S. W. P., If, 444. — 2. 0. s
38 Voyagé I. agcauon De Ja/fa à Jértis.
on voit Annâbéh qui correspond au Delh-Oannâba qu'Eusèbe
indique à 4 milles à l'E. de Lydda et qu'il identifie avec
Anob (?) conquis par Josuô '^. Puis, au km. 30, la voie touche à
g. au village de Nâanéh, qni devait ôtre anciennement une ville
assez considérable à en juger par les ruines qu'on a mises à
découvert dans ses aientours. Ce lieu répond assez bien au
Naamah de la Bible.
Naamah est une ville de la plains do Juda, menticnnée avec Gédéra aujourd'liui Qaira, Belh Dagon el Accaron ^
Accaron. Au km. 31, on aperçoit i\ dr. le village à'Àqîr, la célèbre Ekron ou Accaron de l'Ecriture sainte, où les Philistins retinrent quelque temps l'archo d'alliance.
Eusète de Césane indique Accaron entre Az)t (E^dofid) et Jamnia (Yebnaj « vers l'orient » ; de son temps, c'était encore un gros bourg habité par des Juifs *, ce qui permet d'identilier Aqîr avec Accaron.
Accaron était la capitale d'une des cinq principautés d(s Philistins, la plus septenliionale ^. A la première division de la Teire promise, elle échut en partage à la tribu de Juda ' ; mais à Toctasion d'une reelilication des limites, elle fut assignée à la tribu da Dan ^. Ce n'est qu'après la mort de Josué que lei enfants de Juda purent s'en rendre maîtres, el elle ne larda pas à tomber au pouvoir des Phi.istins jusqu'au règne de David.
Lors d'une guerre contre les Israélites, les Philistins s'emparèrent de l'arche d'alliance et la transportèrent d'abord à Azol, puis à Geth. Etîrayés par les calamités que leur causiil la présencs de l'arche sainte, les habitants de ces villes la renvoyèrent à Accaron. I^s Accaroniles, châtiés à leur tour pour la profanation de l'arche du Seigneur, n'en voulurent plus au bout de sept mois. Ils la mirent sur un char neuf attelé de deux vaches qu'ils laissèrent aller à leur gré. Celles-ci se dirigèrent sur Bethsamès, qu'on voit de là sur une hauteur.
Ochozias, roi d'Israël, étant malade à Samarle, fil consulter la divinité d'Accaron. qui était Béelzébub ». Alexandre Bala, roi de Syrie, donna Accaron à Jonathas Mâcha bée 7.
Aqir compte aujourd'hui environ 1,200 habitants et possède une mosquée dédiée au Néhi Aqer. En 1884, le baron de Rothschild fonda une colonie juive dans le voisinage du bourg.
Gézer. A g. on aperçoit la blanche coupole du Oueh d'Abou-
Scfiousché, hameau perché à l'extrémité d'une colline allongée
appelée Tell Djézer. C'est l'antique Gézer, un jour ville lévi-
tique.
Avant l'arrivée des Hébreux en Palestine, Yapakhi, roi de Gizer, était vassal des pharaons d'Egypte, d'après les lalileltes de Tell Amarna. Pendant la conquête de la Terre promise, Horam, roi de Gézer, vola au secours de Lachis assiégé par Josué el trouva la mort sur le champ de bataille ». Gézer fut assignée à la tribu d'Ephraïm et forma la limite méridionale de son territoire î* ; mais les Ephraïmites, n 3 pouvant s'en rendre maîtres, se contentèrent de loucher un tribut ^". Vers l'an 4280 av. J.-C, le pharaon Mérenptah devint de nouveau possesseur de Gézer, comme le rapporte une inscription récemment découverte ^^. La ville
i, J( s., XV, .'i7 41. - 2. 0. S., 22. - 3. Jis., Xlll. 3. - 4. ,îos., XV, 45. — i). Jos , XIX. 43. — (). IV Rci5, V, 10-12. - 7. I Mach., X, 89. — «. Jos., X, 33. - 9. Jos.. XVI, 3; - X\l, 21. - 10. Jus., XVI, 10; - Jg., I, 2J. - 11. D. ». H., II, 1G4.
En ch, de f. y\llée de sorec Voyage I. 33
retourna au pouvoir des Israélites SDUS David ; mais au CDmmoneement du règne de Salomon, les Egyptiens s'en emparèrent et la dèlrui^ iront. Cependant, telle était l'inipjVlance de sa position stratégique, (|ue le pharaon la donna comme dot à celle de ses tilles qu'il ma- la à Sal mon. Ct.iui-ci se bâta de la f )rtirier, et elle resta ddinitivement au peuple de Dieu. Oc upéj momentanément par le général syrien nacohice, Sinon Machabée la reprit et y p a-.a une garnison juive sous le commandempnl d'Hyrcan.
Str.ib. n Hî.ppelle Gadaris ^ ; JoEèphe la nomme tantôt Gazar.i, c( mme les livres des Machabées*, tantôt Gadara. Du iv" jusqu'au vi* p., Gézer était le siège d'un évêebé sous le nom de Gadara; son premier évèque, Caïanus, assista au conci'e de Nicée, en 325. Les Croisés l'apieUrenL Monl-Gisart.
M. Clermont Ganneau y découvrit deux inscriptions gravées sur le rocher : l'une en hébreu, l'autre en grec du temps des Machabé 's, inliquant les limites sabbatiques de la ville de Gézer. La Société anglas» du Palestine exploration Fund vient de charger M. Macalisier d'explorer le sol jusqu'au rocher. Les ruines, habilement mises au j- ur, démontrent l'antiquité de la ville et confirment son histoire. En vire m 3.000 ans av. J.-C, Gézer était habitée par des troglodytes, dans Ie3 grottes desquels furent retrouvés des ustensiles en sih'x. Après eux, la ville devint chananéenne, comme le prouvent les ohjels en bronz^ on loterie, elc, trouvés dans la 2* couche. L'ancien temple fui aussi découvert. Sous le pavé on avait déposé des cruches renfermant, avec d'autres offrandes, des squelettes d'enfants brûlés. Dans la couch • supf^rieure se présentèrent les mêmes offrandes, mais sans squeîelli's d'onfants. I^s diverses couches de ruines superposées j^erraettenl d«' discerner la ville juive anlésxilienne et postexilicnne, ainsi que les Iravaux des Machabées. Les époques romaine, puis chrétienne et enfin ar.il.e s nt attssi représentées dans le monceau de décombres accumulés sur le plateau.
Au km. 32 se présente àdr. Mansourah^ village sans histoire. Mais 7 km. plus au S., cl Moghar est identifié par plusieurs savants avec la naéinorable Makkéda ou Moqor, où Josuô fit mettre à mort les cinq rois coalisés, le jour où il fit arrôter le soleil. iV. Voyage de Ja/fa à Gaza, p. .)
Vallée de Sorec. Au km. 37, un pont en fer franchit lo Ouâdi Meroubbàk, qui n'est que la continuation du Ouâdi Sourâr, la vallée de Sorec de la Bible. C'est dans cette vallée que demeurait Dalila, au moment où Samson, victime de sa séduction, fut pris par les Philistins qui lui crevèrent les yeux et l'emmenèrent prisonnier à Gaza ^.
1^ vallée de Scre.* prend naissance au N. de Jérusalem, p:ès d'tl Biréh, descend entre Nébi Samouïl et la Ville sainte et serpente ensuite entre Qoloniyéh et Ain Karem, devenant de plus en plus élroi:c et pr.îfonde. Au sortir des collines de Juda, son torrent traverse la plaine ondulée de Séphéla et, sous le nom de IS'atir llonbîn, se jette dans 1 1 mer entre Yébnah et Jalla. Dans ce pays, les vallées et les torrents changent souvent de noms sur leur parcours. Au xii* s., le Naliv RotiUîn était encore appelé Sokrek *.
Au N. de Oariet el Endb (Cariathiarim) conimt nce un vallon secondaire qui débouche dans le Ouddi Soui^âv près de la station de Deir- Abàn. Une troisième vallée part de la plaine de Raphaïm, au S. de
i.Gengr., XVI, ii, 29. — 2. A. J.,V, i, 22; -Mil, vi, 1.-3. Jg. XVI, 4. — 4. Michaud. H. (.'., iv.
40 Voyage /. saraa et esthaol De Jajfa à Urus.
Jérusalem et vient se perdre dans le Ouâdi Sourdr entre Deir-Abàn et Bittir; elle porte le nom de Ouâdi Sikkéh. La voie ferrée côtoie quelque temps la vallée de Sorec, puis elle suit le Ouddi Sikkéh jusqu'au terminus.
La vallée de Sorec offrait une voie naturelle aux ennemis qui s'approchaient de Jérusalem. Les Philistins la suivirent fréquemment ; aussi est-elle fertile en souvenirs historiques.
La st. Sedjed se rencontre au delà du km. 39.
Au km. 46, on voit à g., sur le flanc de la montagne, quelques ruines nommées Khirbet Souriq. Ce lieu correspond au Caphar Sorek qu'Eusèbe indique près de Saraa, au N.E. de la vallée^. Sorek, en hébreu, signifie un certain vin produit par des raisins pourpres.
Saraa et Esthaol. Au km. 49, on aperçoit à g., au bout de la montagne, le village de Sarâa^ longtemps visible du train. C'est Saraa ou Seraa, la patrie de Samson. A 4 km. au N.-E. de ce lieu se trouve Èschoua, Tancienne Esthaol de la Bible, toujours associée à Saraa dans l'Ancien Testament.
Saraa et Esthaol furent d'abord attribuées à Juda ^, puis à Dan ^, et sont souvent citées avec Cariathiarim et Bethsamès. Ensèbe indique « le village d'£sthaol et celui de Saraa, la ça trie de Samson, » près de la 10' colonne miiliaire au N. d'Eleulhéropolis (Beit Djibrin), sur la voie de Nicopolis (AmouasJ *.
Dans le fertile vallon qui sépare ces deux villes, se trouve le Camp de Dan, Nahanéh-Dan. Avant d'entreprendre une expédition au N. de la Palestine pour s'emparer du pays de Lais, 600 Danites partirent de Saraa et d'Ësthaol et « montèrent » (c'est-à-dire allèrent vers le N.), dans le Camp de Dan, « derrière Cariathiarim, » (c'est-à-dire à TO. de cette ville) ^
C'est également dans le Camp de Dan que Samson ressentit la première impulsion divine et commença sa carrière de Juge ou héros d'Israël. Il trouva la mort à Gaza en faisant écrouler une salle remplie de Philistins. Ses frères allèrent chercher son corps et l'ensevelirent entre Saraa et Esthaol dans le sépulcre de Manué, son père **. Saraa fut fortifiée par Roboam ' et repeuplée de Judaltes après la captivité do Babylone ^.
La coupole blanche qui marque Sarâa, recouvre le tombeau diiiScheikh Sanoût. En 1334 on montra à Isaac Chelo le tombeau de Samson dans ce village. Entre Sarâa et Eschoua existe le OueLi du Scheikh Ghérib, qu'on montra à V. Guèrin pour celui de Samson ; mais il est très douteux que les gens du pays en aient su quelque chose, avant qu'un certain chrétien da voisinage ne leur ait fait connaître, à sa manière, les récits bibliques et parlé du tombeau de Schamschoûn^. A Gaza, par exemple, le héros danite n'est connu que sous le nom de Àly Mérmian, Aly le Prisonnier, ou Abou Lasm, le Père énergique.
1. 0. S., 160. — 2. Jos., XV, 33. — 3. Jos.. XIX, 41 ; — Jg., XIII, 25. — 4. 0. S., H9, 156. — 5. Jg., XVIil, 8-12. — 6. Jg., XVI, 31. — 7. II Par., XI, 10. - 8. Néh., XI, 29. - 9. S. W. P., III.
En chemin de fer, thimna Voyage I. 41
[j^Thimna. Au S.-O. de SarÂa, le chemin de fer laisse à dr., à une distance d'un lim. et demi, les ruines de Tibnéh, la Paille. C'est Thimna, la patrie de la première femme de Samson.
I^ site de Tibnéh est aujourd'hui désert, mais marqué par des ruines antiques, des chambres taillées dans le roc, des pressoirs à vin, etc. Au N. des ruines jaillit une source.
Thimna, ou Thamna, est une ville frontière de Juda située entre Bethsamès et Accaron ^ Elle fut concédée plus tard à Dan *, et au temps des i Juges c'était une ville philistine ^. Samson s'y rendit un jour pour I demander en mariage la fille d'un Thamnite *. Réunie au royaume des Hébreux sous David, elle fut reconquise par les Philistins sous Achaz, avec plusieurs autres villes de cette région s. Ezécbias, fils d'Achaz, la reprit aux Philistins ^. Mais Sennachérib, après avoir battu les Egyptiens à Al-ta ku, l'Elteke de Dan*^, non loin d'Aïalon, continua la guerre contre Ezéchias et s'empara de Tam-na-a, puis d^Amqa-ru-na, Accaron ". Tous les lieux bibliques nommés Thimna ou Thamnatha ont anjour d'hui la lettre m changée en b et s'appellent Tibnéh ou Tîbnâ.
C'est en descendant avec son père et sa mère à Thimna que Samson rencontra un lionceau et le mit en pièces. Le miel trouvé plus tard dans la gueule du lion servit à l'énigme proposé le jour des noces, et qui amena, par l'indiscrétion de la jeune épouse, le massacre de 30 Ascaloniles. C'est aussi dans ces parages que Samson prit 300 renards ou chacals, dont il se servit pour incendier les moissons des Philistins.
Bethsamès. La source Ain Schems ou les ruines Khirbet
Betschems qui apparaissent à dr., sur la hauteur en face de
Sarâa, sont celles de Bethsamès on Beth-Schémès, Maison
on Temple du Soleil.
Bethsamès était une ville sacerdolale ^, sîtut'e sur la limite septentrionale de la tribu de Jnda, près de la plaine de Séphéla^®, non loin de Saraa et de Cariathiarira ^^ Plus tard, elle fut cédée aux Danites sous le nom de Hirschémès, ville du Soleil. Au iv* s. de notre ère, on montrait encore le bourgde Bethsamès au 10' milliaire, à l'orient, en allant d'ElenthéropDlis à Nicopolis^*.
Les deux vaches chargées de l'arche d'alliance se dirigèrent d'Accaron tout droit à Bethsamès et s'arrêtèrent près d'une grande pierre. Les Israélites furent dans la jubilation. Ils fendirent le bois du char, et sur la pierre mémo ils offrirent les vaches en holocauste au Seigneur. Mais Dieu punit ensuite leur curiosité trop indiscrète, en en faisant mourir un grand nombre. Les Betbsamites épouvantés, envoyèrent des messagers à Cariathiarim, pour prier leurs voisins de venir prendre l'arche sainte et de l'emmener chez eux *3.
C'est près de Bethsamès que Joas, roi d'Israël, remporta une
1. J< s., XV, 10. - 2. Jos., XIX, 43. - 3. Jg., XIV, 1. - 4. Jg., XIV, i-*». - XV, 6. - 5. II Par., XXVIII, 18. - 6. IV R., XVIII, 8. - 7. Jos., XIX, 44 ; - XXI, 23.-8. D. B. H., 1,698. - 9. Jos., XIX, 16. — 10. Jos., XV, 10. 11. I R., VI, 21. - 12. 0. S., 54. - 13. I R,, V-VI.
42 Voyage L ébenézeu De Jaffa à Jérus.
victoiro complète sur Amasias, roi de Juda, qui fut fait prisonnier (820-810) *. Sous le règne de l'impie Achaz, les Philistins prirent Belhsamès avec Ttiamna, Gam/.o et d'autres villes •^.
Du iiirme rôté, à l'E,, on voit sur une colline une petite mosquée avec un niilirab, Djamiâ Abou Maïze. Son gordien essaya aussi de faire croire aux t^uro|;éens que là se trouvait le lomheau de Schamschoûv, mais naturcllenicnt avec peu de succès.
A 45 min. de Djamiâ Abou Maïze, un pelit village porle le nom de Beit Djhnàl. Il s'étend sur le flanc de la montagne, possède une source à \'Y. et des grottes au S. Un de ses vallons s'appelle Ouddi Boulos, valUe (le Paul, et à 7(K)pasdu village, au S., existe un sanctuaire musul mail dédié à saint Paul, au milieu des vestiges d'une ancienne localité, Khii'hft en Nébi Boulos, ruines du Prophète Paul.
Beit Djémâl est peut-être le Caphar Gamala qu'on montrait au iv s. à 20 milles de Jérusalem et où habitait Gamaliel, le célèbre membre du Sanhédrin, qui déposa dans sa propriété le corps du protomartyr saint Kiicnne. Sur une révélation faite par Gamaliel, qui était apparu à un prêtre nommé Lucien en 415, pondant le synode de Lydda, le corps de l'illustre diacre fut découvert et transporté de Caphar Gamala dans la basilique de Sion à Jérusalem. On a aussi proposé d'identifier Caphar Gan.alji avec Djeminalêh, localité située au N.-O., dans le districi de l'évcché de Nicopolis.
A Beit Djémâl. les Religieux SaU'siens possèdent depuis 1801 une fermeécole fondée en 1868 par don Belloni.
Ebenézer. Au km. 51, on est à la st. de Deir-Abân, Couvent
de la Pierre. Le village de ce nom se voit ù dr., au S.-E., sur
le versant de la montagne ; il compte environ 1.300 habitants
tous mahométans. Ce lieu était considéré au iv' s. comme
l'Ebenézer, Ebenhaazer^ la Pierre du Secours érigée par le
prophète Samuel. Ëusèbc écrit en effet : « Abenézer, qui veut
dire la pierre du secours ou la pierre auxiliatrice, est le lieu
où les Philistins s'emparèrent de l'arche du Testament; il se
trouve entre Aelia (Jérusalem) et Ascalon, près du bourg de
Bclhsamys^. » Le monastère qui y fut construit, avant le viP s.
au moins, reçut pour cela, semblo-t-il, le nom de Couvent de
la Pierre, Deir Abûn.
Dans un combat engagé près de Maspha (Nébi Samoiiïl), les Israélites inl iiicrcMil aux Philistins une défaite sanglante, et les poursuivirent « jusqu'au-dessous de Bethcar » (probablement la même ville que Belhhacarem ou Aïn-Karem)*. « El Samuel prit une pierre et la plara entre Masj'ha et Sjn et il appela ce lieu du nom de Pierre du secours et dit : (( Le Seigneur nous a secouru jusqu'ici s. » Ce même lieu était alors déjà tristementcélèhre pour les Hébreux. Une vingtaine d'années auparavant, les Israélites, en guerre contre les l^hilistins, y avaient établi leur camp. Les Philistins les mirent en déroute et emportèrent l'arche d'alliance à Azot '"'.
Au km. 52, on remarque à g le village à.'Artouf. Trois km. plus loin, s'ouvre au haut de la montagne du même côté une
1. II Par., XXVI, 23. — 2. II Par., XXVIII, 18. — 3. 0. S., 32. — 4. V. La patrie de S. Jean-B., p. 103-112. — 5. I R., Vil, 12. — 6. 1 R., IV-V.
En ch. de fer. ROCHER d'etam Voyage I. 43
immense grolte appelée Arâk Ismàil, qui sert de relrailc à une
quantité de pigeons sauvages. Le train coupe deux fois le torrent
sur des ponts en fer.
La caverne du rocher d'Etam. A environ 8 Icm. de la
station de Deir Abàn, la ligne contourne pendant une heure
une montagne au sommet do laquelle émerge un rocher qui
domine do 20 à 33 m. toutes les hauteurs voisines, et qui porte
ûèrement le petit village de Beit Âtâb. Dans ce massif, une
grotte, qui rappelle le tunnel de Siloé, s'enfonce sous le village
à une profondeur de 80 m. On y descend par un puits de 3 m.
de hauteur. L'extrémilé de la grolte s'est éboulée. Les indigènes
l'appellent Mogaret bir el Hastita. Hasûta, qui n'a pas do sens
en arabe, vient sans doute du mot hébreu liasiit qui signifie
refuge. Le nom de cette caverne serait donc : La caverne du
puits du Refuge. M. Couder* et d'autres savants y voient la
caverne du rocher d'Etam, où se réfugia Sa m son, après avoir
annoncé aux Philistins qu'il leur réservait d'autres châtiments.
La consonne m du nom Etam s'est transformée dans la bouche
des Arabes en h comme dans Tbimna.
Eusèbe indique le rocher d'Etam prè3 de la valh'e do Sorec^. En etlet, le contexte el les circonstances ne permettent pas d'admelire que pour se préparer à do nouveaux exploits contre les PJiilistins, le liéros danite ail quille son pays, pour se rendre à Elain au S. de Bethléem. De plus, les Pbilistios se présenlèrent à la frontière de Juda et non au cœur du pays. Le texte, il est vrai, dit que Samson « descendit et habita dans la caverne du rocher d'Etam. » Dans le langage des Hébreux on ne « montait» jamais dans une caverne, on y « descendait » toujours. Du reste, le Ramathlechi ne laisse pas de doute que Samson ne se trouvât alors sur une montagne.
Pour avoir la paix avec les Philistins, les Judaltes vinrent à la caverne du rocher d'Etam au nombre de 3.000, lièrent Samson avec des cordes et le livrèrent à ses ennemis. A la vue des Philistins, l'esprit du Seigneur s'empara de lui ; il brisa ses liens comme un fli et, ramassant une mâchoire d'une, il défit 1.000 Philistins. Le lieu de ce combat s'appela dès lors Ramath lechi, la Hauteur de la Mâchoire.
Après son exploit, Samson se mourait de soif, lorsque, sur sa prière, Dieu fit jaillir une source de la Hauteur de la Mâchoire 'K
Sur une montagne située en face de Bcit-Alûb, au N., se trouve un gros village du nom do Kesla. C'est probablement la ville do Chesalon indiquée dans le livre de Josué entre Cariathiarim et Belhsamès'^.
Au km. G5, le chemin de fer quitte la vallée de Sorec poui entrer dans celle de Sikkéh ou de Bit tir.
Au km. 74, on voil, à dr., Bitlir, ancienne ville chananéennc
1. S. W. P., 111, 22. - 2. 0. S., 96. - 3. Jg.. XV. - 4. Jos., XV, 10.
44 Voyage I. bittir De Ja/fa à Jérus.
conquise par Josué, devenue célèbre pendant l'insurrection des Juifs sons Barcochébas (132-135 ap. J.-C).
Dans le Cantique des cantiques de la Vulgate (II, 17), il est fait mention des « montagnes de Bétber », mais toutes les autres Versions rendent le dernier mot par un nom commun. La Version des Septante indique dans le livre de Josué une yilledu nom de Béther ou Baither entre Koulon (Qolôniyéh) et Karem (Aïn KaremJ ^ Si par sa position géographique Bit tir répond à la ville biblique, elle ne répond pas moins bien par sa position topographique à Béther qui pendant trois ans résista aux armées romaines. Du village, assis sur le versant de la montagne, on arrive en 15 min., par des sentiers très raides, à un plateau presque isolé de toutes parts. Les débris d'une ancienne place forte qui couvrent ce lieu lui ont valu le nom de Khirbet léhoudipéh, les ruines des Juifs. A l'entour, le rocher a été taillé à pic sur plusieurs points. Une source très abondante jaillit du flanc de la montagne.
Au débouché de l'antique aqueduc, aujourd'hui brisé, M. Clermont- Ganneau découvrit une inscription gravée sur le rocher et faisant mention de deux détachements, l'un de la V* légion macédonienne, l'autre de la XI' Claudia, appelées en Palestine l'an 135, vers la fin de la rébellion des Juifs. Cette inscription ne laisse plus de doute sur l'identité de Bittir avec Béther.
Les Juifs refusèrent de recevoir Jésus-Christ pour l'envoyé de Dieu. Gomme cependant les prophéties sur l'avènement du Messie étaient accomplies depuis des années, ils s'empressèrent de reconnaître comme tel Barcochébas de Koziba, un imposteur qui les entraîna à la révolte et causa leur perte. Dans cette guerre d'extermination où, d'après Dion Cassius, 500.000 Juifs périrent par le glaive, Bittir joua le rôle principal. C'est même là que le peuple juif cessa pour toujours de former une nation.
Km. 76. Station de Bittir. La voie continue à monter à travers une gorge. Au bout d'un km. on voit à g. el Ouélèdje^ gros village qui possède cinq sources dans son voisinage.
Au km. 78, on observe à dr., au fond du vallon, la belle
source Ain Haniyèh. Elle s'échappe d'un hémicycle de 1".10 de
rayon, flanqué de pilastres à chapiteaux corinthiens de style
gréco-romain. A O^jSO du sol, une niche d'un m. de hauteur est
pratiquée dans l'absidiole et était probablement occupée par une
statuette représentant le génie de la source.
Du IV" au xii* s., la source où saint Philippe baptisa l'Eunuque de Candace* fut invariablement montrée près de Bethsour, sur la routede Jérusalem à Gaza, avant d'arriver à la bifurcation de la route d'Hébron. Mais comme la Vulgate place, par inadvertance, Bethsour à 3 stades au lieu de 5 schènes (150 stades) de Jérusalem =*, les pèlerins du xin* s. prirent Bittir pour Bethsour et la fontaine d'Haniyéh pour celle de Saint- Philippe.
Km. 80. Une vallée plantée de vignes, à dr., conduit à Beit Djâlah et à Bethléem. Elle est dominée par un établissement des Pères Salésiens.
Jos., XV, 60. - 2. Acl., VIIL - 3. II Mach., XI, 5.
Eli chemin de fer. katamoun Voyage I. 45
Km. 8i. Du même côté apparaît Ain Yalo, une fort belle source; au S. existent des tombes hébraïques. Plus loin, dans une belle position, le village de Charafât s'offre à la vue.
A g., également dans une position dominante qui reste longtemps en vue, on voit Malhâh, gros village dont les nombreux tombeaux taillés dans le roc démontrent l'antiquité. On ignore son ancien nom.
On traverse ensuite un bosquet d'oliviers dans une dépression appelée Ouâdi el Ouard, la vallée des Roses ; puis à dr. se montre le village de Beit Saffâfa.
Au km. 83 on découvre le clocher russe sur le mont des Oliviers, et quelques maisons modernes qui couronnent les hauteurs à l'O. de Jérusalem. La dépression large et fertile dans laquelle on entre ensuite est la Béqaa^ la vallée des Raphaim ou des Géants, où David battit deux fois les Philistins.
Au km. 85, on passe devant la colline de Kalamoiin, à g.
Le patriarche grec non-uni y construisit, en i890, une villa d'été
avec une petite église dédiée à saint Siméon.
Depuis le xvi' s., on y indique le lieu où habitait Siméon, le vieillard qui eut la consolation de voir, avant de mourir, le Sauveur du monde. Aaîoord'hai les Grecs y montrent son tombeau.
Un peu plus loin, on voit du même côté une léproserie fondée en 1888 et dirigée par des diaconesses allemandes.
A dr. apparaît au loin le couvent de Saint-Elie sur la route de Bethléem, et en deçà le monastère des Clarisses sur le mont du Mauvais Conseil.
On arrive ensuite à un joli village européen, situé à g. C'est une colonie wurtembergeoise fondée en 1871. Les colons font partie, comme ceux de Jafla, de la communauté du Temple.
Km. 87. Gare de Jérusalem. La station est située à 20 min. au S.-O. de la porte de/laffa, Bâb el Khalil, ïsl première par laquelle on entre en ville.
l'ne voiture à 4 places se paie de 2 à 4 frs. selon la saison. Il eçt important d'avoir les bagages avec soi dans la voiture, à moins qu'une personne de confiance n'en ait la charge.
La route carrossable se dirige pendant 2 min. au S.-E. ; puis elle tourne vers le N., traverse le pont de la vallée d'Hînnom ou de la Géhenne, passe ensuite entre un bassin naturel, Birket es Sultan, et le mont Sion, et arrive à la porte de JatTa. (Voir plus loin : Jérusalem, p. 56.)
VOYAGE II* De Jaffa à Jérusalem par la route carrossable.
En voitiiro, 7 à 8 heures. — Prix d'une voiture à 4 p'aces, 30 à 40 francs et plus selcn la saison. De Jérusalem à Jalî.T, le voyas^e se fait en moins de temps.
A cheval, 11 à 12 heures. — Prix pour un cheval de selle. 10 à 15 francs. — Pour un cheval chargi» des bocages, 8 à 10 francs, y compris le mouki c ou l'homme qui prend soin des chevaux et des ha?a»ç(s.
Tous et s prix sont à étnhlir avant le départ avec le conincteur ou le moukre, m présence ou par le moyen d'une personne de onlianc», — Il est à propos de se munir à Jaflades provisions nécessaires pour le voyag;e ; les localités qu'on rencontre n'otirent que peu de r. ssources.
Pdur les localités déjà décrites, nous renvoyons le Itcleuraux explications du précédent trajet.
Dès qu'on sort de Jafla, la roule se dirige vers le S.-E., traversant les jardins. En 15 min. de marche, on laisse à g. la fontaine d'Àbmi Naboùt^ et 12 min. plus loin, on traverse ua pont pour entrer dans la plaine do Sàron. Laissant «i dr. le Mikweli Israël, on arrive en 17 min. à lîf première tour do garde, située à dr.
En 18G0. Souraya. pacha de Jérusalem, fit construire 17 fortins sur la route de JalTa à jf'rusalem, confiés à la garde des liachibnuzouks on gendarmes turcs, j.our piotiger les voyageurs contr^' les biizands. Ces tours furent toules abandonnées depuis et tombent en .ruines. Elles nous serviront comme poinls de repère.
Un quart d'heure plus loin, on laisse à g. le village de Yazoui\ puis le Oueli ou tombeau d Imâm Àli, à plusieurs petites coupoles, près d'une belle fontaine, Ain DUb.
A la 2*" tour (20 min.), on aperçoit à g. Sakiyéh, puis Beit Dedjàn, (Beth Dagon<, et à une demi-lieue au S. de la route la vaste colonie israéllte Richoh le Sion.
L'is voyageurs à cheval qui voudront visiter Lydda, prendront le chemin qui se présente à g., à .30 min. au delà de Sa/triyrli, et atteindront Iri ville en uns demi-heure. Apr^s avoir visité Lydda, ils î:e r^'n-ironten 40 min. à Kamleh.
Voyageant en voilure, il est préférable de se rendre à Lydda au sortir de Ilàmléh.
1.3 min. plus loin, à g., apparaît SaGriyéh, puis la 3<^ tour près d'un bois d'oliviers. A la 4" tour (20 min.j, on jouit d'un beau coup d'oeil sur les environs. La fameuse tour de Ramiéh devient visible et l'on aperçoit Kefr Ana, Ono, au N., elJehoudiyéh, Jehoud, au N.-Ë. et Deii Nebâla, Nebâllât, à l'E. En 20 min. on passe par Sarafand, et, laissant Lydda à g., on arrive une demi-heure plus tard à Ramiéh.
Par la route, aialox Voyage II. 47
Ramléh. On s'arrélc à l'entrée de la vlilc, devant le couvent des Pères Franciscains. Après avoir visité l'église de Saint- Joseph d'Arimalliie, on se rend i\ pied à la mosquée Blanche, la tour de Ramich, qu'on voit à dr.
Au sortir de Ramléh, on côtoie le cimetière musulman, où l'on remarque un grand réservoir d'eau do pluie, Birket el Djamouse, \h piscine des Buffles. On coupe ensuite la voie ferrée et en 15 min. on franchit sur un pont le petit ruisseau Nahr cr Ramléh. Dix min. plus loin, on rencontre la G" tour de garde. A la 7' tour (20 mio.), on remarque à dr. le village de Barriyet er Ramléh^ \g Désert de Ramléh. La contrée privée d'arbres devient de plus en plus monotone, quoiqu'elle reste belle et fertile.
A 7 min. A nn abéh ,' Beth Oannaba, devient visible <^ /?., et 30 min. plus loin, à dr., se dresse la colline do Tell Djezei\ Gézer, rcconnaissable par la coupole blanche du Oucli Ahou Schousché A 15 min. de Tell Djezcr, à g., d Koubàh, le Koubi, du Talmud de Babylone ^, couronne une colline. La 8« tour apparaît 5 min. plus loin.
' Ici finit la plaine do Sàron.
En descendant des hauteurs d'cl Koubàb dans la vallée, on jouit d'un panorama très étendu. Devant soi Latroùnet AmouAs qa'oQ pourra vl>itcr en passant ; un peu plus loin, au N.-E., }a/u, Aîalon, Beit-Nouba, Beth-Annaba, et au N., Selbit, peut-être Salebim ; enfin, sur le sommet des montagnes, Heit- Our el Foka^ Bethoron la Supérieure, et Beit-Our et Tahta, Bethoron Tlnférieure.
Alaion, ville de Dan, était située sur les frontières d'n Dan, de Benjamin et de Juda*. Avant l'arrivée des Hébreux, c?tte ville porte le nom d'.4ia/wrja dans les lettres cunéiformes du roi de Jérusalem -K Son nom figure dans le livre de Josué, à 1 occasion de la défaite des cinq rois. Saûl poursuivit un jour les Philislins jusqu'à Aïaion ^. Koboam fortifia cjtte ville ^ ; mais sous le roi Achazclle tomha entre les mains des Philistins <^, et il n'en est plus question dans l'Ecriture sainte.
Salébim. Les Amorrhéens habitèrent « au mont Hares... à Aïaion et à Salébim et empêchèrent les Danites de quitter les montas:nes pour descendre dans la plaine*^. » Sébît, au N.-O. d'Aïalon, répond assez bien à Salébim.
BettiannaJ>a. Eusèbe ne parle pas de Xob ou Nobé, la ville sacerdotale; mais il mentionne « Anob, conquise i ar .losué, » et liflentifie avec le village de Bclh Oannabi à 4 milles à l'E. de Lydda ". Cette i.lentitica ion convient exactement à Annabéh. Saint Jérôme le corrige, disant qu'Anob est, d'après l'opinion commune, « à 8 milles à l'orient do Diospo.is el s'appelle Belhannafca'. » il indique évidemment lieit-Nonba ; mais il se trompe en I iJentifiant ailleurs ^o avec Xob, la ville sacerdotale, où Abimélech oilrit à David les pjins de proposition et l'épée de Goliath,
1. Neubauer, op. cit., 7C. — 2. Jjs., XIX, 40. — 3. 7'. Àrvarva T. — 4. I R„ XIV, 31. — 3. II Par., XI, 10. — G. 1 Par., XXVIII. 18. — 7. Jg., I, 33. — 8. 0. S., 20. - 9. Id. Ibid. - 10. Epist. CVIII, ad Eust.
De iaffa à lérus.
I, Nobë élait va Isce de Jêi'usi le avec Anathat ?t Rama. J
1. Batboron Supérieure el Bethoran Inlérleare apparlenaienl s Benjamin el élaient ailuées sur les Lîmilos de son lenià que Josui>, cralEnant que la lourn^ ne lui manquit cour lélaite dos cinq roig coalisés, s'écria : • Soleil, Brréle-toi sur
, ..je autre sur Nicanorî ,....
lestes villaKes ; mais comme Ils se trouvaient sur la loie
lit salrie pour aller de Lydda i Jârusakm. le^ pèlerins
'me de les visiter, et c'esl ce que Ht sainte Paule.
r*. Il «SI écrit qiie Sara, petitelllle d'Ephraîin, liAtit, c'esl-à-
riilsil les deux Belhoron. a ainsi que (l:en Sara ' » Le vil-
Sira. silué sur l'antique roule entre ileil Our et Tahla el Beil
ndrait assez bien àcettelocaJlé.
u tond de la vallée, on IraDchit le pont et l'on ttn-
le chetnin qui coDduIt au couvent îles Pères Trap- ]lis depuis IS90 sur les dernières pentes de la colline e village d'el Latroùn. Od trouve toujours chez eu:t le ccuell.
I, nom probablement d'origine aramalque, NstrOn, j jpeuula ', QsE par nature un poste d'ol>servatlon.
doute là, " près d'Emmaiis. u que s'élslt posté e fameux chef do brj);aads, lorsqu'avec sa bande il I convoi romain do ravitaillement et tua le cnntu- < et m de ses bammes. l'an t de notre t:rc ". Au a vieux château servait encore de repaire aux brllirahim Pacha dut le faire démolir.
\a les chrétiens avalent élevé une église en l'honneur ismas, d'après la tradition, le bon LarroD de l'Evantsmlus en vit encore les ruines. Les Croisas y censnu château fort désigné sons le nom de Caslelluiit mis. Benjamin de Tudela le nomme simplement os Cabaieros. Le nom de la localité, son histoire et : son patron Qnlrent par faire croire que Latroùn trio de saint Dismas.
s Nicopolis^ A 15 min. de marche, derrière un pli s'éieud un village nommé Amouâs. C'est l'Emmaûs c, qui reçut au m' siècle de notre ère le nom de
Judas y remporta '