gi*ecs non -unis 3.552 ; Arméniens non-unis 104 ; protestants 112. Parmi les sujets non ottomans, on compte environ 4.000 Israélites et 800 protestants.
Les pèlerins et touristes affluent de plus en plus dans ce port pour se rendre à Jérusalem. On en compte annuellement environ 50.0(30, tant juifs et mahométans que chrétiens. Parmi ces derniers, les Russes forment le plus fort contingent.
Commerce. Au point de vue commercial, la rade de Jafla est une des plus importantes du Levant. Elle est fréquentée chaque année par 400 bateaux à vapeur, qui emportent un chargement de 500.000 tonnes, et par un nombre égal de voiliers dont la cargaison peut être évaluée à 150.000 tonnes. I^es articles d'exportation consistent surtout en blé, sésame, coton, cuir, fruits et spécialement en oranges. Les produits exportés d'année en année se montent à une valeur de 12 à 15 millions de francs. On importe des étoiles de colon et de laine, des denrées coloniales, du fer, des briques, du bois et autres matériaux de construction.
Ecoles et établissements de bienfaisance. Les Pères Franciscains dirigent, près l'église paroissiale, une école pour les garçons. L^es Frères des Ecoles chrétiennes possèdent un internat et deux écoles pour externes. Une ^' école pour les garçons a été ouverte par une société de Florence. Les Religieuses de Saint-Joseph de l'Apparition ont un internat et l'école paroissiale pour les filles ; les Religieuses Franciscaines ont de même un internat et un externat pour les filles.
Chaque rite et chaque religion a son école respective.
Le grand hôpital français de Saint-Louis fondé en 1876, est desservi par les Sœurs de Saint-Joseph, qui tiennent aussi un dispensaire en laveur des i>auvres.
On trouve ég.nlement à JalTa une école et un hospice allemands, deux écoles et un hôçital soutenus par la Church missionary Society, un pensionnat anglais pour les filles, et un orphelinat américain.
Visite de la ville.
L^s rues sont tortueuses et enchevêtrées; en temps de çluie surtout , elles sont fort malpropres. Pour visiter la ville, il est indispensable d'avoir un guide.
L'église paroissiale latine >^.
Elle est attenante au couvent des Pères Franciscains qui desservent la paroisse latine. Elle s'ouvre sur la rue à laquelle on arrive directement de l'Hospice des pèlerine. Cette église.
dédiée à saint Pierre, a été construite sur l'emplacement d'un ancien château fort du xiii' s., au sommet de la colline, pour remplacer l'ancienne devenue trop petite. En y récitant un Pater et un Ave^ on gagne l'indulgence plénière concédée à tout pèlerin qui arrive en Terre sainte.
La maison de Simon le Corroyeur f .
De l'église paroissiale on se dirige vers le sud et on travers» une rue qui dans le cadastre municipal porte le nom de Hâret et Tabît, quartier de Tabitha. Mais la place de la maison où saint Pierre a ressuscité la pieuse Tabitha, n'a jamais été indiquée par les pèlerins ou les chrétiens indigènes. (Voir à la lin, Actes des Apôtres, IX, 36-43, n« 05.
En 6 min. on arrive au phare, el farân, qui domine une petite mosquée, DJamiâ et Tabit ou Mar Boutros, Saint Pierre , construite sur un monceau de ruines. C'est l'emplacement traditionnel de la maison de Simon le Corroyeur C'est là que logea saint Pierre lorsqu'il eut la vision de la nappe remplie d'animaux purs et impurs, et lorsqu'il entendit une voix du ciel qui l'invitait à recevoir au sein de l'Eglise les gentils aussi bien que les Juifs. Dans cette même maison, il reçut les messagers qui vinrent le prier de se rendre à Césarée auprès de Corneille le centurion. (Voir le récit des Actes des Apôtres, X, 4 23, à la un, n« 96.
£n montant sur ia terrasse près du phare, on voit immédiatement que ce lieu est situé « près de la mer » et limité par quelques restes d'anciennes fortifications. Aujourd'hui encore, les tanneurs habitent dans le voisinage, vers le midi. « Les documents du moyen âge, écrit M. L. Heîdel, indiquent en eflet l'église de Saint-Pierre vers le sud de la ville et vers l'angle sud-ouest. Dernièrement, le mur d'une construction contiguë à la petite mosquée, du côté du midi, s'étant écroulé, laissa paraître deux absides et quelques pans de mur d'une église de caractère médiéval ; cette découverte ne permet guère de douter que la tradition actuelle ne soit la continuation de la tradition du xii* siècle. » {!). B. V., III, 1640.)
On ne peut çuère douter non plus que les chrétiens de Jatîa n'aient montré aux Croisés la Maison de Simon à l'emplacement traditionnel des siècles précédents, c'est-à-dire, là ou elle fut visitée par le Pèlerin do Plaisance, Tbéodose, sainte Paule et saint Jérôme. Les ruines de la grande église qui apparaissent, appartiennent, sans doute, au premier sanctuaire que les Fils de saint François d'Assise ont obtenu en Terre sainte de la libéralité de saint Louis, qui aura simplement reconstruit, réglise détruite aux siècles précédents.
Les visiteurs laissent au gardien, qui ouvre la mosquée, 20 cent, par per8«>nne ou 1 fr. par groupe.
Bazars, Jardins, Cimetière de Tabitha, Colonie
allemande, etc.
Les pèlerins qui ont le loisir de visiter la ville peuvent faire une très intéressante promenade en longeant d'abord le quai,
a eDcombr6 d.ines et clo clidmeaux A quelques pas Hospice latin, on rencontre If i,ou>ent des Arméniens où l'on montre la Salie des jnstiféret l'ambulance' irte. Elle a W' dlvisAe depuis en plusieurs chambres
], on arrive au bazar, ou la variété des gens, des des langues et des produits du pays intéresse fort On y remarque deu^ fontaines monumentales leurs irovienaenl pour la plupart d'anciens édliices Viles k la muniricenco d Abou Naboùt youierncur de immencemeot du xi\' s.
le se dresse la mosquée principale lijamiâ Makh , dont le portique de la façade et les galeries de la lur possèdent quelques colonnes monolithes de rovenant d'antiques monuments Pour entrer m^mc ur de la mosquée, il faut Oler tes souliers
ie de parterres de (leurs et domioËe par une tour lorloge. D'uD cdté de la place, s élt>ve la caserne de : nouveau palais du sérail, siég» du gomornement
mérite surtout le nom do Ya[ la belle par 'es s vergers. Défâ au xiv s. av, i.-C Mohar un ollicler i 11, vantait les fruits délicieux des splendides jar [-pu. D'Innombrables orangers, grenadiers citron liers, amandiers, palmiers et autres arbres frutliera m immense bosquet d'où émergent c^ cl la de toiles époque de la floraison, l'air est embaumé â quelques
ant la route de Jérusalem, on arrive en 15 min. k ite sébii, ou (ontalne, qui coule 'a l'ombre de quelques :. Elle aussi est duc 'd la tçénérosité d'Abou NaboOt, oisi le lieu de sa sépulture.
:re de Tabitha. Près de la fontaine existe un malelé par les indigènes Ardh ou Djêbei Tabi'Iu. De temps al, les habitants do Jada se transportent en ce lieu nche après la Pâque des Latins, pour fêler la mé- 3 généreuse veu ve ressuscitèe par saint Pierre, et qui,
tradition, fut enterrée sur ce tertre. Son sépulcre, , n'est pas connu. L'an 190j, le 21 mal, 10 « lo.OOU , chrétiens et musulmans, se rendirent au Djebel \ le récit des ictes des Apôtres, IX, 36-43, k la ■i
M. CIcrmonl.U
inscriptions grecques, dont les noms propres sont hébreux, ainsi que des emblèmes juifs, comme le candélabre à sept branches, la palme funéraire, etc. (V. Q. St., 4874, 3-5.)
Dans le voisinage, les Russes possèdent une vaste propriété avec une église. Du haut du clocher on jouit d'une belle vue sur la plaine de Sâron.
De là on peut regagner la ville, en passant par la colonie allemande. L'hôtel du Parc, situé dans un magnifique jardin, possède un intéressant petit musée d'antiquités du pays, organisé par le baron d'Ustinov.
La colonie allemande, qui date de l'année 1868, est formée de familles wurtembergeoises d'une communauté dite du Temple ou des Amis de Jérusalem. Cette secte fondée en 186() par W. et C. Hofimann, se propose de régénérer le christianisme par une bonne interprétation des prophéties de l'Ancien Testament. L^ colonie compte 300 âmes. Tous s'occupent d'agriculture.
De JAFFA è JÉRUSALEM
On peut se rendre de JatTa à Jérusalem soit en chemin de fer, soit en voilure, soit à cheval. En chemin de fer, on met 3 h. 50 min. Par la route carrossable, il laut de 7 à 8 h. en voiture, et de 11 à 12 h. à cheval. L'un et Tautre voyage sont très intéressants par les souvenirs bibliques qui se rattachent au pays aue l'on traverse. C'est pourquoi nous décrirons les deux. Si l'on se rena de JalTa à Jérusalem par la voie ferrée, on ne regrettera pas d'être descendu de Jérusalem à Jatia en voiture.