‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 72 sur 251 · De Mens., XÏV. — 2. Cale«h., VI · texte numérisé non relu

De Mens., XÏV. — 2. Cale«h., VI

S.-Cénacle. lÉitu8A.LEM 5' ¥isile. 117

senlée la sainte Ctne dn SauieuF. On y voll un autel où se célèbre la lilnrgiei. i Pierre de S.'hasie (t [m) ilisalt d^a ^ « L'ÉRliae de la sainle moBtigne de Sion tiimoigne que le Messie a manRiJ la pâque légale dans la salle baule, le Janr de Pâque des Juils'. i Hisycblus de Jérunlem (^43»! rappelle à son lour qae la sainte Cène [ut Instituée au mont Sion. Si le Vèlerin de Bordeaui, sainte SyMe et aalnl Jéi-fime ne menliuiinent au manl Sion que la descente du Saint-Esprit et l'apparition de Jésus après sa résurrection, c'est Bans doute parce que tout le monde SBfall alors que la sainlP Cène el plusieurs autres mystères ont eu Heu dins la même salle. L<i cèltbre Cène de (ietbsémanl n'est peut-eire pas

La basilique aura beaucoup soullert eu 644 ; mais eu 670 saint Arealle I) troura restaurée. Saewall (llOi) nous apprend qu'elle avait été détruite par les Sarrasins, sans doule par Hakem en 1010. Les Croisés ne lardèrent pas à la relever sur les mftmea bases. Jean de Wuribourg IlIKil. après avoir expliqué que la sainte Cène eut lieu dans la salle du 1" étage et le Lavement des pieds dans celle du rez-de-cbaussée, remarque que le Cénacle avait encore de son lemps les mêmes disposillvBs qu'anciennement, • Car à gaucbe (an midi de la même église), dit-il, dans la partie supérienre, une peintura représente la cène et dans Il partie Intérieure, c'est-à^ire dans la crypte, on voit reproduit le Itiement des pieds des dlsclpks, a

U basilique, alors sous le vocable de Sainte-Marie du mont Sion et If Cénacle sous celui du .Samt-Espril, étaient desservis au xu* s. par les rbaaaines réguliers de Saint- Augustin. En 12t£, Willibrand d'Olden- Inarg n'y Irouva plus qu'un couvent de moines Syriens, qui montraient ^sanctuaires aui isres pèlerins. Finalement en 1Ï19, la basilique tut ruinée avec la plupart des autres sanctuaires de la ville, snr l'ordre de Meleb el Mouadhem, qni espérait par \k enlever aai Francs l'envie de mnnquérlr Jérusalem, Le Cénacle, ou chapelle du Saint-Esprit, éctiappa unie au déEasira avec la t)aslllque du Saint-Sépulcre, d'après les chioilqaeurs de l'époque-

Pendant la trêve de dix ans conclue entre Frédéric II el Mvlek el Kimet en i2SH, les Fils de saint Français d'Assise s'établirent à Jérusa. lem. cdmme ci;la ressort de la bulle du I" février 1Î30, que le pape Gréeoîre IX envoya au patriarcbe d'Antlocho et à celui de Jérusalem rêvant alors dans la Ville sainte. On manuscrit de la bibliothèque Hdgliabeehiana du Florence constate que le !jaint-SépuIcre était deswni par les Frères Mineurs en IStO. Mais i en juger par un brel rt'ii„ — j™ IV -Pressé le 19 mars laST, au Provin"'-' •'■'=■"■" ii" '■■••"' i Kharismiens en ISU. D'auti

falns tour succédèrent bientôt. Le H Juillet 1309, BIbars 11 "1 Dtn, concéda a aux Frères de la Corde du couvent de Sion Sénnlcre el de ttelhléem, n un flrman en vertu duquel il Ci prlvilèses nul leur avaient été accordés ir par ses prédécesseu llnal de ce document a èlé publié en 1896 par le P. JérAme G<

Mariuerile, noble malronu de Sicile, Innte dévouée aux | Jérusalem, acbeta pour 1,000 dirhem d'arvenl un petit tcrr . uni, dit l'acte d'achat du 15 mai 13.15, VF.Uiàt Sahioun, le ^i»D, et le remit aux Frères Mineurs,

l'nur parer aux vexations <|ui ne lardèrent pas i être suscit i'iDjou, roi de Sidie, el Sanche, son épouse, s'adressèrent i 'XKtt Mohammed, eullan d'Egypte et de Damas, et acheii 3i,0n} ducalB limt le terrain occupé pai' les ruines du sanctus ^deson munaslère. Ils en firent don au Saint-SIèee, àcondil "ires Mineurs en seraient les Gardiens à perpétuité. L «Il VI aftrés celte condiUon par la bulle JVapei- carissiaii i moa le Et novembre 131Î. C'est alors que les Franciscains

-2. Al Maehrlq, Beyroulh,

118 5« Visite. JÉRUSALEM Mont Sion.

sirent la salle haute du Cénacle, à peu près telle qu'on la voit encore aujourd'hui.

Au XII* s. le voyageur Israélite Benjamin de Tudéla répandit la fable

Sue le sépulcre de David se trouvait sous la salle inférieure du Cénacle, elle erreur s'accrédita ; les derviches travaillèrent la masse du peuple musulman, et finalement, Soliman II lança un lirman en date du 28 mars 1523, ordonnant « l'expulsion des infidèles du couvent et de l'église du Cénacle. » Grâc3 à l'intervention du grand vizir de Gaza, puis de l'ambassadeur de François I", les Religieux purent conserver une partie du couvent, «avec une chambre ouvrant sur le Saint-Cénacle. Ils en firent leur oratoire ; mais peu de jours après, l'ouverture fut murée. Quelques années plus tard, le 3 octobre 1545, Soliman ordonna par un nouveau firman l'expulsion des Franciscains du reste du couvent, parce qu'ils étaient accusés d'y accumuler secrètement des armes de guerre. L'ambassadeur de France avait fait retarder l'exécution du décret, lorsqu'un 3* firman daté du 2 juin 1551 donna les ordres les plus sévères pour qu'on les chassât immédiatement du mont Sion. L'arrêt prononcé depuis 28 ans fut alors "exécuté sans merci.

Les moines Arméniens cédèrent momentanément aux Religieux expulsés leur petit couvent du Deir Zeitouniéh, jusqu'à ce que ceux-ci pussent faire l'acquisition du couvent de Saint-Sauveur, où réside, depuis, le Rme P. Custode de Terre sainte, qui continue à porter le titre de Gardien du Mont Sion.

Etat actuel du Saint-Cénacle.

Arrivé devant le grand corps de bâtiment du Néhi Daoûd^ on se trouve à l'emplacement de l'ancienne basilique. Celle-ci avait cinq nefs et s'étendait de l'E. à l'O.

La basilique primitive avait^ d'après la relation du Pèlerin arménien, 50 m. de long sur 35 de large ; le chiffre des colonnes, 80, est peut-être une erreur de copiste. A la dr. de l'église s'élevait la « salle des mystères », le Saint-Cénacle proprement dit. Les Croisés relevèrent l'ancienne basilique sans modifier son plan. D'après les descriptions des pèlerins, de la droite de l'autel qui occupait l'abside méridionale, on entrait au rez-de-chaussée du Cénacle, d'où un escalier conduisait à la salle supérieure. Phocas parle de 61 marches ; c'est exagéré ; le copiste aura lu ^ol, 61, pour xa, 21. La colonne à plusieurs tambours qu'on voit encastrée dans le mur à main g., indique l'angle N.-O de la salle du Cénacle. A quelques pas à l'E. de l'autre angle, on découvrit, dit-on, ^ous les habitations musulmanes, les vestiges d'un^^ abside. Tout cela concorde bien avec les récits des pèlerins. Du niveau de la rue, qui, comme Vont démontré les fouilles pratiquées dans le terrain de la Dormition, est à peu près celui du sol de l'église, on monte aujourd'hui dans la salle supérieure par 2i marches.

On gravit le petit escalier de 4 marches, et après avoir franchi la porte, on longe, à g., l'étage inférieur du Saint-Cénacle, dont on n'est séparé que par une construction étroite. C'est la salle où, suivant une antique tradition, eut lieu le Lavement des pieds. (V. Jean, XIII, 1-38, n« 69.)

L'accès en est absolument interdit aux chrétiens.

L'étage inférieur formé avec les substructions anciennes est divisé en 2 compartiments : l'un, celui de l'O., a les voûtes supportées car 2 piliers ; c'est la salle du Lavement des pieds. L'autre plus petit, mais plus haut, à l'E., renferme au centre un grossier sarcophage en maçonneiie recouvert de riches tapis ; il représente, pour les musulmans, le tombeau de David.

Safte supérieure du Saint'Cénacle i^.

A quelques pas plus loin, oo rencontre à g. un escalier de JQ marches, qui conduit a une petite terrasse. A g. apparaît le mur mMdioDal du vénérable sanctuaire, éclairé par 3 belles Imélres ogivales. La porte, fart simple, s'ouvre au lond. vers l'O. L'intérieur est également divisé en 2 compartiments aujourd'hui complètement aéparfs l'un de l'aulrc. Celui de l'O. a li m. de sur 9 de largeur. Deux colonnes, c daDi aux piliers de l'étage inférieu sent en 2 nefs ; dans le même al des demi- colonnes se trouvent dans les murs latéraux. Les chapiteaux, les arcEs-doubleaux, les nervure» des ïoùles, les colODnettes des fenêtres et la plupart des sculptures sont en sljlB du iiv= s. Cette belle salle

de U6 fo. carrés, bien capable l'Ian du Siliit-Céiiack'.

à elle seule de contenir 120 personnes, est spécialement consacrée à la de la sainte Eucharistie et du sacerdoc roK l'escalier de 31 marches, dont parle Phocas ; il relie l'étage Inférieur avec l'étage supérieur. Au fond de la salle, a VE., un escalier de 8 marches conduit a la porte du second compartiment, dont la partie septentrionale est couverte d'une coupole sans tambour. Ce Heu est spécialement consacrée a la mémoire de la descente du .Saint-Esprit le Jour de Pentecôte. On y voit UD second cénotaphe représentant le tombeau de David.

Dans co sanctuaire si illustre et si riche en glorieux souvenirs, il n'est plus permis aux chrétiens de se mettre a gpnoux, ni même de prier d'une manière ostensible. Rien n'empêche, pourtant, le pèlerin de se recueillir un Instant, ne [ut-ce que pour réciter a voix basse un Pater et un Ave et de gagner les indulgences plënlères attachées à ce Lieu saint. {V. Luc, XXII, 7-23, n- 58. — Jean, XX, 19-31, n' 8S. — Act. 11, 1-i, n' 86.)

Au delà de la secinide rolotine vers l'E., les voûles sont dépourvues if nerrurea el leur construction C3( sans art ; les deux colonnes enEa- ■tTs dans les auKles sont également trop basses el d'un cai'aelére ditlé- Tent des autres. En voici l'explication : Déjà au temps des Croisés, le lien de la Descente du Saint^pril était plus élevé que le r.!Ste de la aile, el formait le bèma ou chœur de la chapelle. ■ A la droite de Ufflple, i^crit Ptiocas, au cflté droit de l'autel se trouve le Cénaelc uunue nn ninnli> nnr 1.1 lliaei StI marr.hpe. I« temple ICénacle) a i voAle!

— s J eol lien la Cène du Seigneur

ma la descente du Saint-Esprll sur les apAtres. Uan:

120 5« Visite. JËRLSALEM Mont Sion.

l'élage inféneur de l'église (du Cénacle), le Chrisl lava les pieds à ses apôtres; en iaee de ce lieu s'élève le temple (la basilique). » Au xiv«s. l'étage inférieur était encore debout, d'après Félix Fabri. Puis Miss Barclay qui, dégui£é3 en Arabe et passant pour une musulmane, réussit à visiter le prétendu lomb€au de David au rez-de-chaussée, dit que les consiruclions adjacentes « remontent d'une manière évidente au temps des Croisés ^ » En recx)nslruisant l'élage supérieur, les Franciscains ont donc nécessairement conservé les dispositions de la chapelle précédente. Mais les tribulations ne leur manquèrent pas dans leur pieux asile.

L'an 11^68, par exemple, les musulmans lirent irruption dans le couvent et massacrèrent 12 religieux*. En 1460 la populace détruisit la cnapelle du Saint-Esprit, c'est-à-dire la partie orientale du Saint-Cénacle, et leur enleva, au rez-de-chaussée, le soi disant tombeau de David. Phi' lip|]e le Bon, duc de Bourgogne, fit réparer les dégâts avec magnificence ; mais après sa mort (1467), la chapellç du Saint-Esprit fut détruite une seconde fois ='. En 1483, Félix Fabri célébra la messe dans la salle de Tlnslitution de l'Eucharistie et dans celle du Lavement des pieds ; mais tout accès au lieu de la Descente du Saint-Esprit était muré. Après avoir expulsé les Beligieux de leur couvent, les musulmans refirent eux-mêmes les voûtes dans la partie orientale du Saint'Cénacle, comme cela est manifeste.

On a parfois supposé que la basilique avait 2 étages, ou une crypte qui s'étendait au moins sôus la nef méridionale et formait le Saint-Cénacle. Aucun pèlerin ne raconte rien de semblable ; puis îes fouilles pratiquées dans la partie occidentale ée-la basilique ont démontré que cette prétendue crypte n'a Jamais existé. "Le Saint-Cénacle actuel GC>!upe l'emplacement de celui du xii« s., le même que celui du iv* s., qui a^vait servi d'église aux chrétiens depuis l'ascension de Notre-Seigneur.

En quittant le Saint Cénacle, mosquée du Nébi Daoûd, on prend la première rue 6 g. et l'on arrive à l'entrée de la nouvelle église de la Dormition de Marie.

Dormition de la Vierge ►J^.

Le Cénacle était devenu la première église des disciples du Christ, le pied-à-terre habituel des apôtres auxquels il aura été cédé par son propriétaire avec toutes les dépendances. (Cf. Act. IV, 34-35). Or une salle au 1" étage, dans laquelle saint Pierre a pu haranguer 120 personnes, suppose une maison opulente avec une ou deux cours, sur lesquelles s'ouvraient une série d'habitations, comme le comportait toute maison importante, soit juive, soit grecque ou romaine. Il était donc naturel que la Sainte Vierge, confiée par son divin Fils à l'apôtre bienaimé, trouvât un asile dans une de ces dépendances, à l'ombre du Cénacle. C'est là, en effet, qu'elle passa le reste de sa vie et s'éteignit doucement, d'après les livres apocryphes, Modeste, patriarche de Jérusalem (f 634) et Jean Mosch (620). Sophronius, patriarche de Jérusalem (634-638) y vénéra la pierre où la Mère de Dieu s'étendit pour mourir. Saint Arculfe (670) indique le lieu du trépas de Marie au fond de la basilique, dans l'angle N.-O. Le vénérable Bède (720) et le moine Bernard (870)

1. Barclay, City of t. g. King, 212. — 2. F. Fabri. — 3. Suriano.

Dormition de Marie, Jérusalem

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