Chapelle du Golgotha
4 et 5. Grotte et église de
iinrention de la Croix.
JERUSALEM
lant la basiliiiue. noiig aariins à csDElalcr pluaûiur rations dP telle (■ponue portent l'empreldlo d'une mal diriger.
Salnt-S^ralcre des Croiflfrs. A lenr arrivée, I (|iie Ifs édiliï'es ne n^pundaii-nl poa n la s^lnleti! d
calhi'drale Irancaise man de Iransillun. I triomphal s'ouvrait tonde; le rtairur. < d(am hulula in-, âlai tour, de sorte (iu'on
Li petite lîxllse âe Salnle-Marie, ou àe la Pierre de l'Onetian, seul damnée à disparaître, pour lair< i'entiVe de lo hasilliiue il l'eitrém dionale du imnsept. L'ipuvre dei ponimenc^ vera l'an HtO, lui ina
Eli llU.apr^s l'invasion des Khi puis de nouveau en 1^10, en ItUU e la basilii|ue rtM^laina quelques n urvenles. i|iil, ci'pendan), n'ont en rien modlllé les dispositions de l'ixurre des Cniisi^.
Basilique actuelle. En Ifm, un Incendie déirulsll la rotonde dn Saînt-ï'épulcre, IfB (irecs nhlinrenl du sultan If droit de la reblllr seuls ; au:( aulres rites ne restait que l'obligatinn d'avancer leur part de tonds. L'arehiteete grec ne se contenta pas de remplacer les belles colonnes de la rolonde par de lourds piliers, il iranBlorma encore le gracieux cho'ur en une vérilahle église ï pari. L'an; triomphal (ul i«ni-
Slocé par un mur informe t|ul ateugle le cbœur. I^s larges inlervalles es piliers a laisceaux de colonnes, qnj Dannuaient h: chieur. et les claires voies des e«lonneltes géminées de l'abside lurenl noyés dans une matonnerie massive à une grande bautuur, el le déamhulaloire réduit en un tunnel obscur. Parloul la vue esl arréléi', le; grandes lignes brisées et loule perspectlTe détruite. Celle dispoiillon déroule tout lidleur qui met le pied dans la hasilique.
La coupole de la rolonde de l'arehltecte grec dura Juste 50 ans. Elle menaçait ruine. Aussi, en tlilj9, la Fnnct et la Russie, après rnlenle préalable avec la Snbllme l'orte, la remplaeèrenl par une coupole nouvelle nrméfl do fer. ïlalbeureusement. le» arcliiletles (ranco-russea ont produit une <euvre qui n'est ni belle, ni durjble, comme nous le verrons en TlillanI li basilique.
Parvis. Jérusalem /" Visile. 71
'Visite de la basilique du Saint^Sépulcre,
Porte de Sainte-Marie* Arrivé dans la tue des Chrétiens, Hâret en yasâra» qui s'étend du N. au S. sur le flanc occidental de la basilique du Saint-Sépulcre, on aperçoit une très belle porte murée du xii* s. C'est la porte Sainte-Marie qui ouvrait autrefois sur les tribunes de la rotonde près de l'église de l'Apparition de la Sainte- Vierge. A 50 pas au S. de cette porte, on descend, ^i g., par une ruelle tortueuse coupée de nombreuses marches, qui conduit au parvis de la basilique.
Parvis. Le parvis (A) est une cour pavée d'environ 17 m. de largeur de l'E ù TO. et de 25 m. de longueur du N. au S. Au haut des 3 marches qui y descendent, on remarque les baçes des colonnes d'un ancien portique ; â dr., l'une des colonnes, avec son chapiteau byzantin, est encore engagée dans le mur. Sous la cour existe une vaste citerne avec des arcs en plein cintre fort anciens. Du côté occidental du parvis, on voit les absides de trois chapelles grecques construites du ix' au x' s. ; ce sont les chapelles de SaintJacques-le-Mineur (1), de Saint-Jean et de Sainte-Marie-Madeleine (2; et celle des 40 Martyrs, appelée par Daniel le Russe (1112) la chapelle do la Très-Sainte-Trinité (3). C'était là qu'on administrait le baptême ; lu aussi furent ensevelis quelques patriarches de Jérusalem. A TE., trois portes donnent accès, l'une dans le couvent grec de Saint-Abraham (4), la seconde dans la chapelle arménienne de Saint-Jean (5) et la troisième dans la chapelle copte de Saint-Michel (6). Par là on peat monter au couvent de ce rite, qui occupe l'ancien cloître des chanoines latins.
La forme des bases de colonne et le chapiteau du portique, la disposition des chapelles à l'O. el les substructions de la cour ne laissent pas de doute que le parvis ne soit antérieur aux Croisades. Cette cour a été fréquemment arrosée par le sang des disciples de saint François d'Assise. Le vénérable Frère Junipère y subit le martyre en 1557, et le vénérable Cosimo, Frère espafçnol, en 1597, tous deux victimes du fanatisme des masulmans. En la même année, la vénérable Marie du Portugal, Tertiaire de Saint-François, y fut attachée sur une croix et brûlée vive. Un prêtre éthiopien y subit le même sort. Là dernière scène sanglante eut lieu le 4 novembre 1901, lorsque, pour des motifs inavouables, les moines grecs attaquèrent à l'improviste les Religieux Franciscains et en blessèrent 13, dont quelques-uns grièvement.
Dans le pavé, au-devant de la double porte de la basilique (7), on voit la pierre tombale d'un chevalier anglais, Philippe d'Aubigny, précepteur de Henri III, roi d'Angleterre, et gouverneur de Jersey. Il vint en Orient l'an 1222, et accompagna ensuite l'empereur Frédéric II à Jérusalem l'an 1228. Jusqu'en 18(»7, cette tombe resta cachée sous un banc en maçonnerie servant de siège aux gardiens turcs, et c'est ainsi qu'elle a échappé au vandalisme commis en 1808 contre toutes les sépultures des rois étales chevaliers latins.
72 r^ Visite. JÉRUSAXEM S'-Sépulcre,
La façade, qui est tout entière l'œuvre des Croisés, se compose do deux baies (dont l'une est murée depuis 1808), et, au premier étage, de deux fenêtres correspondantes. Portes et fenêtres se terminent par des arcades légèrement brisées, et sont ornées de trois archivoltes dont les deux intérieures sont garnies de tores avec feuillages et moulures Gnement sculptés, tandis que la troisième est formée d'une série de coussinets, motif de décoration commune à Jérusalem. Ces archivoltes s'appuient sur trois colonnettes antiques en brèche d'un bleu verdâtre, placées dans les angles rentrants des jambages. Les chapiteaux, avec leur bouquet de feuillage replié horizontalement, sont une imitation byzantine du style corinthien. Les lintealix des portes sont recouverts d'une plaque de calcaire richement sculptée en bas-relief. Celui de g. représente la résurrection de Lazare, la fête des Rameaux et la sainte Cène. Le morceau qui manque à l'entrée triomphale de Jésus, fut retrouvé à Jérusalem et se conserve au musée du Louvre à Paris. Le linteau de dr. représente une série de rinceaux enroulés avec art et chargés de feuilles, de fleurs et de fruits, où s'agitent des figures d'hommes, des centaures, des oiseaux et d'autres animaux, dont il est difficile de saisir le symbolisme. Le tympan d3 g. est orné d'un dessin géométrique de goût arabe; il fut recouvert, comme celui de dr., de mosaïques, aujourd'hui disparues.
Le clocher carré qui s'élève dans l'angle N.-O. du parvis (8) a été bâti par maître Jourdain, de l'an 1160 à l'an 1180. Cette tour, autrefois isolée, était fort belle avant qu'on ne l'eût découronnée, en lui enlevant son étage supérieur.
Chapelle des Francs t (^j- I^ans l'angle N.-Ë. du parvis, un escalier de 12 marches conduit à un élégant monument conçu dans le style de la façade. C'est l'ancien porche qui ouvrait directement sur le Calvaire. Après la prise de Jérusalem par Saladin, en 1187, cette entrée fut condamnée et remplacée par une fenêtre grillée ; les côtés 0. et S. de Tédicule furent fermés par une fenêtre et une porte, et l'on obtint ainsi un gracieux oratoire que les anciens pèlerins nomment la chapelle des Francs. Elle est dédiée à Notre-Dame des Douleurs et à saint Jean, et appartient exclusivement aux Latins. On y célèbre la sainte messe chaque jour.
Chapelle de Sainte^Marie-rEgyptienne f (10). Sous la chapelle des Francs, se trouve un tout petit oratoire grec dédié à sainte Marie l'Egyptienne, en souvenir de sa conversion à Jérusalem.
En 373, une courtisane d'Alexandrie vint dans la Ville sainte, où elle continua à mener une vie déréglée. A la fête de linvenlion de la
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Pierre de l'Onction. Jérusalem /'• Visite. 73
Sainte-Croix, elle voulut entrer dans la basilique, mais une main invisible la retenait chaque fois qu'elle s'eflorçpit d'en franchir le seuil. Confuse et re[>entante, elle alla se jeter devant l'image de la Sainte Vierge qui ornait la place, et promit de se convertir et de faire pénitence. Le lendemain, elle se rendit dans la solitude au delà du Jourdain, où elle mourut après avoir mené pendant 48 ans la vie la plus austère. Au temps de i'hégoumène Daniel (1112), on montrait eucore sur le mur occidental d'un oratoire placé à peu près en ce lieu, l'image de la Sainte Vierge, devant laquelle la pénitente s'était agenouillée.
Entrée de la basilique (7). Après avoir franchi la porte d'entrée, le pèlerin se trouve généralement désorienté et surtout déçu. Dans l'espace irrégulier et mal éclairé où 11 arrive, sa vue est partout arrêtée, à dr. et à g. par l'obscurité des couloirs, et en face par un grand mur noir ; il a de la peine à se rendre compte qu'à cet endroit il se trouve dans le transept méridional. Nous avons dit plus haut à qui revient la défiguration de cette superbe basilique.
A g. en entrant, se voit le divan turc (il) occupé par 3 ou 4 portiers musulmans qui gardent l'entrée du Lieu saint.
Des musulmans sont les gardiens de la basilique dont la jouissance est concédée par le sultan aux communautés chrétiennes. Ce privilège, héréditaire dans une même famille, remonte peut-être au temps de Saladin. Depuis l'an 1187, la porte d'entrée est unique, non seulement pour pénétrer dans la basilique, mais aussi pour arriver aux 4 couvents adjacents, latin, grec, arménien et copte. Pendant la nuit, elle reste fermée. Le matin, l'une des communautés intéressées doit payer en argent ou en denrées l'ouverture de la porte, soit pour faire entrer leurs pèlerins, soit pour célébrer leurs fêles respectives.
A dr., deux escaliers conduisent au Calvaire que nous décrirons plus loin. Devant soi se trouve le chœur qui s'étend dans le transept de la basilique des Croisés ; à leur intersection s'élève une majestueuse coupole. Celle-ci est malheureusement presqu'entièrement dérobée aux regards par le mur surmonté d'une galerie, qui depuis 1808 ferme le chœur.
Pierre de l'Onction >ii (b).
En avançant de quelques pas, on a devant les yeux un rectangle de pierre rouge polie du pays, placée presqu'au niveau du sol et mesurant 2 m. 70 de longueur sur 1 m. 30 de largeur et 0 m. 30 d'épaisseur. D'après la tradition, celle dalle recouvre le rocher sur lequel fut placé le corps inanimé du Christ, lorsqu'il fut sommairement embaumé et oint de parfums par Mcodème, avant d'ôlre mis au tombeau. (Jean, XIX, 38-39. F, n« 81).
Avant le xii* s., le souvenir de l'embaumement se vénérait dans une «église distincte, Sainte- Marie, qui s'élevait en ce lieu. Cette église fut démolie lorsque les Francs construisirent le chœur et le transept. I^ place de l'embaumement resta marquée par une mosaïque. Celle-ci était
74 2" Visite. JÉRUSALEM Sépulcre de N.-S.
fort dé/îradée, lorsquVn 1503 les Franciscains la remplacèrent par une belle dalle de marbre noir. Les Grecs l'enlevèrent en 1808 et mirent à sa place celle qu'on y voit aujourd'hui. Elle appartient en commun aux Latins, aux Grecs, aux Arméniens et aux Coptes, qui y entretiennent leurs lampes respectives, ainsi que les chandeliers qui l'entourent. C'est là que les pèlerins ont coutume de s'agenouiller en premier lieu, pour baiser respectueusement la dalle qui recouvre la pierre sacrée.
Place des saintes Femmes t (l^)- A 12 m. à g. de la Pierre de i'Ooclion, une pierre circulaire surmontée d'une cage en fer marque la place ou les trois Marie assistaient à la mort de Notre-Seigneur, d'après Daniel l'hégoumène russe, ou à Tembaumement de son divin corps, d'après d'autres pèlerins. C'est probablement un souvenir de l'église Sainte-Marie.
Rotonde (c). De là on pénètre dans la rotonde. De toute la construction antérieure au xix' s., il ne reste que les murs extérieurs, dont les premières assises appartiennent au monument de Constantin. La rotonde centrale a 19 m. 30 de diam. et est entourée de 18 piliers massifs qui remplacent la belle colonnade d'autrefois. Au-dessus des piliers s'ouvrent 2 galeries superposées, chacune de 18 arcades. Le tout est surmonté de la coupole construite en 1869, aux frais communs de la France, de la Russie et de la Turquie. Déjà la peinture, arabesques sans caractère religieux, se détache par écailles qui, suspendues à la coupole, font penser à un papier détrempé et décollé par l'humidité.
A ro., la nef circulaire du rez-de-chaussée a été convertie, il y a un siècle, en chapelles et en chambres d'habitation. La partie inférieure de la nef circulaire, comme les galeries qui la surmontent, sont divisées entre les moines de différents rites.
Sépulcre de Notre-Seigneur >^.
Au centre de la rotonde s'élève le glorieux sépulcre de Noire- Seigneur, (la KIY*) station du Chemin de la croix). L'édicule bâti par les Grecs en 1810, est de forme rectangulaire, se terminant à ro. en pentagone ; il mesure 8 m. 25 de long, 5 m. de large et autant de haut. Les parois latérales sont ornées de 16 pilastres et couronnées d'une balustrade en colonnettes un peu trapues. La petite terrasse est surmontée d'une espèce de dôme de style moscovite, qui a la prétention de représenter une couronne impériale. La façade est décorée de 4 colonnettes torses et ornée de 3 tableaux accompagnés chacun d'une lampe ; l'un, le supérieur, appartient aux Latins, le 2° aux Grecs et l'autre aux Arméniens. Il en est de même des gros chandeliers placés à rentrée. L'ensemble du monument est d'un 'çoût fort médiocre.
Description. Jérusalem y" Visite. 75
Le seuil de l'étroite porte qui donne accès à l'intérieur s'élève à 0 m. 40 au-dessus du niveau du sol de la rotonde. En entrant, on se trouve d'abord dans un petit vestibule qui mesure 3 m. 45 de long sur 2 m. 90 de large. Dans l'épaisseur du mur sont enclavés les escaliers qui montent à la petite terrasse. En cet endroit, rapporte saint Cyrille de Jérusalem (Catécb. XIV}, se trouvait le vestibule du tombeau sacré, qu'on fît disparaître lors de la construction de VAnastasis sous Constantin. Ce vestibule reçut le nom de chapelle de TAnge, parce que c'est là que Tange, assis sur la pierre en forme de meule qu'il venait do faire rouler dans sa rainure, annonça aux saintes femmes la glorieuse résurrection du Cbrist. Un fragment de cette pierre est enchâssé dans le piédestal de marbre dressé au centre.
Saiot Cyrille de Jérusalem (t 386) nous apprend que de son temps la pierre en forme de meule qui fermait l'entrée du Sépulcre, était encore intacte et à sa place. Le Pèlerin de Plaisance (570) la vit également à l'entrée du monument. Elle aura été brisée lors du passage des Perses ; car Arculfe (670) raconte qu'une moitié de celte pierre, la plus petite, formait l'autel dressé devant la porte du Tombeau, et l'autre moitié était employée dans l'autel situé à l'oriept de la rotonde (dans l'abside construite par Modeste). Au xii' s., les deux autels furent enlevés de leur place. Pendant longtemps les pèlerins trouvèrent un grand fragment de cette relique conservé dans le vestibule ou chapelle de l'Ange ; tandis que depuis l'époque des Croisades, ils signalent un autre fragment très grand dans l'autel de la Prison du Christ ou de la maison de Caïphe au mont Sion ; il y est encore l'objet de la vénération des fidèles.
Des 15 lampes suspendues à la voûte, les 5 du centre appartiennent aux Latins, les 5 de dr. aux Grecs et des 5 de g., 4 sont aux Arméniens et 1 aux Coptes.
A l'extrémité de la chapelle de l'Ange, une porte cintrée haute de 1 m. 33 (agrandie depuis lil3}, ouvre dans le Saint- Sépulcre proprement dit, qui a 2 m. 07 de longueur sur 1 m. 93 de largeur. Trois personnes, 4 au plus, peuvent s'y tenir à la tois. La voûte a malheureusement disparu à la suite des nombreux désastres qui ont frappé ce saint Lieu. Mais le roeber, caché sous un revêtement de marbre blanc, est demeuré tout autour de la chambre sépulcrale à une hauteur d'environ 1 m. 50. A dr., la couche funèbre, où la dépouille sacrée du divin Crucifié attendait du vendredi soir au dimanche matin le triomphe de la résurrection, est inhérent à la masse rocheuse; mais le dessus et le devant sont également masqués par des dalles de marbre blanc. Le banc s'élève dans sa forme actuelle à 0 m. 66 au-dessus du pavé et mesure 1 m. 89 de long sur 0 m. 93 de large.
Quoiqu'il ne soit pas donné de baiser directement le rocher sacré, ce n'est pas sans émotion et même sans larmes que le pèlerin, prosterné à terre, adore le divin Maître devant sa tombe glorieuse, qui constitue le but de son pèlerinage.
76 /" Visite. JÉRUSALEM .S^-Sëpulcre,
Histoire de rintérieur du Tombeau de N-.S. Dans VAnastasis constantinienne, comme dans celle de Modeste, le rocher fut laissé à nu dans rintérieur du Saint-Sépulcre. Vers la fin du vu* s., Arculfe le trouva encore sans décoration et observa même les. traces du ciseau « sur le calcaire blanc veiné de rouge ». 11 en lut de niêmc au ix* s., d'après le moine Bernard. En 1165, Jean de Wurzbourg vit les parois intérieures du monument couvertes do mosaïques, et en 1212, Willibrand d'Oldenbourg les trouva revêtues, comme aujourd'hui, de dalles de marbre blanc.
Forme du Tombeau deN.-S. D'après Arculle et d'autres pèlerins qui.ont vu la tombe du divin Sauveur à découvert, la couchette funèbr»' est un banc inhérent à la masse, légèrement excavé. suHlsamment, cei)endant, pour pouvoir loger la dépouille mortelle d'un homme. En 1112, Daniel nous apprend le premier que la tombe était recouverte d'une dalle de marbre; mais les fidèles, ajoute-t-il, pouvaient voir et baiser la roche sacrée « par trois petites ouvertures rondes pratîquéi's sur le côté. »
En 1504, le P. Maure, Custode de Terre sainte, ayant été chargé par Kansou eIGhury, sultan d'Egypte, d'une mission spéciale près du pape Jules II, du doge de Venise et du roi d'Espagne, obtint l'autorisation d'ouvrir et de contempler, avant de partir, le vénérable Tombeau de N.-S. Parmi les objets qu'il y vit, se trouvait une tablette de marbre de 'A palmes 1/2 de long sur une palme de large, qu'il s'appropria. En 1555, le P. Boniface de Raguse eut à renouveler le revêtement du saint Sépulcre. Au centre de la tombe, il découvrit un morceau de bois, probablement de la vraie Croix, enveloppé dans un tissu fort usé dont la trame était en fil d'or, et un parchemin dont l'écriture presque etlacée par le temps n'oflrait de déchillrable que ces deux mots : « Helena Magni. » Il est permis de conjecturer que l'inscription yiortait Helena Magni Cfmstantini mater, et que le parchemin y lut déposé avec le bois sacré et la tablette de marbre, lorsqu'on recouvrit la tombe de dalles d'albâtre aux trois petites ouvertures, c'est-à-dire après la visite de Bernard et avant celle de Daniel. Quaresmius raconte que Boniface remplaça la plaque d'albâtre par une dalle de marbre blanc de U'",04 d'épaisseur. Il la fit inciser, ajoute-t-il, en forme de fente profonde dans toute sa largeur « atin qu'elle parût cassée, s'il se présentait un amateur cupide », et sans doute aussi, pour qu'on ne puisse la soulever sans la bnser réellement. C'est cette même dalle qu'on baise encore aujourd'hui.
Extérieur du Tombeau de N.-S. Au temps de Constantin, la chambre sépulcrale seule fut conservée ; le vestibule, qui aurait occupé une trop grande place dans la belle rotonde, fut condamné à disparaître. A l'extérieur, le rocher reçut la forme d'un demi-cercle et ses parois furent recouvertes de marbres précieux. L'évêque Arculfe vit en outre une grande croix en or fixée au sommet, sur un piédestal ou pyramide richement décorée.
Vers 870, le moine Bernard rapporte que l'édicule était flanqué de Ocolonnelles « dont 4 se trouvaient au-devant de l'entrée, reliées entre elles par des cloisons. » C'est la forme du vestibule actuel. En" 1112, Daniel trouva la pyramide remplacée par une tourelle surmontée d'une coupole recouverte d'écaillés en argent doré. Sur la coupole se di*essait la statue du Christ en argent massif. « C'est l'œuvre des Francs, » ajoute le pèlerin russe. Les Croisés renouvelèrent toute l'ornementation extérieure; car Jean de Wurabourg (1165) trouva le monument accompagné d'une élégante colonnade à arcatures ogivales, et à l'entrée, lin gracieux petit portique ouvert sur trois c(Més. Par le récit de la restauration entreprise en 1555 sous la direction de Boniface de Raguse, nous apprenorts que la tourelle était hexagonale, formée de 6 colon nettes jumelles en porphyi*e. terminées par des chapiteaux corinthiens. Sur les tailloirs des chapiteaux s'appuyaient des arcades ogivales surmontées d'une grande corniche, elle-même couronnée d'une coupole hémisphérique. Les colonnettes du pourtour de l'édicule, également à chapiteaux corinthiens,
Tomb. de Jos. d'Ar. Jérusalem r^ Visite. 77
s'éievaienl sur des piédestaux carrés ornés de moulures ; le porche était dans les derniers siècles fermé sur les deux côtés par une cloison percée d'une fenêtre. Les nombreux dessins que les pèlerins nous ont laissés, montrent que jusqu'au xix* s., le Sépulcre de Nolre-Seij?neura gardé une décoration noble, riche et artistique.
Chapelle des Coptes (15). En se dirigeant vers i'O., on rencontre la petite chapelle des Coptes, adossée au chevet de l'édicule du Saint- Sépulcre. Déjà l'an 1112, il y avait là un autel, que les Coptes obtinrent en 1573 pour y célébrer leurs
ofiiees.
Chapelle des Syriens (16) et sépulcre de Joseph d^Arimathie t (17).
Se munir de cierges pour visiter ces lieux.
En face de la chapelle des Coptes, un peu au N.O., on passe entre 2 piliers de la rotonde et l'on arrive dans une petite pièce d'où l'on pénètre à g. dans la chapelle des Syriens Jacobites. Elle est dépourvue de décoration. Au fond se dessine une des trois absidioles constantiniennes, coupée à mi-hauteur par une voûte. Une porte basse et étroite pratiquée à main g. conduit dans un réduit obscur où l'on descend par une marche assez haute. A fleur de terre s'ouvrent doux petits caveaux, l'un de 0,70, l'autre de l'",40 de longueur et de O^jQO de profondeur. Ce sont des ossuaires. Sur les flancs rocheux, ù dr. et en face, existent plusieurs tombeaux à four de 1"',70 ù l'",89 de long, 0",4o de large et 0"',75 de haut ; quelques-uns sont murés. Ce sont des sépulcres juifs rangés autour d'une chambre sépulcrale que la construction de VAnastasis a fait disparaître en grande partie. Le beau mur à g., bâti avec des pierres à grand appareil, appartient à l'édiûce du iv« s. Ces tombes constituent un argument péremptoire que le Golgotha se trouvait en detiors de la ville avant la construction de la 'd' enceinte l'an 43, c'est-à-dire au temps du Christ; car il n'était pas lïermis d'ensevelir les morts dans l'intérieur de la ville. Elles portent le nom de Sépulcre de saint Joseph d'Arimathie. Nous ne pouvons pas affirmer, faute de documents, que le noble décurion a été réellement enseveli dans ce sépulcre ; il est certain néanmoins que son jardin, qui exigeait les soins d'un jardinier, s'étendait jusque-là, et conséquemment le sépulcre en question était celui de ses ancêtres. Pour celte raison seule, il mériterait bien son nom. De plus, à supposer même qu'il n'y '^Qt là qq'une seule chambre sépulcrale, le vestibule devait s'ouvrir tout près du tombeau que Joseph d'Arimathie s'était (ait creuser et qu'il céda ensuite au divin Crucifié.
En sortant de la chapelle syrienne, on rencontre au 4' pilier 18) an passage qui traverse Tabsidiole septentrionale de l'antique Anaslasis et mène à une citerne commune (19).
78 y" Visite. JÉRUSALEM S^'Sépulcre.
Chapelle de Sainte-Narie-Nadeleine f i^^)- On arrive ensuite, en passant à travers les piliers de la rotonde, dans la chapelle de Sainte-Marie Madeleine. C'est le lieu traditionnel où Marie-Madeleine, s'en retournant du sépulcre vide vers le mont Sion, aperçut le divin Ressuscité sans le reconnaître, pensant que c'était le jardinier. Mais lorsque Jésus l'appela par son nom, elle s'écria : « Matlre ! » C'est alors que le Sauveur prononça celte mystérieuse parole : « Noli me tangere. » (Jean, XX, 1-18, n» 82).
Le sanctuaire de la première apparition du Sauveur ressuscité est antique. Saewuif (1102) le signale déjà dans l'atrium qui précédait alors le Saint Sépulcre, et Nicolas de Po^gibonsi (1345) le décrit tel quV>n le voit aujourd'hui. Il est exclusivement réservé aux Latins.
Eglise de V Apparition de Jésus à sa Mère ►î^ (d). Colonne de la Flagellation ^.
Au fond du sanctuaire de Sainte- Marie-Madeleine, on monte par un escalier demi-circulaire de 4 marches dans la petite église de Sainte- Marie, ou de l'Apparition de Jésus à sa Mère. Au maltre-autel est conservé le Très Saint-Sacrement. Les Religieux Franciscains y tiennent aussi leur chœur et y officient nuit et jour.
L3 Nouveau Testament ne mentionne que dix apparitions de Jésus entre sa résurrection et son ascension au ciel ; mais c'est le sentiment commun des Pères dj l'Eglise qu'il se manifesta plus souvent. Saint Ignace, disciple des apôtres, saint Ambroise, Sédulius, poète du v* s. et d'autres auteurs ecclésiastiques rapportent que, selon la tradition, le Seigneur, aussitôt sorti du tombeau, apparut à sa très sainte Mère, pour la dédommager par la joie de sa résurrection de tout ce qu'elle avait enduré pendant sa passion.
Quant à la chapelle, Saewuif (1102) en parle déjà. Elle est contemporaine de celles élevées à 10. du parvis, dont elle forme le pendant : même plan, même chevet et môme caractère dans la constructiou, à part les restaurations faites en 1882. Elle remonte certainement au-delà de l'époque de Hakem (996-1021) et peut bien appartenir à celle de Charlemagne. Du côté de l'Evangile se trouve l'autel des Reliques. On y conservait jadis entre autres trésors un morceau de la vraie Croix. Mais en 1537, pendant que les Franciscains étaient tous incarcérés sur Tordre de Soliman II dont la flotte venait d'être détruite par André Doria, duc de Gênes, la précieuse relique fut dérobée et prit le chemin de l'Arménie.
Colonne de la Flagellation. Au-dessus de l'autel situé du côté do l'Epltre, à dr. en entrant dans l'église de l'ApparitioD, on conserve une partie de la colonne de la flagellation que subit le Sauveur dans le Prétoire de Pilate. C'est un tronçon en porphyre de 0"',75 de hauteur. Le mercredi de la Semaine sainte, on ouvre la grille pour permettre aux fidèles de baiser la relique sacrée. Cette même faveur est concédée, si l'on en
Col. de la Flagell. Jérusalem /'* Visite. 79
fait la demande au R"' P. Cuslode, à l'occasion des grandes caravanes de pèlerins.
Après la destruction du Martyrion parles Perses, les reliques insignes delà Passion lurent exposées dans une série de petites chapelles rangées autour de Tatrium qui, depuis le vu* s., s'étendait entre la rotonde et l'église de Sainte-Croix ou de Sainte-Hélène. De ces oratoires, la Prison du Christ, en partie taillée dans le roc, n'a pas été déplacée par les Croisés; elle est située à 20 m. du sanctuaire de l'Apparition. C'est près de la Prison du Christ qu'avant les Croisades on vénérait la colonne de la Flagellation dont nous venons de parler.
Remarquons d'abord que la colonne à laquelle Jésus fut attaché et maltraité toute la nuit par les Juifs dans le palais de Caîphe, reçut aussi le nom de colonne de FlageUation dès le iv* s. Le Pèlerin de Bordeaux trouva celle-ci au milieu des ruines de l'habitation du grand-prétre. Au temps de saint Jérôme, elle ornait le portique de la basilique du Cénacle. Brisée en deux lors du passage des Perses, une partie fut conservée dans l'église de Saint-Pierre ou du Palais de Caîphe, et l'autre. dans celle du Saint-Cénacle. De siècle en siècle, les pèlerins on parlent, confondant parfois cette dernière avec la cx>lonne du Prétoire. Pendant l'emprisonnement des Franciscains en 1537, des fanatiques mirent en pièces le tronçon conservé au Saint-Cénacle. En 1555, Bonifacede Raguseen envoya les fragments au pape Paul IV et à différents souverains de l'Europe, pour les intéresser à la Terre sainte. De l'autre tronçon conservé par les Arméniens à Saint-Pierre ou Palais de Caîphe, il n'en est plus question après le xvi' s.
Le traité anonyme Qualiter sita est Jérusalem, que Tobler et Molinier font remonter à l'an 1095, dit : « A gauche du mont Calvaire est la Prison, et près de la Prison, du côté gauche, se voit la Colonne à laquelle Jésus fut lié. » Saewulf (1102), après avoir parlé de la prison du Christ près du Saint-Sépulcre, dit que d'un côté on rencontre le lieu où fut trouvée la Croix, et de l'autre, « non loin de la Prison, on voit la Colonne de marbre à laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ fut attaché lorsqu'il lut flagellé au Prétoire. » Il visite ensuite le lieu du Manteau de pourpre et de la Couronne d'épines et celui de la Division des vêtements ; puis il monte au Calvaire. En 1037, Pierre Diacre, compilant un traité des Lieux saints avec d'anciens documents, dit en parlant du Saint-Sépulcre : « Non loin du centre du monde est la Prison ; près de là se trouvent l'Attache (alligatio), la Flagellation, puis le Couronnement d'épines, ensuite le Dépouillement des vêtements et enfin leur Division. » Il mentionne en outre la colonne de la Flagellation qui se voyait dans l'église de Sion. Théodoric (1172i prit la colonne du mont Sion pour celle du Prétoire. Au Saint-Sépulcre, il confondit le petit tronçon de la colonne delà Flagellation avec le grand tronçon de la colonne sur laquelle, d'après la tradition, Jésus fut assis, quand la cohorte, pour se moquer de lui, le salua Roi des Juifs. Burchard (1283) fait la même confusion. Mais à cette époque 1 1285-1290), Philippe Brosserius mentionne les deux tronçons, pplui du Saint-Cénacle et celui du Palais de Caîphe comme provenant <le la maison du grand prêtre, et les deux conservés au Saint-Sépulcre <*omme tirés du Prétoire de Pilate. Marin Sanut (1310), Jacques de Vérone (1335) et Léonard Frescobaldi (1384) ne distinguent pas moins clairement ces deux dernières reliques. Vers 1390, Ignace de Smolensk, qui venait de visiter Constantinople, écrit : « Dans l'endroit où officient les Francs (du Saint-Sépulcre), on voit la moitié de la Colonne à laquelle 'ut attaché et flagellé Notre-Seigneur Jésus-Christ pendant sa Passion... ; l'autre moitié se conserve à Constantinople dans l'église des Apôtres. Plus loin vient la Prison de Notre-Seigneur. »
^Citons encore deux témoignages du xiv' s., fort intéressants. En 1345 Nicolas de Poggibonsi dit : « La colonne -de la Flagellation) a unecirconlérenee de quatre palmes et est de couleur de porphyre girofle; ai dedans, à l'endroit de la cassure, elle est d'un gris sombre. » Vers la fir
80 y« Visite. JÉRUSALEM S^-Sépulcre.
du même siècle, Gréthénios, archimandrite grec, écrit, après avoir parlé du sanctuaire de Sainte-Marie-Madeleine : « Un peu plus loin, à une élévation de quatre marches, se trouve l'église franque. En y entrant, on voit à droite, enclavée dans le mur, une colonne do marbre rouge de plus d'une coudée de largeur. Elle se conserve derrière une porte en bois. C'est à cette colonne que Pilate donna l'ordre d'attacher le Christ pour être flagellé. »
Couvent des Pères Franciscains (21). Derrière l'église de l'ApparitioD s'élève le couvent étroit et malsain, où depuis le XIII' s. les Religieux Franciscains doivent s'enfermer pour desservir la basilique. Grâce à la générosité de l'empereur d'Autriche, François-Joseph, ils possèdent depuis 1869 une petite terrasse enclavée de tous cétés entre les hautes murailles des maisons adjacentes ; de là ils peuvent prendre l'air et voir le firmament.
Sacristie de Tertre sainte {22). En sortant de l'église de l'Apparition, on rencontre à g. l'entrée de la sacristie, où l'on montre une paire d'éperons dorés et une remarquable lame da temps des Croisés, dite Epée de Godefroy de Bouillon. Les Frères Mineurs l'ont obtenue au xnr s. d'un évéque de Nazareth. L'épée, les éperons et une belle croix pectorale servent à armer chevaliers ceux qui sont reçus dans Tordre du Saint- Sépulcre,
Arceaux de la Vierge (23). De la sacristie on tourne à g., pour suivre une galerie longue de 20 m. et formée de 7 arceaux dits de la Vierge, à cause du voisinage- de l'église de Sainte- Marie ou de l'Apparition. C'est un reste du portique qui entourait l'atrium avant l'arrivée des Francs. Quelques archéologues y voient un débris des galeries qui firent le tour de ÏAnastasis et du Martyrion au temps de Constantin. Toujours est-il que les fûts mal ajustés dénotent que la colonnade subit une restauration hâtive sous le règne de Hakem. Pour épargner ce vieux monument, les Croisés ont écourté le transept septentrional.
Prison du Christ -f {2i). X\i fond de la nef des arceaux de la Viertçe, s'ouvre une modeste chapelle divisée en 2 compartiments complètement obscurs. Elle est appelée Prison du Clirist et appartient aux Grecs.
L'Anonyme de 1095, Saewulf et Daniel visitèrent la Prison du Christ dans l'ancien atrium du Saint-Sépulcre. Elle doit son nom, il n'y a pas de doute, à quelque souvenir de la Passion vénéré autrefois en ce lieu. Nicolas de Pogjribonsi (i:H3). décrivant cette chapelle, dit : <t Sous l'autel se trouve une cavité profonde d'un pied, avec une peinture représentant le Christ flajîellé et lié à la colonne. » La dalle perforée en forme de monture à lunettes et le tubleau représentant Jésus avec les pieds liés d'une manière invraisemblable, n'y existaient pas encore au xiv* s.
A 10 m. au X.-E. de cet oratoire, on découvrit, il y a queloues années, un sépulcre de famille, du môme type que celui de Joseph a'Arimathie.
Déambulatoire (25). En retournant sur ses pas, on entre, à g., dans le déambulatoii^e, qui formait autrefois la nef laté-
Eglise S^'-Uélène. JÉRUSALEM /" Visite. 81
raie du chœur, mais qui depuis un siècle est réduit à i'état d'un couloir sombre. Pour conserver la mémoire des anciens oratoires de l'atrium, les Croisés ont ménagé- dans cette nef circulaire trois cliapelles absidales. La centrale est plus grande que les deux autres; mais aujourd'liui les trois sont obscures, déformées et presque privées de toute décoration.
Chapelle de Saint-Longin t (^6). On rencontre d'abord une chapelle dédiée à saint Longin, le soldat qui de sa lance ouvrit le côté du Sauveur mort sur la croix. (F. Jean, XIX, 31-38, n» 80).
Au V* s.,* le Pèlerin arménien vit la Lance avec l'Epongée clans la galerie supérieure d'une des nefs latérales du Martyrum.' Adamnanus raconte ensuite : « Arculfe (G70) vit aussi la lance avec laquelle le suidai avait percé le côté du Sauveur attaché à la croix. Celle mt'^me lan?e esl dans \e portique de la Imsilique de Cojistantin, insérée dans une croix (le bois. La hampa a été divisée en deux. » Les pèlerins n'en parlent plus dans la suite. C'est encore en mémoire de la sainte Lance que celle chapelle, reste, comme autrefois, sous lo vocable d^ saint Longin. L'oratoire appartient aux Grecs.
Chapelle de la Division des vêtements f (^^l- On passe
ensuite devant une porte qui mettait autrefois la basilique en
communication avec le cloître des chanoines du Saint-Sépulcre ;
elle est murée depuis le règne de Saladin. Puis, on arrive à la
chapelle absidale du milieu. Là, on fait commémoration de la
Division des vêtements de Notre-Seigneur (F. Jean, XIX, 23-2i,
n* 77), dont quelques fragments, semble-t-il, ont été conservés
en ce lieu. Au vu' s., Ârculfe vénéra dans l'atrium le Linceul
du Christ.
A Saewulf on indiqua au pied du Calvaire l'endroit où les soldats se Eont partagés les vêlements du Christ et où ils ont tiré au sort aa limique sans CDuture. La chapelle appartient aux Arméniens.
Eglise de la Sainte-^Croîx ou de Sainte^
Hélène ►{< (e).
On rencontre ensuite un escalier de 29 marches qui descend dans Téglise de la Sainte-Croix, appelée aussi église de Sainte- Hélène. Elle a 25 m. de long et 13 de large ; son sol est à 5 m. audessous du niveau de celui de la basilique. Six lourdes colonnes monolithes surmontées de chapiteaux de grosseur disproportionnée et de style différent, divisent le sanctuaire en 3 nefs et supportent les voûtes et une coupole par où pénètre la lumière. L'autel de l'abside centrale est dédié à sainte Hélène et celui de l'abside septentrionale au bon Larron, saint Dismas. A la place de la 3' abside, un escalier descend dans la grotte où fut retrouvée la vraie Croix.
Dans la basilique constantinienne, cette église, en grande partie creu sée dans le roc, formait la crypte ou la partie la plus sacrée, mise en
82 /" Visite. JÉRUSALEM S'-Sépulere.
relation avec le lieu de rinventioii de la Croix. Cest ici, comme il es! très probable, que du iv' au vu* s. on vénérait l'insigne relique. Les Perses ruinèrent le Mai'tyrionen 614et emportèrent la vraie Croix, à cause de la gaine en vermeil, enrichie d^ pierres précieuses, qui l'enchâssait. Le Martyrion ne fut pas relevé de ces ruines, mais la crypte, qui par sa nature échappa à la destruction, fut rendue au culte par Modeste, et lorsqu'on 629 Hérac'ius, vainqueur des Perses, ramena triomphalement le précieux dépôt, c'est encore dans celte église qu'il fut exposé à la vénération publique.. Mais à l'approche des Arabes, cinq ans plus tard, l'empereur emporla la sainte relique à Constantinople.
L'irrégularité des colonnes qu'on y remarque doit être attribuée à une restauration faite à la hâte au commencement du xi* s. I>es Croisés les conservèrent dans l'état où ils les ont trouvées, lorsqu'ils refirent les voûtes et la coupole ; seulement, pour éiablir le déambulatoire du chœur, ils durent avancer l'escilier dans lintérieur de l'église souterraine ; la nef du milieu fut ainsi raccourcie d'une travé?. Les deux travées carrespondantes des nefs latérales sont occupées par des tribunes qui servent de dortoirs aux pèlerins arméniens ; car ce sanctuaire appartient à leur rite.
Chapelle de Vlnvention de la Sainte-Croix \i^ (f).
A l'extrémité de la nef latérale à dr., un escalier de 13 marches taillées dans le roc et usées par le passage de longues générations, descend dans le lieu même où fut retrouvée la Croix avec d'autres instruments delà Passion de Noire-Seigneur. C'est une grotte naturelle, très irrégulière et entièrement creusée dans la roche ; elle mesure 7'",50 de long et de large et a 5 m. de hauteur en moyenne. Le plafond rocheux avait autrefois une ouverture qui se trouvait à 7 m. au-dessous du sommet du Calvaire et à 30 m. de distance du lieu du Crucifiement. Ce sanctuaire appartient aux Latins. L'autel est un don de Tarchiduc Maximilien, qui devint empereur du Mexique. Il est surmonté de la statue en bronze de sainte Hélène, portée sur un socle de serpentine en forme de rocher.
« Dans la crainte, dit saint Jean, que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, (car on était à la veille du grand sabbat d'e Pàqué), les Juifs demandèrent qu'on rompit les jambes des crucifiés et qu'on les enlevât. » En eflet, d'après la loi juive, les corps des suppliciés devaient disparaître avant le coucher du soleil ; car leur vue aurait profané le jour sacré. De plus, les instruments du supplice devaient être enfouis immédiatement après l'exécution, parce que leur simple contact constituait une impureté légale de 8 jours. Les croix et tous les objets qui servirent à l'exécution des trois condamnés furent, en conséquence, enterrés dans l'endroit le plus favorable et le plus voisin du lieu da supplice. Lorsque sainte Hélène vint à Jérusalem à la recherche de la Croix du Rédempteur, Eusèbe de Césarée et saint Macaire, évêque de Jérusalem, connaissant les lois et les usages des Juifs, savaient que pour la retrouver il fallait fouiller le sol autour du Golgotha. Les instruments de supplice furent découverts dans la citerne voisine remplie de terre. Un double miracle, la guérison instantanée d'une moribonde, puis la résurrection d'un mort par le simple contact d'une des trois croix,. lit connaître, disent Eusèbe et saint Cyrille, celle sur laquelle était mort le divin Maître.
Golgotha. Jérusalem //" Visite. 83
Chapelle des Impropères et du Couronnement d'épines
t (28). En remontant au déambulatoire, on arrive à la chapelle des Grecs, la 3' absidale, dite des Impropères, c'est-à-dire, des outrages prodigués au Sauveur, quand, couronné d'épines, couvert d'un lambeau d'étoffe rouge et un roseau à la main, il fut tourné en dérlson par la cohorte, au prétoire de Pilate. T.Jean, XIX, 1-12, n« 74).
Sous l'autel on conserve une partie de la colonne qu'on vénérait en cette même chapelle au xii° s., comme nous l'apprend Théodoric, et sur laquelle, d'après là tradition, Jésus dut s'asseoir lorsque la cohorte se moqua de lui. La colonne parait avoir été assez grande au xu' et au xiii*^ s. Aujourd'hui il n'en reste qu'un tronçon de 0'",40 de hauteur.
Dans rAntonia, qui fut plusieurs fois saccagée en temps d'émeute, les légionnaires n'auront pas trouvé de difficulté à rouler un tronçon de TOlonoe au milieu de la coup. Quant à la Couronne d'éfWnes, saint Paulin de Noie (409) en parle comme d'un objet vénéré par les fidèles. Gassiodore (468-562) dit qu'elle se conservait à Jérusalem. En ellct, le Pèlerin arméoien au V s. et Théodose au vi* la virent dans la basilique de Sainte-Sion. Elle fut ensuite divisée en plusieurs parties, et le fragment envoyé à Constantinople fut cédé en 1238 par l'empereur Baudouin II à saint Louis, roi de France;
A 2 m. plus loin, toujours à g., un escalier de 3 marches conduit au réfectoire des moines grecs ; puis tout auprès, on voit l'emplacement de l'ancien escalier par lequel on montait autrefois au Calvaire; 15 m. plus loin, on se trouve au pied des 18 marches qui y conduisent depuis 1808. Les Grecs construisirent un second escalier à Tangle S.-O. du Calvaire et murèrent pour ce motif Tune des portes de la façade. La plateforme du Calvaire fut ainsi élargie du côté de l'O., aux dépens du transept.
Golgotha (g).
Nous sommes arrivés au lieu le plus auguste du monde, à la colline sacrée, théâtre des dernières scènes de la Passion, dont les quatre évangélistes nous ont laissé l'émouvant récit.
. Le Golgotha, comme nous l'avons dit plus haut, fut taillé à pic sur Heses flancs, au N., au S. et à l'O., pour permettre la régulière construction du Martyrioriy comme aussi pour relier le rocher sacré à la t»8ili(jue et à la rotonde par de grandioses portiques. Resté à ciel ouvert, le petU plateau carré fut entouré d'une grille d'argent, son sol fut couvert de mosaïques et une grande croix étincelante d'or et de pierreries plantée au centre. Au v* s., sainte Mélanie la Jeune (t 436) y fit construire une chapelle. Dévastée par les Perses, elle fut reconstruite par Modeste, et depuis lors, elle a conservé sa forme et ses proportions. Malgré son élévation au-dessus du soi environnant (4 m. 70), les Croisés réussirent à Tencbâsser, sans la modifier, dans le vaste édifice qui devaii réunir les principaux sanctuaires sous un même toit. La chapelle mesure 15 m. dans sa plus grande longueur de l'E, à l'O, et 4 m. SO du N. 3u S. Un quart de sa superficie seulement est établie immédiatement
84 y" Visite. JÉRUSALEM S^-Sépulcre.
sur le rocher, celui du N.-E. ; le reste repose sur des substructions qui forment un rez-de-chaussée. Tout l'intérieur est richement décoré de peintures d'époques diverses et de vieilles mosaïques qui remontent à l'époque des Francs.
Le sanctuaire du Gogotha est divisé en deux nefs ou deux chapelles par deux gros piliers. Celle du S. appartient aux Latins et celle du N. aux Grecs. Commençons par la première.
Lieu où Jésus fut dépouillé de ses vêtements t. Tandis que quelques satellites creusaient les fosses, d'autres dépouillaient Jésus de ses vêtements. Cette scène qui représente la X' station du Chemin de la croix est vénérée vers l'O. près de Tescalier.
Par une fenêtre grillée, à dr., le regard pénètre dans la gracieuse chapelle des Francs, dont nous avons parlé à la page 72.
Lieu où Jésus fUt cloué à la croix ^. a Ils le crucifièrent. » Ces trois mots qui semblent si laconiques, renferment la description du plus terrible supplice. Etendu sur la couche funèbre, Jésus fut fixé sur le bois par des clous aux pieds et aux mains. Le tableau de l'autel latin, au fond de la chapelle, représente la scène du Crucifiement qui constitue la XI" station.
Autel du Stabat Mater f. Pendant l'agonie du Rédempteur, Marie se tenait au pied de la croix avec Jean, Marie de Cléophas et Mar|e-Madeleine. C'est là que la Vierge Mère entendit ces paroles tombées des lèvres mourantes de son divin Fils : « Femme, voilà votre Fils... Voilà votre mère. » C'est là également que la mère éplorée reçut dans ses bras le corps Inanimé de Jésus descendu de la croix (XIII* station). Cet autel appartient aussi exclusivement aux Latins.
Lieu où Jésus expira ^ (XII* station). En dépassant la ligne
des deux piliers, on arrive à l'endroit où le divin Sauveur
consomma son sanglant sacrifice. Au fond de la chapelle, sur
une estrade d'un demi -mètre de hauteur, se dresse un autel
grec. Entre les colonnettes qui soutiennent la table de l'autel,
un disque en argent, ouvert au centre, recouvre le lieu où était
plantée la croix de Nôtre-Seigneur.
On reproche aux Grecs l'entaillement de la roche sacrée, pour enlever la pierre dans laquelle avait été plantée la croix. L^ fragment détaché en 1809, fut expédié à Constanlinople ; mais il se perdit dans un naufrage sur les c«^tes de la Syrie.
De chaque côté de l'autel un disque de marbre noir indique l'emplacement présumé des croix des deux larrons, crucifiés aux côtés du Sauveur {V. Luc, XVIII, 32-45, n" 56).
Puis à dr., en soulevant une plaque métallique, on voit la fente du rocher que produisit le tremblement de terre à la mort du Sauveur.
Cette fente suit une ligne ondulée allant de l'E. à l'O. On l'aperçoit bien mieux dans la chapelle inférieure, où la décliirure apparaît de liaut
Ch. d'Adam. JÉRUSALEM /" Visite, 85
en bas. Elle n'a que 0 m. 15 de largeur. Gomme quelques anciens pèlerins parlent d'une fissure tellement large qu'un homme peut s'y glisser, M. Scbick explora le rocher du Calvaire à l'E., dans le couvent des Grecs ; il trouva qu'en cet endroit la lente est beaucoup plus large et que la relation des pèlerins n'avait rien d'exagéré.
Chapelle d'Adam (29). Revenu au bas de l'escalier, on
entre dans un étroit et sombre couloir qui s'enfonce sous la
chapelle du Calvaire. Cette voûte porte le nom de chapelle d'Adam.
Dès les premiers siècles de l'Eglise, les orateurs chrétiens ont fait un parallèle éloc[uent entre Adam^ le premier homme, en qui tout le genre humain avait péché, et le nouvel Adam du Golgotha, en qui tous trouvent leur salut. Dans l'iconographie chrétienne, ce rapprochement donna lieu à la représentation symbolique d'un crâne au pied du crucilix. De même, Melchisédech. roi de Salem et prêtre du Très-Haut, est la ligure du Christ, le véritable grand-prôtre, comme Isaac, fils unique d'Abraham, est celle du Fils unique de Dieu, immolé sur la croix. Ces figures et les symboles évoqués par les uns, furent pris pour des réalités par les autres, ce qui fit naître des légendes plus merveilleuses celles-ci que celles-là. Le crâne d'Adam, par exemple, passa pour avoir reçu la sépulture au « Calvarium, » précisément dans la grotte traversée par la fente miraculeuse, à travers laquelle une goutte du sang divin serait tombée sur la première tête coupable. L'antiquité juive ignorait, certainement, qu'un souvenir sacré se fût attaché à ce rocher ; autrement les Pharisiens n'auraient pas permis qu'on y exécutât les condammés.
En entrant dans la chapelle d'Adam, on remai'que à dr. un banc en pierre qui occupe l'emplacement du tombeau de Godefroy de Bouillon (f 1100), et vis-à-vis, un autre banc marque la place de la sépulture de Baudouin I" (f 1113), comme nous le savons par les récits et les dessins des anciens pèlerins.
Baudouin II (t 1131) et Foulques d'Anjou (t 1147) furent également ensevelis dans cette chapelle. Les autres rois de Jérusalem, Baudouin III (t 1162), Amaury (t 1175), Baudouin V, Baudouin VI (+ 1185) et un grand nombre de chevaliers furent enterrés entre la Pierre de l'Onction et le «•hœur. Ces tombes furent violées une première fois par les hordes bartares des Kharismiens en 1244 ; puis en 1808, les Grecs détruisirent les monuments funèbres et firent disparaître les moindres traces de tout ce •lui rappelait les glorieux héros de la Terre sainte, parce qu'ils étaient latins et que les épitaphes de leurs sépulcres étaient écrites en langue latine.
A l'extrémité de la chapelle d'Adam, la voûte est en partie taillée dans le roc, ce qui indique bien qu'il y eut là autrefois une grotte. Derrière l'autel dédié à Melchisédech, une porte en cuivre doré, ornée des armes de la Russie, recouvre une cavité rocheuse ; une petite grille pratiquée au centre de la porte permet de constater le prolongement de la fissure à 2 m. audessous de l'autel grec du Calvaire. La porte qu'on voit au S. de la chapelle, à main g. en sortant, s'ouvre dans la sacristie des Grecs, où l'on conserve un grand nombre de reliques de toute provenance.
Chœur des Grecs (h).
Le chteurdes Grecs, Kalnticon, dont une des trois entrées se rencontre h l'E. de là Pierre de l'OncIloo, oe contient aucun Eouveoit âvaDgéliquo. C'est la grande nef do l'œuvre des Croisée, reman^uable par la régularité do son archilectute. Mais 11 est défiguré par des mors encombrés d'ornerooQta de goâl douteux, et richement décorés de tableaux k la bjzaDtlDe. L'abside où s'élève l'autel est séparé de la nef par l'iconostase remarquable par la profusion de ses peintures et de ses dorures. Sous la coupole se dresse ud petit bémispbère cd marbre blanc, au milieu d'une rosace incrustée dans le pavé. Avant qu'on ne sfit que la terre était ronde, co petit monument marquait ce que l'un croyait être le centre, ou mieux l'ombilic de la terre. Celte croyance s'appuyait sur le Psaume LXXV, 12: D Cependant Dieu, qui est notre roi depuis tant do siècles, a opéré notre salut su milieu de la terre, a
ChcBur des Latins (30). L'estrade qui s'éleod entre le chiBiir des Grecs et la chapelle de l'Ange sert de chœur aux Latins, quand lis oUicient devant le Saint- Sépulcre.
Feu céleste des dissidents 1« Samedi saint. Depuis 1810, les inurs de la thapetlc ne l'Ange sonl perlurii^ de ileux luuirncs ovales, EUES Berveni au Itaul rlergé crée et arménien non-aai. pour eommunlquer de l'inlérieur le lameux feu sacré. On lait croire au peuple ijub le ledl sainl le len descend du eici, ou est apporlê par un ani^e dans le it-SApulcre. L'Ëv^ue xtec et IV'vPque arménien s'enferment dans la lelle de l'Ange, cl lorac|ne, nprèa une lon^fue altenle, révèque grec e par la lucarne fa prétendue flamme miraculeuse, (les milliers de :s, de Russes, d'Arméniens, de Captes et d'Abyssins, ivres d'enlhouine, poussent des cris sauvages et ee précipllcnt dans un désordre lEcripIihle vers les lucarnes pour allumer au plus vile leuri cierges eurs torches. Les soldats lurrs, cbargés de inalnteuir l'ordre, sent ;ent Impuissants contre ces bardes Iréucli(|ûes, ol il est rare que les uses saturnales orcaslannées par cette Indigne snpercberie. ne soient quees par de «raves aciUents. En lli34. plus de tOO cadavres Jon- «nl le pivè de la basilique à la suite de cstle fête i-eliijiease. rocesslon quotidienne des Latins. Cbaque jour à 4 h. 10 30ir. les Religieux du Saint. Sépulcre et tes fldéics se rent en procession aux diveira sanctuaires de ta basilique. Les srins qui désirent prendre part à cette louchante cérémonie iveroni â la sacristie un petit cierge et le petit livre, le cesslonnal, pour pouvoir suivre tes prières et le chanL On t demander indistlDctement un exemplaire en latin, en lais, en espagnol, en fraocais ou en italien.
MURISTAN.
Mosquée Oniariyéh. JÉRUSALEM y" Visite. 87
qui ont environ 140 m. de longueur chacune. C'est le Nuristan, mot persan-arabe qui veut dire Hôpital, Ce quartier est célèbre autant par son histoire que par ses monuments.
Histoire. Sous le calilat de Haroùn er Raschid, Charlema$;ne fit construire au S. du Saint- Sépulcre une église dédiée à !a sainte Vierge, appelée Sainte-Marie-Latine, un monastère et une bibliothèque pour les Bénédictins, avec un hospice pour les pèlerins. Après que cet établissement eût été ruiné par le calife Hakem, les marchands d'Amalfi, en Italie, obtinrent la permission de fonder dans le mt^me quartier un asile pour les pèlerins. Deux hospices furent créés, chacun avec une église : l'an sous le vocable de Sainte-Marie-Madeleine, appelée plus lard Sainte- Marie- Mineure, l'autre sous celui de Saint-Jean-l'Aumonier, patriarche d'Alexandrie (606-616), qui avait généreusement secouru les habitants de Jérusalem, après les horreurs commises par les Perses. Ce nouvel établissement reçut le nom d^ Hôpital.
A l'arrivée des Croisés, Gérard de Provence, directeur de l'Hôpital, forma avec les hospitaliers un ordre religieux dont les membres s'enga- $;eaient par vœux à se consacrer au seryice des pauvres et des infirmes, à donner l'hospitalité aux pèlerins et la sépulture aux morts. Ils choisirent comme patron saint Jean-Baptiste. L'ordre des Hospitaliers, devenu riche et puissant, put s'affranchir, en 1113, de la juridiction de l'abbé de Sainte-Marie- Latine, et sous son 2* Grand-Maître, Raymond du Puy, il obtint du pape Pascal II le privilège d'être soustrait à l'autorité du patriarche de Jérusalem. Les Hospitaliers de Saint-Jean étaient divisés en 3 classes : les nobles ou chevaliers, les prêtres ou aumôniers et les Frères servants. Leur nombre s'accrut rapidement et ils formèrent bientôt une puissance à la fois religieuse, politique' et militaire. Cest vers l'an 1130 qu'ils construisirent l'église de Sainte-Marie-Majeure, avec le vaste cloître adjacent. Après leur départ de Jérusalem en 1187, Saladin établit sa résidence dans l'Hôpital. Depuis, une partie des bâtiments fut transformée en khan; mais, faute d'entretien, ils tombèrent en ruines, et au xvi* s. l'Hôpital était exploité comme une carrière de pierres à bâtir.
Mosquée Omariyéh. L'an 1216, Chihâb ed Dln, neveu de Saladin, fit élever une mosquée presqu'en face de l'entrée de la basilique, pour rappeler un trait de magnanimité du calife Omar. C'est la mosquée qu'on y voit encore ; le minaret date de l'an 1417.
Après avoir conquis la ville de Jérusalem, Omar visita un jour les sanctuaires du Saint-Sépulcre, au moment où les mouezsin annonçaient l'heure de la prière. Le calife sortit aussitôt de l'enceinte sacrée et accomplit sa dévotion à quelques cas de là. Interrogé par le patriarche Sophronius, pourquoi il s'était retiré à l'écart, il répondit : « Si j'avais fait ma prière dans l'église même, mes coreligionnaires ne manqueraient pas de convertir le monument chrétien en mosquée, malgré les clauses de la capitulation. » La stèle, en écriture coufique, qui mar({uait le lieu où Omar lit Fa prière, a été retrouvée in situ au N.-E. de l'église de Sainte-Hélène, près de l'ancienne entrée de la basilique. La nouvelle entréo construite par les Croisés a dérouté Chihâb ed Din.
En face du parvis de la basilique s'élève le couvent grec de (rethsémani sur l'emplacement du palais des Grands-Maîtres des chevaliers de Saint- Jean. Le couvent est condamne à faire place à de somptueux édiûces destinés à la résidence du patriarche. A l'extrémité orientale, une porte basse et étroite mène dans l'ancienne rue des Paumiers^ aujourd'hui Hâret el
BO J" Vigile. JERUSALEM J/um(Oll.
Dabhaghln, le quartier des Tanneurs. Les nombreuses etvasles piscines de ce quarlier, particulièrement celles qui se trouvent sous le couvent ^rcc do Saiot-Abrabam, à g., expliquent ta présence des tanneurs clans ces parafes aux sii^cles passés, (In y vend anjourd'hui spécialement de la verroterie d'HébroD,
Ruines dans l'Hospice russe. (Ouvert de 10 h. du matin à 4 h. du soir.) A l'extrémilc de la rue, i g., on peut oalrcr dans l'établissement russe, pour visiter les intéressantes ruines découvertes llya vingt ans environ.
Les magnifiques débris qu'on y voit provicnnoot (rés probablement des propylées du Mnrtyrinii de Cons- A. linin-i. - B. /iVniier moderne. - C. Jn- lanlio. Le vie» escalier
' tiluô.
L« seuil d'une pnrle taimé ilu S pierres JuiLapus^cs, avec une ouverture de £ m. £i cnlK les crauaudlnes. a beaucoup préuci-upé les tirhéoloRuei. vantaux s'onvrilcat vers le S. L'escarpe
, . dD iBDll ver» le \., était revêtue de
dalles di' marbr.'. comme l'inillquont Ira Dombiriix Irons qui y iurenl protiqiit's pour Hier le rev^lemenl. ilji isnare quelle étalent les dlgposllions dp IVnpeinle mnnumenlale qui cnlourall ou sAMlensU la lerrasEr <l'Adrlen. Le bosquet dédié i Jupiter et à Vénus n'avait cerlainemenl lias moins dï'IeiulUH que les consirnclions de l^nslanlln. Du plus, les nliSces du iv' s. semblent avoir été renfrrmi'-s lïuns une oncelnlesur laquelle les archéiiloi^ueB ne sont pas cnroro Hxi'-s. Hlen nit iiermet donc de prcudri' c? seuil pour celui d'nne des portes de la ï* enceinte.
Eglise Sainte-Harie-naJeure. Celte église ii 3 nefs, construite par les Hospitaliers de Saint-Jean vers l'an 1130, s'élève a dr. du Hânt Dabbaghîn et est oricnli^c.
En 1S69, le prince de Prusse, Fridérk-Guillaume. obltnl du sullan la concession des inmes de l'ancienne éitljse et du cloître. L'éelisi- (ul refODSIrnlle ■ - , . . ■ inj 1^ OLtm —
ItftS, rrnipe. .. . ..
l'alesline a\ec l'impé-
^ au culle protestant sous te vocable du Sauveur, 1 tVloeaei'-Aircfie.
De l'anelenne église reste encore une grande arllc du portail septentrional, qui a la forme d'un porche et ni est un beau spécimen d'à rchi lecture romane du xn' s.
Egl. S^-Jean-Bapt, JÉRUSALEM
/" Visite. 89
L'archivolte offre une série de douze personnages, des cultivateurs qui représentent les douze mois de l'année.
Emplacement de Téglise Sainte-Marie-Latine. Après avoir croisé la rue Prince-Frédéric-Guiilaume, on arrive au grandiose bazar grec, encore en voie de construction. Un beau portail à 3 baies ouvre sur une rue bordée de côté et d'autre de grands magasins. Lai'" ruelle à dr. conduit à l'endroit où furent mises au jour les ruines imposantes do l'église Sainte- Marie-Latine. Mais les vénérables pierres du monument de Gharlemagne furent arrachées jusqu'à la dernière ; les superbes chapiteaux de style corinthien-byzantin furent emportés avec d'autres intéressants débris et, en 1905, on vit s'élever des boutiques de rapport sur l'emplacement de l'édifice sacré, dont le souvenir est soigneusement effacé.
Eglise Saint-dean-Baptiste. Dans l'angle S.-O. du Muristan,
derrière une fontaine monumentale de style grec moderne, on aperçoit une petite église surmontée d'une coupole. La façade s'ouvre dans une cour, dont on trouve l'entrée dans la rue des Chrétiens, à laquelle aboutissent les bazars grecs. Au-dessous de cette église en existe une autre, qui est le plus ancien monument chrétien de Jérusalem, plein d'intértH pour l'archéologue.
Eglise Saint-Jean-Baptiste.
A. Narthex.
B. Eglise à trois hémicyctes.
L'église inférieure de Saint-Jean- Baplisle, dont le sol «si aujourd'hui de 7 à 8 m. au-dessous du niveau de la rue, est un carré de 7 m. de côté, flanqué à l'E. d'une abside munie d'un autel en maçonnerie, et au S. <l au N. dune abside d'un tiers plus grande. Cette construction en forme de trèfle est précédée d'un narthex. Dans les murs a g., on apercevait encore en 1904 des tuyaux qui y amenaient l'eau de la piscine voisine appelée ^irATt Wammdme/ Batrak, Bassin des Bains du Patriarche. L'âge de ce monument (du v* au vi* s.), son nom, sa lorme, les conduites (l'eau et d'autres particulariUs indiquent qu'à l'origine il servait d'église laptismale^
Vallée transversale et première enceinte. La rue des
Chrétiens débouche au S. dans la rue de David, appelée Hâret el Bizâr, quartier des Bazars, qui se dirige de 10 à l'E., de la porte de Jalïa à la mosquée d'Omar. Elle occupe le fond d'une vallée aujourd'hui remblayée de 8 à 10 m. de hauteur, comme on vient de le voir. Cette vallée, désignée par les palestino-
1. r. Q. S'., 1899, 43 43. — Notre ouvrage : Deux qiiestinns d'arch.pal.
90 /" Visite. JÉRUSALEM Piscine d*Ezéchias,
logues sous le nom de transversale ^ limite le mont Sion au N. et servait de fossé naturel à la Ville de David, En face de la rue des Chrétiens, une ascension très raide, en forme d'escalier, mène à une rue qui court parallèlement à celle de David, mais à un niveau plus élevé de 5 à 6 m. Sous cette dernière rue, on mit au jour les restes- d'un rempart garni de 2 tours, qui, au jugement des experts, appartenait à la ligne septentrionale de la première enceinte. (V. p. 125.)
Piscine d'Ezéchias ou Birket Hammam et Batrak. A l'O. de Téglise Saint-Jean-Baptisle, dans l'angle du quartier limité à TE. par la rue des Ghrélienset au S. par celle de David, existe un vaste réservoir à ciel ouvert, dans lequel juifs et chrétiens reconnaissent la piscine d'Ezéchias. Le bassin a dans sa forme actuelle 80 m. de long sur 48 de large. Vers l'O. il est taillé dans le roc, au moins à une hauteur de 3 m., comme on l'a constaté lors de la réparation d'une des maisons qui l'encaissent de tous côtés.
A l'approche de Sennachérib, le roi Ezécbias (727-698 av. J.-C.) enferma dans une nouvelle enceinte le laubourg qui s'était formé au N. du mont Sion et du Temple. Ce mur, dont plusieurs vestiges ont été retrouvés, partait de la 1" enceinte à l'O. de la piscine et se dirigeait du S. au N. pour se replier bientôt à l'E. Afin de couper l'eau à l'ennemi, comme aussi pour approvisionner le nouveau quartier, le roi boucha la source du Gihon supérieur qui alimentait « la piscine ancienne » ou « piscine supérieure » appelée Uirket Mamillah, et amena les eaux par un canal souterrain « à l'occident de la ville de David », dans la nouvelle piscine « creusée entre les deux murs », c.-à-d., les deux enceintes. Au siècle dernier, le Birket Mamillah envoyait encore ses eaux par un canal souterrain au Birket Hammam el Batrak. Puis, au rapport de Josèphe, une source située à l'O. de la ville alimentait par un canal les citernes de la tour Hippicus au mont Sion. Ce canal fut retrouvé près de la porte de Jafla. D'autres tronçons d'antiques canaux furent mis au jour entre la vasque d'Ezéchias et la ligne de partage des eaux, près de la route de Jafla, à 2 km. 1/2 de la ville. C'est là que coulait le Gihon supérieur dont la source s'est perdue depuis. Cette source explique la présence des jardins à l'O. de la ville, hors de la porte de Gennath ou des Jardins. L'historien juif raconte que Titus faillit être fait prisonnier au milieu de ces jardins, et l'Evangile mentionne le jardin de Joseph d'Arimathie du même côté, près du Golgotha.
Du Birket Hammam el Batrak il n'y a que quelques pas jusqu'à la porte de Jaflfa, Bâh el KhalîU