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Fouard, Vie de N.-S

UV VISITE

MONT SiON

Tour de Davtd. — Eglise des Trots-Marie. — Eglise de Saint-Jacques le-Majeur. — Maison d'Anne. — Porte de David. — Endroit oit fut arrêté le convoi funèbi'e de Marie. — Saint-Cénacle. — DormitUm de Marie. — Antique rempart. — Prison du Christ ou maison de Caïphe. — Grotte de Saint-Pierre in Gallicantu. — Tyropoeon, — Saint-Thomas des Allemands. — Sainte-Marie-Marc.

Mont Slon. Flavius Josèphe assure que la ville des Jébuséens ou la forteresse de Sion s'élevait sur la colline S.-O. de Jérusalem % c'est-àdire, au mont Sion actuel. Lorsque le ro':-prophète en eut fait sa capitale, elle reçut le nom de « ville de David. » A défaut d'autres renseignements, un monument en marqua la place d'une manière non douteuse, depuis le règne de David jusqu'au i*' ou ii* s. de notre ère. Car les livres historiques de la monarcliie Israélite placent les tombeaux de David, de Salomon et de la plupart des rois de Juda dans l'enceinte de l'ancienne Sion, dans la « ville de David *. » Au retour de l'exil, les vieillards qui avaient vu les splendeurs du Temple de Salomon 3, avaient vu également la royale nécropole. Aussi, Néhemie la retrouva-t-il sans hésitation « dans la ville de David », l'antique Sion^. Un peu plus d'un siècle avant J.-C, le prêtre-roi Jean Hyrcan pénétra dans le tombeau royal, en quête de richesses destinées à libérer Jérusalem du siège d'Antiochus le Pieux ^. Hérode le Grand, à son tour, viola la sépulture, et afin de réparer aux yeux du peuple irrité, son sacrilège attentat, « il construisit un splendide monument en çierre blanche à l'entrée du sépulcre de David *. » Saint Pierre, dans son discours au peuple juif de Jérusalem et de la Dispersion, jparle avec emphase de ce tombeau du roi-prophète « jusau'aujourd'hui au milieu de nous'^. » Grâce à ce tombeau, Sion, la ville de David, était connue par les premières générations chrétiennes aussi bien que par les Juifs des siècles précédents. Aussi, Eusèbe de Césarée ^ et saint Jérôme 3 nous l'indiquent-ils sans hésitation, comme l'historien juif, à la colline S.-O de la Ville sainte. C'est au mont Sion qu'on montra au Pèlerin de Bordeaux, à sainte Sylvie d'Aauitaine et à sainte Paule « la ville dont s'empara David et qu'il rebâtit ^^. » Les rabbins eux-mêmes n'ont cessé de reconnaître que le royaume de Jésus de Nazareth commençait à s'épanouir là même où David avait jeté les bases de la future grandeur du royaume d'Israël.

Qu'objecte-t-on à cette tradition ? Les textes bibliques qu'on aJlègue sont si peu précis, qu'ils ont donné naissance à 20 théories divergentes. Les mêmes textes qui conduisent les uns au Moriah, les autres à l'Ophel, amènent quelques palestinologues au N. du Temple, ou bien au Golgotha et même à la tour de Goliath de la 3* enceinte. Il en est enfin (et ils sont nombreux), qui en vertu de ces mêmes textes s'arrêtent, et avec infiniment plus de raison, au site traditionnel, et placent la « ville de David » au mont Sion actuel. Les découvertes archéologiques confirment pleinement la tradition des Juifs et des chrétiens ^^

1. A. J., XVI, vu, 1. — 2. III R., II, 10 ; — XI, 43 ; — XIV, 31, etc. — 3. Esd., III, 12. — 4. Neh., III, 15, 16 ; - XII, 36. — 6. A. J., VIL xv, 3 ; — XIII, VIII, 4. - G. J., I, II, 5. - 6. A. J., VII, XV, 3; — XVI, vu, 1. — 7. Act., II, 29. — 8. 0. S., 74. — 9. Ep.^ CVIII, Ad. Eusl. — 10. S. Jérôme, loc. cit. — 11. V. notre ouvrage La ville de David.

Tour de David. Jérusalem 5' Visite. 111

Tour de David.

Pour la visite da mont Sion, nous prenons comme point de départ la porte de Jafla. Au sujet de la vallée transversale qui limite le mont Sion au N., voir p. 89.

Au S. de la porte de Jaffa, s'élève la citadelle turque, et Qalâah, appelée par les chrétiens tour de David. Le chroniqueur Sépéôs, évèqae arménien, écrit que les Perses occupèrent en 614 « la tour de David ^ », et le document arabe du moine de Saint-Sabas, prisonnier des Perses, nous apprend qu'il y eut dans ce fort un oratoire chrétien, un mihrâbj dédié au roiprophète*. »

La citadelle, y compris la place qui s'étend à TE., occupe l'emplacement de la seconde résidence royale d'Hérode le Grand. C'est là que l'Âscalonite reçut la visite des trois Mages de rOriént, suivie du massacre des Innocents. (F. Matth , II, 1-8, n» 4.)

Après la mort de Mariamne (24 ans av. J.-C.\ Hérode transféra sa résidenee royale de TAntonia au mont Sion, où il bàlit un somptueux château flanqué de trois tours d'une admirable construction. 11 les appela, l'une Hippicus, du nom d'un de ses amis, l'autre Phasaêl, du nom de son frère, et la 3* Mariamne, en souvenir de sa 2* épouse que, par jalousie, il avait fait étrangler par les bourreaux. Titus conserva le château à cause de ses trois tours ; mais pendant la rébellion des Juifs sous Barcocbétms, Jules Sévère s'en empara de vive force et ruina la place forte. L'empereur Adrien la fil reconstruire de fond en comble, pour en faire la citadelle de l'Aelia Gapitolina ^. Par suite de nombreux sièges, elle connut bien des restaurations, jusqu'à ce que Melek el Mouadhem la fit démolir en 1219, lorsqu'il démantela la ville. La tour de David se releva dans sa iorme actuelle sous les sultans ottomans Sélim V et Soliman II au XVI* 8. La partie inférieure de la grosse tour, à l'angle N.-E., remonte à l'époque d'Adrien, qui aura utilisé les matériaux de la forteresse d'Hérode, comme au xvi* s. on s'est servi de ceux de la forteresse d'Adrien.

La Qalàah s'ouvre à l'E. par un pont en bois jeté en travers du fossé. A l'intérieur elle est toute délabrée, quoiqu'elle serve de poudrière.

Eglise des Trois-Marie f

Derrière le temple protestant anglais, Christ Church, construite àTË. delà place et destinée aux Juifs convertis, s'élève Qoe petite église en ruines. C'est là, semble-t-il, le lieu traditionnel où Notre-Seigneur apparut aux femmes, après que celles-ci eurent appris de l'ange la résurrection du divin Crucifié et reçu l'ordre d'annoncer la bonne nouvelle aux disciples enfermés dans le Cénacle. (V. Matth., XXVIII, 8 10. n» 19.)

i. V. Couret, Pal., 240. — 2. Clermont-Ganneau, Bec. d'arch. or., 11, 160. — 3. Eulychius d'Alex., Ann.

112 3« Visile.

JERUSALEM

Mont Sion.

On a voulu identifier cette église avec celle deSainl-Jacques-le-Mineur. La Cite:: de Hierusaiem et les autres documents du xii- et du xiii' s. indiquent cette dernière à VE. du Temple, à Pendroit présumé de son martyre. Plus lard, lorsque la chapelle des Trois-Maris n'était plus accessible, peut-être même plus visible aux pèlerins, ceux-ci trouvèrent sur la çlace une grosse pierre destinée à rappeler le souvenir de cette apparition. Sur la place elle-même, à g., presque en face de l'entrée de la caserne turque, existait une autre chapelle convertie en maison d'habitation.

Eglise de Saint-Jacques-Ie-Majeur >^,

Après avoir traversé la plaee el Maukaf, on suit la rue le long de la caserne turque et l'on entre dans le quartier arménien, Hâret el Armen.

A l'extrémité d'une rue voûtée, on rencontre à dr. les jardins du palais patriarcal arménien, et à g., l'entrée du vaste couvent des moines Arméniens, qui donne aussi accès à l'église Saint-Jacques - le-Ma* jeur.

Ce monument, qui sert de cathédrale aux Arméniens nonunis, a été élevé à l'endroit où, suivant la tradition, Tapôtre saint Jacques fut décapité l'an 44. sur

l'ordre d'Hérode Agrippa I", petit-fils d'Hérode le Grand.

L'église actuelle fut construite vers le milieu du xu* s. et modiGée au xiii''. On y entrait d'abord au midi par un joli narthex (a). Puis on construisit un vestibule fort simple à l'O. ffi), d'où, par une porte assez petite, on pénètre dans l'église (c). Celle-ci est divisée en 3 nefs ou mieux en 9 travées par quatre piliers qui supportent ' 8 voûtes et une coupole d'une structure remarquable. Les colonncttes des piliers ont disparu en partie, probablement Tan 1219; on n'en voit plus que les chapiteaux. Les piliers à faisceaux de colonnes reçurent une forme carrée et furent recouverts de carreaux de faïence bleue, provenant de l'Espagne. ■

Plan de l'église de S.-.Tacqncs.

A. Evtrée primitive.

B. Evtvée actuel Le.

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