L. J., XVII, X
Par la roule. emmaus nigopolis Voyage II, 49
tiochns Ep^iphaoe^ Tan 168 av. J.-C. Quelques années plus tard, Bacchide occupa la viUeet la lorlifia « pour vexer Israël ^ ». Puis, afin de venger les Romains tués par Alhrong, Varus incendia la ville qu'il trouva vide, pare? que ki population s'était eniaie i son apporoche ^. Lmsiaôs ne cessa lankais d'être une ville imporlanle et au temps <te Nolre-Seij?n«»r elle était encore la métropole d'une toparcliie '^. Elle continua, même après la destructioa de Jérusalem par lltus et l'extermination du peuple juif sours Adrien, à resler une des prioeipales villes de la Palestine.
Au IV* sièele celle ville lut confondue avec le village d Emmaus de l'Evangile et voici comment :
Saint Luc dit que le jour de sa pésorrection, Jésus-Christ se manifesta à deux de se» disciples à Emnoaûs,. « bourgade éloignée de Jérusalem de 60 stades^ ». Josèphe raconte de son côté que Vespasien libéra, vers l'an 7t> ap. J.-C, 800 vétérans et leur donna à cultiver les terres « dans un lieu nommé en vérité Ammaûs, mais distant de Jérusalem de 60 stades ^. »
Les Romains donnaient dliabitade le nom de Nicopolis, Victorieuse, à i'an des endroits du pays nouvellement conquis. Vespasien, dil Sozomène s, décerna ce titre à Emmaus. Mais à laquelle des deux ? Ce n'est certainement pas à celle de la plaine, comme nous allons le voir, et la bourgade des vétérans avait bien droit à cet honneur. Environ 62 ans pins tard, l'Emmaùs des vétérans fut anéantie avec des centaines d'autres localités, pendant la révolte des Juifs sous la conduite de Barcochébas. En 232, Jules l'Africain, ayant restauré l'Emmaùs de la plaine, doDt il était préfet, demanda à Héliogabale, puis à Alexandre-Sévère, l'autorisation de lui donner le nom de Nteopotis, a en souvenir, disent Eusèbe, saint Jérôme et Cassiodore, de la victoire remportée par les Romains sur le peuple juif sous Tempereur Vespasien. » ùès lors elle s'appelait Emmaûs-Nicopolis. Le titre commémoratil donné à rEnimaiis desvélcrrans fut ainsi conservé.
Plus tard, Eusèb3, pautètre Origène déjà,, ne connaissant qu^une Emmans, crut que celle de la plaine était la même que celle de saint Luc et de Josèphe, et,^ dans les Evangiles qu'il fît copier, il changea le chilTre de 60 stades en 160, pour le faire concorder mieux avec I» réalité. Emniaûs-Nicopolis était éloignée de Jérusalem d'au moins î^D km. S'il était difticîle aux deux disciples de se rendre de Jérusalem à TEmmaâs de ta plaina et de retourner dans la Ville sainte le même jour, il leur était impossible d'arriver à Jérusalem pendant que les apôtres étaient encore réunis, le soir, en partant d'^Emmaûs quand h' jour était défà â son déclin, « quoniam advesperascit. m Néanmoins l'opinion d'Eusèbe fut suirie entre autres par saint Jérôme qui, toutefois, laissa dans l'Evangile qu'il rectifia, le chitire de 60 stades. l*lusieurs Evangiles portent depuis cette époque 160 stades ; mais, a leur autorité, dît C. Tischendorf, ne saurait prévaloir contre celle des manuscrits qnf portent 60 stades 7. » Le R. P. Lagrange ajoute : « Ld Ie(;on de 60 stades doit êtn^ maintenue d'après les règles de la critique textuelle... Elle a en sa faveur la tradition des manuscrits **. u
Amouâs oilre des ruines considérables, dont la plus intéressante se rencontre à dr., avant d'arriver au villago. En 1880, Mademoiselle de Saint Criq acheta le terrain et y fit pratiquer des fouilles.
Sur les pentes d'une colline, au milieu de sépulcres juifs, se voient le.<« ruines d'un édifice qui occupe prés de 4,000 m. carrés. Sur la moitié de ccUo superficie, le sol rocheux a été
1. 1 xMach., IX, 50. — 2. A. J., XVII, x, 9. — 3. Id., Ilf, m, 5 ; — G. J„ If, XX, 4; - Pline, //. N., V, 14. - 4. Lue, XXIV, 28-;«. — 5. G. J., VII, VI, 6. — 6. R. E., V, 20. — 7, N. 1\ gr., 4872, p. 724. - 8. H. Jt., 1896, 87.
50 Yoijage If.
De Ja/fa à Jérus.
abaissé jusqu'à 3 ou 4 m. du c4l£ de l-a colllQO. Les pierre»
deconslructioDEont colossales ; la plupart ont 0 m. 73 de hauteur, autant do profondeur et quel-
• |Uf
i de :
(ranspir
= Constriictiiins du V au If s.
■B Cnnsirueliiini rf» Air s.
i. Cour parée nrec baptistère en mortier.
. do longueur.
La puissance de la coDstructioD, lo nombre et la disposition des appartements pavés de mosaïques, à des nlveaus diUérenl»
et parfois terminas en liémlcycte, les coQduitcs d'caa ou vapeur prati-
quées
, .'j descn\danle!.
S, (1. 10, 11. Mosaigiies, .. Aqueduc.
i, n. IS. Sépulcres juiff.
'ibres
le:
.l'aqueduc qui y amenait l'eaù de fort loin, les aqua-
d'iiypocausles ollpent tous les élé-
tliermes romalas. Cette eoustructlon remonle au m' s., sinon au ir s. de notre ère.
Le baUmeot étant lombA en ruines, ou établit une église d'une seule nef dans deux vastes pièces situées au-devant do l'hémicycle principal. Celui-ci fut percé d'une fcnËlrc et servit de chceur. Dans lo stylobate bautdeO m, 00 et large do 1 m. 33. portant originairement, semblc-t-il, nu mur garni li l'intérieur d'une colonnade, on a taillé les bases des pilastres, pour diviser la pièce en quatre travées, et on a renforcé le mur â l'extérieur. Comme lo stylobate n'a été abaissé nulle pari, oa descendait dans l'église par plusieurs marches sur trois cdtés différents. Vers l'O,, le sol. encore marqué par un reste de pavement en mosaïque à 1 m. 50 au-dessous du seuil do la porte d'entrée, lut élevé au niveau de la salle orientale. Deux petits lémicycles, dont la démolition aurait c impromis la solidité du louvoau chœur, furent conservés, mais tout le reste fut rasé usqu'au sol. Celle église date du V ou du \i' siècle.
Par la route. gaiuatuiarïM Voyage II. 51
Au XII* s., celle église, alors on ruines, fui reslaurée par les chrétiens indigènes. Une rangée de pi'aslrûs à double retrait furent appliqués contre le mur à l'extérieur en guise de contreforts, et un porche, formé de quatre piliers, fut élevé devant la façade, à l'exemple de la grande église de Gaza. Au xvi* s. on mentionne pour la première fois son titulaire ; elle est appelée « l'église des Sepl-Frères-Machabôcs '. »
Après avoir dépassé la colline de Latroûn, on rencontre la 11' tour (12 min.), puis la 12' (15 min.) et on longe ensuite un petit ruisseau rarement à sec, qu'on traverse sur un pont. A g. on voit Bir Àyoub, le puits de Job, puis les ruines du Deir Ayoub, monastère de Job, derrière lesquels so trouve un hameau de même nom ; enfin la 13' tour à 15 min. de la précédente. Ici on est arrivé au Babel Ouâd, porte de la Vallée, où se trouve une auberge. Ce lieu est à 320 m. d'altitude au-dessus du niveau de la Méditerranée.
Le chemin monte pendant une demi-heure au fond d'une
gorge étroite, et passe, à une bifurcation delà vallée, devant un
groupe de chénes-verls qui ombragent la mosquée en ruines
d'un derviche légendaire appelé /mdm Aali. Celui-ci a laissé
son nom à la vallée, Ouâdi Aali. Une demi- heure plus loin,
on remarque à dr. un beau fourré d'olivier?, puis le village de
Sàris, qui occupait autrefois la belle colline effilée qu'on voit k
g. encore couronnée d'antiques ruines. On l'appelle Khirbet
Zanoukléh. C'est probablement la ville de Soris de la Bible.
Parmi les villes deJuda, les Septante menlionnenl Soris avec Belher, Cariathiarim, etc.*. Le livre de Josué nomme un mont Seir parmi les points culminants- qui forment les limites de Juda^'. Josèphe, ensuite, raconte que David, fuyant la cour de Saùl, s'arrêta quelque temps avec ses compagnons à Saris *.
De ce point élevé on aperçoit, en se tournant en arrière, la Méditerranée, et arrivé au petit village ù'Ammour, on voit SCba et Kastal devant soi.
Cariath îarîm .
En 30 min. on arrive d'Ammour à Qariet el Enab, la célèbre Cariathiarim de la Bible. Le village, un des plus considérables du pays, est appelé par les Européens Abou-Gôche, du nom du Scheikh (maire), qui au commencement duxix' s. terrorisait le pays et rançonnait sans pitié <ous les voyageurs qui passaient près de l'endroit. Ibrahim Pacha mit fin à ce brigandage en 1830.
1. Bonifac3, ICI; — Quaresmius, II, 12. — 2. Jos., V, 60. — 3. Jos., XV, 10. — 4. A. J., VI, XII, 4.
52 Voyage II. QARIET EL exab De Jaffa il Jérus.
Klriatli-ieariiii, Ville des Bois, ou Kirlath Baal, Ville de Baal, Cariathiarim dans !a Vulgate, était une des prineiçales villes des Gabaonites ^. D'après les lettres de Tell Amarna «, Ihtfi-îiêlv, Beth-Baat, se révolta contre [ru-salim, Jérusalem. Elle se rendit ensuite sans eombat aux Israélites, et fut assignée à la iribu de Juda ^. Elle est une fois comptée parmi les villes de Benjamin^; mais au temps des Juges, elle appartenait aux Jndaïtes^ Quelques savants anglais proposèrent dîdenlifier Kiriath-iearim avec Khirhet Erma qui veut dire Huines de la Digue, et qui se trouve à 6 km. à l'orient d'Aïn-Sehems, sur le flanc méridional de la vallée de Sorec^. La position géographique de Cariathiarim est trop nettement Indiquée dans les Livres sacrés, pour que cette identification soit acceptable. Il est d'abord difficile d'admettre qu'une ville située sur les montagnes de Bethsamës ait pu entrer dans la ligue des Gabaonites 7. Après avoir été cruellement éprouvés par la présence de l'arche sainte, les Bethsamitcs envoyèrent des messagers aux habitants de Cariathiarim pour leur apprendre que l'arche du Seigneur élall retournée ^. Ces deux lieux ne semblent donc pas être limitrophes. Puis, des hauteurs de Saraa et d'Esthaol 600 Danites montèrent au Camp de Dan, (c.-à-d. allèrent au N.), qui est derrière (c.-à-d. à l'O.) de Cariathiarim. De là ils passèrent dans les montagnes d'Ephraîm ^ Ensuite, dans la délimitation des territoires de Juda et de Benjamin, Carialbiarim est toujours indiqué à l'O. de Nephtoa, Liftah, qui elle-même vient immédiatement après la vallée de Hinnom près de Jérusalem 'o. Eusèbe dit à son tour : « Cariathiarim qui est Cariathbaal, ville des Bois, une des places des Gabaonites, appartenait à la tribu de Juda et se trouve à 9 milles d'Aelia sur la route de Diospolis^^ » C'est bien de Qariet el Enab qu'il parle. La Version arabe (vni* s.i el Euthychius d'Alexandrie (x* s.) remplacent le nom de Cariathiarim où resta l'arche d'alliance, par celui de Cariath el Enab ou Qiriat-Anab^^ ville des Baisins, nom que le village porte encore aujourd'hui. Les Croisés l'appelèrent Kariateri^^, nom qui rappelle celui du Pseudo-Esdras (V, 19) Kariathiarius,
Les habitants de Cariattilarim emmenèrcDt l'archo du Seigneur de Belhsamès et la déposèrent chez eux, dans la maison d'AbInadab, située sur la colline. Elle y était depuis 20 ans, lorsque David la fit transporter en grande pompe a Jérusalem. Mais effrayé par les malheurs arrivés en route, le roi l'amena dans la maison d'Obédédom. Trois mois après, elle fut portée solennellement à Jérusalem et déposée au mont Sion.
Cariathiarim était la patrie du prophète Uri, contemporain de Jérémie. Le roi Joachim le fit mettre à mort ^*. Après la captivité de Babylonc, 743 hommes retournèrent à Cariathiarim, à Chéphira (Kéfiréh) et à Beeroth (el BiréhJ ^^.
L'égrlise double. Qariet el Enab possède une (g'.is? du xii* s. en bon état de conservation et unique dans son genre. Elle a été aménagée dans un fortin romain de 30 m. de longueur sur 23 de largeur à l'extérieur, avec des murs qui ont partout 2 m. 45 d'épaisseur ; le mur oriental, ou le chevet, est de 0 m. 75 plus long que l'occidental. Une inscription découverte dans un mur restauré postérieurement, indique qu'il y avait là un détachement de la X' légion Fretensis, que Vespasien avait laissée à Jérusalem en 70. Un petit canal amène l'eau d'une source au centre du
1. Jos., IX, 17. - 2. Op. cit., n" 106. — 3. Jos., XV, 9, CO ; - XVIIl, 14. — 4. Jos., XVIII, 28. — 5. Jg., XVIII, 12. — 6. S. W. P., III, 112. — 7. Jos., IX, 17. - 8. I R., VI, 26. — 9. Jg., XVIII, 13, 13. — 10. Jos., XV, 9 ; - XVIII, 15. — 11. 0 6., 114. —12. Ànn., P. 6'., CXL — 13. Rey, Les colon, fr., 387. - 14. Jer., XXVI, 20, 25. - 15. Néh., VII, 29.
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